Le printemps

Le printemps voit le jour sous peu et sous nos yeux des enfants meurent, eux qui représentent le printemps de nos vies … des vies chargées d’histoires, les unes chagrins pour quelques-uns se contentant d’un maigre destin quand d’autres s’amusent d’elles les croyant éternelles.
Celles de nos enfants elles, se situent pour les uns dans les ruelles, des mères assises à leur côté. Les enfants tendent la main, souriant tout comme elle le fait, pour une miche de pain un bol de lait ou quelques pièces usagées ne signifiant rien. D’autres esseulés après avoir fait une longue traversée se retrouvent sans cette tendresse maternelle, n’attendant plus rien d’une enfance qu’ils ont perdue en chemin. Et puis il y a les enfants désormais désœuvrés, brimbalés tels des objets, leurs larmes enfouies à jamais sous une carcasse malingre et décharnée après avoir connu la guerre et ses misères. Ces rescapés sans père ni mère, sans pays, ignorant les frontières et qui, je l’espère seront recueillis par des familles hospitalières.
D’autres parmi eux, devenus grands, refont le chemin de croix, se souviennent, se penchent sur leur enfance qu’ils n’ont jamais connue, retenant d’elle les salissures que des adultes ont déposé sur leurs jeunes corps tandis que ces derniers en abusaient. Et malgré les années, malgré les efforts, malgré les remords qu’ils ont fait leurs, souhaitant échapper à ces horreurs, peut-être pourront-ils croire à nouveau au bonheur !
Et puis il y a cette enfance qui nous quitte trop tôt, pour cause de maladie, celle qui choisit d’écourter sa vie pour cause de mal-être dans une société avide de paraître, soucieuse d’une seule image, de celle qui doit se conformer aux choix d’une société moutonnière et arriérée, n’acceptant pas d’évoluer. Une enfance subissant les outrages, les médisances et autres violences indignes d’un être humain envers son autre, son prochain.
Et hélas, il y a cette enfance, une toute première jeunesse … celle que l’on assassine pour trois fois rien, un téléphone portable, quelques billets ou une montre … celle qui ne connaîtra du printemps que le souvenir qu’elle s’en fait tandis que les secours tentent de la ranimer et que sa jeune vie s’écoule toute tracée, si vite, désordonnée, laconique … déversant quelques mots sans doute le long de cette route où s’achèvera son destin, dans un souffle, le dernier, elle le sait.
Je suis attristée …
Bien à vous.

Samie Louve

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