La démocratie française est en péril.

Des événements récents obligent à s’interroger sur ce qui reste de démocratie en France hormis le temps où les citoyens peuvent s’exprimer par les urnes.

Le 12 novembre, François Hollande devait animer, dans une université lilloise, une conférence autour d’un ouvrage qu’il vient de faire publier et dont le titre est «Répondre à la crise démocratique ».

Il en fut empêché par des énergumènes qui, le traitant d’assassin, parce qu’un jeune étudiant venait de s’immoler à Lyon en imputant son geste à la précarité de la situation économique des étudiants, ont pénétré dans la faculté de droit, déchirant et jetant à travers l’amphithéâtre plusieurs exemplaires de l’ouvrage.

Proches du syndicat Solidaires Étudiants, ils entonnèrent des chants anticapitalistes, leur actes sont signés.

Quelques jours plus tôt , le 25 octobre, Sylvia Agacinski, philosophe respectée, épouse de Lionel Jospin, ancien premier ministre socialiste, ne put donner une conférence à Bordeaux, plusieurs associations étudiantes la jugeant homophobe du fait de son opposition à la PMA et la GPA qu’elle a d’ailleurs exprimée devant le Sénat, à la radio et dans un hebdomadaire.

Les organisateurs ont été contraints d’annuler l’intervention par des menaces de violences, procédés dont nul n’ignore la paternité. 

Le 25 mars, les « Suppliantes », une pièce d’Eschyle, écrite plus de quatre siècles avant Jésus-Christ, devait être jouée à la Sorbonne. La représentation fut annulée à cause de manifestants protestant contre l’usage de masques noirs par des acteurs blancs. Les comédiens ont été empêchés, par la force, de pénétrer dans les lieux de même que les spectateurs. Les militants de la ligue de défense noire africaine, de la brigade anti-négrophobie et du conseil représentatif des associations noires voyaient dans les masques une expression de racisme, ignorant tellement de choses qu’ils ignoraient que le port de masques était une pratique du théâtre antique.

Au mois d’août dernier, Marion Maréchal devait intervenir aux universités d’été du Medef mais ce dernier dut reprendre son invitation sous la pression du président du groupe LREM à l’Assemblée nationale et d’autres élus du même mouvement menaçant de boycotter la réunion patronale.

Plus récemment un mouvement de démocrates auto-proclamés et bien évidemment antifascistes, a entrepris de manifester contre la présence sur une chaîne de télévision d’Eric Zemmour dont les propos et les positions politiques ne leur conviennent pas.

De tels événements sont à la mesure du niveau de la démocratie en France .

Les violences physiques sont devenues le mode d’expression le plus répandu, le plus efficace aussi, aux mains de ceux qui n’acceptent plus la confrontation des idées là où les leurs sont minoritaires.

Et quand elles ne peuvent être mises en œuvre au nom de la bienséance, ce sont les représailles économiques qui prennent le relais.

En 1968, les gauchistes, criaient «  il est interdit d’interdire ». C’était leur conception de la démocratie, sans voir qu’une organisation sociétale impose les contraintes nécessaires au vivre ensemble. Ils avaient vingt ans.

Aujourd’hui, de nombreuses minorités imposent leurs revendications et faisant croire qu’elles sont l’expression d’une pensée unique, donc juste, il est interdit de les combattre. 

Et comme souvent, dans un souci de ne pas trop effilocher le tissu sociétal, nos gouvernants et nos parlementaires évitent de prendre en compte ce que pense, au fond , une majorité de citoyens, aidés parfois par une jurisprudence de la cour européenne qui s’arroge le droit de dire, écrire ou faire dans un pays démocratique.

C’étaient là quelques réflexions qui conduisent à se demander si nous pouvons prétendre que la France sait combiner liberté et égalité. 

Pierre ESPOSITO 

Avocat honoraire 

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7 commentaires

  • Oh le passant , je vous permets tous les commentaires qui bons vous semblent mais vous devriez vous méfier de vos certitudes et de vos tendances naturelles au dénigrement sur la seule base de vos suppositions.
    En effet, je ne suis pas agrégé de philosophie mais qui êtes vous pour affirmer que la philosophie ne serait pas  » utilitaire  » , ce qui veut dire pas utile, en version claire et non dévoyée ?
    Un membre de la communauté des Béatitudes Bayrouphile ( pléonasme ! ) ?
    Si ce n’est pas le cas je vous conseille quelques recherches internet sur le rôle du philosophe dans l’histoire, celle extraite par l’université de Cambridge par exemple est plutôt claire et corroborante avec ma modeste définition .
    Mais je sais, les Bayrouphiles n’aiment pas la modestie ! Ils ont besoin comme leur Maître de prétendre savoir mieux que l’autre, quitte à affirmer n’importe quoi pourvu que le ton, l’arrogance et l’apparente assurance leur confère une supposée supériorité.
    C’est un ADN que je connais tellement bien et depuis si longtemps, si vous saviez !!

    Quant à votre petit humour de dénigrement autosatisfait … Vous tombez mal voyez vous. Ce problème de la GNI a fait l’objet de 5 lettres recommandées datées du 12 juin par les usagers, 5 lettres adressées à vos amis, Président du CD64, à l’élu du CD, Palois en charge de l’autonomie, à plusieurs directeurs concernés, pour les alerter qu’un problème semblait se présenter pour le maintien du service absolument vital pour leur maintien à domicile. PAS UNE RÉPONSE, Monsieur.
    Le président de l’association gestionnaire a, lui, alerté les mêmes autorités en Septembre. PAS UNE RÉPONSE , Monsieur.
    Moi, j’ai eu une demande de rendez vous par ces usagers le 8 Novembre, je les ai reçus le 13 novembre durant 1h30 , pour prendre connaissance de leur alerte, dans l’heure qui suivait je saisissais la commission sociale de la ville et la Mission Handicap pour qu’elle mobilise les acteurs de l’exécutif sur cette situation inadmissible !!!!

    Le président LASSERE avait, lui, connaissance de l’alerte depuis le 13 JUIN !!!

    Je puis vous dire que les choses n’ont commencé à bouger qu’à partir 18 novembre et que je suis intervenu en m’adressant vigoureusement au Président dès le 22 Novembre, en commission permanente alors que les pseudos solutions entrevues par l’exécutif depuis les quatre jours précédents n’étaient absolument pas satisfaisantes.
    L’affaire est toujours en cours et j’ai fait mon travail à mon niveau, surement plus que tous les autres élus en responsabilité directe et je continuerai de le faire.

    Quand à mon expression sur ce site, elle ne tient pas lieu de communication Monsieur, le passant. Ce blog, comme vous dites avec un certain dédain, je le respecte, si petit et si modeste soit-il. Je fais de la politique, pas de la communication. Ici il m’arrive de m’exprimer car j’y trouve des échanges intéressants, de gens qui ont des opinions politiques différentes mais qui essayent de rassembler des éléments de vérité plus approfondis. L’autre jour, j’ai cité ce sujet car il était dans mon quotidien immédiat et illustrait un exemple à donner pour un commentaire. Rien de plus.

  • Deux commentaires, Monsieur Duchateau, si vous me le permettez :
    1/ « Au fait c’est quoi le boulot d’un philosophe ? Aidez les peuples à prendre du recul sur les évennements, à décrypter les situations d’une époque , ou attiser les violences de l’air du temps par le premier ou le deuxième degré sur les plateaux télé ? »
    Aucun des trois, Monsieur. Un philosophe n’est pas utilitaire. Vous méconnaissez la philosophie ou vous méprenez sur elle.
    2/ Sur votre paragraphe au sujet des gardes itinérantes pour handicapés : n’êtes-vous pas Conseiller départemental ? Avez-vous soumis cette pénible question à son président ? Ou votre voix porte-t-elle si peu que vous en veniez à vous confier à ce blog ?

  •  » un modèle social basé sur l’injustice  »  » soyons sérieux  » .
    Il est certains que dans l’ambiance du pays décrite habilement dans l’article, il y a de la place pour un pugilat général ou chacun , du plus démuni au plus nantis des Français , pourra vociférer son sentiment d’injustice parceque l’un dilapide les fruits du travail de l’autre ou que l’autre déplore l’abandon cruel dont il se sent victime …
    Le cas de l’étudiant tel que présenté semble peu défendable au delà de l’émotion du drame humain, mais faire société c’est aussi ne pas accepter comme une fatalité une telle issue pour la vie d’un jeune . Ne pas s’interroger sur l’accélération puissante du sentiment d’injustice dans ce pays serait une faute considérable, ne pas s’interroger sur les conséquences des mesures de défiscalisations massives pour les
    1 % les plus riches quand la pauvreté, le déclassement de nombreux territoires, de nombreuses professions s’opèrent brutalement et rapidement, c’est dangereux !
    J’ai vu que Louis Galois ( un des rares grands patrons Francais que s’appliquait à lui même une certaine modération de rémunération ) s’était exprimé en ce sens hier sur France info et il serait bon que son avertissement soit entendu !
    Un exemple local : la garde itinérante de nuit pour les ( très ) handicapés qui payent la prestation dans le cadre de leur plan d’aide PCH ou APA. Depuis un an l’asso gestionnaire alerte les responsables élus ou direction du CD 64 sur les difficultés . Aucune réponse.  » taisez vous et débrouillez vous avec ce que vous avez  » . Pendant ce temps là, du coté de Mazerolles, à la demande d’un conseiller départemental majoritaire, l’ARS balance 220 000 € / an sur crédit CNSA pour un service de nuit équivalant, entièrement gratuit, qui ne sollicite même pas les plans d’aide des bénéficiaires.
    Imaginez vous la souffrance, la violence subie de ces personnes, de leurs entourages, des salariés, le sentiment qu’elles peuvent éprouver face à de telles aberrations ? Et il faut attendre le dernier moment, pour qu’elles soient obligées de faire une conférence de presse, alerter l’opposition, les lettres de licenciement déjà reçues pour les salariés, pour qu’enfin les autorités daignent se réunir sur le sujet ! Une précision : les crédits CNSA s’orientent avec une concertation exécutif départemental , ARS … Bref ce n’est qu’un tout petit exemple parmis des milliers d’autres qui rendent les étalages de palmarès de richesses de plus en plus insupportables aux gens et cela, il vaudrait mieux l’entendre avant que le ressort ne casse complètement. Après… ce n’est qu’un écrit d’un « pôvre élu de gauche « …
    Au fait c’est quoi le boulot d’un philosophe ? Aidez les peuples à prendre du recul sur les évennements, à décrypter les situations d’une époque , ou attiser les violences de l’air du temps par le premier ou le deuxième degré sur les plateaux télé ?

  • A propos de l’évolution stalinienne c’est à Pau qu’il faut regarder. Ainsi les partis de gauche font pétition pour empêcher la venue de Finkielkraut aux « idées mènent le monde ». Incroyable, on voudrait censurer un philosophe membre de l’Académie !!! PS PC et consort, et même le parti de Gluksmann !!!
    Pôvres politiciens de gauche…

    • « Des organisations de gauche (Parti socialiste, Place Publique, Mouvement des jeunes Socialistes, Radicaux de gauche des Pyrénées-Atlantiques, Génération.s Pau Béarn, Mouvement des jeunes Communistes de France 64) ont publié à la veille du week-end un communiqué demandant la « déprogrammation pure et simple d’Alain Finkielkraut » de la prochaine édition des Idées mènent le monde, prévue du 22 au 24 novembre au Palais Beaumont, dédiée cette année à la question « En quoi croire encore ? ». (Sud Ouest)

      https://www.sudouest.fr/2019/11/18/-6836223-4583.php

  • « un modèle social basé sur l’injustice »
    Soyons sérieux !
    Prenons le cas de cet étudiant. Il triple sa seconde année et il faudrait lui permettre de percevoir de l’argent des contribuables ? Il me semble d’ailleurs qu’à mon époque le redoublement entrainait cette suppression.
    C’est d’autant plus honteux que ce monsieur est connu comme responsable du syndicat solidaire anti capitaliste fonction dans laquelle il triplait aussi.
    Ras le bol mais vraiment ras le bol de ce monde d’assistés qui en plus crachent dans la soupe !
    La France est le pays d’Europe où la redistribution est la plus importante ou la dépense sociale est la plus importante. En France il faudrait que sans rien faire on puisse vivre sans problème ! Et puis quoi encore ?
    Mais regardons donc ce qui se passe en Europe!
    Des grèves ? Aucune !
    Des nantis qui pleurnichent: nulle part !
    Mais partout des gens qui bossent. En France pour le moindre problème, c’est la faute de l’Etat !
    Mais que ces gens se posent la question de LEUR responsabilité dans leur situation !
    Curieusement on ne leur demande jamais…

  • Pierre-Michel Vidal

    Oui nous avons un problème ! Dernier avatar de cette violence verbale et de ces arguments à deux balles, cette députée insoumise Mathilde Panot sur le plateau d’une chaîne d’information en continu : « maintenant ça suffit, taisez-vous, je suis une femme politique de 30 ans ». Staline au secours ! Si les plus de 30 ans ne peuvent plus s’exprimer… alors…
    Dans la cacophonie générale l’exemple vient d’en haut avec la violence inouïe de la répression policière, l’autosatisfaction dégoulinante de l’incompétent Castaner et la brutalité du clan Macron qui encouragent cette ambiance mortifère. Par calcul disent certains par incompétence assurent d’autres. Va savoir ?
    Ce n’est peut-être, au fond, que le fruit de la lente désagrégation d’un modèle social basé sur l’injustice, la solitude des individus, la perte de repères, l’abandon de nos valeurs républicaines: liberté, égalité, fraternité…

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