Grand débat palois acte IV

Vendredi 1er mars 2019, s’est déroulé le quatrième grand débat palois. Le thème en était : Impôts, dépenses et action publique, fiscalité et économie. Il faut admettre et sans doute le regretter, que peu de monde avait répondu présent comparativement aux autres éditions. Cependant malgré ce public restreint ce fut un débat de très bonne tenue. C’est sans doute là le plus important.
Toujours dans le rôle de monsieur loyal qui s’était engagé, il y a maintenant quelque temps, à une stricte neutralité, François Bayrou (Bayrou comme Bayonne, nous a-t-il tant de fois répété).
Et les grands témoins sont :
-Frédéric Cabarrou, directeur départemental de la banque de France des Pyrénées Atlantiques,
-Philippe Cazes-Carrère, chef d’entreprise, président du groupe APR,
-Valérie Paris, présidente de la Caisse primaire d’assurance maladie Béarn et Soule,
-Fabienne Bascou, vice présidente de la C.A.F. Béarn et Soule,
-Jacques Le Cacheux, professeur d’économie, spécialisé dans les finances publiques,
-Jean Marziou, ancien rédacteur en chef de la République et de l’Eclair,
-Philippe Tugas, ancien chef d’agence à Sud Ouest et ancien rédacteur en chef de Pyrénées presse.
La première question revient à une femme qui évoque une forme d’hypocrisie des banques. Elle demande en effet pourquoi les banques françaises possèdent des filiales dans les paradis fiscaux. Le directeur de la banque de France répond qu’il s’agit là de la liberté d’entreprise. François Bayrou précise ici que la question de l’évasion fiscale est une question civique comme le travail au noir.
Mais déjà le ton est donné, il portera essentiellement sur le souci de chacun du respect de l’égalité devant la fiscalité.
Puis certains contesteront la TVA, ; d’autres s’étonneront qu’il existe deux CSG, la déductible et la non déductible ce qui a pour conséquence que chacun paie des impôts sur des impôts. A ce propos, Jacques Le Cacheux répond que cette distinction est en effet très peu lisible. Plus tard il précisera, toujours à propos de la CSG qu’elle est en réalité un impôt sur le revenu calculé à partir du premier euro. Ce qui relègue au niveau anecdotique ce récent débat soulevé par une membre du gouvernement. Une intervenante défend les familles et souhaite que l’impôt prenne en compte la composition familiale. La question également évoquée par le maire de la dépendance, le coût des EHPAD.
Il serait en réalité difficile d’évoquer tous les sujets qui sont abordés tant ils sont à la fois nombreux et divers. Mais retenons quand même le sujet de la réduction des dépenses publiques. A ce propos est évoquée la situation de l’Allemagne où les prélèvements sont inférieurs de 8% à ceux de la France. A cela l’édile palois répond que, en Allemagne, les retraites ne relèvent pas des finances publiques. Jacques Le Cacheux fait ici une réflexion intéressante en signalant que la densité de population étant différente de celle de la France, les distances sont moins grandes ce qui a une incidence sur le coût des services publics. Mais il reste et cela est rappelé opportunément par Valérie Paris que, en Europe, sur 28 pays 27 ont réussi à baisser leurs dépenses, mais pas la France.
Pourtant il n’est pas inutile de lister quelques questions sans pour autant prétendre à l’exhaustivité :
Ainsi une dame s’étonne qu’habitant à Pau, en limite de Bizanos, lorsqu’elle compare ses impôts locaux avec ceux de ses voisins, elle est sidérée de constater qu’il existe une telle différence entre les deux villes. Elle souhaite une harmonisation au niveau de la communauté d’agglomération. Et pourquoi pas au niveau national dira un autre.
Les dépenses consacrées à la défense nationale (36 milliards).
La dette qui s’élève actuellement à 2350 milliards au plan national tandis qu’au niveau des collectivités territoriales elle est de 150 milliards.
L’ISF à propos duquel le député Jean-Paul Matteï reconnaît avoir voté la suppression parce qu’il considère qu’il faut protéger le patrimoine professionnel, ce dernier étant productif d’emploi. Il faut distinguer selon lui, le patrimoine productif du patrimoine non productif.
Laissons la conclusion à certains grands témoins. Une grande question a été évoquée ici, celle de la justice fiscale. Le système est moins juste qu’il ne l’était il y a vingt ans (Jacques Le Cacheux). Ce débat a été sage et de haute tenue. Les citoyens sont matures. Des paradoxes sur l’utilité de l’impôt transparaissent. Il y a une urgence absolue à se mettre au travail pour aboutir à une réforme, une solution de remplacement à l’impôt (Jean Marziou). Nous n’avons pas beaucoup parlé le l’évasion et de la fraude fiscale qui représentent 100 milliards, soit plus que l’impôt sur le revenu (Philippe Tugas).
En clôturant cette réunion à 21 h 30, François Bayrou a parlé de la courtoisie du débat. Il faut pourtant regretter qu’il ait été lui-même beaucoup plus dans le rôle d’un débatteur que dans celui de l’animateur neutre. Il a battu le record du temps de parole. C’est donc si vrai de dire qu’un élu est toujours en campagne !

Pau, le 5 mars 2019

par Joël Braud

NB : Le prochain grand débat palois aura lieu le vendredi 8 mars 2019 à 18 au Parc des expositions. Thème retenu : Organisation de l’État et des collectivités territoriales.

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3 commentaires

  • Robert Contrucci

    Pour avoir une idée de ce qui a été débattu lors du « Grand débat palois acte IV » sur le thème « Impôt, finance publique, fiscalité et économie », veuillez svp trouver ci-après, l’intégralité de ce que vous pouvez voir et… revoir sur ce quatrième débat à Pau (Réunion publique du 1er mars).
    « Vous n’avez pas pu assister à la réunion publique sur le thème « Impôt, finance publique, fiscalité et économie » ? Nous vous offrons une séance de rattrapage à regarder et partager au rythme de quatre vidéos. » (Extrait du site web « Pau.fr » : 05 mars 2019)
    Voir svp « cette séance de rattrapage » via l’URL suivante :
    https://www.pau.fr/article/grand-debat-national-sur-impot-finance-publique-fiscalite-et-economie–la-4e-partie-a-revivre-en-quatre-videos
    Pour information et/ou rappel :
    « Acte 5 » du Grand Débat National, débutant ce jour vendredi 8 mars à 18h, au Parc des expositions sur le thème suivant « Organisation de l’Etat et des collectivités publiques »
    Rappel : pour voir et/ou revoir les 3 premières réunions publiques (25 janvier + 6 février + 22 février 2019) :
    URL : https://www.pau.fr/article/grand-debat-national–les-deux-prochaines-reunions-publiques-le-1er-et-le-8-mars

  • «Le directeur de la banque de France répond qu’il s’agit là de la liberté d’entreprise.»
    «O liberté «d’entreprise» que de crimes on commet en ton nom»
    Manon Roland (17 mars 1754 – 8 novembre 1793)
    A la lecture de Sud Ouest de ce matin mardi 5 mars, je me suis demandé si j’avais rêvé ou si c’était le 1er avril! Le contenu de la une et de la double page intérieure pouvait suggérer une bonne question à Jacques Le Cacheux, professeur d’économie, spécialisé dans les finances publiques.
    Sud Ouest du 5 mars 2019:
    «Il y a 5 ans, l’Europe a attribué une belle enveloppe de 687 millions d’euros pour aider la France à développer 340 territoires ruraux en Métropole et en Outre-Mer, entre 2014 et 2020, dans le cadre de son programme Leader. Des aides qui ne sont pas destinées à l’agriculture mais à favoriser la cohésion sociale dans ces zones où nombre de commerces et services de l’État ont disparu. Il s’agit d’améliorer l’attractivité de ces territoires, en soutenant par exemple l’installation d’un artisan dans une commune, la création de postes d’animateurs dans des centres sociaux, de maisons pluridisciplinaires de santé ou encore des festivals…
    Or, aujourd’hui, cette manne risque de s’évaporer en raison d’un dysfonctionnement administratif franco-français.
    A ce jour seulement 28 millions d’euros, soit 4% des fonds, ont été distribués. Si tous les fonds ne sont pas dépensés par la France d’ici 2020, date de la fin du programme, il faudra les rendre à Bruxelles.»
    Cause avancée: Le logiciel Osiris a dysfonctionné durant deux ans!
    Vive la gestion numérique, chapeau, la compétence des informaticiens incapables d’apporter une correction en 2 ans!
    Conséquences pour l’avenir 2021-2027: diminution des aides à la France au profit d’autres pays européens plus compétents en informatique, plus respectueux du monde rural, comme le Danemark ou la Roumanie qui ont déjà tout dépensé et demandent une rallonge!
    Alors qu’une des demandes fondamentales, avancée dès le début, est la lutte contre la désertification rurale des territoires, du fait d’une inégale répartition des «dépenses et action publique, de la fiscalité» donc de l’efficacité économique dans l’ensemble du territoire national, nos gouvernants sont capables de ne pas utiliser des aides européennes destinées justement à ce but! Et après, on critique l’Europe!
    Monsieur le Cacheux, comment est-ce possible d’en arriver là?

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