Encombrements

Il m’arrive parfois, pris dans un embouteillage sur la rocade paloise, de rêvasser et de penser aux millions, voire plus encore, de véhicules qui constituent, au même moment, d’autres encombrements dans les mégapoles, métropoles et autres villes d’importance, sur la surface de notre pauvre terre. L’autre jour, la nuit était déjà tombée et la pluie redoublait d’intensité quand arrêté à la hauteur de l’hôtel Méridien, je me suis refait la remarque. Sont revenues à ma mémoire les images culte des séries américaines qui nous donnent à voir la vie nocturne des villes de l’Est américain, traversées par une ribambelle de routes, d’autoroutes, d’échangeurs autoroutiers sur lesquels de longs rubans de scintillements figurent des milliers de voitures à l’arrêt ou en mouvement.

Il y a une poésie de la ville, et quoi qu’on fasse, elle s’impose à nous. Immobilisé, un peu plus loin, près du rond-point d’Idron, je songeais à tous ses véhicules qui s’accumulent primitivement sur les rocades, périphériques et autres routes nationales contribuant, comme nous le savons tous, au réchauffement climatique. C’est une banalité de le dire, ce jour. Je me suis dit aussi « Comment les gouvernements d’ici et d’ailleurs, aussi loin que portait mon humble pensée, pourront-ils endiguer ce phénomène ? » Or, les pays que l’on disait naguère, avec condescendance toute occidentale, sous-développés, imitent désormais les comportements consuméristes de leurs anciens colonisateurs dont ils se sont plus ou moins libérés.

Voyez la Chine, cette nation dont la population se chiffre en milliards. On y voit des embouteillages monstres qui n’ont rien à envier à ceux qui sévissent aux États-Unis ou au Japon. Oui, je me le demande. Comment vont-ils faire nos gouvernants, quand je constate la multiplication des SUV polluants, encouragés par d’incroyables campagnes publicitaires ? Ces questions me donnent le vertige. Au fond, ai-je pensé, en ralliant enfin mon domicile, nous sommes tous des pollueurs désenchantés et nostalgiques. Il est loin le temps où nous étions ignorants et avions l’impression d’être libres dans nos automobiles…

Emmanuel Valenti

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