Comment y croire, comment les croire ?

Il ne se passe pas de semaine sans qu’une suspicion, voire une condamnation , affecte un(e) élu(e). Vouloir en établir une liste exhaustive relèverait du mauvais esprit puisqu’enfin, comme une vérité révélée, nous est assénée l’idée que la politique est une tâche noble et que ceux qui s’y donnent et s’y adonnent le font par pur altruisme. C’est sans doute vrai pour beaucoup encore que la détention d’un pouvoir est toujours susceptible de déviance.


Quoi qu’il en soit la période est riche d’enseignements.
Après l’incarcération de M. BALKANY, après celle très lointaine de M. CARIGNON pour corruption, l’incroyable maintien en liberté de M. CAHUZAC, la semaine nous offre un florilège. Voyons un peu.
M. URVOAS, ancien ministre de la justice, condamné pour violation de secret professionnel constitué par la transmission à un député des éléments d’une enquête le concernant. Pas grave mais pour le détenteur d’un tel ministère ça fait tâche.


Et arrive concomitamment le renvoi devant la Cour de justice de la République de MM. LEOTARD et BALLADUR pour complicité d’abus de biens sociaux concernant un possible financement occulte de la campagne présidentielle de ce dernier en 1995. Il y a presque 25 ans.


Et dans la même cuvée, voici que la Cour de Cassation renvoie M.SARKOZY devant un tribunal correctionnel pour financement illégal de campagne électorale.


Quand on se souvient que l’ancien président de la république qui vient de disparaître a été condamné (avec M.JUPPE, récompensé par une belle et récente nomination au Conseil Constitutionnel) pour des emplois fictifs à la mairie de Paris, remontant alors à plus de douze ans, quand on se souvient que M.MITTERRAND a fait entretenir par la République une amante et une fille, sans que quiconque osât le dénoncer d’ailleurs, quand on sait qu’on ne sait pas tout, quand certains, tel M.FERRAND, actuel président de l’Assemblée Nationale, suspecté de favoritisme au profit de sa compagne, se défendent en affirmant qu’ils n’ont rien commis d’illégal même si leurs actes heurtent la morale du plus humble citoyen, quand d’autres sont poursuivis ou condamnés pour usage abusif de fonds publics, quand on s’en souvient, il n’est pas difficile de comprendre que l’abstention y est souvent la meilleure réponse ou que d’honnêtes citoyens sacrifient des heures de loisirs pour crier leur indignation.


On peut penser ici à une réflexion de Montesquieu qui écrivit « POUR QU’ON NE PUISSE ABUSER DU POUVOIR, IL FAUT QUE LE POUVOIR ARRÊTE LE POUVOIR «  , parce qu’il est impératif que tout cela cesse.
Et comme si ces réflexions ne suffisaient pas à l’indignation, il serait utile de retrouver ce que le premier ministre et d’autres membres du gouvernement pensaient du candidat Emmanuel MACRON pendant la période de la dernière élection présidentielle, M. PHILIPPE disant :  »  MACRON , ça m’étonnerait qu’il gagne, je n’y crois pas le début du commencement de la moitié d’une seconde. MACRON, il n’a jamais été candidat nulle part, à rien du tout  » !


Morale, franchise, loyauté, désintéressement, certains domaines leur sont interdits.
Il existe pourtant quelques remèdes. On peut imaginer à une limite d’âge pour candidater à une élection et à une limitation dans le temps de tous les mandats, deux mesures qui combattraient le professionnalisme politique et favoriseraient le renouvellement de la classe politique.

Pierre ESPOSITO
Avocat honoraire

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