L’avis d’un ours polaires sur les bus à hydrogène

Ne pouvant parvenir à une conclusion sur l’intérêt d’un bus à hydrogène sur le réchauffement climatique, nous avons rencontré un ours polaire pour lui demander son point de vue. Nous avons d’ailleurs été surpris de constater que dès que nous avons engagé la conversation sur le réchauffement climatique notre ours nous a demandé si nous venions de Grenoble, de Toulouse ou de Pau.

Il a été déçu quand nous lui avons dit que nous venions de Pau.

– J’espérais que vous veniez de Grenoble, a-t-il dit.

En effet à Grenoble, presque tous les bus roulent avec le biogaz de la station d’épuration. Notre ours voulait savoir si la station d’épuration arrivait à produire suffisamment de biogaz pour alimenter non seulement les autobus de la ville, mais aussi les bennes à ordures, les bus scolaires, les voitures de la police et de la gendarmerie, les ambulances, etc.

– J’ai bien lu dans le journal que la station d’épuration a ouvert une station service de biogaz pour alimenter des camions, mais je ne sais pas combien de camions peuvent se ravitailler chaque jour dans cette station en plus des autobus.

Il allait bien falloir dire à cet ours que nous venions de Pau.

Quand nous lui dîmes que nous venions de Pau, l’ours nous demanda si les huit bus à hydrogène avaient été achetés avec une garantie satisfait ou remboursé. Ce n’est pas marqué sur le site de la mairie, ni sur le site du service des transports urbains avons nous dû répondre.

– Vous pourriez revendre les bus à hydrogène, acheter des bus à biogaz, et modifier votre station d’épuration à Lescar pour qu’elle produise du biogaz, le tout avec l’économie réalisée.

– Plutôt que d’avoir 8 bus à hydrogène et 82 bus diesel vous pourriez avoir 90 bus à biogaz pour beaucoup moins cher.

Nous demandâmes alors à notre ours comment il faisait pour être si bien renseigné.

Ce n’est pas compliqué, nous dit-il.

J’ai un lointain cousin qui habite la cordillère cantabrique, il est donc espagnol et il m’a raconté ce que vient de faire la régie des transports de l’île de Majorque. Ils viennent d’acheter 180 bus à gaz naturel pour seulement 30 millions d’euros.

Vous voyez donc que pour 15 millions d’euros on peut avoir 90 bus à gaz naturel.

C’est beaucoup moins cher que vos 75 millions d’euros pour seulement 8 bus à hydrogène.

En effet les bus à gaz naturel ou à biogaz n’ont pas besoin d’une voie spéciale, ils prennent les rues ordinaires.

Après cette dernière remarque, notre conviction était faite.

Cet ours était définitivement la bonne personne pour inspirer la meilleure politique

des transports dans l’agglomération paloise.

Mais comment s’y prendre pour qu’il puisse voter aux prochaines élections municipales ?

Henri Cazeaux

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10 commentaires

  • biogaz ou gaz naturel, c’est toujours une combustion. Ce terme biogaz me fait marrer d’ailleurs : tous les gaz sont bios !!! Simplement, on n’est pas dans la même démarche avec le bus à hydrogène.
    Le problème de la comparaison des coûts ne tient pas

  • Le coût des bus est une chose, mais ce dont tout le monde se garde de parler c’ est le coût de maintenance dans le temps, mais également le taux de fonctionnement sans panne. Avec le bus à hydrogène il risque d’ y avoir des surprise dans ces deux domaines. Les bus à hydrogène sont plus des équipements de laboratoires qui nécessiteront une surveillance technique de tous les instants et non des équipements capables de fonctionner dans des conditions de terrains difficiles et d’ intensité importante.
    Il faudra peut être multiplier en amont le nombre de bus pour arriver à en avoir un sur le terrain à 100%
    d’ utilisation. Il faudra aussi tenir compte du taux de panne de l’ unité de production d’hydrogène. Surtout si les bus ne sont pas bi-énergie avec possibilité de basculement rapide de l’ une à l’ autre.
    Que se passera t’ il dans le cas d’ une fuite d’ hydrogène ou d’ une panne du bloc moteur hydrogène en pleine rue? Faudra t’il stopper la circulation automobile, évacuer les passagers, les habitants riverains de la ligne, etc ?
    Espérons que tout cela a été envisagé. Affaire à suivre.

  • Sans contester le fond du sujet et l’intérêt de produire du biométhane, ni que le le choix de l’hydrogène ressemble à une connerie (mais il est trop tard pour revenir dessus), certains de vos chiffres me paraissent assez fantaisistes :

    > « île de Majorque…Vous voyez donc que pour 15 millions d’euros on peut avoir 90 bus à gaz naturel. »

    Ca fait 170.000€ par bus, ce qui est tout à fait irréaliste. Un bus standard de 12m au GNV coûte de l’ordre de 300.000€. Ce qu’on peut vérifier ici, mais toutes les sources concordent :
    http://www.catp.fr/wp-content/uploads/2017/09/Etude-comparative-des-diff%C3%A9rentes-motorisations-de-bus-2017.pdf

    Et à Pau les bus de la nouvelle ligne sont par ailleurs des bus de articulés de 18m, forcément encore plus chers (un bus diesel articulé c’est au minimum 350.000€, donc compter plutôt 400.000€ pour un bus GNV).

    « C’est beaucoup moins cher que vos 75 millions d’euros pour seulement 8 bus à hydrogène. En effet les bus à gaz naturel ou à biogaz n’ont pas besoin d’une voie spéciale, ils prennent les rues ordinaires. »

    Cela n’a rien à voir, les 75 millions d’euros ce n’est pas le coût des 8 bus ! Et on ne construit pas des voies spéciales parce que les bus sont à hydrogène, mais pour qu’ils circulent sans être ralentis par le trafic : le projet de ligne (partiellement) en site propre à Pau a été lancé et décidé bien avant le choix de la motorisation.

    Partout en France il existe des voies de bus en site propre, que les bus soient diesel, gaz, ou autre. Et même Grenoble -puisque vous en parlez- s’y met :
    https://www.le-gresivaudan.fr/TPL_CODE/TPL_ACTUALITE/PAR_TPL_IDENTIFIANT/379/8-actualites.htm

    • Le chiffre de 30 millions d’euros pour 180 bus provient du site http://www.gaz-mobilités.fr

      • Voivi un copier-coller :

        Pour l’EMT Palma, cette transition vers le gaz naturel s’inscrit dans le cadre d’un prêt de 30 millions d’euros accordé par la Banque Européenne d’Investissement.

        Une somme qui permettra à la fois de financer l’acquisition de 180 bus au gaz naturel de 12 et 18 mètres et d’accompagner le déploiement d’une station de ravitaillement.

        • Un prêt de 30M€ de la BEI pour un projet ne veut pas dire que le coût du projet est de 30M€ : il peut y avoir de l’autofinancement, des prêts contractés auprès d’autres banques, des subventions, etc…

          D’ailleurs un des articles du site le confirme :
          « Le prêt demandé porte sur une somme allant jusqu’à 30 millions d’euros et s’étale sur 7 ans. Le renouvèlement est organisé en deux phases. La première porte sur l’acquisition de 95 bus au gaz naturel et représente un invetissement total de 30 millions d’euros, dont la moitié financée par la BEI. »

          Le prêt de la BEI ne couvre que la moitié du coût du projet, et 95 bus pour 30M€ ça monte à 315.000€ par bus, bien plus en phase avec les prix réels que j’ai indiqués.

        • Effectivement l’erreur vient de gaz-mobilites.fr
          On peut trouver sur gasnam.es un chiffre qui semble correct: 95 bus pour 30 millions d’euros
          Merci d’avoir relevé cette erreur !

  • Merci beaucoup à Dudule pour ces deux informations à faire partager aux usagers d’idélis.
    je ne crois pas que beaucoup d’usagers aient été consultés sur les choix techniques de fébus
    Toutes les études montrent que :
    Dans les zones non desservies aujourd’hui par idelis, la demande des habitants est de prolonger les lignes
    pour desservir les communes non desservies par idelis (Artigelouve, Sauvagnon, etc,etc)
    Dans les zones desservies par idelis, c’est la gratuité des bus, comme à Dunkerque et bientôt Calais
    qui est réclamée. La pétition actuellement en cours a déjà récolté 10 000 signatures en très peu de temps

  • Le Fébus, une première mondiale pour des bus à hydrogène avec des sièges en cuir!

    Plus sérieusement, on attend la comparaison avec la solution électrique de l’agglomération bayonnaise ,
    le passage par l’électrolyse de l’eau et la pile à combustible divise par au moins 2 le rendement énergétique.

    Chaque contribuable peut vérifier sur wikipédia ou tout autre site internet.

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