G 7 EZ

Votre envoyé spécial à Hendaye aurait aimé vous présenter une photo du camp des anti-G7. Pour ce faire, il avait pris la petite route « qui sent la noisette » comme il y en a tant en Béarn et au Pays Basque et qui n’est pas pour déplaire aux amis de la terre (avec ou sans majuscules…) qui relie le camp au terminus des navettes mises en place, croisant sur son passage des marcheurs d’allures variées, mais rappelant plus souvent les libertaires de Woostock que les « marcheurs » qui emboîtent le pas de M. Macron, vous vous en doutez.

Mais à l’accueil de la presse, au camp, on lui a demandé de ne pas faire de photos. Aussi a -t-il respecté cette consigne, compréhensible. L’image qui illustre ce reportage avait été prise quelques heures auparavant lors d’une conférence-débat et représente des personnalités connues, porte-paroles d’organisations reconnues.

Pour situer le débat dans lequel ces personnalités ont pris la parole, il faudrait dépeindre le contexte dans lequel nous vivons. A grands traits, très grands traits. L’humanité est passée du pouvoir des tribus (celtes et gauloises pour ce territoire) au pouvoir des seigneurs et des chefs de guerre tels du Guesclin en France, des condottières en Italie, au pouvoir des cités (relire le délicieux Baudolino d’Umberto Eco ou remonter à Thucydide si l’on est courageux). Le pouvoir a ensuite été partagé entre les nobles et le pouvoir royal ou impérial. Le temps présent est marqué par le pouvoir croisé des états et des firmes multinationales. Ces dernières sont protégées par plus d’un millier d’accords internationaux, alors qu’aucun accord transnational ne protège leurs victimes. Dans le cas de l’effondrement de l’immeuble du Bangladesh qui a fait 1600 victimes, l’indemnité versée aux familles par la fondation Benetton a été de 1300 euros en moyenne, fruit d’une contribution volontaire et non d’une obligation.

La loi a changé en France et impose désormais aux maisons mères d’être responsables de leurs filiales et de leurs fournisseurs. Une pétition circule pour proposer l’extension de cette loi à tous les pays. Elle a déjà réuni 600.000 signatures. Ce que l’on sait moins est que les firmes multinationales peuvent exiger des états des pénalités financières si elles estiment que la réglementation en vigueur dans un pays nuit à leurs profits. C’est ainsi que 88 milliards d’euros ont été versés par les contribuables !

Cette courte évocation d’un d ébat central mais pris parmi des dizaines d’autres ne rend pas compte de la variété des thèmes abordés : environnement, capitalisme, peuples, démocratie, impérialisme, migrations, féminisme…Elle ne rend pas compte non plus des perturbations subies dans notre région en pleine période touristique (routes et aéroport bloqués…). Espérons que les perturbateurs et le dispositif de sécurité ne transformeront pas la marche le long de la baie de Txingudi le 24 août à 11h ou les points de rencontre le lendemain en une répétition de certains samedis sur les Champs Elysées. Le monde a besoin d’autre chose.

Paul Itaulogue

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