Quand François boude.

Du 6 au 8 septembre, doit se dérouler à Bordeaux un « Campus des territoires » organisé par le parti La République En Marche (LRM ou LREM). François Bayrou, maire de Pau, président de la communauté d’agglomération, président du pays de Béarn et président du MoDem y est invité. On lui a même laissé entendre qu’il y disposerait d’une tribune pour s’exprimer. Mais not’François n’a pas daigné répondre à cette invitation.

En tant que Palois bien évidement vous ne serez pas étonné de cette absence de réponse. C’est bien connu, le maire de Pau ne répond pas aux courriers qui lui sont adressés, enfin pas toujours. Alors pourquoi a-t-il décidé ainsi de ne pas répondre à cette invitation ? Aurait-il voulu mettre un terme à cette belle alliance entre le LREM et le MoDem ? Aurait-il été déçu d’une certaine décision prise en dehors de son avis ? Ne serait-il pas en phase avec certains choix effectués dans le cadre des prochaines municipales ? Pour connaître la réponse il faut lire le « Canard enchaîné » (4 septembre 2019) qui avance une explication ou le journal du dimanche (1er septembre 2019).

La raison serait liée à la nomination de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen par Emmanuel Macron. Le président de la République aurait osé désigner cette ancienne et très éphémère ministre des Armées, comme représentante de la France à cette institution européenne. Rappelons pour ceux qui l’auraient oublié (ils sont bien sûr très rares parmi les lecteurs d’Alternatives Pyrénées) que cette dame était, à l’époque de son entrée au gouvernement, membre du Modem. Que c’est elle qui, mise en cause dans l’affaire des emplois fictifs des eurodéputés du MoDem, a décidé de démissionner de son poste ministériel entraînant dans son sillage le départ de François Bayrou, tout aussi éphémère Garde des sceaux et Marielle de Sarnez, ministre des Affaire européennes. Depuis, Sylvie Goulard, la renégate, la traîtresse, a quitté le MoDem pour aller se réfugier à l’UDI. Inutile de préciser que le Béarnais lui voue maintenant une rancune qui ne pourra s’effacer. D’autre part, pour lui, le choix de Macron est un casus belli, rien de moins.

En politique, rien n’étant innocent, il faut considérer que ce choix de Macron est un message adressé à Bayrou. Une manière sans doute de lui faire comprendre qu’il est libre de ses décisions. Cependant il est toujours risqué en période pré-électorale des municipales de se mettre à dos un allié si modeste soit-il. Alors il va falloir recoller les morceaux. Et si pour faire oublier ce différend on décidait de faire un cadeau à Bayrou. Actuellement est en discussion la révision constitutionnelle visant à réduire le nombre de sénateurs et de députés. Cela ne se passe pas très bien, on s’en doutait. Bayrou est demandeur d’une dose de proportionnelle dans l’élection des députés. Initialement il était prévu que seulement 15% des députés seraient élus au scrutin de liste, passer à 20% pourrait conduire le Béarnais à revenir sur sa bouderie.

Comme quoi chez nous, les arrangements d’arrière boutique font oublier l’intérêt général. Le jeu des alliances et des compromis prime sur tout autre considération. L’essentiel est d’être élu ou ré-élu et de tenir le plus grand nombre de postes. Le reste n’est que billevesées.

Pau, le 9 septembre 2019

par Joël Braud

Crédit image : CGT finances publiques

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3 commentaires

  • Désolé mais F Bayrou est allé à Bordeaux

    • Pour compléter l’information, cet encart paru dans « Le Point » n° 2455 du 19 septembre 2019, page 23 :
      « La vrai-faux courroux de Bayrou. Certes François Bayrou n’était pas content de la nomination de l’éphémère ministre de la Défense comme commissaire européenne, mais il a surjoué son courroux : « En fait, il profité de l’affaire Sylvie Goulard pour reprendre un peu d’autonomie », analyse un responsable de la majorité. Cette tactique conduit le patron du MoDem à ne pas se sentir engagé par les choix des Marcheurs pour les municipales. Son parti s’apprête ainsi à soutenir le PS François Rebsamen à Dijon ou le LR Arnaud Robinet à Reims, deux villes où le parti macroniste a pourtant investi son propre candidat. »
      On pourrait aussi parler du cas de Bordeaux. Voir pour cela mon dernier article intitulé : »Le jeu des alliances ». En politique ce qui est important ce n’est pas ce qui est dit, mais ce qui n’est pas dit.

  • c’est incompréhensible : Monsieur Bayrou était à ce « Campus ». Il a donc répondu et, qu’on l’aime ou pas, libre de sa pensée et de sa parole, comme il le fut il y a près de 20 ans au congrès fondateur de l’UMP.
    Les 20 % de proportionnelle sont décidés depuis longtemps.
    Et votre conclusion arrive comme un cheveu sur la soupe. Continuez à tirer sur le système parlementaire et électoral ! Vous verrez, quand il n’y aura plus ni Wauquiez, ni Macron, ni Bayrou, ni Jadot ni Hamon ni Mélenchon pour défendre leurs postes, certes, mais ainsi, leurs idées. Vous verrez comme vous regretterez ce genre de papier que vous ne pourrez plus même écrire

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