Le tourisme : un luxe à revisiter.

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L’émission de C dans l’Air du 28 juin 2019, relative à l’évolution climatique a soulevé un problème essentiel pour la suite de la civilisation humaine : le problème de la raréfaction de l’eau.

«Une goutte d’eau suffit pour créer un monde» Gaston Bachelard

Source de nombreux morts et de guerres dans le monde, ce n’est qu’un début; nous sommes déjà atteints par ce mal qui répand la terreur et il est temps, pour le gouvernement, d’imposer des mesures drastiques.

Un partage égalitaire de ce bien vital commun est à privilégier dans les démarches programmées, ce n’est pas le cas.

Parmi tous les sujets très nombreux à aborder, à propos de l’eau, j’en retiendrai un, politiquement incorrect, c’est vrai, impensable en économie libérale, incontournable  dans une économie d’avenir pour nos enfants, le problème du tourisme !

5,8 millions de touristes ont visité la métropole bordelaise en 2014, générant 926 millions d’euros de retombées selon les résultats d’une étude commandée par l’Office du tourisme de Bordeaux Métropole et réalisée par le cabinet d’étude spécialisé Protourisme. (office du tourisme de BX Métropole. Cette manne que chaque jour, le gouvernement, la presse ou les info locales, le commerce, ne cessent d’encenser, de stimuler, et de se réjouir quand elle augmente, a des retombées climatiques et environnementales importantes, souvent catastrophiques pour l’avenir, sur toute la périphérie régionale.

Eau et tourisme : menaces sur la ressource – aqueduc.info

www.aqueduc.info/Eau-et-tourisme-menaces-sur-la-ressource

«Le tourisme a besoin d’eau. Pour répondre à la demande des vacanciers pour leur hydratation, leur hygiène, leurs loisirs et leurs activités sportives. Pour le bon fonctionnement des hôtels, des cuisines et des buanderies, des salles de bains, des piscines, des golfs, sans oublier l’entretien des espaces verts et des bâtiments…

A cela il faut ajouter les consommations indirectes :

+ Quantités d’eau nécessaires, en moyenne, à l’énorme production alimentaire inhérente: viande (13.500 litres d’eau pour 1 kg de viande de bœuf), légumes(590 litres d’eau pour 1 kg de pomme de terre ou 1 kg de blé), fruits (1 kg : 962 litres),1 kg de pain : 1 300 litres…. Des études montrent que pendant leurs vacances les touristes consomment davantage d’aliments riches en protéines et plus riches en eau, à quoi s’ajoute souvent un important gaspillage de produits (voir les étalages de nourriture dans les self-services des grands hôtels). Ajoutons à cela que cette nourriture nécessite de nombreux transports supplémentaires par rapport aux besoins de la population locale, parfois fort longs, pour assurer les apports nécessaires (GES)

+ Quantité d’eau nécessaire à la production d’énergie, fossile ou nucléaire, dont on a besoin, pour l’approvisionnement en eau, aux pompages, aux usines de traitement, aux réseaux de distribution, à l’évacuation des eaux usées.

De plus,

Le tourisme représente 60% du trafic aérien, il est donc une source majeure d’émissions de GES. C’est un gros consommateur de voyages en paquebots de luxe de plus en plus gigantesques dans leur capacité et dans leur soif de carburant très polluant ;

53 paquebots ont fait escale à Bordeaux dans le port de la Lune en 2017.

En période estivale, la demande touristique fait concurrence aux besoins dramatiques en eau de l’agriculture souvent proche.

De plus en plus il faudra partager, choisir, s’adapter.

L’alimentation en eau de la côte nord du Maghreb, pour le tourisme, a désertifié l’arrière pays et sa population.

L’impact du tourisme est également considérable sur les paysages, la conservation de l’authenticité des patrimoines ; les constructions, hôtels, parkings, commerces, routes, autoroutes… utilisent beaucoup d’eau ; suivant les régions, et la densité estivale, l’atteinte à la biodiversité est considérable. Avec ses forêts, ses bocages, ses marais, ses zones humides, ses dunes, ses montagnes…, la Nouvelle-Aquitaine présente une grande diversité d’écosystèmes. Les millions de vacanciers dans tous les sites sont involontairement à l’origine, par piétinements et déplacements, de la disparition de nombreuses espèces animales et végétales.

Le tourisme est devenu une industrie. Et comme n’importe quelle industrie, elle émet de la pollution : de l’air, de l’eau, de la terre, de la mer ainsi que des bruits, déchets, résidus chimiques… …

Les migrations massives saisonnières sont vraiment, elles aussi, à réguler.

L’ensemble de notre mode de vie est à revoir, et rapidement, car le réchauffement climatique est un phénomène global, non résolu par des mesurettes ponctuelles ; c’est le résultat d’un ensemble de paramètres qui interfèrent, comme la qualité et la quantité d’eau potable, les cycles de l’azote, du phosphore, les émissions de méthane suite à la fonte des pergélisols qui s’accélère, la pollution, les maladies, la chute dramatique de la biodiversité, des récoltes, la hausse des prix et de la grande pauvreté…. les guerres.

La politique de l’emploi est à reconsidérer totalement dans ses fondements; on paye suffisamment nos énarques, intelligents par définition, pour trouver la solution !

L’équilibre des dépenses publiques et privées devient une «bagatelle» à revisiter aussi.

La conclusion (1) d’un rapport écrit par des scientifiques australiens du «Breakthrough National Centre for Climate Restoration», est angoissante.

«Les scientifiques du Giec, eux, relativisent la fin de l’espèce humaine mais s’accordent en revanche pour dire que les dix prochaines années sont cruciales.»

Attention aussi, pour l’avenir plus immédiat, le touriste ne va plus dans les régions polluées et vidées de leur particularisme patrimonial culturel, naturel et biologique.

Signé Georges Vallet

crédits photos:LA GUERRE DE L’EAU – CANZONES

canzones.over-blog.com/2015/06/la-guerre-de-l-eau.html

(1) La fin de la civilation humaine en 2050 ? Les 10 prochaines années…

https://www.lesoir.be/…/la-fin-de-la-civilisation-humaine-en-2050-les-10-prochaines-an…

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4 commentaires

  • Une étude allemande, dont les résultats sont absolument à lire, a été publiée le 27 mai: elle donne lieu à de nombreux textes visibles sur Google en faisant: «Réchauffement climatique : l’impact des traînées d’avion va tripler d’ici 2050.»

    La relation avec le tourisme est évidente et dénonce largement les orientations nocives et dangereuses qui sont prises en voulant renforcer le transport aérien dans les projets économiques.

    On peut lire par exemple quelques extraits de:
    Réchauffement climatique : l’impact des traînées d’avion va tripler d’ici …
    https://www.futura-sciences.com/…/rechauffement-climatique-rechauffement-climatiq…

    «Les nuages de haute altitude liés aux émissions de particules renforcent le réchauffement de l’atmosphère. Ces cirrus, dont l’effet radiatif est encore plus important que celui lié aux émissions de CO2, vont encore se développer à la faveur de l’explosion du trafic aérien.

    Les trainées blanches laissées par les avions dans le ciel aggravent l’effet de serre. Leur impact va tripler d’ici 2050 en raison de l’augmentation du trafic aérien, rapporte une étude allemande publiée le 27 mai dans la revue Atmospheric Chemistr.

    Les traînées en question se réfèrent aux cirrus de haute altitude formés par la condensation issue des gaz chauds et de la suie formée par la combustion du kérosène.

    Mais contrairement aux nuages de basse altitude, qui ont tendance à refroidir le climat en réfléchissant les rayons du soleil, les cirrus agissent comme une «trappe à chaleur» avec un effet réchauffant supérieur à celui des émissions de CO2 accumulées par le transport aérien.»

  • Pour info et/ou rappel car susceptible d’intéresser plusieurs internautes consultant le site « Alternatives Pyrénées » (Nota : sélection de sites web car il en existe beaucoup d’autres… ) :

    1) Site web « Greenfacts » (Ressources en eau : résumé du deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau) : 6 pages au format.pdf (voir svp en page 3 : En quoi les activités humaines peuvent-elles nuire aux ressources en eau ? »)
    URL : https://www.greenfacts.org/fr/ressources-eau/ressources-eau-foldout.pdf

    2) Actualités (Édition du 2 juillet 2019) : site de l’AMF (Association des Maires de France et des Présidents d’intercommunalité)
    Article « Assises de l’eau : beaucoup de mesures, peu de moyens »
    URL : http://www.maire-info.com/environnement-developpement-durable/eau-et-assainissement/assises-de-leau-beaucoup-de-mesures-peu-de-moyens-article-23213
    Nota : en fin d’article signé F.L. , télécharger le relevé de conclusions des Assises de l’eau (31 pages au format.pdf).

    Par ailleurs et dans un autre registre… plutôt inquiétant : voir svp l’article suivant : Rapport de l’ONU « Le réchauffement climatique pourrait coûter 80 millions d’emplois d’ici 2030 »
    Source : par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 01/07/2019 à 13:00
    Chapeau de l’article : « L’Organisation internationale du travail estime que 2,2% du total des heures travaillées dans le monde pourraient être perdues en raison du dérèglement climatique. »
    URL : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/le-rechauffement-climatique-pourrait-couter-80-millions-d-emplois-d-ici-2030_2087220.html

  • LACANETTE Michel.

    Le problème n’ est peut être pas la quantité que les sociétés humaines quelques peu responsables sont capables de gérer, mais la qualité. Car aujourd’ hui la goutte qui tombe est déjà de mauvaise qualité ( pluies acides entre autre) et cela se répercute tout le long de la chaîne de l’ eau. Sans compter que l’ eau non contente d’ être polluée au départ, est le meilleur moyen de transport de la pollution mécanique ( plastiques etc …), dont personne ne se soucie. Jusqu,à récemment les décharges étaient installées près des rivières ou en bordure de cotes, ce qui solutionnait périodiquement bien des problèmes aux municipalités, mais dont le coût de traitement de résorption leur explose à la figure aujourd’hui’ hui.
    Peut être faudra t’ il instituer des quotas d’ eau potable avec une variabilité du prix au delà d’ un certain seuil de consommation par personne, mais également créer une éducation à l’ eau.

  • Pierre-Michel Vidal

    Il n’est pas sur non plus que ce tourisme de masse soit réellement un luxe comme on veut le vendre à ces milliers d’ahuris que l’on conduit en troupeau dans les plus belles villes du monde comme Venise, Dubrovnik ou Cadiz . Qu’en voient-ils réellement ? Les centre-villes deviennent réservés à cette nouvelle industrie et perdent leur cachet. Tout cela n’est rien d’autre qu’un buisness polluant qui profite à quelques uns. 53 paquebots ont fait escale à Bordeaux et demain le double… Les bordelais eux ne peuvent plus vivre au centre-ville parce que le logement est devenu hors de prix. Quel progrès!

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