Exploitation industrielle et agriculture paysanne : la véritable opposition.

La manifestation des agriculteurs qui s’est déroulée cette semaine est significative de l’incompréhension qui régit les rapports entre les paysans et les citadins.» Pierre-Michel Vidal.

Il n’y a pas d’incompréhension mais une véritable opposition de fond entre les agriculteurs quantitatifs et les paysans qualitatifs soutenus par de plus en plus de citadins.

Les citadins, en grand nombre, ont des «racines pivotantes ou fasciculées» rurales ; ils ont été obligés, en masse, lors de la révolution verte des environs 1950, de gagner la ville du fait du passage de l’agriculture paysanne à l’agriculture industrielle (exode rural) ; la transition a été destructrice de la culture, des paysages, de la richesse des coopérations locales et familiales ; ce monde humain s’est effondré au profit de l’individualisme, de la machine, puis du robot, du numérique déshumanisant, des cancers nombreux. Cette migration vers la ville a fait exploser le chômage du fait d’une inadéquation entre leur formation initiale, les besoins de l’économie et l’objectif libéral de supprimer de plus en plus d’emplois.

L’opposition n’est donc pas entre les citadins et les paysans mais entre:

+Des exploitants industriels destructeurs de terres, n’ayant plus la légitimité de s’appeler paysans, des citadins non concernés, ignorants ou irréfléchis, adeptes souvent de la malbouffe, des prix bas, pour pouvoir acheter des smartphones ou de nouvelles voitures polluantes. Peu importe, la Sécu pourvoira pour le traitement du diabète et de l’obésité !

Ils sont gérés, prisonniers même, des grosses entreprises souvent internationales de l’agroalimentaire, depuis des dizaines d’années ; elles contraignent ces agriculteurs, de la FNSEA et les jeunes agriculteurs, à utiliser leurs méthodes, leurs matériels, leurs produits phytosanitaires, champions des «cides», leurs engrais tirés du pétrole comme le carburant de leurs machines à effet de serre, leur système de vente à crédit qui tue leurs «protégés» !…, leur recherche constante de rentabilité de plus en plus grande accompagnée de pollution, destruction des sols, gaspillage de l’eau et de produits non conformes à un stéréotype seul commercialisable……

C’est une honte de dire qu’ils aiment leur terre ; ils la stérilisent, et parfois eux avec !

+ Les milliers de descendants imprégnés (épigénétique ?) d’agriculture paysanne, devenus citadins par obligation, pleins de rancœur, d’autres, moins sensibilisés mais avides de produits sans polluants et de bon goût, soucieux de leur santé et de celle de leurs enfants ; il y a aussi des gens à faible revenu qui achètent bien moins de viande, de produits transformés, qui cuisinent et ne gaspillent pas.

On en voit dans notre grande région, du pays Basque à l’ensemble des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charente, sur les marchés, les documentaires des «Racines et des Ailes» ; il y a aussi les transfuges de l’intensif quantitatif, ceux qui ont réfléchi et, courageux, n’ont pas hésité, pour survivre, à changer de vie pour le qualitatif ; le phénomène s’accélère.

En Bretagne, par exemple, très touchée par ce phénomène, les surfaces en conversion augmentent. Alors qu’elle comptait 52 030 hectares de surfaces bio et conversion en 2011, ces surfaces avoisinent actuellement les 100 000 ha ; une ferme bio sur quatre est en production de légumes. Une autre ferme bio sur 4 est un élevage de vaches laitières. De plus en plus nombreux, ils sont attachés à la conservation des qualités agraires des sols, les valeurs gustatives et sanitaires de leurs produits, la protection des populations avoisinantes. On y parle agriculture paysanne. Elle s’inscrit dans les critères de durabilité, de respect de l’environnement et de conservation du tissu social. C’est une vision qui affirme que l’agriculture n’a pas qu’un rôle de production de denrées alimentaires, mais a aussi un rôle social, environnemental et de maintien de la qualité des produits agricoles. En France, elle s’appuie sur une charte, 10 principes, et 6 thèmes.

Malheureusement, les élevages industriels, en raison du nombre trop important d’animaux qu’ils comportent, rejettent énormément de nitrates dans les sols et les cours d’eau à travers les effluents (déjections animales) d’élevage. Résultat : les eaux bretonnes se situent parmi les plus chargées en azote d’Europe, avec des concentrations de nitrates par litre près de 10 fois supérieures à une situation normale. Ces nitrates font proliférer ces algues dans les eaux bretonnes.

C’est une catastrophe paysagère.

Si le nombre d’élevages est en régression, ils sont de plus en plus étendus et peuplés car l’Etat facilite l’installation des fermes-usines.

Ces dépôts nauséabonds et dangereux, du fait de la fermentation, surtout dans la partie S plus propice à la baignade, ne réjouissent vraiment pas les habitants, les commerçants et les paysans qui vivent du tourisme peu tenté par la consommation des «salades» d’ulves ou les bains d’algues !

Citadins et paysans s’opposent là aussi à l’agriculture industrielle.

Cela fait des dizaines d’années que les dangers de la culture et de élevage intensifs sont dénoncés par les milieux scientifiques ; prétendre qu’il faut laisser toujours plus de temps pour une reconversion et la découverte de solutions de remplacement, c’est se moquer du monde!

Les uns font du bruit, se plaignent sans arrêt, déversent du lisier ou autres puanteurs qu’ils manipulent devant les préfectures, sans problème avec les services de sécurité! ;(tout le monde ne peut pas en dire autant!) ; pourquoi ne font-ils pas la même chose devant le siège des grosses entreprises de l’agroalimentaire ? Sont-ils politiquement d’accord avec elles ?

Pendant ce temps, les autres, dont on ne verse pas les subventions, cultivent et vendent tout à fait autrement avec une rémunération à hauteur de leur espérance.

(«Une partie des aides dues au titre des années 2015 et 2016 ainsi que l’intégralité des subventions de 2017 n’ont toujours pas été payées aux agriculteurs bio alors que nous respectons nos engagements, de cultiver en prenant soin de la terre. La situation est d’autant plus scandaleuse que les agriculteurs dits conventionnels, qui cultivent à grand renfort de pesticides, ont touché l’intégralité de leurs aides», tempête le propriétaire de la Ferme Val de Seudre Identi’Terre.»)

«Cette opposition, les marxistes (il en reste une poignée !) pourraient la comparer à la lutte des classes.»

Parler de bourgeois et de prolétaires; original peut-être, mais je ne vois pas le rapport ! Qui sont les uns et les autres ? Les grands céréaliers n’ont rien à voir avec les prolétaires !

«Non seulement les ruraux se débattent dans des problèmes financiers inextricables, mais ils subissent l’opprobre des citoyens des villes (et des paysans !) qui ne manquent pas de leur faire la leçon»

Ces ruraux «dépendants» ou partisans des grandes sociétés agroalimentaires sont, en fait, inconsciemment ou pas, les victimes d’une confiance mal placée qui ne leur veut pas du bien mais uniquement prendre leur argent.

Les problèmes financiers inextricables ne sont pas leur privilège, ils sont également de plus en plus répandus chez les citadins qui se retrouvent malades ou à la rue avec des dettes qu’ils ne peuvent pas rembourser.

«Le paradoxe c’est que, les mêmes qui opposent ces critiques s’installent de plus en plus nombreux en périphérie, c’est-à-dire à la campagne, attirés par des considérations environnementales : l’absence de bruit, la meilleure qualité de l’air, l’espace, ou matérielles : le coût du terrain par exemple.»

Que l’installation en milieu rural soit liée à un prix de terrain et des impôts attractifs, on ne peut pas le nier ; les maires font tout ce qu’ils peuvent pour favoriser ces installations, on les comprend. Ces néoruraux sont tombés dans le piège d’une fausse bonne idée : disparition des services publics, prix du transport en voiture.., à cela s’ajoutent, contrairement à l’idée émise :

Le bruit : combien de villages sont traversés par des routes à grande circulation très dangereuses où les gros camions se succèdent. (les déviations détruisent des terres cultivables et les commerces locaux).

Meilleure qualité de l’air ? Pas toujours, à proximité des élevages de porcs, de canards ou de volailles en plein air, du lisier qu’on répand, des traitements des cultures industrielles,….l’air n’est plus ce qu’il était ! Il semble même que les abeilles meurent bien moins, sur les toits, dans les grandes agglomérations comme à Paris, que dans bien des zones rurales !

«Et ils entendent bien les imposer. Ainsi, pour évoquer l’actualité récente, ils ne supportent pas le chant du coq du voisin ou le bruit des cloches qui scandent la vie du village ou celui des tracteurs qui démarrent au lever du jour. Ils n’hésitent pas à porter plainte et à vouloir faire taire tous ces phonèmes qui les dérangent. Pour le moment la justice a donné raison aux «primo-habitants» ; jusqu’à quand ?»

Les médias s’emparent de tout ce qui peut créer la zizanie, les exemples évoqués sont peu nombreux car des coqs en liberté il n’y en a plus beaucoup, les églises ne sont plus très bavardes. Les cultures bio utilisent le cheval, souvent l’énergie manuelle ; cela fait moins de bruit que le tracteur. Par contre les tondeuses, taille-haies ou broyeurs ne semblent pas être un phénomène qui dérange !

«De leur côté les agriculteurs sont confrontés à un dilemme terrible. Pendant des années on leur a demandé de «nourrir la planète».

Qui ON ? Ceux qui y avaient intérêt, car pour nourrir la planète il fallait favoriser la culture vivrière spécifique de chaque pays et non généraliser la culture du maïs par exemple, non adapté (eau) et récolté au profit des multinationales des pays riches occidentaux laissant la famine et la sécheresse sur le terrain. La générosité occidentale consiste alors à vendre des céréales ou autres à ces pays dont seuls certains privilégiés peuvent profiter ! Ce n’est pas à nos agriculteurs de nourrir la planète mais à nos gouvernants d’aider les pays à se nourrir eux-mêmes avec des cultures adaptées au pays, moyennant une aide financière pour la construction de routes, de puits, d’électricité solaire…

«et voilà que désormais, à juste titre, on leur demande de produire mieux, de meilleure qualité et moins polluant.»

Désormais ! Il y a bien longtemps que le «désormais» a été largement divulgué par les milieux scientifiques ! Les gouvernants et industriels sont toujours sourds !

Sur le terrain, il y a ceux qui ont compris et ont changé d’agriculture ; ils ont opté pour une agriculture régionale biologique, des circuits courts, une rentabilité plus faible, un travail plus courbé vers le sol ou la conduite du cheval que sur le volant du tracteur ; avec bien moins de dépenses contraintes en matériel (arrosage, drainage…), en engrais, en produits phytosanitaires coûteux, la rentabilité financière est bien plus importante finalement; et leur production est de plus en plus recherchée.

Sur le terrain aussi, il y a des citadins qui ont compris que, pour la santé, c’est mieux de payer un peu plus cher au kg mais consommer bien moins de viande, d’abats, de charcuterie… de ces élevages concentrationnaires, de pain non bio….Globalement, c’est la chute du gaspillage et des déchets ; se nourrir ainsi revient moins cher !

«Voilà aussi que certains citadins, les plus radicaux, opposent aux éleveurs le «droit des animaux» avant d’évoquer celui des plantes ou celui des arbres puisqu’il s’agit d’êtres vivants, solidaires, susceptibles d’être victimes de souffrance comme le montrent certaines études.»

Dans une société gérée par l’émotionnel et informée par la science (pas certaines études seulement mais toutes !), il ne semble pas illogique, de la part des citadins, des paysans et des agriculteurs productivistes eux-mêmes de ne plus considérer les animaux d’élevage (et les autres) comme des choses que l’on peut torturer, battre, massacrer sans vergogne.

«Il faut donc que les ruraux adoptent un modèle nouveau, effectuent un nouveau virage (encore un !). Leur survie en dépend»

Les citadins sont, eux aussi, dans la même situation. Les très nombreuses pertes d’emplois liées aux changements brutaux des besoins et au manque de formation sont là pour le justifier.

«C’est en tout cas la cause d’un désespoir qui se manifeste dans sa forme la plus extrême par des suicides en masse d’exploitants agricoles: on parle d’un par jour.»

Les exemples sont également nombreux parmi les citadins (actualité). Les causes sont à chercher dans une politique globale ultralibérale non encadrée, conduisant à des déséquilibres dans tous les domaines de la société, de l’environnement, autant de sources de violences, de guerres, de conditions climatiques qui anéantiront toutes les cultures, industrielles entre autres !!

Il est grand temps  de sortir l’intelligence humaine de la jachère !

Signé Georges Vallet

crédits photos:https://www.pechetonton.fr/arretez-vos-salades

Notez cet article

Cliquez sur une étoile

Note moyenne / 5. Nombre de note :

Nous sommes désolé que cet article ne vous ait pas intéressé ...

Votre avis compte !

8 commentaires

  • Ce monsieur Durieux me fait peur… il vit dans le monde d’avant, celui du développement sans fin. Mais non. Il y a disparition du vivant de la biodiversité. En ce moment, je suis à Cordoba chez des biologistes espagnols qui, entr’autre font des semences anciennes, de l’huile d’olives bio en plus d’être chercheurs à l’université. Leurs clients principaux, contrairement à ce que dit ce monsieur sont les Allemands, les Hollandais et les Italiens. Les Français, pour l’instant sont peu concernés. Qui prend de l’avance et comment ?
    Les producteurs palois du marché bio rejeté par mr Bayrou sont intéressés par notre visite chez eux.

  • Le problème est qu’ aujourd’hui on est dans un monde entre deux. L’ un tarde à disparaître, maintenu par des aides démesurées ( tant que cela est possible)et l’ autre tarde à apparaître, maintenu en disgrâce par des campagnes qui laissent croire qu’ il ne lui sera pas possible d’ alimenter tout le monde.
    En faisant croire qu’ on risque la famine, on permet à l’ agriculture productiviste d’ étendre ses dégâts irréversibles. C’ est sûr que si l’ on veut diffuser le modèle alimentaire occidental à l’ ensemble de la population mondiale on ira dans le mur. Mais heureusement il existe d’ autres modèles plus économes.
    Le problème mondial est qu’ on ne fait pas aujourd’ hui une véritable éducation à l’ alimentation, mais plutôt une incitation au modèle alimentaire occidental. Il ne faut pas oublier que derrière l’ alimentation se cache la médecine et les laboratoires pharmaceutiques, ainsi que l’ industrie chimique et les producteurs d’ intrants, mais également les transports. ( millions de tonnes à transporter entre les régions, les pays et les continents )
    Le changement de modèle agricole vers plus de respect de l’ homme et de la nature, provoquerait une révolution sociétale bien plus importante que toutes les révolutions politiques que le monde a pu connaître.
    Aujourd’ hui trop de puissants intérêts ne sont pas prêts à admettre ce changement, qui bousculerait leur façon de penser, mais qui nous mène inexorablement droit dans le mur.

  • Pierre-Michel Vidal

    « Je suis particulièrement pessimiste pour l’agriculture française. Notre « exemplarité » écologiste et les attaques qu’elle subit sans cesse, la pénalisent par rapport à ses concurrentes européennes. Elle perd des parts de marché et ne peut espérer aucune protection dans le marché unique. Elle se bat contre le Canada et le Mercosur quand ce sont d’abord et surtout les Danois, les Hollandais, les Allemands ou les Polonais qui lui taillent des croupières ».
    Bruno Durieux ancien ministre, maire de Grignan. https://www.causeur.fr/les-ecologistes-sont-les-enfants-ingrats-de-la-prosperite-167886

    • De quelle « exemplarité écologique » parlez-vous concrètement, qui pénaliserait la France par rapport à ses voisins européens ?

      Le glyphosate ? Il n’est toujours pas interdit.

      Les OGM ? Ils sont interdits de culture dans l’immense majorité des pays européens.

      Les produits phytosanitaires ? Lesquels précisément ? Les néonicotinoïdes ont été interdits au niveau européen, pas spécifiquement en France. Il ne fallait pas, alors qu’il n’existe presque plus aucun doute sur leur responsabilité dans le déclin des abeilles (entre autres) ? Et alors qu’ils sont suspendus aussi aux USA, et en sursis au Canada ?

      Donc de quoi parlez-vous concrètement et précisément avec cette soit-disant « exemplarité écologique » insupportable ??

  • « Que l’installation en milieu rural soit liée à un prix de terrain et des impôts attractifs, on ne peut pas le nier ; les maires font tout ce qu’ils peuvent pour favoriser ces installations, on les comprend. Ces néoruraux sont tombés dans le piège d’une fausse bonne idée : disparition des services publics, prix du transport en voiture.., à cela s’ajoutent, contrairement à l’idée émise … »
    Comment « on les comprend » !!!
    Non, ces Maires sont des incompétents dont leur politique est sous tendue par leur intérêt. En effet ils sont très souvent propriétaires terriens ainsi que les autres membres du conseil municipal et leur objectif a été d’élaborer un PLU qui rendait constructibles leurs terres avec des plus values incroyables par rapport à la valeur du terrain agricole.
    Quelle erreur de leur avoir transféré ce droit d’élaborer le PLU !
    Et ces neo ruraux savaient qu’ils n’auraient ni transport en commun ni services publics, et que les coûts liés aux déplacements iraient en augmentant.

    « Les causes sont à chercher dans une politique globale ultralibérale non encadrée, conduisant à des déséquilibres dans tous les domaines de la société, de l’environnement, autant de sources de violences, de guerres, de conditions climatiques qui anéantiront toutes les cultures, industrielles entre autres !!  »

    Même les USA ne mènent pas une « politique ultra libérale non encadrée » . Alors la France, c’est tout le contraire !
    Une redistribution la plus importante au monde, des réglementations dans tous les domaines au delà du raisonnable dont tout le monde se plaint, …etc

    Le titre de votre vignette illustrative me plait bien …

  • J’approuve l’essentiel de ce texte, qui élève le débat au lieu de s’en tenir aux anathèmes lus par ailleurs.

    Juste une remarque : « Les cultures bio utilisent le cheval, souvent l’énergie manuelle ; cela fait moins de bruit que le tracteur »… Cela peut arriver, mais l’essentiel des exploitants bio que je connais utilisent des tracteurs et autres moyens mécaniques habituels pour travailler. Parfois même du matériel très moderne (ex. désherbeuse à guidage optique : http://educagri27.fr/revuedepresse/index.php/2019/03/20/guidage-optique/ ).

  • Pierre-Michel Vidal

    Cher Monsieur Vallet, sincèrement, j’aimerais bien voir les choses comme vous : « Les causes sont à chercher dans une politique globale ultralibérale non encadrée ». Tout n’est pas économique. Ca serait tellement plus simple… Outre que je m’interroge sur l’efficacité de solutions alternatives à grande échelle -elles ont, bien sur, ma préférence à titre personnel-, il faut intégrer d’autres facteurs à cette séparation grandissante entre ces deux univers: culturels, comportementaux, historiques. Il n’y a pas dans les mouvements sociaux qu’un élément financier; il ne faut jamais oublier cette réalité: il y a de l’affect, de l’humain. Derrière les chiffres il y a des gens qui souffrent. Dans ce cas, on trouve une question de dignité d’un côté et un sentiment de puissance de l’autre. Un monde chasse l’autre c’est ainsi. Ca ne sert à rien de se raconter des histoires. On a le droit d’avoir de la nostalgie et de la compassion quand-même… C’est seulement cela qui m’anime.
    Merci de l’étude fouillée et exhaustive que vous avez accordé à mon papier précédent. Ainsi le débat est productif.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *