Nouvelle année

Aux premiers instants d’une année nouvelle, on se dit qu’elle pourrait être comme toutes celles qui l’ont précédée. C’est ainsi, le pessimiste va bon train. Certes, nous avons quelques raisons de nous réjouir. Il faut malgré tout bien les chercher pour les trouver au fond du cellier de nos espoirs et de nos inquiétudes. Une naissance. Un amour qui se mourait et qui renaît, une réussite professionnelle ou artistique inespérée. Que sais-je encore ? La liste des bontés que la vie nous octroie serait trop longue, tant l’humanité a de vivacité pour affronter les tempêtes qui se forment chaque jour sous nos yeux apeurés.

Ce matin, 1er janvier 2020, le soleil d’un hiver qui n’en est pas vraiment un — enfin comme je l’ai connu naguère, le dernier en date celui de 1985 —, me contait le bouleversement climatique qui semble ne pas gêner outre mesure nos compatriotes. Les plus optimistes prétendent que la terre a connue jadis, quand ils n’étaient pas encore nés, les mêmes phénomènes climatiques et qu’après tout elle s’en est bien tirée. « Voyez plutôt ! », disent-ils. D’autres, les experts du G.I.E.C, dont j’ai lu le rapport « Prévoir pour agir » (1) pour l’Aquitaine — il date me direz-vous de 2013 — sont bien plus alarmants que tous les rêves éveillés de nos climato-sceptiques. Et Dieu sait si Hervé Le Treut, son rapporteur, est d’une prudence de Sioux dans ses conclusions.

Oui, nous sommes au premier jour d’une année qui nous surprendra comme toutes les autres. J’espère que nous n’aurons à déplorer l’horreur djihadiste de 2015 que je ne pourrai jamais oublier. Terrorisme islamiste, ce nouveau fascisme qui ne dit pas son nom, qui n’a jamais cessé et qui ne cessera pas de sitôt. Le 7 janvier prochain nous penserons à tous ceux qui sont morts sous les balles des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Il faut lire, pour ce faire, Le Lambeau (2), de Philippe Lançon, pour saisir jusqu’au plus profond de notre être, ce que terreur et traumatisme veulent dire ; lire aussi, « Leur Vie après « Charlie », l’excellent article de Philippe Marteau, publié par « Le Monde » (3). Nous ne sommes pas encore cernés, comme les milliers de vacanciers, par les flammes des incendies dantesques qui ravagent l’Australie. Nous sommes simplement alertés des catastrophes qui finiront un jour ou l’autre par nous tomber dessus. Encore faut-il que l’on s’en convainque. Mes meilleurs vœux à vous tous, comme on dit ici « Bona Annada ».

Emmanuel Valenti

1. « Prévoir et agir, La Région Aquitaine anticipe le changement climatique, Rapport scientifique coordonné par Hervé Le Treut, Presses Universitaires de Bordeaux, 2013.

2. Philippe Lançon, Le Lambeau, éd. Gallimard, Prix Fémina 2018.

3. Le Monde, 27-12-2019.

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