« L’ignorance est la nuit de l’esprit »

« L’ignorance est la nuit de l’esprit ». Proverbe chinois.

Je ne mets pas en doute la sincérité d’Aurore Bergé ni de celle Yannick Jadot quand ils parlent de corrida encore moins de ceux qui les soutiennent. Aucun d’entre eux ne connait la corrida aucun d’entre eux n’en a suivi ne serait-ce qu’une seule. Aucun d’entre eux ne peut donc avoir un jugement équitable sur cette tradition. Pour estimer les valeurs morales, éthiques ou écologiques de la corrida, comme de toute autre pratique, il faudrait, avant cela, s’y être intéressé un tant soit peu et au moins en avoir vu une ou plusieurs. C‘est ce qu’avait fait, avant eux, Noël Mamère pionnier de l’écologie politique, un fervent défenseur de la corrida.

Il est facile de condamner sans connaître. C’est dans l’air du temps. On interdit à tire-la-rigot avant même de réfléchir aux conséquences que ces interdictions peuvent avoir. Dans ce cas : une atteinte grave à la biodiversité puisque la race des toros élevés pour combattre s’éteindra à très court terme. Pour madame Bergé élue parisienne je comprends que cela ne soit pas une préoccupation. Pour Yannick Jadot nouvel héraut de l’écologie c’est pour le moins paradoxal. D’autant que les milliers d’hectares -la dehesa– où grandissent ces animaux remarquables –mais ils le sont tous désormais- seraient livrés à la spéculation : à l’agriculture mécanisée ou à une bétonnisation effrénée ; c’est selon. Ainsi de grandes réserves de biodiversité où s’épanouit concrètement le bien-être animal seraient englouties par l’appétit insatiable du profit. Comme l’est –toute proportion gardée- la déforestation massive de l’Amazonie. Mais peut-être, dissimulée sous le masque de la vertu, est-ce le but de cette campagne : le profit…

L’homme a besoin d’utopies et la défense des animaux, le souci de leur bien-être, l’animalisme en fait, et venu se substituer à ces grandes utopies du XXème siècle -comme le fut le communisme-, qui ont tourné en catastrophe et auxquelles plus personne ne croit, à juste titre.  Il faut pourtant à l’homme et singulièrement à l’homme moderne, européen, dont les besoins vitaux sont pour l’essentiel satisfaits une ou des Causes, alors… va pour les animaux. Les politiques qui sont, pour ce qui concerne notre génération, d’une médiocrité crasse, enfourchent ce grand élan de générosité d’autant plus volontiers qu’il ne coûte pas cher. Ils espèrent détourner ainsi les électeurs des vrais problèmes et se faire une pelote personnelle. Ils sont en cela soutenus par les médias qui sont dans leur entourage intime comme c’est le cas pour Jadot : c’est cette France-là qui nous dirige. Il ne faut ni l’oublier, ni en sous-estimer la puissance.

Prescripteurs d’une morale « moderne » (c’est le mot magique) non seulement ils interdisent à tour de bras mais ils se substituent désormais aux parents pour décider à leur place de ce qui est bon ou mauvais pour leurs enfants, dans une sorte de remake de l’idéologie Kolkhozienne. On sait que les jeunes ont accès via internet à la violence et à la pornographie et que la drogue est à portée de leur main dans les quartiers populaires et dans nombre d’établissements scolaires. Voilà une terrible réalité ! Mais comme le monde « moderne » vit dans le déni, de cela nous ne parlerons pas car de toute façon il n’y a pas moyen de lutter contre. C’est donc en toute bonne foi qu’Aurore Bergé et Yannick Jadot s’attaquent à la corrida.

Pierre Vidal

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4 commentaires

  • « l’ignorance est la nuit de l’esprit »
    L’ignorance est aussi synonyme de barbarie.

    « — -la dehesa- — de grandes réserves de biodiversité —»
    Le taureau serait donc une espèce « parapluie ». A moins que ce ne soit l’homme qui le soit, derrière lui ; Cela me rappelle des arguments de la chasse. Ou encore de syndicats agricoles.

    « Les politiques qui sont, pour ce qui concerne notre génération, d’une médiocrité crasse — »
    Il s’agit d’un postulat fréquemment repris dans vos écrits. Il est habituellement repris par des partisans d’idéologies crasses depuis plusieurs générations.

  • Afin de clore pour ma part, ce long débat qui perdure et perdurera encore longtemps entre défenseurs et opposants à la corrida en France, je ne peux résister de vous rappeler l’existence d’un article intitulé « Faut-il haïr ou adorer la corrida ? » paru dans le « Figaro Magazine » du 2 mai 2009 (pages 56 et 57 : propos recueillis par Patrice de Méritens . Mis à jour le 05/05/2009)
    Chapeau de l’article : « «De la torture, du business et du sang !», s’exclame Christian Laborde. «De l’esthétique, du romantisme et de l’accomplissement de soi», lui répond Simon Casas. »
    URL : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/04/30/01006-20090430ARTWWW00511-faut-il-hair-ou-adorer-la-corrida-.php

    Bien que disposant chez moi, de ce magazine et donc de cette article en totalité, le contenu de ce dernier n’est pas en libre consultation sur le site web « Le Figaro », par contre, je suggère aux internautes de consulter les 151 commentaires parus à ce jour, commentaires qui résument un peu, les arguments des uns et des autres…

    Etant d’humeur taquine en cette rentrée et aussi un peu provocateur (Merci de bien vouloir m’en excuser 😉 ), j’ose en extraire le commentaire d’un internaute, paru le 29/07/2010 à 10:07 :
    « Je serai pour la corrida le jour ou il y aura autant de toreros que de taureaux qui sortiront de l’arène « les pieds devant » !

    Je vous laisse le soin, de choisir le commentaire qui vous conviendra le mieux, selon que vous soyez… «aficionados » ou fervents anti-corrida, ambiance « Corrida, Basta ! ». 😉

  • > « Aucun d’entre eux ne connait la corrida aucun d’entre eux n’en a suivi ne serait-ce qu’une seule. Aucun d’entre eux ne peut donc avoir un jugement équitable sur cette tradition. »

    Juste une question : est-il besoin d’assister à une lapidation pour pouvoir émettre un jugement équitable sur cette merveilleuse tradition ?

    Tout le reste est à l’avenant.

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