La bourse ou la vie !


Le Giec a publié dernièrement un rapport qui n’est pas spécialement réconfortant ; il est de plus en plus évident que le réchauffement climatique devrait devenir la principale préoccupation de tous, avec ses corollaires, comme les retombées de la pollution liée à l’utilisation massive des causes de ce réchauffement, sans doute aussi l’amplification des intempéries mortelles du S de la France et les sécheresses des pays du nord .

«Une transition rapide et de grande portée est nécessaire»

«Le train du climat, présidé par Jean Jouzel, était à Bordeaux dimanche, à la gare Saint-Jean, il sera à Biarritz le 25 et 26 octobre et Agen du 4 au 6 novembre; son but, par une exposition riche et pédagogique, est de sensibiliser le public aux conséquences du réchauffement et mettre en avant les parades.» Sud Ouest 22/10.
«Je n’ai pas senti dans les discussions que j’ai eues avec l’Elysée et Matignon leur envie de dire : «OK, on va faire autrement». Pascal Canfin Nel Obs, oct.2018.

Le dernier remaniement le confirme, le gouvernement, struthio*-compatible, s’en moque totalement, comme Trump !

Pourtant, sécheresses, inondations, pollutions, feux, maladies,…, ont des retentissements économiques et humains négatifs suffisamment considérables pour y prêter attention ! Que de nouvelles taxes, impôts, misères,… ,en perspective, si rien ne change !!!!

+ Les préoccupations du pouvoir et de ses adeptes sont : l’argent, la spéculation, la rentabilité, le profit, les économies, la dette publique, les investisseurs, actionnaires.

Et ça continue encore et encore

C’est que le début d’accord, d’accord…

La bourse donc,

avec, toujours pour finalité, sacrifices des uns (guerres, inégalités et pauvreté), profits des autres.

Quand la Terre se fendit

C’était sous le règne des bandits

Qui avaient tout défiguré

……

Chaque ville entourée par

Son cortège de hangars

Ses parkings alignés

Les autoroutes étaient pleines

De camions en file indienne

De convois bloqués au péage

….

On se parlait presque pas

Et chacun pressait le pas

Son écran au ras du visage

….

Le pays d’à côté est couvert de nuages

…….

La fumée ou le brouillard

Impossible de savoir

Chaque soir plus épais

…..

On noyait dans du plastique

Des repas automatiques

Que la mer rejetait sur les plages

Braves gens, dignitaires

Tout le monde laissait faire

Par profit ou manque de courage

Le pays d’à côté est couvert de nuages

Le pays d’à côté : Francis Cabrel
+ Celles, de plus en plus de gouvernés, est «de vouloir des coquelicots*», donc la volonté de ne pas mourir…

La vie donc.

Il voulait trouver mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

……….

Il a fait tout le tour de la terre
Il a même demandé à Dieu
Il a fait tout l’amour de la terre
Il n’a pas trouvé mieux

…….

Les Murs de poussière. Francis Cabrel

Il ne faut pas s’attendre à une inversion des tendances ; les politiques sont prisonniers de leur vision individualiste intéressée de l’immédiat, de leur parti, du lobbyisme et, de plus, de leur ignorance du problème ; seule la base pourrait faire avancer les choses par des manifestations et surtout les pressions électorales,… qu’il est possible, ensemble, de développer.

Mais, pour cela, il faut être convaincu de cette nécessité, c’est-à-dire avoir la connaissance biologique et écologique nécessaire pour comprendre la gravité et le danger qui se dessinent déjà.

Or, ce n’est absolument pas le cas !

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte

…….

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Le niveau moyen de la compétence scientifique en France est consternante ; quant au niveau dans les sciences biologiques, c’est l’abîme ! On ne connaît même pas son corps et ses besoins !

La politique environnementale, depuis des années, est d’une hypocrisie affligeante ; pourtant, un grand pas a été réalisé en 1971, la création d’un ministère de l’Environnement ; on devrait s’en réjouir, avant, il n’y en avait même pas !

Malheureusement, la suite a montré que c’était de la poudre aux yeux ; un petit pas en avant, un grand pas en arrière, intérêts particuliers et croissance obligent !

L’évolution des appellations et fonctions des successeurs du ministère ci-dessus est liée aux nécessités de la politique  imposée. Le dernier en date, le ministère de la Transition écologique et solidaire en est un exemple ; on a pris soin de le séparer de celui de l’agriculture et de l’alimentation, de la santé et de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur Recherche et Innovation, alors que tout est lié ; seule une association étroite permettrait de réaliser une politique cohérente ; l’opposition entre Stéphane Travers et N.Hulot a été un petit exemple de cette paralysie engendrée.

Cette fois, on a fait encore mieux en nommant une lobbyiste de chez Danone auprès du ministère devenu de la pseudo écologie. On est loin de suivre les conseils de Pascal Canfin de mettre Bercy au même niveau que le ministère de l’Ecologie : «Le changement majeur serait de mettre la dette écologique au même niveau d’importance politique que la dette financière car nous léguons les deux à nos enfants». Bouche cousue, la dette écologique est bien plus élevée que la dette financière !

Volonté de diviser pour mieux régner, c’est bien connu !

Alors que l’objectif, parfois affiché, est la lutte pour, comme on dit, la sauvegarde de la planète, qui s’en moque complètement, et que l’enseignement des sciences de la vie et de la terre, un des passages obligés vers l’écologie, à toute la population, devrait être considéré comme prioritaire, de la maternelle aux grandes écoles, Sciences Po et l’ENA, incluant tous les enseignements professionnels, on constate que la réforme du second cycle va en sens totalement opposé.

On ne tarit pas d’éloges sur J-M Blanquer ; «il connaît parfaitement ses dossiers», la rentrée s’est passée sans problème, l’annonce des réformes n’a pas soulevé de nombreuses contestations et, cerise sur le gâteau, il a supprimé des postes donc fait des économies, l’idéal en somme ! C’est vraiment faire «mieux !» avec moins ! En fait, ce n’est pas aussi évident que cela :

S’il connaissait vraiment tous ses dossiers, il saurait que la délinquance, l’agressivité verbale et physique des enseignants, le harcèlement des jeunes, au collège et au lycée, font partie de la vie journalière dans bien des établissements depuis très longtemps ; c’était étouffé par la hiérarchie pour ne pas faire de vagues ; où sont les surveillants qui circulent pendant les cours, les personnels d’encadrement des mouvements interclasses ? Interdire les smartphones ?  Difficile de répondre, c’est justement ce qui a permis de mettre au grand jour la dernière affaire.

Comme ses prédécesseurs «On va rétablir l’ordre»

Comment ?? Les paroles, ras le bol !

Dans Sud Ouest du 11/10/18 Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat des chefs d’établissement, fait part de ses craintes :

+Pour alléger le bac, la montée en puissance du contrôle continu, la multiplication des épreuves dans l’année, les réunions,… risquent de transformer les lycées en centres de bac permanents. L’auteur du texte ci-contre se permet d’ajouter que :

«entre-temps il faudra aussi faire cours !»

+Selon une enquête, ni les établissements, ni les services académiques n’auront la capacité de suivre, donc de mener à bien toutes ces réformes et les moyens de mise en œuvre sont insuffisants pour payer les intervenants.

C’est la surchauffe !

S’il a réussi à réaliser une rentrée sans trop de problèmes ainsi que des économies, c’est qu’il est un bon tacticien politique macronien et rien de plus. Comme la forme semble suffire au commun des mortels actuellement, c’est normal ; ce qui intéresse, c’est qu’il n’y ait pas de vagues, peu importe le fond, «c’est l’affaire des spécialistes, je n’y connais rien.»

C’est justement ce qui est dommage et dommageable !

En fait, il est en phase avec les objectifs du gouvernement mais absolument pas avec l’avenir des besoins essentiels des Français ; il faut, pour le comprendre, rappeler la réforme des programmes des lycées, sujet déjà évoqué dans un texte intitulé :«La réforme du lycée, une nouvelle potion pas très magique !»

Alors que le pays a besoin d’élever drastiquement le niveau culturel de sa population, dans le domaine scientifique particulièrement, pour comprendre les nécessités de changer de logiciel, le ministre pense qu’il faut renforcer les disciplines littéraires en supprimant, dans un tronc commun, toutes les disciplines scientifiques, en première et terminale scientifiques (L, ES et S), et les remplacer par deux heures par semaine «d’humanités» scientifiques et numériques pour tous ; ceci étant complété par un choix de 3 spécialités, parmi une dizaine, en première et deux en terminale ; ceci permettra à beaucoup de court circuiter une formation aux principales disciplines scientifiques de base !

Pour certains élèves les deux heures d’humanités scientifiques par semaine seront les seuls cours obligatoires à contenu scientifique !!!

On comprend qu’avec une telle orientation il soit possible de supprimer des postes !

Ceux qui voudront poursuivre dans les sciences, les anciens S, devront choisir le complément dans les trois disciplines de spécialités.

Au menu proposé : mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre, histoire-géographie et géopolitique, sciences économiques et sociales, humanité-littérature-philosophie, langues et littérature étrangère, écologie-agronomie-et-territoires, arts, sciences de l’ingénieur, numérique et sciences informatiques.

En admettant, ce qui est logique actuellement, de vouloir suivre «numérique et informatique», il restera, en première, deux choix, et en terminale un seul, soit en maths, ou physique-chimie ou sciences de la vie et de la terre ou écologie- agronomie…. Combien de potentiels culturels sacrifiés !

Jouerait-on à qui perd gagne ?

Cerise sur le gâteau : «tous les établissements ne pourront pas proposer toutes les combinaisons» précise le ministre !

Les enseignants, en matières scientifiques, de l’université, déjà déprimés par le niveau actuel, ont du souci à se faire !
«Mais, ceux qui voudront suivre une formation en SVT, le pourront, en sélectionnant cette discipline» direz-vous ! D’accord, mais à condition d’éliminer les autres options or, l’écologie est la science globalisante par essence, elle nécessite des connaissances dans tous les domaines: littéraire, philosophique, scientifique, sociologique, sciences humaines….Le ministre semble l’ignorer ou…..ne pas être concerné !

Elle ne peut absolument pas être considérée comme une spécialité mais une matière fondamentale, après la lecture, l’écriture, le calcul ; c’est la connaissance de la vie, de son fonctionnement, ses dangers, ses merveilles .

Pour l’APBG, à l’époque actuelle, il est aberrant de constater l’absence de l’enseignement des sciences de la vie et de la Terre (SVT) comme discipline obligatoire dans les enseignements fondamentaux du cycle terminal (première et terminale) et le déséquilibre entre des enseignements littéraires et scientifiques.
Elle précise :

«Après avoir mené de front 3 spécialités en première, l’élève ne gardera que 2 enseignements en terminale, ce n’est pas acceptable et dommageable pour l’élève.

Elle demande :

+un enseignement équilibré entre les 3 disciplines scientifiques : mathématiques, physique-chimie et SVT. Elles ne doivent pas être réduites à des enseignements « indépendants », au choix des élèves et pouvant être abandonnées en cours de formation.

+ que les SVT soient inclues dans l’enseignement des humanités scientifiques et numériques de première et terminale ;
+ la possibilité pour les élèves qui le souhaitent de prendre « SVT complémentaires » en enseignement facultatif en terminale comme pour « mathématiques complémentaires ».

Est-ce une volonté politique de laisser les gens dans l’ignorance pour pouvoir continuer à suivre la même politique ou est-ce une ignorance personnelle de la réalité ? Si c’est le cas, un stage de spécialité, obligatoirement au Giec, pour ce ministre, et les autres, serait bénéfique !

Signé Georges Vallet

crédits photos: https://goo.gl/images/rWRkWA

* Fabrice Nicolino et François Veillerette « Nous voulons des coquelicots »Editions LLL, 128 p.

* Struthio est le nom générique de l’autruche.

* https://www.la-croix.com › Debats › Forum-et-debats

Réforme du bac : quelle place pour les SVT demain …

*https://www.sciencesetavenir.fr/…/reforme-du-bac-quelle-place-pour-les-svt-demain_12…

Comments

  1. Tant que l’on n’est pas aux manettes du pouvoir, on a des solutions, mais à partir du moment où on dirige un pays de 65 millions d’habitants avec ses contraintes internationales, politiques économiques écologiques et surtout pour satisfaire les demandes légitimes ou démagogiques de nous tous, la tâche devient beaucoup plus difficile surtout que la France est le bureau des pleurs en permanence. Bon courage à ceux qui veulent tenir la barre sur les prochaines années.

    • Je suis tout à fait d’accord avec vous, c’est pourquoi on ne peut absolument pas exprimer de condamnations non analysées vis-à-vis de promesses non tenues, ni de certitudes de tenir les solutions.On ne peut qu’émettre des avis expliqués dont la somme des accords, suivant son importance, constituera, ou non, une force de réflexion et de pression sur les décideurs.
      C’est l’utilité des réseaux sociaux et de la liberté de penser et d’exprimer que nous avons la chance de posséder.

  2. Hotoctone says:

    Il est où le résumé ?

    • Le texte est déjà un résumé, très raccourci. Faut-il résumer le monde en 10 lignes pour vous? Si vous le trouvez trop long, ne le lisez pas, ce n’est pas un problème!

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