Place publique à Pau

les idées menent le monde palais beaumont    Mardi 15 janvier Raphaël Glucksmann était au Parvis à Pau pour présenter son dernier livre (Les enfants du vide) puis lancer le mouvement local de Place publique, son nouveau « parti ». Je n’ai pas ici l’intention de commenter son ouvrage mais simplement mettre en exergue les principales faiblesses de la démarche politique.
On connaît Raphaël Glucksmann au travers de ses nombreuses interventions sur les media. Sympathique, cultivé, brillant, il déborde d’humanisme et de bonnes intentions. On a envie de croire à son monde idéal. Selon lui nos démocraties libérales ont montré beaucoup de dynamisme tant que l’équilibre entre démocratie (le collectif) et le libéral (l’individuel) existait. Aujourd’hui il serait rompu au profit de l’individualisme.
Son mouvement Place publique a été fondé avec Claire Nouvian (journaliste écolo) et Thomas Porcher (économiste de gauche) et quelques autres. Ils ne cachent pas leur positionnement à la gauche de la gauche, ils ont voté Mélenchon tandis que Raphaël Glucksmann votait Hamon. Ils ont pour ennemi principal l’extrême droite, qui menacerait l’Europe et c’est compréhensible, mais la France Insoumise est tout aussi populiste et dangereuse pour nos libertés, et l’économie…
Pour eux, aucun problème pour une transition écologique dans la joie, la recette est simple : il faut sortir des critères de Maastricht, cette stupidité des 3%, et on finance par des emprunts massifs !
Ben voyons, on connaît cela puisque depuis des années, Thomas Porcher (économiste atterré) est l’invité permanent de nos chaînes publiques. Il répète inlassablement sa musique keynésienne, emprunter n’est pas un problème il faut le faire dans les périodes difficiles… puis éventuellement il rajoute : et rembourser quand cela va mieux…
Sauf que cette musique est connue puisque depuis 1974, cela fait 45 ans que l’on emprunte sans jamais avoir réussi à diminuer la dette et à présenter un seul budget ne serait ce qu’en équilibre ! On voit mal comment on pourrait vivre avec une dette majorée de plusieurs centaines de milliards d’euros !
Ils se veulent européens, mais aucun des pays fourmis de l’Europe du Nord n’est d’accord avec leur position. Les bons élèves de l’Europe disent aux français : mais qu’attendez vous pour faire comme nous ? La France n’a jamais fait aucun effort, d’ailleurs nos partenaires sont ahuris de voir des gilets jaunes perturber le pays qui redistribue le plus, qui a le SMIC le plus élevé, qui a les prestations sociales les plus généreuses, qui n’a connu aucune austérité !
On le voit, ils se disent européens, mais en fait sont en opposition avec le cœur de l’Europe qui fonctionne, c’est d’ailleurs une proximité avec Mélenchon qui se dit européen à condition que toute l’Europe fasse ce qu’il décide …
C’est la même chose dans leur second combat : la lutte contre l’optimisation fiscale. Certes, tout le monde est d’accord pour trouver logique que les règles soient sensiblement les mêmes en Europe, mais toujours les mêmes nations diront à la France, d’accord pour un point d’équilibre fiscal, mais celui ci sera plus bas que le niveau français qui est un des plus élevé… d’où une disparition de ressource pour l’Etat français…
Place publique se dit pro européenne, mais une Europe dont la majorité des pays ne veut pas.
Par ailleurs, lorsqu’on écoute Glucksmann on pourrait croire que la France est un horrible pays libéral, c’est tout le contraire. On a les prélèvements obligatoires les plus élevés, on a la dépense publique la plus élevée, la redistribution la plus généreuse, les retraites les plus élevées, les prestations sociales les plus importantes, le chômage le mieux rémunéré, alors que nous vivons à crédit avec 2200 milliards de dette et un déséquilibre mortel du commerce extérieur.
Qui peut croire qu’après avoir vécu aux crochets de nos enfants (la dette actuelle) on va leur laisser une planète dévastée et en plus une dette supplémentaire massive pour éviter la fin du monde !
Concernant l’organisation locale du mouvement, alors là c’est pas très clair. Le référent désigné est Laurent Jubier, une personne qui a l’air de chercher à tout prix un avenir politique quelle que soit la couleur du maillot.
Assistant parlementaire de Martine Lignières Cassou, il a senti venir le vent Macron et donc s’est empressé d’aller s’inscrire à LREM. Les portes y étant bouchées par le MoDem, il quitte et lance un club de réflexion local pour animer le débat public à Pau sans grand succès, puis par on ne sait quelle acrobatie se retrouve référent de ce mouvement de gauche. Pas très encourageant pour les militants sous le charme de Glucksmann qui pour beaucoup d’entre eux regardent le mouvement avec une sincérité naïve.
Un parti sur des bases économiques irréalistes, qui se dit européen mais d’une Europe dont les européens ne veulent pas, des recettes démagogiques pour une transition écologique, l’avenir de Place publique me paraît limité. Pour Libération, l’image qu’ils renvoient : « Celle d’enfants bien nés, des bobos de la capitale qui la jouent révolutionnaires. »

Daniel Sango

Crédit photo : Sud Ouest Archives

2 commentaires

  • Ce M. Glucskmann est un philosophe qui fait de la philosophie en chambre, et qui n’a jamais été patron de PME ou de TPE qui navigue sur les plateaux de TV et soi-disant a la solution pour sortir la France de son marasme. Bon courage à ce monsieur. Voilà encore un autre sauveur patenté par les médias. Faut-il en rire ou en pleurer?

  • C’est à croire qu’entre le libéralisme triomphant et le communisme moribond il n’y aurait pas d’autre choix.

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