La réforme des retraites.

Entre ceux qui ont déjà une activité professionnelle et plus curieusement ceux qui en sont encore à se former ou étudier, beaucoup ne veulent rien entendre d’une modification des régimes de retraite. Il faut dire que bien des élus ou des représentants syndicaux agitent le chiffon rouge sans autre argument que tout le monde y perdra sans oser dire que de nombreuses caisses de retraite ne paient les pensions de leurs affiliés qu’avec la contribution d’autres caisses et de fonds publics. 

Tous les gens de bon sens comprennent qu’il faut impérativement réformer les divers régimes de retraite dont l’établissement remonte à l’après-guerre dans un contexte sociologique et social totalement différent.

Les femmes sont en nombre sur le marché du travail ; en 1945 elles étaient généralement femmes au foyer. Les couples ne divorçaient pas. On vivait sans grande exigence. 

On faisait moins d’études et on entrait plus jeune dans la vie active.

En 1945, l’espérance de vie était de l’ordre de 69 ans pour les femmes et de 63 ans pour les hommes, elle est aujourd’hui respectivement de 85,3 et 79,5. Plus de 16 années d’espérance de vie !

Dans le système de retraite par répartition où les actifs paient par leur cotisation la pension des retraités, le système ne peut plus tenir surtout pour ceux qui sans justification continuent de bénéficier d’un régime conçu en fonction de contraintes ou de risques professionnels aujourd’hui disparus. Ainsi, des caisses de retraite dont le nombre d’actifs n’est plus suffisant pour générer des cotisations couvrant le montant des retraites à honorer seraient dans l’incapacité de payer les pensions sans la participation de tous les contribuables. 

Il en va de même des régimes concernant des professions en voie de disparition.

Dans un régime de retraite par répartition, on ne dispose que de deux paramètres : l’augmentation des cotisations des actifs et le nombre d’annuités pour une pension complète.

Les responsables politiques non en charge des affaires du pays devraient avoir le courage de soutenir le principe d’un changement nécessaire… mais le courage en politique ? C’est ce qui a fait reculer tous les gouvernements sur le problème, car c’est bien de problème qu’il s’agit et un problème impose de trouver une solution. 

Le projet gouvernemental repose sur la seule solution possible à savoir une acquisition, pendant l’activité professionnelle, de points de retraite dont la valeur est certes inconnue puisqu’elle ne peut l’être qu’au moment du départ en retraite. C’est, il est vrai, un sujet de préoccupation mais il ne peut en être autrement.

Par ailleurs, l’équilibre des régimes impose de fixer l’âge auquel pourra être revendiqué le droit à pension, quel que soit le nombre de points acquis. 

Le gouvernement pourrait distinguer cependant entre des régimes spéciaux qui ne sont plus en mesure d’assurer à leurs adhérents des situations privilégiées et des régimes autonomes dont la pérennité n’est pas actuellement en péril.

Il est probable que continueront d’exister des systèmes permettant d’accroître la retraite acquise par points avec des cotisations déductibles du revenu imposable.

Quoi qu’il sera décidé aujourd’hui, il faut accepter l’idée que les évolutions sociologiques, 

technologiques, les mœurs, les idées même, conduiront fatalement à sa remise en question. Tout change si vite. 

Pierre ESPOSITO

Crédit image : huffintonpost.fr

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11 commentaires

  • A Pierre Vidal :

    Oui je connais la Colombie et le Mexique ainsi qu’une multitude d’autres pays où la situation est encore pire puisque on ne se pose même pas de question sur un âge de la retraite (en Afrique, …)
    Mais votre réponse sur ce point qui est en fait un clin d’oeil évite de répondre à la situation en Europe, point le plus important…drôle d’esquive.
    Quant à l’évolution de la quantité de travail votre position, totalement contredite par l’INSEE, est passée sous silence… Pas impressionné par la réalité des chiffres de l’INSEE ?
    Ah, après l’ultra libéralisme voilà l’ultra conservateur… laissez donc ce vocabulaire inadapté à Mélenchon et ses amis.
    Quant à « l’égalité nuit à la liberté » cela donnerait lieu a un débat intéressant et d’actualité. La seule chose que l’on pourrait dire pour simplifier c’est que les pays qui ont prôné cette égalité (sans bien sûr l’appliquer aux dirigeants) ont donné des régimes parmi les plus liberticides et honteux. ( rejoignant ainsi les pires dictatures…)

    • Pierre-Michel Vidal

      Ne me faites pas passer pour ce que je ne suis pas, merci d’avance.
      Un bon conseil aussi : mettez votre montre à l’heure et cessez de vous référez aux vieilles lunes de la guerre froide. Le libéralisme s’est imposé définitivement sur le socialisme réel il y a déjà un moment et c’est heureux car, comme vous le dites à juste titre, ce dernier était synonyme d’injustices, de violences, de domination inique et d’enrichissement de quelques uns. A part la Corée du Nord ou Cuba plus personne ne s’y réfère. La question est donc réglée et on peut critiquer les propositions de Macron sans être taxé de cryptocommunisme, comme dans les années cinquante. C’est le cas de 66% des français ce matin, selon Le Figaro, mais sans doute ce journal est-il encore trop à gauche pour vous…
      Par ailleurs les chiffres de l’INSEE cités hors contexte à tout bout de champ ne m’intéressent pas comme ne m’intéresse pas non plus d’avoir le dernier mot. Je m’en tiendrais donc là.

      • Juste un point pour clore ce débat, vous faites de l’information comme nos services publics de l’information cet à dire sournoisement tronquée pour dénigrer le pouvoir en place ( je voulais écrire sur ce sujet je ne sais si j’en aurai une envie suffisante…)
        Le sondage auquel vous faites allusion est un sondage le Figaro France Info et notre radio de gauche, (avant qu’elle ne soit en grève) disait la même chose que vous.
        Sauf que la question est : soutenez vous la grève du 5 ? On verra après 10 jours de grève ce que diront les sondages des français qui eux, travaillent vraiment.
        Mais surtout vous « oubliez » de citer la deuxième question du sondage : Souhaitez vous la fin des régimes spéciaux ?
        Et là les français répondent également à 66% OUI !!!
        Et que je sache cela est bien le but de Macron …
        Un peu d’objectivité…

  • Au delà de toute polémique idéologique sur la nécessité d’ augmenter le temps de travail ou pas, il sera nécessaire de réformer les retraites pour rétablir l’ égalité hommes/ femmes, mais également entre le public et le privé. Cela va de soi dans une société qui se veut démocratique.
    Mais comme un train peut en cacher un autre, le problème majeur à traiter compte tenu de l’ évolution des technologies ( Avec l’ arrivée de la voiture électrique les fabricants d’ automobiles s’ apprêtent à licencier des dizaines de milliers de travailleurs) sera celui de savoir qui à l’ avenir aura droit à un travail digne, ou qui n’ aura pas droit au travail.
    La réforme des retraites n’ est qu’ un avant goût du problème majeur de la question du droit au travail que les sociétés occidentales vont devoir affronter dans les prochaines décennies. La seule solution viable qui commence à poindre dans les pays nordiques sera le partage du temps travaillé entre la formation et le travail.
    Mais il faut reconnaître que cela à un coût énorme, ( Les Etats auront des choix déchirants à faire) maintenant reste à savoir si les partenaires sociaux sont prêts à s’ engager dans cette voie, mais surtout reste à savoir s’ ils sont décidés à faire des concessions et à voir la réalité en face, pour ne pas laisser un champ de ruine aux générations futures.
    Générations futures qui rigoleront bien, en apprenant les polémiques actuelles engendrées par la réforme des retraites.

  • Pierre-Michel Vidal

    C’est une réforme inutile, maladroite et convenue. L’idée de faire travailler plus (plus longtemps) voilà un point de vue purement idéologique contraire à l’intérêt général et au bon sens. Nous ne ferons qu’augmenter le nombre des chômeurs car le stock de travail se réduit c’est une tendance historique : au XIX ème siècle on travaillait 12 heures par jour, les quarante heures et les congés payés ont été octroyés en 1936. Avec la numérisation, le nombre de postes de travail a été réduit de manière drastique. De plus les « vieux » coûtent plus cher aux entreprises (avec l’ancienneté) et prennent la place d’une génération montante plus efficace. Une génération à laquelle nous devons faire toute sa place. C’est l’avenir de la Nation. Il faut cesser de la promener de CDD en CDD.
    Il y a d’autres modèles pour résoudre le problème des retraites -cf. l’Espagne- que cette orthodoxie ultra-libérale du gouvernement Macron, incapable de penser des solutions originales. L’urgence est d’abord sociale. A juste titre le MoDem réclamait il y a quelques jours l’organisation d’une conférence sociale. La direction du parti centriste souhaite éviter un bras de fer sans issue entre l’exécutif et les partenaires sociaux. C’est un objectif raisonnable.

    • « que cette orthodoxie ultra-libérale du gouvernement Macron, »
      Il est insupportable de parler sans arrêt de politique ultra libérale pour la France.
      A aucun moment la France n’a mené une politique libérale et encore moins ultra libérale.
      Dans une politique libérale, chacun pourvoit et constitue sa retraite par cotisation à des fonds de pensions, c’est la liberté qui prime.

      La France est recordman du monde des dépenses sociales comme le montre l OCDE :
      https://data.oecd.org/fr/socialexp/depenses-sociales.htm
      On dépense trois fois plus que la Corée deux fois plus que la Suisse ou les Pays Bas. Pourtant tout va bien en Corée, Suisse ou Pays Bas. La France est une république socialiste depuis des décennies !

      Quant aux retraites, personne ne peut défendre les régimes spéciaux qui sont honteux.
      Par ailleurs, la retraite par point existe pour les cadres depuis des décennies, le régime est excédentaire et personne ne s’en plaint.

      Parlons de l’Espagne,
      « Pour pouvoir partir à la retraite et recevoir la pension maximale, le salarié comme le non-salarié doit avoir cotisé au moins 15 années (dont au moins 2 dans les 15 dernières années), et atteint :

      65 ans et 8 mois en 2019 ;
      puis 2 mois de plus chaque année jusqu’à 2027, où l’âge de la retraite s’établira à 67 ans. »

      Voilà, il faut travailler jusqu’à 66 ans aujourd’hui et 67 en 2027. (La retraite en clair)

      Chiche, on demande à la CGT cheminots s’ils sont OK, ou aux fonctionnaires…

      Quant à l’initiative de Bayrou, c’est du blabla pour exister, du vent as usual.

      • Pierre-Michel Vidal

        Il n’y aura plus que des cacochymes au boulot et les jeunes se croiseront les bras aux assurances chômage. Beau programme!
        Quant à l’Espagne, je ne parle pas de celle d’hier mais celle de demain. Renseignez-vous ca va vous mettre en colère! Ils veulent taxer les banques… mais oui. C’est vrai il y a Bruxelles qui veille sur le libéralisme que nous n’avons pas encore le bonheur de connaître dans sa version la plus rigoureuse comme vous nous le suggérerez.

        • Age de départ à la retraite, la France se situe en première ligne de l’âge le plus bas !

          https://www.boursorama.com/patrimoine/actualites/retraite-l-age-de-depart-legal-en-europe-255b36969254540e2055315a831f7f82

          La majorité des pays d’Europe est à 65 ans avec tendance à l’augmentation…
          Et curieusement il n’y a qu’en France que cela pose problème. Les français, de gauche, un peuple pleurnichard !
          Allons plus loin vers l’Asie :

          Corée du Sud: 72,9 ans
          Colombie: 72,5 ans
          Mexique: 71,8 ans
          Japon: 70,6 ans
          Chili: 70,4 ans

          • Pierre-Michel Vidal

            Vous connaissez la Colombie ou le Mexique? Moi oui! Je vous les laisse ces pays aux populations misérables aux régimes minés par la corruption, dominés par des ultra-riches qui ne ruissellent pas.
            Choisissez mieux vos exemples cher ami… C’est toujours mieux chez les autres évidemment… surtout quand ils bavent encore plus. C’est l’idéologie judéo-chrétienne: il faut souffrir pour être sauvé. Ou mieux encore: l’égalité nuit à la liberté comme je l’ai entendu hier à l’Académie de Béarn. Je ne crois pas défendre un point de vue de gauche -qu’est-ce-que cela veut dire d’ailleurs aujourd’hui ? Sans doute vous pensez vous dans l’air du temps (comme Macron), en réalité vous êtes dans le camp bien connu des ultras conservateurs avec les mêmes arguments depuis les années cinquante. Ils n’ont pas remarqué une chose essentielle : le monde change.
            Au regard de cette réalité essentielle mais que vous ne pouvez saisir, votre avalanche de chiffres ne m’impressionne pas.
            Cela dit sans vouloir vous offenser car je suis pour le débat.

    • « C’est une réforme inutile, maladroite et convenue. L’idée de faire travailler plus (plus longtemps) voilà un point de vue purement idéologique contraire à l’intérêt général et au bon sens. Nous ne ferons qu’augmenter le nombre des chômeurs car le stock de travail se réduit c’est une tendance historique »

      Discours de gauche, mais contredit par l’INSEE sur le passé et sur ses prévisions …

      « Sur la dernière décennie, la population active âgée de 15 à 64 ans a augmenté de 1,0 million de personnes en France (hors Mayotte), principalement sous l’effet de la hausse du taux d’activité (+ 2,1 points). Cette hausse est avant tout portée par les seniors : entre 2007 et 2017, en France (hors Mayotte), le taux d’activité des 50-64 ans a augmenté de 9,8 points. La participation des seniors au marché du travail n’a cessé de croître depuis 2009, malgré la crise de 2008-2009. Cette hausse est imputable aux réformes des retraites successives et aux restrictions d’accès aux dispositifs de cessation anticipée d’activité. La hausse de l’activité est également due à une présence accrue des femmes sur le marché du travail : leur taux d’activité a progressé de 3,1 points en dix ans, en France (hors Mayotte) ; celui des hommes de 1,2 point.

      Selon le scénario central des projections de population active de l’Insee, le nombre d’actifs de 15 ans ou plus de France devrait progresser dans les prochaines décennies pour atteindre 31,2 millions en 2040 et 32,1 millions en 2070, soit un rythme moyen de 45 000 actifs supplémentaires par an entre 2015 et 2070. La part des 55 ans ou plus dans la population active devrait continuer d’augmenter, pour atteindre 23 % en 2070. Du fait du vieillissement de la population, le ratio rapportant le nombre d’actifs au nombre d’inactifs de plus de 60 ans devrait, quant à lui, diminuer pour passer de 1,9 en 2015 à 1,4 en 2070. »

      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676623?sommaire=3696937

  • Beaucoup de points discutables…
    « Dans un régime de retraite par répartition, on ne dispose que de deux paramètres : l’augmentation des cotisations des actifs et le nombre d’annuités pour une pension complète. »
    Bien évidemment il y en a un troisième : la diminution des pensions, et il est souvent utilisé (La Grèce est un exemple) souvent plus discrètement : non suivi de l’inflation.

    « Le gouvernement pourrait distinguer cependant entre des régimes spéciaux qui ne sont plus en mesure d’assurer à leurs adhérents des situations privilégiées et des régimes autonomes dont la pérennité n’est pas actuellement en péril. »
    Bien sûr que non !!!
    On pense aux avocats, profession inflationniste où il y a beaucoup de cotisants et peu de retraités… Mais la tendance va s’inverser et là ils viendront pleurnicher …
    Les régimes communautaires sont à bannir absolument. Si non pourquoi les informaticiens ne feraient ils pas leur régime avec beaucoup de cotisants et aucun retraités …
    Et les choses changent, les commerçants ont toujours minimisé les cotisations, ils disaient ; on vendra notre fond de commerce cela nous fera la retraite…sauf qu’aujourd’hui cela n’a plus aucune valeur…
    Et bien d’autres exemples…

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