La culture, supplément d’âme ?


“Un homme sans culture ressemble à un zèbre sans rayures.”
Proverbe africain.
Il devient difficile de s’exprimer sans être qualifié de pour ou contre et subir de violentes interpellations, blessantes, même pour ceux qui ont le cuir tanné. On ne peut désormais être observateur sans être pointé comme critique et critique sans être accusé de destructeur. Ce n’est pas le signe d’une démocratie en forme ni apaisée. La pensée unique règne et « les chiens de garde » comme disait Paul Nizan sont là pour faire observer une sorte police de l’esprit. La tolérance nous abandonne et la raison fait place à la passion.
Voilà un phénomène récent, comme est nouveau la montée de la droite dure en Europe et de celle de l’antisémitisme. La corrélation entre les deux n’est pas surprenante car la Communauté Européenne s’est fondée sur le rejet de la Shoah, ce massacre de masse, cette tentative d’élimination d’un peuple, unique dans l’histoire de l’humanité. Il ne s’agit pas « un détail de l’histoire » mais au contraire d’une rupture profonde d’un processus historique. Il a légitimé la construction européenne, même si cette construction est loin d’être parfaite.
Dans ce débat violent, les Gilets Jaunes, avant leur dérive pitoyable, ont eu le mérite de mettre le doigt sur l’urgence sociale à laquelle le pouvoir a apporté une réponse quantitative plus que structurelle. Le Grand Débat, lui, a été un exercice talentueux du Président de la République qui tient plus de la communication que de l’échange espéré. Il est aussi question de « transition écologique » qui a trouvé une nouvelle icône : Greta Thunberg, 16 ans. Chaque vendredi depuis des mois elle proteste devant le parlement suédois suivie par quelques adolescents. Ce mouvement évoque vaguement cette « croisade des enfants » qui en 1212, dans un élan millénariste, voulut partir à la conquête de Jérusalem ; aventure qui se termina en échec sanglant.
Dans cette abondance, il est une question essentielle passée à la trappe, aussi bien sur le plan national que sur le plan local, celle de la culture : sa diffusion, le statut des créateurs, son économie. Le ministre titulaire est inexistant (qui connaît son nom ?)  et la rue de Valois est devenue une sinécure. Elle a pourtant été un lieu prestigieux, avec de brillants prédécesseurs : André Malraux, Jacques Duhamel, Jack Lang, Frédéric Mitterrand pour n’en citer que les plus célèbres.
Le président Macron avait fait de la culture un des piliers de sa campagne et émis comme promesse le « pass-culture » pour les jeunes. Qu’est devenu cet engagement séduisant ? Et l’Europe, tant critiquée par ailleurs, n’a-t-elle pas fait l’unanimité avec le programme Erasmus ? Ces échanges entre jeunes européens gentiment moqués par Cédric Klapisch dans « L’auberge Espagnole ». L’homme ne vit pas que de pain faut-il le rappeler ?
Pau de son côté est devenu une sorte de désert culturel. Le relais du centre-ville abandonné du public a été pris par les salles périphériques, un temps critiquées à tort. Un exemple : l’Atelier du Neez de Jurançon une salle à la jauge ajustée et à la programmation adaptée qui se remplit régulièrement. Preuve qu’une demande existe sur le plan local comme sur le plan national en faveur du spectacle vivant. Nous ne parlons pas des grosses machines, soutenues par les médias, qui remplissent le « Zénith » sans effort… Pour prendre un autre exemple on avait évoqué la possibilité de transformer la Halle de la Sernam située à côté de la gare, en centre de musique moderne. Belle idée, dans un lieu parfait, inutilisé, pour un coût réduit, sans gêne pour le voisinage qui serait plébiscitée par la jeunesse. Où en est-on ?
La culture qui relie les hommes plutôt que les diviser, qui porte à la réflexion plus qu’au déchaînement des passions, qui pousse à la quête de la beauté et de l’harmonie, à l’apaisement et à l’exaltation de la pensée, est devenue la grande oubliée des débats (ne faut-il pas dire de nos divisions) qui nuisent à notre présent et hypothèquent notre avenir.
 

Pierre Michel Vidal

Photo: alamy stock photo
 

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31 commentaires

  • « Pau de son côté est devenu une sorte de désert culturel »
    Je crois rêver !
    Il y a qqs mois j’ai souhaité travailler sur les dépenses culturelles sur l’agglomération paloise, mais le VP en charge s’est toujours défilé pour venir échanger sur le sujet…
    Ceci suite à mes article « La gabegie en spectacle  » ou je dénonce la folie coûteuses des salles de spectacles non utilisées, chaque Maire y allant de sa salle :
    https://alternatives-pyrenees.com/2015/10/07/pau-la-gabegie-en-spectacle/
    https://alternatives-pyrenees.com/2015/10/28/pau-la-gabegie-en-spectacle-suite/
    https://alternatives-pyrenees.com/2016/02/15/pau-la-gabegie-en-spectacle-folie-au-foirail/
    Allons un peu plus loin.
    Normalement la culture est une compétence qui a été transférée à l’agglomération.
    Son budget 2018 était de 12 Milions d’euros de coûts de fonctionnement dont 2 millions d’euros de charge de personnel !!! Gigantesque.
    Mais évidement, notre mille feuille permet toutes les folies et chaque commune y va aussi de son budget pour la culture.
    Pour la ville de Pau le Budget 2019 est de 6,3 millions d’euro auquel il faut rajouter celui de l’orchestre OPPB de 2 millions d’euro environ.
    Il faut bien sûr rajouter tous les budgets culture des communes de l’agglo (fastidieux)
    Mais bien sûr il faut y rajouter les nombreuses participations du Département de la Région et de l’Etat.
    Je pense qu’à la louche c’est plus de 30 millions d’euros qui sont dépensé sur l’agglo uniquement en fonctionnement.
    C’est gigantesque et le premier budget de fonctionnement.
    Je m’arrêterai là, mais au plan national il y aurait beaucoup à dire sur  » l’exception culturelle française » , la gabegie du CNC qui permet à la France de financer les plus grands (et nombreux) navets cinématographiques ou sur le honteux statut des intermittents du spectacle.

  • Pierre-Michel Vidal

    L’argent c’est donc pour vous le seul critère.
    Sur l’Orchestre en effet il y aurait beaucoup à dire… c’est un tabou local. Nous avons un orchestre régional pourquoi ne vient-il jamais sur Pau? Il en est de même pour le CNC, autre tabou régional et national celui-ci. Enquêtez, écrivez mon cher Daniel on adore vous lire et comme ça nous pourrons exercer notre esprit critique à notre tour. Oui Pau est un désert culturel -même si cela ne fait pas plaisir à entendre-, qualitatif en tous les cas, si on compare notre vie culturelle à celle de Tarbes ou de Bayonne par exemple qui a fait l’objet d’un beau reportage dans le récent supplément de Sud-Ouest Dimanche.
    Par ailleurs heureusement que nous avons les intermittents du spectacle car ils assurent une économie du spectacle à peu près viable, même si le systême est amendable, bien sur. Avez-vous été technicien du son ou de l’image? Dépendant de contrats ponctuels? La jalousie est un vilain défaut… et l’idéologie ne peut pas toujours mener le monde. Un peu de pragmatisme ne fait pas de mal.
    Il n’en demeure pas moins, et c’est l’objet principal de cet article, que la culture est passée à la trappe de tous les débats qui nous submergent…
    C’est révélateur et c’est triste. L’Europe c’est avant tout une référence culturelle.

    • Pau désert culturel …
      L’argent n’est pas le seul critère, mais que fait on avec 30 millions d’euros dépensés tous les ans ????
      C’est pas rien …
      Quant aux intermittents, les déviances honteuses du système sont connues, il n’y a aucune raison que le contribuable finance leurs vacances. Il manque juste un peu de courage politique.
      Profitons du moment pour faire la pub d’une institution qui ne bénéficie pas de subvention de l’agglo ou la ville (ce qui n’est pas normal) et qui participe par ses cours, activités et autres nombreuses conférences à la culture à Pau, j’ai nommé l’UTLA (Université du Temps Libre) Bravo à tous ses animateurs et bénévoles

  • « Le président Macron avait fait de la culture un des piliers de sa campagne et émis comme promesse le « pass-culture » pour les jeunes. Qu’est devenu cet engagement séduisant ?  »
    Voici l’info :
    « Le gouvernement a officialisé l’expérimentation son Pass Culture, vendredi 1er février 2019, dans cinq départements français : le Finistère, l’Hérault, le Bas-Rhin, la Seine-Saint-Denis, la Guyane. Environ 10 000 étudiants de plus de 18 ans sont concernés : ils pourront obtenir une enveloppe de 500 euros pour l’acquisition de biens et services culturels proposés pour l’instant par 900 « offreurs ».

    • Pierre-Michel Vidal

      La lecture d’Alternatives Pyrénées est édifiante… on en apprend des choses!
      Par ailleurs bravo à l’UTLA, bien sur…
      Enfin ce n’est pas parce qu’on dépense beaucoup d’argent (c’est toujours trop…) pour la culture qu’on a de bons résultats, la preuve.

  • « Sans doute le beau lui-même est déjà une expression de la liberté : non pas de celle qui nous élève au-dessus de la puissance de la nature et qui nous affranchit de toute influence corporelle, mais seulement de cette liberté dont nous jouissons, en tant qu’hommes, sans sortir des bornes de la nature. En présence de la beauté, nous nous sentons libres, parce que les instincts sensibles n’ont aucune influence sur la juridiction de la raison, parce que c’est alors le pur esprit qui agit en nous, comme s’il n’était soumis absolument à aucune autre loi qu’aux siennes propres. »
    « Le sentiment du sublime est un sentiment mixte. […] L’objet sublime peut être envisagé de deux manières. Ou bien nous le portons à notre compréhension, et nous essayons en vain de nous en faire une image ou une idée ; ou bien nous le rapportons à notre force vitale, et nous le considérons comme une puissance devant laquelle la nôtre n’est plus rien. »
    Friedrich von Schiller
    Du Sublime, 1801

  • Béatrice Porté

    Tout d’abord Daniel Sango, comme le dit si bien P-M. Vidal, avez-vous, un jour, un jour seulement, été intermittent du spectacle ? Non, bien sûr et tout est dit dans ce non. Ensuite cher P-M. Vidal, ce n’est pas à vous que j’apprendrai qu »en « supprimant » la culture (d’une manière ou d’une autre), on évite que les gens, « le peuple », ne réfléchisse trop …. Qu’en pensez-vous ? C’est le meilleur moyen de glisser imperceptiblement vers une certaine forme de dictature ….. Bien sûr que le Monarc a fait plus qu’évoquer la culture dans sa campagne : il voulait et il fallait qu’il soit élu. Mais après ? Eh oui, Pau est un désert culturel. Bien sûr nous avons le Méliès. Mais en regard de ses horaires, les personnes hors de Pau et qui sont toujours en activité, ont bien dû mal à y aller. Et à part le Méliès …. ?

    • Tout d’abord Béatrice Porté avez vous réfléchi, un instant seulement à ce qu’est l’égalité de traitement entre les travailleurs, non bien sûr et tout est dit dans ce non.
      Revenons à la gabegie culturelle.
      « Et à part le Méliès …. ? »
      Alors là c’est rigolo… Mais que fait on des 30 millions d’euro qui sont dépensés chaque année (et encore c’est sans doute bien plus peut être 40) ?
      Votre connaissance de Pau et son agglo me parait limitée.
      Et l’OPPB ? C’est pas de la culture luxueuse ?
      Et les musées ?
      Il existe aussi un réseau de médiathèque (trop important et trop couteux, j’ai eu l’occasion de l’écrire ici plusieurs fois) C’est bien de la culture non ?
      Rien qu’a Pau vous trouverez ci dessous une douzaine de salles
      https://64.agendaculturel.fr/lieux-culturels/pau/salle-de-spectacle/
      Il faut bien sûr y rajouter celles de l’agglo : Lons, Jurançon, Billère, Bizanos, …etc
      Je vous l’accorde elles sont sous utilisées, mais quand même …
      Je mentionne dans un commentaire l’UTLA des centaines de cours, exposés et conférences dans beaucoup de domaines environ 2000 inscrits…
      J’en passe, en fait c’est le contraire. La culture bénéficie d’un budget gigantesque, disproportionné car sans doute très mal géré.

      • Pierre-Michel Vidal

        C’est toujours ceux qui ont le plus qui se plaignent de payer trop et on les écoute car ils crient le plus fort. Les gens qui connaissent Pau sont tout de même ceux qui y vivent et qui payent pour des services dont ils ne sont pas satisfaits.
        Ce n’est pas parce que nous aurions pléthore de salles ou des subventions prétendument dispendieuses que nous aurions de la « bonne » culture : non ! Il faut encore faire les choix judicieux et présenter des spectacles de qualité. Ils sont rares… Il y a donc un problème de gestion en effet.
        Quelle égalité de traitement des travailleurs? Doit-elle se faire par le bas? Comment peut-on comparer le statut du maçon et celui du créateur ? Un peu de sérieux… On doit tout faire pour améliorer le sort de l’un et l’autre, mais leur travail, leur vie n’a rien de comparable.
        Non il n’y a pas trop de médiathèques: il n’y a pas assez de lecteurs.
        Jamais un grand pays ne pourra se construire sur l’inégalité ni sur l’ignorance. La vérité ne se trouve pas dans l’alignement de chiffres -auxquels on fait dire ce que l’on veut- argument unique et récurrent que l’on nous oppose. La vérité se trouve dans l’ambition collective, la culture, l’éducation.
        Il y a des villes de la région qui ont une vie culturelle de qualité, des transports en commun qui fonctionnent bien et dont on ne pollue pas le centre avec une course automobile. La Rochelle par exemple ou Tarbes et Bayonne avec des moyens plus limités. Cela n’est insultant pour personne que de dire que chez nous on peut faire mieux dans ces domaines.

        • « …présenter des spectacles de qualité. Ils sont rares… Il y a donc un problème de gestion en effet. »
          Alors allez y, lesquels sont mauvais ? Quelle est la « bonne » culture dont vous parlez ? Pour arriver à 30 millions d’euros il faut une liste …énorme
          « Non il n’y a pas trop de médiathèques: il n’y a pas assez de lecteur »
          Il faudrait donc obliger les palois à lire ?
          Allez donc qqs heures à la médiathèque de l’Ousse de Bois. Elle était très bien avant, mais on l’a refaite…vous pourrez juger de sa fréquentation.
          Pour finir :
          « Les gens qui connaissent Pau sont tout de même ceux qui y vivent et qui payent pour des services dont ils ne sont pas satisfaits. »
          Je ne sais à qui s’adresse cette remarque qui n’a aucun sens mais pour ma part je paye des impôts à Pau

  • CULTURE – ORCHESTRE – SALLES DE SPECTACLE VIVANT
    L’exemple que vous prenez ici, de l’orchestre de Pau, est tout à fait caractéristique.
    Non, il ne coûte pas très cher. Il est géré correctement si l’on rapporte son coût à ceux de nombreux autres orchestres municipaux. D’autant que son développement est obéré par une salle de trop petite jauge (540 places) qui oblige à tripler les concerts ; le coût est donc triple pour un revenu égal à celui dont il pourrait bénéficier en un seul concert dans une salle de 1.500 places. Certes une telle salle a un coût. Mais une fois l’investissement fait, seul est à prendre en compte le coût de son fonctionnement qui pour être important n’en sera pas moins inférieur au coût actuel, surtout si la salle est exploitée convenablement avec un véritable projet culturel et artistique, on y reviendra. Et si 1.500 places serait surdimensionné, 900 à 1.000 semble un compromis raisonnable.
    L’auditorium Vigny est dans un palais des congrès, ce qui est totalement incompatible avec la présence d’un orchestre permanent qui l’occupe un très grand week-end par mois, exactement aux périodes où se loue un palais des congrès. L’orchestre est évidemment un obstacle majeur à une politique de congrès dynamique.
    De plus, son plateau est trop petit, d’une ouverture de 9m, de mémoire, pour des spectacles d’un peu d’ampleur. Vous remarquerez qu’il n’y est quasiment jamais proposé de théâtre et quand l’orchestre veut frapper un coup, il va au zénith, si peu approprié à cet exercice.
    On n’omettra pas de dire que l’orchestre a acquis une qualité convenable et qu’il est passé d’une vingtaine d’abonnés en 2000 à 1500, 5 ou 6 ans plus tard : c’est une réussite.
    Cela étant dit, il faut réfléchir à l’avenir et se poser la question de l’après Karoui qui finira par venir. La puissance publique s’est-elle assurée de la continuité de l’orchestre avant d’entreprendre la construction d’une salle qui lui serait dédiée ? Je disais à l’instant qu’avant Karoui et ses incontestables talents de communicant, l’orchestre avait une vingtaine d’abonnés. Ceux qui font le public actuel, l’association Concert’O etc. sont-ils là pour la musique et l’orchestre ou pour Karoui ? Est-ce un engouement artistique ou the place to be ?
    Ensuite il convient de se poser quelques questions de fond : orchestre, pour qui, pour quoi ? Une structure artistique de cette importance, pour justifier de fonds publics, doit avoir une politique culturelle à destination de tous les publics. Certes, quelques tentatives médiatico-spectaculaires ont eu lieu naguère au quartier Berlioz ; elles étaient des événements mais elles ne furent que des événements. Le public de l’orchestre a-t-il évolué en 20 ans ? Pas en nombre, n’est-ce pas ? Sa structure même. La réponse est hélas catégorique : non. Les catégories socioprofessionnelles des 1500 d’aujourd’hui sont les mêmes celles de la vingtaine de naguère. Où sont les jeunes ? À l’université où l’orchestre va jouer dans des conditions exécrables entre midi et deux, pas au concert. Ah… Les autres jeunes ? Ceux moins chanceux que les étudiants, qui restent la même catégorie socioprofessionnelle en devenir que leurs aînés ? Ah… Quelles actions de sensibilisation sont créées pour eux ? Ah… Va-t-on chercher un public qui n’a pas accès à la musique vivante ? Ah… Quelles actions de fidélisation du public populaire qui vient une fois par an au concert du Nouvel An à qui l’on donne l’impression d’être allé au concert alors qu’il est allé au spectacle ? Ah…
    Le bilan est hélas très clair : en 20 ans, on est resté entre soi, les enseignants et les CSP+
    L’OPPB est une réussite parfaite : la parfaite réussite de façade masque l’échec parfait d’une entreprise culturelle publique.
    NB 1 : El Camino c’est une autre affaire qu’on peut aussi traiter. Mais c’est associatif et quelques centaines de milliers d’euros en plus, donc qu’on ne peut mettre au crédit de l’orchestre
    NB 2 : AUCUNE salle de spectacle (si tant est qu’elles méritent ce nom) de l’agglo n’est portée par un projet culturel digne de ce nom. Elles ne sont que des boîtes à spectacle, le bilan culturel de ces équipements est destiné à être nul dès le départ, presque par principe. Tarbes et Bayonne ont été ici citées : toutes deux bénéficient du projet fort d’une Scène nationale et Biarritz d’un CCN. C’est déterminant.
    On peut en reparler aussi 😀

    • « D’autant que son développement est obéré par une salle de trop petite jauge (540 places) qui oblige à tripler les concerts ; le coût est donc triple pour un revenu égal à celui dont il pourrait bénéficier en un seul concert dans une salle de 1.500 places. Certes une telle salle a un coût. »
      La salle 1000, 1500, 2000, ou plus existe, et il y a plein de disponibilités, c’est le zénith.
      Le projet du Foirail est déjà scandaleux, mais vouloir démolir l’actuel équipement du Casino et le refaire confine à la folie furieuse !
      Relisez :
      https://alternatives-pyrenees.com/2018/05/07/bayrou-cest-fou/
      Oui l’orchestre de Pau est une gabegie au même titre que le Grand Prix automobile ou les subventions aux joueurs professionnels : rugby, foot, basket, handball

      • Monsieur Sango,
        Il semble difficile de discuter avec vous. Je me contenterai donc de regretter que vous n’ayez pas voulu me lire correctement. Jamais je n’ai écrit que l’orchestre était une gabegie même si j’ai dit qu’il ne remplissait pas sa mission. Vous voulez le supprimer ? Je dis, au contraire, qu’il faut en faire un service de développement culturel public : donc obliger son directeur à réorienter sa politique. ce n’est pas du tout la même chose.
        Un zénith n’est pas une salle de concert, Monsieur, c’est une salle conçue pour la variété et il n’est pas question « d’acoustique ou autre snobisme musical » : si je râle quand on joue un match de rugby sur un stade de basket, dites-vous que c’est du « snobisme sportif » ? Le concert n’a pas sa place au zénith, hors, peut-être le sympathique spectacle du nouvel An. Vous m’avez cité mais avez coupé mon texte là où ça vous arrangeait. Continuez donc la lecture.
        En quoi le projet du foirail est-il scandaleux ? Ce n’est pas le lieu qui compte, c’est ce qu’on y fait. J’ai essayé de vous l’expliquer. En vain.
        Quant au casino, puisque les jeux le quittent il va bien falloir faire quelque chose de l’espace libéré, non ? Si cet équipement est un palais des congrès, alors, oui, il faut le transformer. Mais je suis probablement naïf

        • mais, supprimons les concerts, les spectacles, le sport pro, la médiathèque, vous avez raison, ça coûte trop cher. ça ne sert qu’aux gens qui savent lire !
          Supprimons tant de choses encore, tout ce qui coûte : les rues, l’éclairage public, les égouts, les services publics.

        • Le problème de la culture d’une manière générale a un coût pour le contribuable d’autant plus élevé que l’on se rapproche de ce qui se fait de mieux et seules les très grandes villes ont un opéra , une salle de concert.
          Ces spectacles sont extrêmement coûteux car l’investissement en personnel y est énorme. Pau n’est ni Toulouse ni Bordeaux, ni Paris. Il faut donc admettre, si on veut produire ce genre de spectacle qu’il faut un peu s’adapter.
          Vaut il mieux présenter ces oeuvres au plus grand nombre quitte à oublier un peu la perfection ? Ou la réserver à une élite ?
          L’opéra au cinéma est en train de se développer. Pourquoi ce n’est pas une possibilité aussi ?
          Et là ce n’est pas question de terrain, c’est en plus du virtuel …
          « Le concert n’a pas sa place au zénith, hors, peut-être le sympathique spectacle du nouvel An »
          Ah , ce serait donc de la musique de seconde qualité pour le peuple, incapable d’apprécier comme vous?
          Mais non, c’est là le rôle fondamental de l’OPPB
          Vous semblez être un passionné de musique et c’est très bien personne ne vous le reprochera, mais faut il imposer votre perfectionnisme à Pau, à n’importe quel prix ?
          Il existe des possibilités au Zénith, il faut l’utiliser

          • Je partage pleinement l’ensemble de votre premier paragraphe. C’est d’ailleurs vrai pour tout : le mieux est souvent le plus cher. Faut-il s’en passer pour autant ? C’est un véritable sujet qui peut mériter débat. Pau ne peut se permettre d’avoir un opéra. Et Pau ne pouvait se permettre d’avoir un orchestre : elle l’a ! Par la volonté commune, incongrue et assez iconoclaste d’André Labarrère et de Fayçal Karoui… et le public a suivi. On pourra dire beaucoup de choses, et j’en ai dit, mais ce résultat est là. Cet orchestre fonctionne dans un lieu qui n’est pas conçu pour lui, il lui faut un auditorium (bien moins coûteux qu’un théâtre) dédié.
            La mourante Bilbao des années 80, déjà à 1/2 calcinée, pouvait-elle se permettre d’avoir un musée Guggenheim ? La station balnéaire tristounette qu’était Biarritz à la même époque avait-elle les moyens de redevenir à la mode ? Aux deux questions nous pouvons sans hésitation répondre non. Et pourtant… Cela s’appelle la vision.
            Le concert du Nouvel An « de seconde qualité » ? J’ai qualifié ce moment de « spectacle sympathique », il est bien fait et populaire, oui. Votre apostrophe suivante, « le peuple, incapable d’apprécier comme [moi] », voudrait m’entraîner où je n’irai pas. Relisez tout ce que j’ai écrit en haut, qui tend à démontrer l’exact inverse de cette affirmation… (il faut retenir ses doigts, ici pour n’écrire que du alternativement correct)… cette affirmation provocatrice.
            Pourquoi « passionné de musique » impliquerait-il que j' »impose [mon] perfectionnisme à n’importe quel prix » ? Mélomane = dictateur ? Vous avez des raccourcis tellement peu… retiens-toi, le Passant, retiens-toi, accélère le pas…
            Je crois, dans mon petit exposé ci-dessus, Monsieur, n’avoir été désagréable avec personne. Je vous saurai gré de faire de même au moins avec moi. Les autres, je m’en bats l’œil pour dire le vrai

          • D’ailleurs je ne suis pas un passionné de musique. Juste un professionnel du secteur, connaissant parfaitement le domaine

          • Votre position est absolument élitiste.
            Expliquez moi pourquoi faire trois concerts au Casino pour 1500 personnes est supérieur à faire un seul concert au Zénith avec 1500 personne à un coût bien moindre ?
            Ou mieux, faire un concert au Zénith avec 5000 personnes, les 3500 non abonnées à un tarif extrêmement bas pour attirer vers la musique des personnes qui n’ont pas les moyens ou la possibilité d’être abonné ?
            Votre position n’est pas tenable.
            En complément, le cas de Bilbao est la conjonction de la ville et de la Fondation Solomon Guggenheim qui dispose de 5 musées. Et Bilbao n’est pas Pau.
            Rien à voir avec le cas de l’orchestre, mais vraiment rien àvoir.

          • Ok, je suis un con. Merci. Impossible de tenter une démonstration. Je ne passerai donc plus
            D’autant que votre « conjonction » montre que vous n’y connaissez rien… ¡Basta!

          • Votre réponse Monsieur le Passant montrerait elle que vous n’avez pas d’argument à m’opposer ?
            Cela se comprend.

  • Vous citez quelques ministres de la Culture. Nous en eûmes 3 grands :
    ** Malraux** parce qu’il a créé le ministère, Duhamel et Michel Guy

    • Pierre-Michel Vidal

      Michel Guy tout à fait d’accord il faut le rajouter à Malraux et Duhamel (cités dans l’article), il me semble que l’on peut y joindre Jack Lang avec un peu d’oecumenisme et Frédéric Mitterrand même si il a été controversé pour des raisons annexes à ses responsabilités ministérielles.

      • Va pour l’œcuménisme. Mais bien pour ça.
        Car Lang, à part avoir sacralisé le budget du ministère pour satisfaire aux grandeurs de la propagande miterrandienne…

  • Il devient difficile de s’exprimer sans être qualifié de pour ou contre et subir de violentes interpellations, blessantes, même pour ceux qui ont le cuir tanné. On ne peut désormais être observateur sans être pointé comme critique et critique sans être accusé de destructeur. Ce n’est pas le signe d’une démocratie en forme ni apaisée. La pensée unique règne et « les chiens de garde » comme disait Paul Nizan sont là pour faire observer une sorte police de l’esprit. La tolérance nous abandonne et la raison fait place à la passion.
    Je suis ravie de vous voir citer Paul Nizan et reprendre à compte d’auteur la police de l’esprit que j’ai utilisé à votre égard car vous êtes tout à fait capable d’en faire preuve à coup de procès outrancier sur la personne qui ne pense pas comme vous !
    Mais trêve de comptoir…Je voudrais ici souligner le précieux travail d’accompagnement culturel d’El Camino sous la direction de Fayçal Keraoui pour les enfants qui en bénéficient…et l’excellente programmation du théâtre Saint Louis, sans oublier la vivacité des propositions du théâtre Bourbaki. Il y a comme cela plein de petites choses qui font du bruit à nos oreilles de Pau dans le silence du désert pour celui qui fréquente peu le papier glacé des plaquettes officielles.

    • Pierre-Michel Vidal

      Il n’y a pas de « procès outrancier » de ma part à votre égard. Il y a des faits qui hélas se confirment tous les jours. Mais du « passé faisons table rase » (comme dit la chanson), si vous le voulez bien. Il y a des « bruits » dans « le silence » comme vous le dites j’en conviens et c’est tant mieux.
      Je suis surpris par ailleurs de tant de réactions passionnelles à un article avec un ? à la fin de son titre qui traite avant toutes choses du Grand Débat et des thèmes abordés . La politique culturelle de la ville de Pau y est très accessoire. Il semble que sans le vouloir j’ai appuyé là où ça fait mal… cela n’était pas mon intention première pour vous faire une confidence. Mais bon, même si les débats restent trop techniques à mon sens, cela veut dire que la culture est un sujet de préoccupation et c’est tant mieux.

  • On parle très peu du scandale des « intermittents du spectacle » financés en grande partie par les salariés du secteur privé. Pourquoi ces intermittents ne sont pas autonomes dans leur caisse, et on verra les dérives financières de ce système. Mais pas touche, on assisterait aux cris d’orfraies des défenseurs à tout prix de la culture, quitte à faire payer les autres cotisants non concernés par ce sujet.

    • La dérive financière est connue : 1 milliard d’euros par an.
      Ce système est une aubaine, les chiffres du nombre d’intermittents le montrent :
      1974 : 19100
      1984 : 28750
      1994 : 68800
      2002 : 123 000
      2010 : 190 000
      2014 : 256 000
      2016 : 261650
      Incroyable non ?
      Un régime à supprimer d’urgence d’autant qu’il y a des centaines de milliers d’autres intermittents traités différemment.

      • Publié en 2013
        La Cour des comptes persiste et signe. Dans son rapport sur le marché du travail publié mardi 22 janvier, elle dénonce à nouveau le régime des intermittents du spectacle. « Le déficit annuel de ce régime s’élève à un milliard d’euros au profit de 3% seulement des demandeurs d’emplois », pointe le rapport, qui fustige « une dérive persistante ».
        En effet, la situation, dénoncée régulièrement par les sages de la rue Cambon, n’est pas nouvelle. Depuis des dizaines d’années, les allocations distribuées sont bien supérieures aux cotisations versées par le secteur. Résultat: le déficit de ce régime représente un tiers du déficit total de l’assurance chômage. En pratique, il est supporté par les cotisations chômage de l’ensemble des entreprises et des salariés français.
        Dans le détail, les Sages estiment que le mode de calcul spécifique existant pour les intérimaires n’est « ni justifié, ni équitable au regard des règles appliquées aux CDD » qui relèvent du régime général, moins favorable.
        Dans d’autres pays européens, les règles d’indemnisation sont les mêmes pour les intérimaires et les autres contrats courts

    • Pierre-Michel Vidal

      Le « scandale » des intermittents c’est tout ce que l’on retient d’un article sur la culture en général. Pourquoi pas la durée du travail ? La réforme de l’assurance chômage ? L’âge de la retraite ? Le nombre de fonctionnaires ? Tous ces sujet de fin de banquet ou de table de bistrot où l’on sort n’importe quel chiffres de son chapeau. C’est désolant. Cela n’a rien à voir avec mon propos. J’en tire les conclusions car ça n’est pas la première fois que mes intentions sont caricaturées. Je ne veux pas être catalogué comme un affreux gauchiste que je ne suis pas. Bien à vous…

      • Monsieur Vidal,
        Tout est caricaturé et tourné en dérision en même temps qu’on vous fait comprendre que vous êtes un c… et que la science est seule détenue par les tenanciers de cette boutique. Inutile de tenter de réfléchir. Ils s’écrivent et se lisent entre eux. Ils doivent être 3 ou 4 à se faire plaisir ainsi. C’est désolant pour le Alternatives paloises de naguère

      • En réponse à Pierre Vidal
        Tout d’abord personne ne vous prend pour un affreux gauchiste.
        Ensuite il y a bien d’autres choses dans ce forum que le problème des intermittents du spectacle. Vous écrivez :
        « il est une question essentielle passée à la trappe, aussi bien sur le plan national que sur le plan local, celle de la culture : sa diffusion, le statut des créateurs, son économie. »
        Je note au passage que le statut des intermittents fait partie des problèmes que vous posez, mais passons, c’est bien secondaire je vous l’accorde.
        Vous abordez le problème de l’économie de la culture et donc de ses coûts. Ceci est complétée par votre vision de Pau, désert culturel.
        Il est bien normal s de s’interroger pour savoir combien coûte ce désert culturel, et mes chiffres peuvent être vérifiés ils sont sur les budgets de la ville et de l’agglo. Ce ne sont pas des propos de fin de banquet c’est du concret.
        Je souhaite clarifier pourquoi Pau qui dépense des sommes gigantesques est vu par vous comme un désert culturel.
        Mais pour le moment aucune des manifestations nombreuses dans les nombreuses salles de spectacle n’a été mise à l’index par vous, permettant de voir où le bât blesse.
        J’ai montré par exemple dans de nombreux articles précédents que la fonction lecture à Pau était trop surdimensionnée. En particulier avec des chiffres précis de fréquentation et de coût pour Pau et de nombreuses autres villes (toujours pas des chiffres du Café du Commerce)
        https://alternatives-pyrenees.com/2012/08/06/le-livre-dor/
        Je critique l’OPPB pour la volonté d’ajouter une salle de concert supplémentaire et j’avance là aussi un argumentaire économique pour montrer qu’en jouant au Zénith l’orchestre peut profiter à un plus grand nombre gratuitement, sans surcoût pour les finances publiques. Mais notre ami qui passe ne répond pas, ou alors pour argumenter que le Zénith n’est pas la salle adaptée, qu’il en faut une spéciale…. Pour faire une comparaison, plus pertinente que sa comparaison avec un match de rugby sur un terrain de basket, c’est plutôt comme si on refusait de déguster un Château Rayas parce qu’il est servi dans un verre ordinaire, pas en cristal… Où est le réalisme et l’efficience, où est le snobisme ?
        Mon cher Pierre, vos articles sont de qualité et la longueur du forum est la mesure de l’intérêt qu’ils suscitent, même si les commentaires s’évadent parfois.
        C’est le lot de tous les auteurs

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