La transition écologique n’est pas encore «En Marche», quoi qu’il dise !


Un peu d’histoire.

Cela fait longtemps que, sous un autre nom, la sensibilité écologique est dans l’air ; déjà, George Sand confiait :

«La nature est une œuvre d’art et l’homme n’est qu’un arrangeur de mauvais goût.»

«Avant que nature meure» de Jean Dorst, est publié en 1965, c’est l’un des premiers ouvrages francophones à traiter ouvertement de la menace que les activités humaines font peser sur la nature ; «La Nature dénaturée», version abrégée, paraît en 1970.

Le sujet s’officialise en 1974 avec la première élection où un écologiste se présente :

René Dumont.«A vous de choisir : l’écologie ou la mort.» Pauvert 1974

*1 «René Dumont a parcouru le monde pour le comprendre et le changer dès les années 30. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale…, il développe l’agriculture intensive pour donner à manger aux Français. Mais, 30 ans plus tard…, il comprend l’importance de la crise écologique et son impact sur la production agricole.»

*2 «La politique écologique française fondée par Dumont est pacifiste, contre le capitalisme agressif (l’agronome n’a rien contre la propriété foncière si elle n’est pas à l’origine d’un partage trop inégal des fruits du travail et si les droits des agriculteurs sont respectés), pour la solidarité entre les peuples et elle prend en compte le monde en voie de développement. Il prédit l’inévitable hausse du prix des carburants.»

*3«Un monde intolérable. Le libéralisme en question, 1988.

« L’économie de profit, loin de freiner les gaspillages, la pollution, les armements, la surpopulation, les inégalités sociales, les encourage ou, pire, n’arrive plus à les contrôler. Les Etats démunis ne sont plus les seules victimes de ces dérèglements : les pays riches ont aussi leur quart monde. La pauvreté n’a pas de frontière, pas plus que l’air, la terre, l’eau et le vent n’ont de patrie. Tchernobyl, le krach boursier d’octobre noir, les invasions de sauterelles ou d’algues nous démontrent qu’il n’est pas de catastrophe locale qui n’ait de répercussion planétaire… Ce n’est plus l’utopie ou la mort, mais le réalisme ou la mort.»

Quoi de neuf depuis 50 ans, en haut lieu ? Une écoute attentive, rien de plus !

Pourtant on avait le temps, progressivement, de corriger sans punir.

Les pronostics n’ont fait que se confirmer et empirer ; le «ridicule» et «l’utopie» des «écolos» se sont transformés en résultats scientifiques, en prévisions par le Giec et le monde médical, qui se concrétisent.

La transition écologique devient une nécessité.

*4 «La transition écologique est un concept qui regroupe un ensemble de principes et de pratiques adoptés dans le but d’évoluer vers un renouvellement de notre modèle économique et social… elle se compose de plusieurs volets interdépendants… la transition agro-alimentaire, favorable à une agriculture plus biologique et paysanne, la transition industrielle, qui incite à la production de biens plus durables, c’est-à-dire recyclables et facilement réparables, ou encore la préservation de la biodiversité». L’un d’eux est la transition énergétique.

Apparu dans les années 1980, c’est la période d’adaptation qui doit conduire à l’adoption d’un mix énergétique composé de sources plus diversifiées et renouvelables, en opposition à un mix énergétique basé sur des énergies fossiles.

La transition énergétique n’est possible que si elle est accompagnée par celles des autres composantes de la transition écologique.

A ce propos, on peut citer :

+ L’économie circulaire dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, sans obsolescence programmée, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets. Il s’agit de rompre avec le modèle de l’économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter). Quoi de neuf, là encore ? Affolant ! 70 % de déchets en plus d’ici 30 ans : c’est le cri d’alerte lancé par la Banque mondiale.

+Diminuer les besoins en pétrole : engrais, arrosage, pesticides, herbicides….) en transférant les aides de l’agriculture industrielle productiviste à la culture et élevage paysanne biologique.

+ Diminution de la consommation de carburant par les circuits courts, du producteur au consommateur, prises des mesures coercitives (taxes), au lieu de facilitatrices, pour diminuer très sensiblement le transport à longues distances, par camions et avions, des marchandises, des affairistes…

+ Favoriser par des prix attractifs, les transports en commun, le développement en toile d’araignée, dans tout le monde périurbain et rural,de voies de type tram-bus, tram-train ou tram-way à énergie électrique ou à hydrogène ou… autres, non polluants, suivant les progrès importants de la recherche, du fait de la reconversion d’une partie (20% ?) des sommes pantagruéliques données, collectivement, à l’industrie nucléaire, pour désenclaver écologiquement les zones périurbaines et rurales. La prise en charge des frais doit être collective, européenne sans doute aussi ; il faut accepter, comme en agriculture bio, des rendements quantitativement inférieurs, lignes déficitaires par ex., mais à retombées supérieures du fait du service rendu à tout le public (revitalisation).

+L’apprentissage de la transition écologique est à mettre entre tous les neurones en introduisant à tous les niveaux de l’enseignement, de l’école maternelle à L’ENA, les connaissances qu’apportent les SVT.

En attendant, ce qui peut, si on en a la volonté, demander au plus une mandature, on aidera le particulier contraint du fait des carences : zones géographiques, travail, déplacements obligatoires, chauffage, handicaps physiques et de l’âge…, en lui fournissant un carburant moins cher.

Ensuite, le choix étant possible, on augmentera régulièrement et significativement le prix des carburants.

Où est le début d’une amorce d’actions dans ce sens ?

«Le problème d’E.Macron est de vouloir adapter La France au monde réel tel qu’il est. On peut bien sûr composer avec l’évolution de celui-ci, on doit pouvoir aussi s’y opposer» (R. Glucksmann), si elle mène cette France à la catastrophe écologique, à la sécession sociale, à une implosion de la République… ;

des tremblements de «guerre» grondent en profondeur de partout !

Monsieur Macron «assume» la transition écologique, uniquement en augmentant le tarif des carburants donc en sens inverse de la logique, faisant payer les plus pauvres, les travailleurs et les personnes âgées qui ne peuvent pas faire autrement !

Très singulier pour un Président supposé être celui de tous les Français !

Si cette somme servait à atteindre ce but, on pourrait encore le comprendre mais ce n’est pas du tout le cas.

On ne nous dit pas tout !

En 2018, seuls 7,2 milliards d’euros issus des 33,8 milliards d’euros de la TICPE alimenteront un fonds spécial pour la transition énergétique, destiné aux énergies renouvelables. Le reste du montant file dans plusieurs directions et près de la moitié ira au budget général de l’État en 2019.

En arrivant aux affaires, Macron et son gouvernement ont accentué ce mouvement de hausse. Ces hausses décidées par l’exécutif bénéficieront presque entièrement au budget général insatiable de l’État.

Ras-le-bol de se faire manipuler par Grippeminaud le bon apôtre.

Une chose est certaine, si rien ne change et qu’on ne résout pas «l’équation impossible» (Daniel), la température continuera de s’amplifier et tout deviendra «possible», imprévisible, irréversible ; les conséquences négatives d’une décroissance progressive actuelle (Daniel) deviendront alors bien minimes.

La réaction aux gilets jaunes consistant à augmenter les cadeaux pour l’achat de véhicules moins polluants est la preuve que l’objectif n’est pas de lutter contre la consommation de carburants mais au contraire de permettre de continuer à consommer et à faire tourner la machine économique grâce à l’achat de voitures neuves.

Alors que nous n’avons aucune source significative d’hydrocarbures et de minerai d’uranium, nous en sommes de gros utilisateurs. Par contre, nous avons de nombreux fleuves et rivières, des canaux, des côtes à marées, du volcanisme ancien, des régions ensoleillées, des toits vierges…Les petits ruisseaux font les grandes rivières !

Pour les économistes qui mènent le monde, il n’y a pas d’avenir dans la sobriété.

Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ? Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? »A.De Musset.

Pour les scientifiques qui le déchiffrent, la croissance infinie, la démesure, les excès, non plus ; c’est la catastrophe sociale, civilisationnelle,  humaniste et humanitaire.

«Le dérèglement climatique est un problème créé par les riches dont les premières victimes sont les pauvres». – Gaël Giraud.

Conclusion:

«L’avenir ne sera pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire.» H.Bergson

*1 René Dumont, pionnier de l’écologie politique – RFI

http://www.rfi.fr/emission/20180422-rene-dumont-pionnier-ecologie-politique

*2 René Dumont — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Dumont

*3 Un monde intolérable. Le libéralisme en question, René Dumont …

http://www.seuil.com › … › Documents › Un monde intolérable. Le libéralisme en question

*4 Qu’est-ce que la transition écologique ? La transition énergétique …

https://www.gazenergiedespossibles.fr/…/quest-ce-que-la-transition-ecologique-la-tran…

signé:Georges Vallet

crédits photos:blog.defi-ecologique.com

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