Les médicaments : efficacité pour qui ?

«Anne d’Andon qui depuis 10 ans, était la cheffe du service d’évaluation des médicaments, part travailler pour les labos ! Depuis le 1er juillet, elle bosse pour Cemka, une boîte consultante qui aide les industriels à rédiger leurs dossiers de demande à la HAS» (Canard du 10/07/2019).

On ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a là un conflit d’intérêt évident et qu’Agnès Buzyn s’est appuyée sur une Haute Autorité de Santé pas très indépendante et peu sensible au code de déontologie.

Mais élargissons le débat en évoquant quelques faits.

1°) La santé est un bien individuel complexe car nous sommes tous différents dans tous les domaines : anatomique, physiologique, génétique, épigénétique, culturel, environnemental, historique… Dans un univers semblable, la sensibilité et la réaction de chacun, face au déséquilibre permanent que nous rencontrons est différente.

L’allopathie considère secondairement l’individu, les symptômes de la maladie sont prioritaires.

Le cartésianisme est toujours présent.

2°) Le fonctionnement normal d’un organisme, qu’il soit humain ou pas, est caractérisé par l’utilisation de quantités infinitésimales, parfois nulles dans le cas où les catalyseurs enzymatiques interviennent.

L’utilisation de produits chimiques en quantité largement pondérable n’est pas conforme à l’utilisation  dans l’organisme.

3°) Une réaction met toujours en jeu des chaînes et réseaux de molécules, des enzymes, des régulateurs enzymatiques, des hormones. Toute molécule, étrangère, isolée, va automatiquement entraîner des réactions secondaires et adaptatives d’élimination ou de toxicité ; la vaccination utilise ce comportement ; le résultat est que les médicaments allopathiques ont tous des effets secondaires plus ou moins importants et différents suivant les individus, pas forcément dangereux, pas systématiques, mais souvent désagréables et nécessitant parfois de nouveaux médicaments pour prévenir ou soulager !

L’efficacité d’un médicament tient compte du bénéfice-risque, variable suivant les sujets ; est-ce vraiment une démarche plus scientifique que celle attribuée à l’homéopathie ?

Les besoins actuels de l’économie recherchent uniquement les actions rentables à 100% ; cela n’existe pas, aussi bien en allopathie, homéopathie, médecine chinoise….

4°) De plus en plus, il est prouvé que le cerveau et l’intestin jouent un rôle capital et généralisé dans le déclenchement ou la lutte contre de nombreuses maladies ; le stress est abondamment cité dans l’origine de cancers ; le mode de vie au travail (chômage…), en famille ou en société contribuent à provoquer un déséquilibre pathologique ;

«une consultation avec un spécialiste sans aucune prescription peut, selon des travaux récents, alléger la douleur, améliorer le sommeil, soulager la dépression et diminuer les symptômes dans bon nombre de pathologies, dont le syndrome du côlon irritable, l’asthme, la maladie de Parkinson, les troubles cardiaques et la migraine

https://www.lexpress.fr › Société › Santé

Comment l’esprit soigne le corps – L’Express

Les expériences montrent l’importance de la présence d’animaux de compagnie sur le moral de patients, la présence d’un entourage chaleureux également.

Entre 10 minutes et 1/4 d’heure, c’est la durée d’une consultation moyenne chez l’allopathe, parfois une heure chez l’homéopathe.

On soigne une machine par un individu !

5°) L’équilibre microbiotique est fondamental ; notre organisme renferme plus de microbes que de cellules, nous vivons grâce à eux. Ils sont profondément perturbés par les médicaments chimiques, ils les modifient aussi. L’action destructrice des microbiontes intestinaux par les antibiotiques a des conséquences bien connues, mais il y a bien d’autres cas !

6°) Nous avons des cycles biologiques : température, hormones, rythme cardiaque…., pression artérielle…; la réaction aux perturbations n’est pas la même suivant la phase de ce cycle. La chronobiologie devrait imposer une répartition qualitative et quantitative dans la journée des prises de médicaments ; elle est encore loin d’être appliquée.

7°) L’homéopathie obtient des résultats chez les nouveaux nés et la médecine vétérinaire ; l’effet placebo est quand même alors discutable !

Allopathes radicaux, un peu moins d’assurance, la chimie des laboratoires dont vous dépendez n’a pas le monopole des économies et des luttes efficaces contre la maladie ; elle a sa part de réussite sans doute, grâce à la recherche et au développement des technologies. Ne perdez pas de vue que l’augmentation de la longévité est surtout liée au développement systématique d’une l’hygiène de plus en plus rigoureuse, comportement primordial reconnu par tous.

L’efficacité des médicaments chimiques est contestable quand on lit et qu’on constate tous les effets secondaires parfois redoutables qui peuvent survenir. Les benzodiazépines sont efficaces mais quel désastre secondairement ! Le paracétamol est remboursé et son dosage est laissé à la responsabilité des patients, des conseils seulement !

Poursuivez vos études, les homéopathes sont tous allopathes et souvent plus, ils ne sont pas moins compétents que vous, ils ont des vues plus larges et des connaissances plus étendues ; ils globalisent le malade et sa maladie : c’est un humain dans un milieu de vie qui est en face de vous, il a une histoire, des problèmes divers, ce n’est pas un homme machine dont il suffit de réparer la partie qui est défaillante ;

c’est un tout dans un tout !

Le médecin idéal serait celui qui, par une formation polyvalente et pluridisciplinaire, tout au long de sa vie, aurait la compétence pour juger, après une consultation approfondie, de l’opportunité d’utiliser ce qui lui semble le plus pertinent à conseiller. Cela serait certainement moins coûteux pour la Sécu, mais moins rentable pour les labos ! Tout reposerait sur le grand art du diagnostic et l’application individualisée la plus  appropriée parmi toutes les thérapeutiques existantes.

Le monopole est une erreur, la complémentarité une chance.

La médecine robot envisagée est une catastrophe pour ceux qui ont prononcé le serment d’Hypocrate.

Mais, soyons pragmatiques, une médecine bien moins chère, entièrement remboursable, est tout à fait possible; il suffit de s’attaquer aux causes de la maladie!

1°) Le stress et toutes ses causes : mode de vie personnelle, familiale, au travail…, l’individualisme qui isole, oppose, élimine…, les comportements liés aux déséquilibres psychiques : dépendance à l’alcool, le sucre, la viande, la drogue, les exploits, la recherche du surpassement… l’ignorance..

2°) La pollution de l’environnement : particules, CO2, oxydes d’azote… algues vertes…, les accidents de la route du fait du nombre croissant de véhicules, de la vitesse, des distances de plus en plus longues parcourues…, de la fatigue…

3°) La «consommation», de l’air, de l’eau, des aliments, les déséquilibres alimentaires… perturbateurs endocriniens, nanoparticules, plastiques en décomposition, pesticides, herbicides…, aliments transformés, ajouts alimentaires…

4°) La publicité qui séduit, les lobbies qui s’imposent.

5°)Tout ce qui provoque le réchauffement climatique donc les sécheresses, les inondations, les tempêtes, le changement de faune et de flore, la chute de la biodiversité, le développement des parasites nouveaux…

Les économies de médicaments sont à trouver dans une vraie transition écologique !

signé: Georges Vallet

crédits photos:conflits d’intérêts In these times.jpg

Notez cet article

Cliquez sur une étoile

Note moyenne / 5. Nombre de note :

Nous sommes désolé que cet article ne vous ait pas intéressé ...

Votre avis compte !

3 commentaires

  • > « L’efficacité d’un médicament tient compte du bénéfice-risque, variable suivant les sujets ; est-ce vraiment une démarche plus scientifique que celle attribuée à l’homéopathie ? »

    Bien évidemment que c’est une démarche plus scientifique. C’est même une démarche 100% scientifique : on évalue tous les effets, bénéfiques et nocifs, et on fait le bilan : que proposez-vous de mieux ?

    A l’inverse l’homéopathie n’a strictement aucune base base scientifique : aucune théorie vérifiable de son mode d’action (autre que l’effet placébo), et aucune étude d’efficacité.

    > « L’homéopathie obtient des résultats chez les nouveaux nés et la médecine vétérinaire ; l’effet placebo est quand même alors discutable ! »

    Il n’y a rien à discuter, car même pour les nourrissons ou les animaux on peut évaluer l’efficacité d’un traitement quelconque par des essais en double aveugle (si ce n’était pas le cas la médecine des nouveaux-nés et la médecine vétérinaire seraient bien démunies) : avez-vous des études menées dans les règles de l’art et publiées dans des journaux réputés à comité de lecture, qui montre que l’efficacité d’un traitement homéopathique quelconque dépasse celui d’un traitement à base d’un bout de sucre du commerce ? Si oui merci de les produire.

    Un nouveau-né ou un animal sont parfaitement capables de percevoir si on prend soin d’eux ou pas : il n’y a alors aucune raison à priori que l’effet placebo ne fonctionne pas avec eux.

    • «Bien évidemment que c’est une démarche plus scientifique. C’est même une démarche 100% scientifique : on évalue tous les effets, bénéfiques et nocifs, et on fait le bilan : que proposez-vous de mieux ?»

      Je serais prêt à vous suivre, et je le pensais aussi, mais des propos, des comportements, des finalités…..me gênent comme: «on évalue tous les effets, bénéfiques et nocifs». C’est impossible car:
      + trop peu de personnes, moins de 10000 semble-t-il, sont testées.
      + Les profils sont insuffisamment diversifiés, ils ne représentent pas tous les cas comme âge, sexe, maladies en cours, traitements suivis, contexte familial, passé génétique, épigénétique, métiers…tous les profils de ceux qui pourront se trouver confrontés au principe actif.
      + l’AMM initiale d’un médicament est de 5 ans, c’est une donnée de temps arbitraire garantissant les profits des labo mais ne préservant pas assez les patients. L’expérience a montré combien il était difficile et long d’obtenir une réaction officielle en cas de lancement d’alerte, et de suivre les risques des quelques 5000 spécialités autorisées en France!
      +Les essais cliniques donnent lieu à des données non publiques, de nombreuses recherches sont souvent non- reproductibles car les populations changent( niveau social, migrants, vieillissement..), or un des critères de la démarche scientifique est la reproductibilité d’une mesure; elle est essentielle pour valider scientifiquement une expérience…Les tests sur les personnes sont-ils aussi réalisés en milieu urbain, rural, bord de mer, montagne…,les résultats sont-ils les mêmes?
      +L’analyse porte sur le comportement d’une population test; or, c’est l’individu qui est concerné et la balance bénéfices/risques dépend des caractéristiques de chaque patient, de ses valeurs, de sa famille, des soignants et de l’environnement médicosocial.
      C’est une acceptabilité collective d’un risque, dans un contexte où il est jugé acceptable de sacrifier une minorité pour le bien du plus grand nombre.

      Alors, après tout cela, l’esprit désintéressé du scientifique, dans le domaine de la recherche des laboratoires médicaux, je n’y crois pas vraiment!!!!!

      «Un nouveau-né ou un animal sont parfaitement capables de percevoir si on prend soin d’eux ou pas : il n’y a alors aucune raison à priori que l’effet placebo ne fonctionne pas avec eux.»
      Je le pense aussi mais, ce qui est «ennuyeux!» est que l’effet placebo est efficace, pas à 100% naturellement, mais les médicaments chimiques non plus; il est justifié en complémentarité car son grand intérêt est qu’il n’a pas d’effets secondaires redoutables pour le nourrisson.
      On rembourse bien des médicaments chimiques qui font du mal, on peut bien rembourser des traitements peu onéreux, actifs, ne comportant pas de médicaments ou sans contenus.
      En ce qui concerne l’effet placebo: affaire à suivre; il est de mieux en mieux interprété grâce à de très nombreuses recherches neurophysiologiques qui montrent le relais avec le cerveau et l’ensemble du corps. Une très grande partie des comportements sociétaux actuels sont le résultat d’effets placebo et nocebo.

      • Les médicaments sont évalués tout au long de leur « vie », et pas seulement au moment de l’AMM. Les médecins qui les prescrivent sont par exemple censés remonter les effets indésirables observés. Evidemment c’est titanesque comme tâche et ça peut difficilement être parfait, mais la question est : par quoi remplacer ce système ?

        > « [la balance bénéfices/risques] est une acceptabilité collective d’un risque, dans un contexte où il est jugé acceptable de sacrifier une minorité pour le bien du plus grand nombre. »

        Posons le problème autrement : vous avez une pathologie sérieuse, et des traitements qui peuvent la guérir ou la contrôler, avec des effets indésirables plus ou moins importants (et éventuellement variables suivant les individus), que faites-vous ? Logiquement vous pesez les bénéfices et les risques.

        S’il y a un point à critiquer et à améliorer c’est l’information des patients, qui est très parcellaire. Problème culturel (le médecin qui sait et qui décide pour le patient) mais qui ne remet pas en cause le principe de la médecine.

        > « Alors, après tout cela, l’esprit désintéressé du scientifique, dans le domaine de la recherche des laboratoires médicaux, je n’y crois pas vraiment!!!!! »

        Attention avec ce genre de généralité qui est largement utilisée aussi par les mouvements anti-vaccinations, avec toutes les conséquences néfastes que l’on voit.

        Enfin, il est vrai qu’on ne peut pas mettre en cause la probité des scientifiques dans les laboratoires de médicaments homéopathiques, puisque ces laboratoires n’ont à peu près aucune activité de recherche (Boiron dépense 0.5% de son CA en R&D, c’est à dire rien; par contre 25% en « promotion »).

        > « [l’effet placébo] est justifié en complémentarité »

        Mais l’effet placébo est présent aussi en médecine classique : l’effet d’un médicament quelconque est la somme de son effet placébo et de son effet intrinsèque. Un médicament est toujours évalué par rapport à l’effet placébo seul : il doit faire mieux.

        > « On rembourse bien des médicaments chimiques qui font du mal »

        Non : on rembourse les médicaments qui sont censés faire plus de bien que de mal, nuance.

        > « on peut bien rembourser des traitements peu onéreux, actif »

        Si des gens veulent prendre des granules de sucre à 1000€/kg, ou aller prier, ou faire n’importe quoi d’autre du moment ça les aide, ils sont libres. Je ne suis pas sûr qu’on puisse justifier que la collectivité doive payer pour ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *