Disqualification

Habituellement, ce terme de disqualification est utilisé dans le langage sportif. Ici, il concerne plutôt le monde des politiques objet d’un discrédit persistant. Les gilets jaunes les conspuent et osent s’attaquer à leur image. Les élus de tous niveaux sont-ils vraiment conscients de l’ampleur de ce rejet ?
Que des permanences de députés soient l’objet de dégradations, que certains, et il faut le regretter, se voient adresser des menaces, qu’un ministre doit être exfiltré pour garantir sa sécurité physique est déjà symbolique. Cependant il existe d’autres éléments d’appréciation qui viennent confirmer cette ambiance. Ainsi dans le Journal du dimanche du 6 janvier 2019, figurait un sondage de l’IFOP donnant des résultats significatifs. Questionnés sur les cinq mesures qu’ils jugent les plus importantes à prendre, les sondés répondaient :
-82 % réduction d’un tiers du nombre des parlementaires ;
-80 % prise en compte du vote blanc lors des élections ;
-80 % référendum d’initiative citoyenne ;
-77 % rétablissement de l’I.S.F. (dont 61 % des LREM) ;
-74% la proportionnelle aux élections législatives.
Le fait que la diminution du nombre des parlementaires arrive en tête de ce classement avec un si fort pourcentage, est en soi bien évidemment lourd de sens. On peut toujours critiquer un sondage et dire qu’il ne reflète que l’opinion d’un instant, il n’en demeure pas moins qu’il traduit en la circonstance le sentiment que les parlementaires sont trop nombreux et partant inutiles.
Ce sondage présente un autre intérêt. Dans le fatras des revendications formulées par les manifestants, il faudra bien un jour savoir les classer par ordre d’importance et surtout de faisabilité. C’est un premier pas qui va dans ce sens. Il appartiendra, le moment venu à ceux qui sont en responsabilités de savoir en tirer parti.
Les maires qui se disent des élus de proximité très à l’écoute de leurs administrés ont ouvert des cahiers de doléances accessibles à qui veut. Ils recueillent par ce moyen, sinon toutes les revendications, du moins les inquiétudes et insatisfactions de ceux qui osent s’y exprimer. Celles-ci sont à la fois diverses et bien souvent inattendues. Il faut bien admettre que si ces édiles avaient réellement été à l’écoute des préoccupations de leurs administrés, comme ils le prétendent, et avaient su être entendus au plus haut niveau, il n’auraient pas eu besoin de cet artifice pour connaître ce qui motive la colère actuelle. Enfin en se prêtant à cet exercice, ils répondent à une demande du pouvoir central. Nul doute que cette démarche, aussi honorable soit-elle, ne débouchera pas sur grand chose. Seront-ils alors les plus qualifiés ?
Alors puisqu’il faut écouter le citoyen, a été réactivée sous le présidence de Chantal Jouanno, la Commission Nationale des Débats Publics (CNDP), qui a pour but de récolter toutes ces revendications. Une vaste consultation qui va coûter au contribuable la somme de 4 millions d’euros. Si l’ex ministre ne réussit pas elle aura de quoi se consoler avec un traitement digne des plus grands de la République. Ce qui, d’ailleurs au moment où les principales préoccupations des gilets jaunes portent sur le pouvoir d’achat ne manque pas de piquant. Bon courage à elle ! Il faut souhaiter pour la réussite de l’entreprise, qu’elle ne soit pas déjà disqualifiée.
Mais pour être honnête, il convient de ne pas oublier de dire qu’en exerçant des violences inadmissibles, les gilets jaunes nuisent à leur propre image et entrent eux-mêmes dans la spirale de la disqualification. Il faut maintenant que ces mouvements de foules incontrôlées par les organisateurs cessent et que s’ouvre le temps du dialogue. Mais les conditions sont-elles réellement réunies ?
De notre côté, à Pau, on entend François Bayrou qui, à l’occasion de ses vœux, affirme que les politiques ne sont pas responsables de la situation actuelle. On va le croire par politesse et parce que c’est le début de l’année. Samedi dernier 5 janvier, les gilets jaunes sont allés déranger les deux députés du coin, Josy Poueyto et Jean-Paul Matteï. Ils étaient en train de présenter leurs vœux à ceux qui méritent leurs égards dans un hôtel palois. Plus tard,  Matteï dira, lors d’une interview à France Bleu Béarn, qu’il fera tout pour être à l’écoute de ses concitoyens. En y pensant plus tôt, il n’aurait pas pris le risque d’être disqualifié.

Pau, le 7 janvier 2019

par Joël Braud

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20 commentaires

  • « De notre côté, à Pau, on entend François Bayrou qui, à l’occasion de ses vœux, affirme que les politiques ne sont pas responsables de la situation actuelle. » Ca fait plus de 30 ans qu’il vit de la politique. Il a ét député, ministre ..etc .. et il n’est responsable de rien ? Ah oui j’oubliais, il se crois plus important que dieu.

  • « Ils étaient en train de présenter leurs vœux à ceux qui méritent leurs égards dans un hôtel palois ».. Y avait -il des petits fours ? Qui paye ?

  • Bonsoir Joel
    Belle analyse sauf que Chantal Jouanno a démissionné entre temps.comment qualifier cette concertation avec les citoyens?

  • Je comprends et partage les commentaires . Nous avions dans un échange alpy,
    évoqué le problème de la verticalité des enquêtes publiques qui ont l’apparence d’une concertation mais qui n’en sont absolument pas . Le grand débat pourrait être l’occasion d’inscrire un impérieux besoin de réforme de ces procédures pour qu’elles soient beaucoup plus participatives ét achevées par un référendum quand il s’agit de grands projets . Le seul hic c’est que tout cela a un coût supplémentaire . Sur le travail des lois, quand les citoyens sont engagés et s’astreignent a suivre le travail de leurs députés, que leurs députés ont la culture de l’écoute et de la concertation , la construction , l’écoute du citoyen, la prise en compte de ses observations sont possibles dans le système actuel .
    Sauf que cela fait beaucoup de si … que les citoyens ont déserté les partis et les syndicats , donc cette rencontre de la construction des lois ne se fait plus avec la même qualité démocratique, d’autant que le rythme des réformes, de l’information immédiate, dégrade et empêche le dialogue serein nécessaire . Quand le député n’a pas cette culture de travail , elle n’existe pas du tout pour le coup !
    Sur le caractère vertical des réunions locales décrit par Latour , j’entends … Ce que vous dites est vrai sur le sentiment que les citoyens peuvent en avoir mais pour avoir été du coté décisionnaire de la barrière, je puis vous assurer que bien des décisions ont été modifiées par les remarques, les protestations ou les apports constructifs des citoyens , Palois en l’occurence . Tout cela est bien compliqué en effet . Si je prends le dossier des halles , on a là l’exemple de politiques qui , parcequ’ils ont pris le temps de l’écoute contestataire ( des commerçants ) ont rangé leur premiere orientation d’aménagement qui était au niveau financier de ce qui se réalise aujourd’hui , pour redéfinir un projet qui aboutisse au maintien de l’ensemble des étaliers par un abaissement du niveau de rénovation afin de réduire l’impact financier sur les prix de location des étals . Tout ce temps aujourd’hui reproché , l’a été pour tenir compte de l’écoute des citoyens commerçants , qui avaient raison finalement puisque 65% d’entre ceux de 2013 ont disparu , purement et simplement avec les conditions arbitrairement imposées par l’équipe municipale suivante (et un peu aussi parceque l’imbrication des aménagements du Bhns avec la rénovation du Parking République impliquait un travail technique ardu et coordonné ) . Bien d’autres exemples, un hotel ne s’est pas fait suite à la protestation de riverains , des programmes immobiliers sur le cami salié ont été freinés suite à des réunions en 2011, un site d’habitat pour les gens du voyage vers Copernic a été stoppé etc , les thés dansants au palais Beaumont ont été lancé en 2012 sur demande de citoyens dans des réunions publiques ( ça peut paraitre futile mais ça ne l’est pas du tout ! ) etc … Bref la démocratie, ça marche à condition de s’y impliquer et d’accepter que la temporalité de projet ne se règle pas avec un clavier ou une télécommande . Dans le monde d’aujourd’hui et avec les nouvelles générations biberonnées à la culture zapping , clic et consummérisme , c’est effectivement beaucoup plus compliqué et j’ai du mal à entrevoir les solutions , je vous l’avoue !

    •  » …..je puis vous assurer que bien des décisions ont été modifiées par les remarques, les protestations ou les apports constructifs des citoyens,…. »
      C’ est tant mieux. Mais combien de temps et d’ argent perdus. Plutôt que de s’ entêter sur un projet on ferait mieux d’y associer les citoyens dès le départ, cela permettrait d’ avoir un projet qui corresponde aux besoins réels des citoyens. Cela n’ éviterait, pas en totalité les erreurs, mais les limiterait. Quantité de projets finis ont dû être repris après coup pour donner satisfaction aux usagers, avec le risque de dénaturer le projet initial et d’ en diminuer la fonctionnalité. Ce qui fait qu’ au final personne n’ est satisfait et les coûts
      s’ envolent discrètement par pertes et profits.
      J’ en veux pour preuve le cas de la passerelle sur le gave à Bizanos, je crois. Mais également actuellement le cas du contournement de Beynac avec la construction d’ un pont sur la Dordogne( voir article presse ci-dessous) qui est stoppé. Les citoyens proposaient un projet alternatif, moins coûteux, qui n’ allait pas dénaturer le site ou beaucoup moins, mais personne n’ en a tenu compte et est passé outre, avec maintenant l’ arrêt des travaux par le Conseil d’ Etat et le Président du CD qui veut griller le stop de la Justice. !!!!!! Bel exemple de démocratie participative, dont personne ne veut se risquer à faire le bilan. Dommage qu’ on en arrive à une histoire personnelle de ce genre qui va totalement à l’ encontre de l’ intérêt généra qui aurait dû prévaloir dès le départ.
      Libération.fr | 3 Janvier 2019 | Contournement de Beynac: le président du département veut griller le stop de la justice
      Après la suspension des travaux de cette déviation par le Conseil d’Etat vendredi, son initiateur, Germinal Peiro, affirme qu’il va continuer la bataille juridique. L’historique de l’affaire montre qu’il en a surtout fait une histoire personnelle.
      En suspendant en référé les travaux du contournement de Beynac-et-Cazenac le 28 décembre, le Conseil d’Etat a porté un coup d’arrêt au chantier de cette route. Mais il a aussi asséné un coup de massue sur la tête du promoteur du projet, le président socialiste du conseil départemental de la Dordogne, Germinal Peiro.

  • Merci pour votre article de qualité qui interpelle et pour les commentaires non moins interresssants qu’il suscite. Les élus sont ils conscients du rejet ? Je prétends nullement répondre au nom de ces élus mais je pense qu’ils sentent parfaitement ce qui se passe au moins autant que les citoyens avertis qui s’expriment sur les réseaux sociaux . Le jugement facile, péremptoire et caricatural consiste à presque les mettre tous dans le même panier des représentants qui attendraient que ça passe en préparant
    la suite de leurs carrières à l’abri des partis pour sauvegarder leur supposé confort Républicain . Avec un peu plus d’objectivité, je pense que les élus, chacun à leurs niveaux font face à leur quotidien de multiples réunions de travail pour ceux qui sont dans des exécutifs, à leurs responsabilités de faire avancer de multiples dossiers en cours dans tous les domaines . De cela, les citoyens prompts aux plus sévères jugements et aux violences n’ont aucune idée. Que veulent ils ? Que tous les élus s’arrêtent parcequ’il y a un rejet général ? Que se passerait il ? Le chaos général, une économie qui s’effondrerai parceque la commande publique pèse en France bien plus qu’ailleurs, une remise en cause des capacités de versements des pensions, retraites, des moyens de fonctionnement des hopitaux … Et un Million de chomeurs de + très rapidement …. On peut dissoudre toutes les assemblées et organiser de nouvelles élections . Ça changera quoi pour tous ces gens qui ne veulent pas avoir à faire confiance à des représentants, fussent t’ils des GJ ? A avoir des novices partout ?
    A voir les nouveaux élus  » en marche  » Ministres ou députés qui ont mis le pays dans cette situation en 18 mois ( Epargnez moi le discours sur la situation qui éclate parceque ça fait 40 ans … Etc … Nous avons cette situation grave du fait de l’amateurisme politique au plus haut niveau de l’Etat depuis 6 mois notamment) avec la complicité du Président de la République, je m’abstiendrai de soutenir une telle hypothèse de sortie de crise, mais chacun pense ce qu’il veut .
    Et les citoyens, ils font quoi quand les élus les invitent à venir prendre connaissance d’un compte rendu de mandat ? J’ai distribué 2500 tracts sur le Nord de Pau début novembre avec mon binome Stéphanie Maza . Fait une conférence de presse préalable 5 jours avant . Résultat : 45 personnes dont une vingtaine de sympathisants plus ou moins engagés .
    J’ai discuté avec des GJ …. Eu un rendez-vous vous plus long … Je participerai aux débats qui seront organisés , apporterait autant de réponse et d’écoute que possible .
    Bien sur qu’il faut essayer de faire évoluer notre démocratie, avec des notions révocatoires pour ceux qui font le contraire de leurs engagements si besoin, plus de proportionnelle, plus de consultations . Mais pour que cela fonctionne, il faut des citoyens engagés durablement et avec le sens du collectif . Là c’est pas gagné ! Car la raison pour laquelle des milliers d’élus envisagent de jeter l’éponge en 2020 , c’est ce constat déplorable de la revendication individualiste.  » Oui Mr l’élu , vous faites ceci, cela, mais pour moi, pour mon problème à moi qu’est ce que vous faites ? « . je veux, j’exige, je m’en fous du voisin, chacun ses problèmes …. Etc … Voilà ce que les Maires en ont assez d’entendre en retour de leurs engagements de convictions quelles qu’elles soient et bien des conseillers aussi !
    Les élus ne sont que des citoyens comme tout le monde à la base . Ne l’oublions pas .

    • C’est clair, je le répète depuis des années, les citoyens ne s’intéressent pas au fonctionnement de leurs institutions, de leur Mairie, Département ou Région. Car pour ne pas raconter n’importe quoi, ce qui est le cas actuellement, il faut avoir passé du temps sur les problèmes, sur les budgets, il faut avoir une vision globale cohérente.
      Les expériences de réunions publiques d’information ou de débat organisée par les élus ne font pas recette… c’est un fait.Ces absents ne peuvent pas ensuite s’instaurer en donneurs de leçons de participation démocratique !
      Aujourd’hui, une minorité agissante plus ou moins noyautée par des partis étale toutes les revendications du monde, relayées avec cynisme par les partis d’opposition et les media de gauche trop contents de taper sur Macron.
      Le grand débat est une erreur on va y voir tout l’égoïsme ignare des français que vous dénoncez fort justement. On aura l’occasion d’en reparler.

      • Michel LACANETTE.

         » C’est clair, je le répète depuis des années, les citoyens ne s’intéressent pas au fonctionnement de leurs institutions, de leur Mairie, Département ou Région. »
        Parfaitement vrai, mais que fait t’ on pour les intéresser, quand l’ on sait par exemple que lors d’ enquêtes d’ utilité publique les dossiers présentés sont déjà  » ficelés » et seulement modifiables à la marge. Alors que les citoyens devraient être associés dès le départ à ces projets qui souvent commandent du destin d’ un village, d’ une ville ou d’ une région.
        Pour commencer à intéresser les citoyens ne faudrait’ il pas aussi mettre les dossiers à leurs dispositions et non pas utiliser toute une stratégie administrative pour les dissimuler du public. Essayez d’ avoir accès à certains dossiers et vous serez vite dissuadé de le faire. Voir à Oloron l’ affaire des frais de déplacements en cours, qui sans la pugnacité de Joel Adam serait encore passé sous silence avec la complicité de l’ opposition.
        D’ autre part ne faudrait’ il pas que les services de l’ Etat se mettent à parler et écrire un langage compréhensible par tout le monde et non un langage qui exclut d’ office la moitié des citoyens qui n’ ont pas bac+5.
        Les citoyens sont prêts à s’ intéresser au fonctionnement de leurs institutions, mais à la condition qu’ on leur en donne des moyens clairs et non en les maintenant dans un espèce de brouillard administratif. C’ est peut être par là qu’ il faudrait commencer si on veut les réveiller et non pas les endormir.

    • Tant qu’un Président de la République n’aura pas une assise de premier tour de l’ordre d’un tiers des suffrages, le gouvernement de la France sera chaotique.
      Il y a 5 ans, le gouvernement (notamment celui de M. Ayrault qui a marqué par son professionnalisme politique) se débattait avec les Depardieu et consorts, les bonnets rouges mais aussi les « geonpi », sortes de gilets jaunes à l’envers…

    • Monsieur Duchateau : je ne remets en cause ni votre sincérité ni votre volonté de bien faire, mais je rejoins l’analyse de Michel Lacanette. J’ai assisté à quelques réunions publiques organisées par des élus, et on reste dans un shéma de verticalité assumée où il s’agit juste de faire descendre l’information sur ce qui a été fait ou sur ce qui va être fait. Non pas que cela soit inutile, mais le citoyen n’a jamais l’impression d’avoir son mot à dire (on peut s’exprimer, bien sûr, mais cela n’a que très peu d’incidence en pratique).
      Par exemple : quand un projet est présenté dans une réunion publique, il arrive déjà ficelé par des gens qui ont travaillé sur le dossier et qui ont donc une légitimité. Le citoyen de base reçoit l’information le jour de la réunion, il n’a pas le temps d’assimiler le tout et d’y réfléchir pour avoir une parole pertinente sur le moment. D’autant que l’information qu’il reçoit est parcellaire, sélectionnée, travaillée… Les documents de travail, rapports, etc, lui sont inaccessibles. La réunion ne fait par ailleurs l’objet d’aucun compte-rendu où les débats seraient synthétisés pour action ultérieures : une fois la réunion passée élus et services considèrent qu’ils ont fait leurs devoirs et c’est terminé.
      Reconnaissez aussi qu’on ne voit jamais autant de réunions publiques que pendant les périodes électorales : les gens ressentent bien le mélange des genres. Vais-je assister à une véritable réunion de laquelle il va sortir quelque chose, ou bien à un meeting ?
      Comprenez bien que je ne vous jette pas la pierre personnellement, c’est tout le fonctionnement des institutions qui est à revoir, et j’ai tout à fait conscience que ce ne sera pas simple…

      •  » ….c’est tout le fonctionnement des institutions qui est à revoir, et j’ai tout à fait conscience que ce ne sera pas simple… »
        Il n’ est pas question de jeter la pierre sur qui que se soit, car c’ est la structure administrative française qui est comme cela( colbertisme). C’ est cela qu’ il faut revoir pour adapter notre Administration au monde en pleine mutation. Peut être que le grand débat que l’ on nous promet apportera quelques réponses positives à ce problème de forteresse administrative.
        N’ oublions pas aussi que certains Elus se prêtent à ce jeu administratif stupide pour l’ avoir vécu et ne font qu’ abonder dans ce sens, ce qui n’ est pas fait pour arranger la situation.

      • C’est pour cela que l’open data avec l’obligation de toutes les collectivités de publier les données brutes permettra si volonté de ceux qui les détiennent est sincère. Ainsi chaque citoyen pourra faire ses analyses en fonction de ce qu’il veut analyser…merci pour cet article qui relance le débat

    • Oh là, le "Sieur" Duchateau : « Epargnez moi le discours sur la situation qui éclate parce que ça fait 40 ans … Etc … Nous avons cette situation grave du fait de l’amateurisme politique au plus haut niveau de l’Etat depuis 6 mois notamment »
      d’où… mes quelques élucubrations ci-après, un peu dans le désordre il est vrai, et qui vont un peu de pair, avec le climat social presque insurrectionnel et/ou l’ambiance actuelle 😉 :
      Rappel (bis, ter repetita) : est-il encore utile de rappeler, que ce malaise social et économique date de plusieurs décennies, la responsabilité collective des précédents gouvernements (avec leurs réformes mais aussi avec leurs renoncements…), ne peut, à mon humble avis, être contestée !!!
      Exemple : l’actuel gouvernement n’est pas, depuis 18 mois, le seul responsable de la fracture sociale et territoriale !

      Rappel (bis, ter repetita « again ») : comment accepter d’entendre parfois ce qui suit, mais peut-être, l’avez-vous aussi et entre autres, entendu ? :
      « On a essayé tous les partis politiques traditionnels, pourquoi pas le RN ? », c’est difficile à comprendre, mais l’arrivée au pouvoir de l’un de ces 2 partis au pouvoir (RN ou… LFI), porterait un coup fatal à l’économie de la France, et ce sans évoquer, les risques de guerre civile (…) : ces 2 partis semblent attendre le « grand soir » en souhaitant le désordre institutionnel, sinon le chaos pour arriver à leur fin et donc, une volonté déjà plusieurs fois exprimée, du retour aux urnes (Dissolution de l’Assemblée nationale et… nouvelles élections législatives) au mépris (redite) des institutions républicaines !!!.
      Même si l’on peut reprocher un certain manque de professionnalisme à l’actuel gouvernement, notre Président n’est que le bouc émissaire pour la « France des fins de mois et du pouvoir d’achat , aux revendications multiples à… géométrie variable », et ce, même avec quelques maladresses de communication (d’autres Présidents avant lui et aussi quelques membres de leur gouvernement respectif en ont faites !); on peut aussi émettre des réserves sur quelques décisions plus ou moins discutables (Exemple : maintien de la CSG pour seulement une partie des retraités et tant pis pour ceux qui sont au dessus de… « la ligne de flottaison » !).
      La recherche permanente de la réduction de la dépense publique est pour moi, une bonne résolution; le rétablissement de la mesure symbolique qu’est l’ISF desservirait et nuirait, entre autres, aux investissements en France…
      Voir svp l’article d’ Anne-Aël Durand et Pierre Breteau, publié le 09 janvier 2019, article partiellement à réactualiser «Rétablir l’ISF ? Le point sur cet impôt au cœur des revendications des « Gilets jaunes » (Les Décodeurs, section du site « LeMonde.fr)
      URL : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/01/09/comprendre-la-polemique-sur-le-retablissement-de-l-isf_5406788_4355770.html
      Nota (suite à une proposition du think tank « Terra Nova ») : je suis absolument contre l’augmentation de la fiscalité des successions, c’est déjà trop actuellement, c’est tout simplement, à mon humble avis… confiscatoire ET en quoi cela permet-il de réduire les inégalités ?!?
      Que «Le PS lance une plateforme numérique pour pousser au rétablissement de l’ISF» ressemble un peu… beaucoup à de la retape pour attirer une p’tite partie des 80% des français qui y est favorable (GJ et autres électeurs), pour les prochaines élections européennes du 26 mai prochain…
      Chapeau de l’article : « Cette plateforme a pour objectif d’aider les citoyens à pousser leurs parlementaires à se prononcer en faveur d’un référendum d’initiative partagé (RIP) pour rétablir l’ISF. » (Article publié le 09/01/2019 à 19h57 par SudOuest.fr avec AFP).
      URL : https://www.sudouest.fr/2019/01/09/le-ps-lance-une-plateforme-numerique-pour-pousser-au-retablissement-de-l-isf-5718112-710.php
      L’augmentation, désormais annulée, il est vrai provisoirement (…), des taxes sur les carburants et multiples revendications des GJ radicaux (…), ne peuvent en aucun cas justifier la violence, les discours haineux, les dégradations sur des biens publics et/ou privés ET… les menaces sur quelques député(e)s de la REM !
      Par ailleurs, j’ai presque envie de traiter d’abrutis, ceux, qui parmi les GJ, osent dire que nous sommes en dictature !
      Divers et dans un autre registre : nombre de personnes dans les réunions organisées (informations et débats) : c’est un fait et c’est regrettable de constater le manque d’intérêt de nos concitoyens à la chose publique…
      Ici en Pau, j’ai encore en mémoire, les réunions sur le projet du BHNS (mandat de MLC) qui n’était pourtant pas un projet de quelques milliers d’euros : ayant assisté en tant que simple habitant, à la plupart des réunions et en particulier, celles tenues dans la salle du Conseil municipal de la Mairie, on s’est parfois retrouvé à moins de 10 personnes avec 2 ou 3 membres de l’équipe municipale et un membre de l’opposition qui de temps en temps venait faire un tour et s’en allait au bout de 30 mn maximum, sinon moins…
      Je n’ai vu que dans quelques quartiers, un peu plus de personnes assister à ces réunions d’information sur le BHNS…

      •  » le rétablissement de la mesure symbolique qu’est l’ISF desservirait et nuirait, entre autres, aux investissements en France… »
        L’ erreur monumentale d’ Emmanuel Macron a été de supprimer l’ ISF d’ un coup, sans demander des contreparties aux contribuables concernés.
        Son histoire de ruissellement est une vision technocratique  » bobo ». En matière de finance
        et d’ économie le ruissellement n’ existe pas. Celui qui récupère de l’ argent s’ empresse de le replacer sur des placements qui sont susceptibles de lui rapporter de façon sûres et ne se hasarde pas à prendre des risques démesurés dans l’ industrie.
        Macron aurait dû procéder par tranche de 25% sur 4 ans, mais fonctions des résultats de retour d’ investissements escomptés. Si les investissements n’ avaient pas eu lieu arrêt immédiat de la diminution de l’ ISF. Personne n’ aurait rien dit, même pas les riches.
        Dans le contexte actuel il ne pourra ni la rétablir, ni la compenser par autre chose.
        La taxe foncière qui pourrait venir en compensation pour 20% des plus riches ne sera pas constitutionnelle.

  • P’tites suggestions parmi les mesures à prendre, même si elles ne sont pas prioritaires pour la majorité des citoyens :
    1) Que la Cour des Comptes ait un pouvoir de sanction renforcé : la lecture du rapport public annuel et l’évocation de l’utilisation faite par les collectivités locales et l’Etat, de l’argent public, me fait parfois monter la tension !
    Rappel : voir svp, l’article « Les missions de la Cour des comptes » sur le site « facil’éco : Mieux comprendre l’économie ») :
    URL : https://www.economie.gouv.fr/facileco/cour-des-comptes-missions-controle-comptes-publics
    2) Que l’on puisse avoir le droit de révoquer certains édiles, élus ou acteurs économiques régionaux pour …. gabegie au frais des contribuables (Ex : routes ou ponts qui mènent nulle part, gares « Sncf » fantômes, aéroports locaux sous-utilisés car certains doublonnent au sein d’une même région, etc..) et pas forcément via un référendum local ou élections qui nous obligent à patienter jusqu’à la fin d’un mandat de 3, 5, 6 ou 7 ans selon le cas… et ce, à partir du moment où la Chambre régionale des Comptes ou la Cour des comptes « pointent » de réelles dérives ou décisions injustifiables…
    Je peux me tromper, mais on a le droit de rêver un peu… beaucoup ! 😉 😉 😉

  • Il faut bien admettre que si ces édiles avaient réellement été à l’écoute des préoccupations de leurs administrés, comme ils le prétendent, et avaient su être entendus au plus haut niveau, il n’auraient pas eu besoin de cet artifice pour connaître ce qui motive la colère actuelle.
    Il y a bien longtemps que beaucoup de ces édiles ne sont plus à l’écoute des préoccupations de leurs administrés, comme ils le prétendent et qu’ ils ne cherchent plus à être entendus au plus haut niveau. Il y a bien longtemps que beaucoup considèrent leur mandat comme une chasse gardée, dont ils emploient plus d’ énergie à la  » bunkerrsée »
    qu’ à la partager avec leurs administrés. Il y a belle lurette que l’ intérêt général est passé dans la rubrique  » pertes et profits », alors qu’ ils ne jouent pas les oies blanches avec ce qui se passe aujourd’ hui, en faisant semblant de découvrir le problème.
    Les cahiers de doléances ne sont qu’ un artifice administratif afin de se donner bonne conscience d’ avoir fait avancer le shimilblick, malheureusement le mal est plus profond.
    Dans l’ état de décrépitude de la situation actuelle peut être que la seule solution viable serait de convoquer des Etats Généraux, mais encore faudrait’ il que les partis politiques traditionnels jouent le jeu. Ce qui semble ne pas être le cas, préférant laisser pourrir la situation que de sauver la démocratie.

  • Un article lucide et qui ne manque pas de piquant(s). Merci Joël Brau.

  • Précision très importante concernant le sondage. Il proposait une liste de réponses limitées. Il est clair que si on avait laissé libre choix de réponse ou aurait obtenu une dispersion très grande à l’image de ce que l’on entend lors des interviews.
    Je suis d’ailleurs frappé par les choix qui en fait sont totalement secondaires par rapport à la réalité des problèmes de la France, a commencer par le chômage.
    Un autre sondage fait par le CESE par internet donne des résultats totalement différents et sans doute biaisés…

    • C’est effectivement ce que je dis : « questionnés sur cinq mesures… » Qui ont été préalablement choisies par l’organisme de sondage. En réalité si j’ai bien compris la logique de l’IFOP, ce choix est fait en considération des mesures possibles à réaliser. Le chômage qui est aussi une préoccupation essentielle ne diminuera pas par une seule décision législative ou réglementaire.

  • Nul doute que cette démarche, aussi honorable soit-elle, ne débouchera pas sur grand chose. Seront-ils alors les plus qualifiés ?

    Je rappellerai un commentaire de M. Labazé lorsqu’il était Président du CG et que l’on pourrait appliquer aux demandes de « Gilets Jaunes »:
    « Lors du colloque Opinion publique & territoire du 1er mars 2013 à Pau, M. Labazée, en réponse à une question de M. Boutin (fondateur du site Alternatives Pyrénées) sur la montée du populisme et la nécessité de transparence de l’action politique et de ses acteurs, indiquait que la majorité des demandes d’interventions d’électeurs consistait dans des demandes de contournement des lois.

    — en exerçant des violences inadmissibles, les gilets jaunes nuisent à leur propre image et entrent eux-mêmes dans la spirale de la disqualification. —

    Un mouvement, centré sur des ronds-points autour desquels tout le monde tourne dans le même sens et où personne ne s’arrête, ne peut que finir en spirale vers le fond.

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