Pau, les enseignants du lycée Saint-John Perse écrivent aux parents d'élèves

Les enseignants du Lycée Saint-John Perse de Pau ont écrit aux parents d’élèves une lettre intitulée :  « Lettre ouverte aux parents d’élèves qui s’inquiètent à juste titre pour l’avenir de leurs enfants après la mise en place des réformes qui touchent le lycée, le baccalauréat et l’enseignement supérieur » (La République des Pyrénées du 13.12.2018). Tout un programme, mais quel est donc l’objectif recherché ?
Au-delà du contenu de ce libelle, on peut s’interroger sur ce qui motive ces fonctionnaires pour en arriver à une méthode inédite que certains ne manqueront pas de qualifier de séditieuse. Leur conviction est établie puisqu’ils évoquent « les conséquences extrêmement négatives de ces réformes (sur lesquelles) nous voudrions vous donner quelques explications. » Alors si le doute n’est pas permis, du moins à leurs yeux, il leur reste à convaincre les parents d’élèves et vraisemblablement à les inciter à réagir à leur côté. Déjà les lycéens sont descendus dans la rue pour manifester contre ces réformes. Drôle de position de fonctionnaires supposés être respectueux de l’autorité de leur administration, qui, en la circonstance, incitent à l’insoumission. Les parents d’élèves descendront-ils à leur tour dans la rue aux côté des enseignants et des élèves ? Bel exemple de discipline !
Les professeurs disposent pourtant de syndicats pour les représenter. La mission de ceux-ci est pourtant de faire remonter jusqu’au ministre les critiques de la base sur le contenu d’une énième réforme de l’éducation nationale. Tout indique en conséquence que ces syndicats n’ont pas joué leur rôle et n’ont pas su se faire entendre. Alors il ne reste qu’à se livrer à de l’agitation populaire qui aura comme conséquence de troubler un peu plus l’ordre public. Il est surprenant en effet de constater cette invitation à la contestation de la part de ceux qui signent : « Avec tout notre attachement au service public d’éducation. Les enseignants du lycée Saint John Perse réunis en assemblée générale ». Ainsi ils invitent les parents d’élèves à faire comme eux, « à rejeter ces réformes ». Ils oublient juste de préciser sous quelle forme.
-Les revendications peuvent être citées, du moins pour les principales :
-disparition des séries du bac général;
-pré orientation très précoce, restrictive et définitive des élèves de 15 ans ;
-baisse des moyens de 8 à 10% d’heures en moins dans chaque lycée ;
– la voie technologique perd de sa spécificité ;
-la réforme du baccalauréat remet en cause la valeur du diplôme.
Loin de moi l’intention de porter un jugement sur la pertinence de ces récriminations, je reconnais, en la matière, mon incompétence. Cependant lorsqu’il s’agit de reprocher une place trop importante faite au contrôle continu, accusé de « mettre les élèves sous pression à chaque évaluation », je m’interroge. En effet il est écrit : « Avec le poids des épreuves communes et du contrôle continu organisé par chaque lycée, près de la moitié du diplôme, le baccalauréat sera suspecté de ne pas avoir la même valeur suivant le lycée dans lequel l’élève poursuit ses études. L’image du lycée où on a obtenu son baccalauréat devient dès lors déterminante pour une entrée dans l’enseignement supérieur devenue aléatoire du fait de la mise en place d’une sélection qui ne dit pas son nom. […] ces réformes vont remettre en cause le diplôme national du baccalauréat ». Faut-il comprendre que certains enseignants pourraient être suspectés de ne pas faire preuve de toute l’objectivité voulue dans la notation de leurs élèves ? Qu’ils pourraient être plus préoccupés par la réputation de l’établissement auquel ils appartiennent que par une juste neutralité ? Ou qu’ils seraient principalement à la recherche d’un fort taux de réussite au bac ? On le subodorait déjà un peu, mais là c’est confirmé.
Le problème dans tout cela, c’est qu’il faudra bien à un niveau ou à un autre que s’exerce une véritable sélection. Les enseignants de Saint-John Perse en se comportant ainsi, parviendront-ils à faire descendre les parents de leurs élèves dans la rue ?

Pau, le 17 décembre 2018

par Joël Braud

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10 commentaires

  • Au delà de cette démarche scandaleuse ces enseignants ne se rendent ils pas compte de la réalité ?
    Le bac aujourd’hui ne veut plus rien dire, seule une minorité n’obtient pas ce qui n’est qu’un certificat de présence en terminale. Alors autant que ce soient les profs qui décident des résultats, ce sont eux qui connaissent le mieux les élèves, et cela fera des économies.
    Le système éducatif français refuse la récompense du travail, du mérite.
    Puis d’un seul coup, dans le monde réel, c’est le contraire: on sélectionne
    Le choc est rude et pour certains ils croient ensuite que mettre un gilet jaune sera la solution…

  • « Faut-il comprendre que certains enseignants pourraient être suspectés de ne pas faire preuve de toute l’objectivité voulue dans la notation de leurs élèves ? Qu’ils pourraient être plus préoccupés par la réputation de l’établissement auquel ils appartiennent que par une juste neutralité ? Ou qu’ils seraient principalement à la recherche d’un fort taux de réussite au bac ? On le subodorait déjà un peu, mais là c’est confirmé. »
    Il faut connaître la réalité du terrain : n’importe quel professeur vous dira qu’il NE PEUT PAS faire les mêmes cours dans un lycée de banlieue défavorisée qu’il les ferait à Louis-Legrand. Il est obligé de s’adapter au niveau moyen de sa classe s’il ne veut pas voir décrocher 95% des élèves, et logiquement les contrôles se font sur ce niveau. C’est une réalité connue de tous, mais les professeurs ne sont pas responsables de cette situation : ils s’y adaptent comme ils peuvent.
    Le Bac est dévalorisé depuis un moment, oui, mais ça restait quand même un examen national où tout le monde était évalué de la même façon. L’introduction du contrôle continu ne le fera que le dévaloriser encore plus.

  • Le socle commun de 16h sera constitué de l’Education physique et sportive, l’Enseignement moral et civique, l’Enseignement scientifique, le Français, l’Histoire-géographie et les Langues vivantes A et B.
    Viennent ensuite les options (au nombre de 3 en 1ère, et 2 en Terminale, pour 4h chacune) :
    – Arts,
    – Biologie & écologie,
    – Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques,
    – Humanités, littérature et philosophie,
    – Langues,
    – Littérature, Langues et cultures de l’Antiquité,
    – Mathématiques,
    – Numérique et sciences informatiques,
    – Physique-chimie,
    – Sciences de la vie et de la Terre;
    – Sciences de l’ingénieur et Sciences économiques et sociales.
    En tant que parent d’élève concerné par cette réforme, je ne peux que m’étonner que mes enfants, outre le fait que les mathématiques disparaissent quasi complètement de leur cursus (hors option) ne puissent suivre un enseignement scientifique ou littéraire complet. Par exemple, si l’un prend Maths, Physique et SVT (filière jusqu’alors classique), il ne pourra suivre (même en option) des cours d’informatiques ou de sciences de l’ingénieur, matières qui font partie du cursus actuel via les options justement. En Terminale, impossible de revenir en arrière (comment gérer de repartir au niveau 1ère avec un élève qui n’aura pas suivi l’année en question ?). Où est la pertinence également d’associer Sciences de l’ingénieur et Sciences Eco ?
    Le bac actuel vaut ce qu’il vaut, mais il est encore un peu d’Enseignement général, ce qui disparait complètement avec cette réforme. On tend à amener encore un peu plus les élèves à l’abattoir. Ou à lentement mais sûrement mettre en place un système à l’américaine ?

  • Au secours, il y une réforme. Les Français ont peur !

  • Ce qu’oublient ces enseignants que toute sa vie (en dehors de la fonction publique) on subit une sélection. Les promotions et autres avancements se font au mérite et non à l’ancienneté.

  • Après consultation de l’article paru le 12, et non le 13/12/018, dans La République des Pyrénées, et consulté des parents d’élèves du lycée St John Perse, il m’est possible d’écrire une toute autre interprétation de l’histoire évoquée.
    1°) Le 9/12/2018, l’association des parents d’élèves FCPE du Lycée Saint-John Perse a proposé une réunion d’information, pour ses adhérents et sympathisants, au sujet de la réforme en question.
    2°) Le mardi 11 décembre 2018, suite à un mouvement de grève, récurant à cette période, déclenché par divers syndicats, en particulier de la fonction publique, une AG s’est déroulée au Lycée St John Perse avec la présence d’enseignants adhérents ou non, volontaires. Il a été décidé de diffuser, par la presse locale, une «lettre ouverte» justifiant les revendications proposées.
    Il en résulte:
    + Cette méthode n’a rien d’inhabituel, d’inédit, d’illégal ou de séditieux. La grève est légale dès l’instant où elle est déclarée au préalable.
    La« lettre ouverte » n’a rien à voir avec une lettre personnalisée adressée directement aux familles; d’ailleurs, comment trouver l’adresse des parents? Par le Proviseur ?
    La transmission choisie, par voie de presse, et diffusée en particulier par «La République des Pyrénées» n’a rien d’anormal non plus.
    De plus, «La lettre ouverte» n’a jamais été, de ce fait, spécifiquement destinée aux parents d’élèves, mais à tous les lecteurs du journal; elle n’est d’ailleurs pas signée des «enseignants du lycée Saint-John Perse» mais des «enseignants du lycée Saint-John Perse réunis en assemblée générale»!

    • «Drôle de position de fonctionnaires supposés être respectueux de l’autorité de leur administration, qui, en la circonstance, incitent à l’insoumission.»
      Ils sont parfaitement respectueux dans l’accomplissement de leur travail mais leurs syndicats ont le droit d’avoir d’autres positions possibles; heureusement, ils peuvent le faire savoir encore ! Il est d’ailleurs facile d’imaginer que le Proviseur du Lycée n’aurait pas autorisé cette AG si elle n’était pas réglementairement organisée.
    • «Les professeurs disposent pourtant de syndicats pour les représenter.»
      C’est justement ce qui a été fait !

    +«Tout indique en conséquence que ces syndicats n’ont pas joué leur rôle et n’ont pas su se faire entendre».
    Faux, c’est ce qu’ils ont fait justement, se faire entendre ! Il ne faut peut-être pas voir des « gilets jaunes » partout.
    +«Les enseignants du lycée Saint John Perse réunis en assemblée générale»
    C’est bien la preuve que ce ne sont pas «les enseignants» comme plusieurs fois sermonné mais ceux présents lors de l’AG. Rien de bien révolutionnaire…
    Mais s’il y avait des enseignants réunis en AG, c’est que les syndicats avaient bel et bien fait leur travail d’information pour les réunir par les voies classiques de communication, mais aussi d’information auprès de la hiérarchie du Lycée.
    Il faut toujours être très prudent et se documenter à la source quand on se propose d’interpréter un article paraissant dans la presse, avant d’affirmer ce qui peut devenir des fake-news pouvant générer des critiques injustifiées vis-à-vis de certains.
    Écrire l’Histoire n’est pas écrire une histoire!

    • Sur la date, je maintiens. Cela n’a que très peu d’importance. Mais en développant ce genre d’argutie, on voit le niveau auquel vous avez choisi d’élever le débat.
      Sur le rôle des syndicats. J’ai pu joindre un syndicaliste qui m’a dit qu’en effet, il y avait eu une assemblée générale avec les enseignants. Cependant les syndicats ne sont pas solidaires avec cet appel à la mobilisation des parents d’élèves. C’est pour cette raison qu’ils ne figurent à aucun endroit de la lettre ouverte. Ce n’est pas, m’a-t-il été dit, dans l’éthique de leur démarche. Ce sont des syndicats d’enseignants et pas de parents d’élèves. Il s’agissait d’informer les parents d’élèves et non de les mobiliser. Il dit également qu’ils n’ont pas été entendus par le ministre de l’éducation nationale.
      La lettre a été, contrairement à ce que vous dites, adressée aux parents d’élèves de Saint-John Perse et ensuite diffusée dans la presse. Son titre le dit sans équivoque.
      Il faut dire que le contenu de la lettre n’a pas été diffusée dans la presse écrite, mais sur internet (le 13). Les parents d’élèves y sont invités à venir soutenir les enseignants. Comment? En manifestant dans la rue ? En signant des pétitions ? En mobilisant les fédérations de parents d’élèves ? On ne sait pas.
      Vous dites que si l’AG n’avait pas été réglementaire, le proviseur ne l’aurait pas autorisée. Savez-vous que les syndicats ont le droit d’organiser des AG dans les établissements à condition que cela ne gène pas le fonctionnement normal des cours.
      Enfin, il faut que vous sachiez qu’une manifestation des élèves de ce même lycée a eu lieu. Elle a été violente au point que les forces de l’ordre ont dû faire usage de grenades lacrymogènes, ce qui est rare à Pau. Un restaurant voisin a été endommagé. Deux auteurs ont été interpellés. J’ai pu avoir un contact avec le parent d’un élève du lycée et avec l’élève lui-même. A la question pourquoi avez-vous manifesté, il répond pour nous opposer à la réforme du BAC et au fait que nous allons devoir choisir des options dès la seconde. Il n’en sait pas plus, il ne sait pas vraiment quelles options sont proposées. A la question qui vous a informés de cette réforme, il répond les enseignants du lycée. A la question, vous ont-ils dit qu’il fallait manifester dans la rue,la réponse est non mais ils ont dit qu’il fallait s’y opposer. C’est donc cette liberté d’expression que vous défendez M. VALLET.
      On pourrait longuement parler de la sélection et de la valeur du BAC actuel. J’ai rencontré des enseignants qui considèrent que l’objectif est de faire en sorte que tous les élèves obtiennent ce diplôme. Ce serait, selon eux, la preuve de la qualité de l’enseignement dispensé. Ils semblent ne pas être préoccupés par le fait qu’ainsi le diplôme n’aura plus aucune valeur et que la sélection devra se faire à un autre niveau. Tout le monde ne peut pas être PDG ou directeur.
      Enfin, M. VALLET, je suis très surpris de l’accusation que vous portez contre moi en disant que je diffuse de fausses nouvelles. Je vous croyais modéré et pondéré. Comme vous le constatez j’ai effectué un certain nombre de vérifications avant d’écrire. Mais ce faisant vous entrez dans la catégorie des donneurs de leçon, catégorie pour laquelle je n’ai pas une grande sympathie. Autant je souhaite le débat, autant je rejette l’invective.

      • J’ai bien l’impression qu’il y a un malentendu; vous donnez l’impression d’assimiler ma contestation du déroulement des faits au départ avec l’acquiescement, de ma part, de tout ce qui en est suivi. Il n’en est rien, mon seul souci était de rétablir une transparence face à un traitement non justifié de tous les enseignants de StJohn Perse.
        Je regrette profondément de vous avoir vexé en faisant quelques remarques désobligeantes à la fin de mon intervention; la façon dont j’ai interprété votre analyse de la situation me laissait vraiment penser à un manque d’informations.
        J’espère que cette réponse sera à même de calmer cette impression de donneur de leçon que je condamne moi-même. N’oublions pas, quand même, qu’en participant à des tribunes, nous donnons notre vision des choses qui est bien proche de la leçon!
        C’est pourquoi, en ce qui concerne votre réponse, je vois trois parties:
        + La première qui est en rapport avec mon intervention précédente, du début à «cela ne gène pas le fonctionnement normal des cours.»
        +Une deuxième partie de «Enfin, il faut que vous sachiez ….PDG ou Directeur»
        +La troisième à laquelle je viens de répondre.
        Je retiendrai surtout la première car j’ai pris bien soin, dans mon intervention initiale, de ne pas porter, à aucun endroit, de jugements de valeur sur le déroulement des évènements ou des appréciations personnelles sur la réforme du bac, jugements que vous portez à mon crédit, dans la deuxième partie.
        Revenons donc à la première partie.
        Nous avançons, car il semble désormais établi entre nous que c’est bien une affaire syndicale; le fait que les syndicats ne soient pas solidaires ne doit pas vous surprendre je pense! D’ailleurs, un seul syndicaliste n’est pas très représentatif. Ce n’est pas parce qu’un syndicat n’est pas solidaire, qu’aucun n’est solidaire. Il suffit de regarder ce qu’en pense le snes et même de sgen. L’unsa toutefois semble favorable (de l’ordre de 20% de représentativité).
        +«La lettre a été, contrairement à ce que vous dites, adressée aux parents d’élèves de Saint-John Perse et ensuite diffusée dans la presse. Son titre le dit sans équivoque.»
        Le titre est en effet sans équivoque : « lettre ouverte aux parents», c’est une lettre moralement adressée à un ou des destinataires (ici les parents d’élèves) mais concrètement envoyée à la presse. Côtoyant régulièrement des parents d’élèves de ce Lycée, aucun n’a reçu un tel courrier chez lui.
        +«Il faut dire que le contenu de la lettre n’a pas été diffusée dans la presse écrite, mais sur internet»
        C’est là où le désaccord persiste aussi car les parents contactés n’ont pas reçu de mail. Qui a fourni les adresses informatiques de tous ces parents? Ceux que je connais en ont pris connaissance dans la République des Pyrénées du 12/12; d’autres enfin n’étaient pas au courant.
        http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/12/12/reformes-au-lycee-les-enseignants-de-saint-john-perse-pau-ecrivent-aux-parents,2484620.php?xtmc=saint+john+perse&xtnp=1&xtcr=3
        +«Savez-vous que les syndicats ont le droit d’organiser des AG dans les établissements à condition que cela ne gène pas le fonctionnement normal des cours..»
        Cela confirme bien qu’il faut passer par les syndicats. Ensuite, pour tenir une telle réunion, il faut réserver une salle et cela passe par l’autorisation de l’administration du Lycée.
        Du fait de l’élargissement de votre texte et de ma mise en cause, vous m’obligez à aborder, la deuxième partie. Cela va allonger ma réponse mais je n’y suis pour rien.
        +«Enfin, il faut que vous sachiez….»
        Bien sûr, je le sais, mais la mise en parallèle est pour le moins une pure hypothèse personnelle.
        Les enseignants du Lycée réunis en AG, et non tous les enseignants, consacrent la quasi majorité de ce courrier à informer sur un sujet qui interpelle actuellement nombre de personnes. Il n’est, en aucune façon, un appel à la violence.
        Il y a eu plusieurs AG dans ce Lycée en décembre, il ne faudrait pas oublier celle de début décembre relatée dans Sud-Ouest : « Violences à Pau : les enseignants du lycée Saint-John Perse en appellent à l’État»!
        +«un contact avec le parent d’un élève du lycée et avec l’élève lui-même.»
        Partir d’un seul élève, est-ce généralisable?
        Je vous signale que des élèves de ce même Lycée SJP ont souhaité manifester début décembre leur désaccord envers la réforme en question en organisant des points d’informations devant le Lycée en tout début de matinée, vers 8h.
        +«A la question qui vous a informés de cette réforme, il répond les enseignants du lycée.»
        Oui, C ‘est leur travail, en particulier depuis la fermeture de services de CIO.
        Le professeur principal est en charge d’informer ses élèves sur les réformes, l’organisation des futurs examens et les procédures d’affectation dans le supérieur. Il y a même des heures officielles d’emploi du temps pour le faire.
        +«A la question, vous ont-ils dit qu’il fallait manifester dans la rue, la réponse est non mais ils ont dit qu’il fallait s’y opposer. C’est donc cette liberté d’expression que vous défendez M. VALLET.»
        Pousser à manifester aurait été une faute professionnelle, ici ce n’est pas le cas. La liberté d’expression est justement la possibilité de s’exprimer et de le faire suivant les règles établies. Je suis tout à fait opposé aux manifestations violentes qui ne sont pas des formes d’expressions légales et républicaines.
        +«On pourrait longuement parler de la sélection et de la valeur du BAC actuel. J’ai rencontré des enseignants qui considèrent que l’objectif est de faire en sorte que tous les élèves obtiennent ce diplôme. Ce serait, selon eux, la preuve de la qualité de l’enseignement dispensé..»
        Rencontrez aussi des enseignants de grandes écoles comme les ENS, l’X, ENA, etc. Ils décrivent une « consanguinité intellectuelle et sociale» issue d’un nombre très restreint de classes préparatoires. Ce manque de « biodiversité» dans l’origine des étudiants appauvrit la qualité de la formation, en particulier pour proposer des idées nouvelles dont le pays aurait bien besoin en ce moment.
        Souhaitant avoir créé une ambiance plus apaisée en cette veille de fête, je vous remercie de votre attention.

  • Le fond du problème résulte dans le paradoxe de l’attitude des enseignants dont la mission est de former une population à la réflexion…..tout en considérant qu’il faut leur délivrer un prêt à penser lorsqu’on touche à des réformes susceptibles de modifier leurs conditions de travail…..Toute l’astuce alors consiste à masquer ce qui n’est que corporatisme pour présenter une vision désintéressée…..seulement préoccupée de l’intérêt des enfants….et de la société tout entière…..pour faire modeste….,
    Et si les parents et la société en général, ayant picoré quelques notions de leur scolarité antérieure, étaient capables de se faire une idée par eux mêmes ? Quelle révolution et quel danger ! Et si en plus, en se mettant à phosphorer ils découvraient que dans les pays qui nous précèdent dans les classements comme PISA , il y a moins d’enseignants, proportionnellement au nombre d’élèves et que l’investissement professionnel est….plus mesurable ( en étant gentil) pour la bonne raison que la plus grande partie du temps de travail a lieu dans l’établissement …
    Quelle catastrophe….il faut vite dresser un mur et diffuser des éléments de langages adéquats….De toute façon, s’agissant de combattre une réforme Macronienne ou Blanquerienne….on est assuré du soutien des médias….et BFM et les autres feront le boulot…..

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