Pau, à deux mois des municipales

À la date du 15 janvier 2020, nous ne serons plus qu’à deux mois de l’élection municipale. Pourtant alors que les différentes formations devraient avoir fait connaître leur intention, François Bayrou reste taiseux sur sa candidature. Candidature dont nul ne doute en vérité. Pourtant ce silence est éloquent.

Un oxymore qui laisse entendre (oui le silence peut laisser entendre) que cette attitude est mûrement réfléchie. Comment mieux attirer l’attention sur sa personne qu’en adoptant une attitude mystérieuse. Ça marche puisque je suis parmi ceux qui tombent dans le piège. Il existe cependant certains éléments qui laissent penser que le maire sortant a décidé de ne pas trop s’investir dans une campagne qui va le confronter aux autres candidats. Au point, selon ce qui m’a été rapporté, que les actuels conseillers municipaux appartenant à la majorité actuelle, n’ont pas eux-mêmes, été informés des intentions de leur leader.

Certains, comme Olivier Dartigolle, proche de la liste Blanco, pressent Bayrou d’afficher ses intentions. Ils sont, c’est évident, impatients d’en découdre. Ils souhaitent que le débat ait lieu. Il est fort probable que la majorité des électeurs soit dans la même attente. Dans la réalité les challengers attendent que le sortant présente un bilan pour rebondir et baser leurs critiques sur des données établies. Le débat c’est vrai, doit avoir lieu et rester dans le silence pourrait signifier une certaine crainte de se confronter aux critiques.

Pourtant si l’on regarde le comportement du sortant lors du conseil municipal du 20 décembre 2019, le doute n’est pas permis. Outre le fait qu’il a beaucoup insisté sur un bilan chiffré qu’il déclare bien meilleur que celui de ses prédécesseurs, il ne cesse d’affirmer qu’il a transformé la ville. Une sorte d’autosatisfaction à laquelle les politiques quels qu’ils soient et quelles que soient les circonstances, nous ont habitués. C’est de bonne guerre. Son attitude pourrait être qualifiée de souveraine, il va même jusqu’à donner des leçons de grammaire, de sémantique et même de géographie à ceux qui lui apportent la contradiction. Ah, les donneurs de leçon !

Parce qu’il n’est pas interdit de se placer dans la provocation, je lancer ici un bouteillon*. Mon raisonnement tient à l’actualité. Le premier ministre, Édouard Philippe, est en première ligne dans une négociation qui s’éternise sur la réforme des retraites. Non seulement il s’use dans un projet de loi contesté par les syndicats, mais encore il est soumis à la pression du président de la République. Se pose alors la question de savoir comment durer dans des circonstances aussi difficiles. Partons de l’idée qu’il sera remercié dès qu’une porte de sortie sera trouvée à ce projet de réforme. Et là, comme il faudra bien remplacer celui qui aura servi de fusible, Emmanuel Macron fera appel à François Bayrou. Le maire de Pau s’est toujours glorifié d’être celui qui parle à l’oreille du président et d’avoir sa confiance. Alors pourquoi pas François Bayrou, premier ministre. Là se trouverait donc l’explication à son silence tenace…

Bon soyons sérieux, à deux mois de l’élection municipale le climat est calme à Pau et nous ne sommes pas encore entrés dans le dur, dans le vif du sujet. Soyons patients.

Pau, le 13 janvier 2020

par Joël Braud

*Bouteillon : mot français qui pourrait être traduit en anglais par fake news. D’ailleurs ce serait bien que cet anglicisme soit remplacé par ce mot français.

Crédit photo : La République des Pyrénées, Jean-Philippe Gionnet.

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2 commentaires

  •  » Soyons patients. »
    Et non ! C’est sur cette stratégie du non débat qu’il faut s’indigner.
    Bayrou ne veut pas une campagne longue qui donnerait de la profondeur et de la réalité au débat. En bon conteur démagogue il sortira ses histoires de Fée Bus (totalement inutile si la seconde ligne prévue depuis 2003 n’est pas construite) de Musée réhabilité de nouvelles salles de spectacles, etc.. Les palois endormis qui ne comprennent rien à la gestion d’une ville seront satisfait par cette « décoration » et voteront …
    Et que dire des « opposants » a commencer par LR et ceux qui sont en alliance avec Bayrou ? de gentils toutous qui attendent leur gamelle ?
    Et ces opposants de gauche?
    Où est une analyse critique de cette mandature appuyée sur les chiffres, les évolutions de la dette, et tout cela au périmètre de l’agglo qui finance la majorité des travaux pour la ville ?
    Attention, les jeux du cirque qui endormaient les citoyens vont mal, Basket et Section au fond du trou…il va falloir trouver autre chose…
    Bonne nuit.

    • « Les palois endormis qui ne comprennent rien à la gestion d’une ville »

      Il n’y a pas que les palois et… surtout pas tous !

      Les personnes sont prises par le quotidien (Contraintes et rythmes de travail…) et le désintérêt croissant des Français pour la chose publique est une évidence, même dans les petites communes : c’est un constat depuis très longtemps, d’autant plus que les jeunes sont plutôt enclins à l’abstention qui est une forme de désaccord avec le monde politique : déception et crise et/ou manque de confiance dans l’actuel système démocratique, désillusions après des élections nationales ont fait le reste…. même si outre boycott et manifestations, l’engagement en tant que bénévole semble plus attirer les jeunes.

      J’ai pu m’apercevoir de ce désintérêt pour la « chose économique et politique », lors des forums citoyens à la mairie de Pau : au début (lorsque j’ai voulu observer et écouter ce qui se disait…), il y avait beaucoup de personnes (entre 20 et 30 personnes) et depuis, cela oscillait entre 3 et 10 personnes maximum qui n’intervenaient parfois, que pour évoquer presque comme d’hab, leur sphère privée (Exemples : ambiance « pipi-caca des chiens en face de chez eux sur le trottoir », demande de déplacement de containers de poubelles placés trop près de leur habitation et ce, à cause du bruit provoqué lorsque ce n’est pas des demandes d’aménagements de la voirie qui demandent des budgets plus où moins importants et parfois non justifiés : il y a d’autres perles sur les vœux exprimés par certains habitants dont certains qui s’expriment ainsi, ne paient pas d’impôts locaux, ET lorsqu’en plus, ils sont tout simplement exempté de l’impôt sur le revenu…).

      Lors de réunions d’informations sur le BHNS (2012-2013), à part 2 ou 3 réunions décentralisées (hors site de la mairie de Pau), peu ou très peu de personnes dans la salle du conseil municipal de l’Hôtel de ville : je peux en parler facilement, ayant assisté à la quasi-totalité de ces réunions d’information sur ce qui est depuis, devenu le projet « Fébus »…

      Pour info. et/ou rappel, voir svp dans « Les rubriques d’A@P > Grands projets > BHNS (Bus à Haut Niveau de Services) » , l’article suivant :
      « Bus-Tram : Information plutôt que consultation ! » (Publié le lundi 2 avril 2012).
      URL : https://www.alternatives-paloises.com/article.php3%3Fid_article=5779.html
      Pour le « fun », n’hésitez pas à consulter les commentaires qui suivent cet article… 😉 😉 😉
      Extrait de la fin de l’article : « Le projet de Bus-Tram va bouleverser beaucoup, beaucoup de choses à Pau. Il est dommage que, lors de sa présentation « officielle », si peu de monde était présent. Compté 129 personnes au-bas de l’auditorium dont bon nombre d’élus proches de MLC et de fonctionnaires de la ville. Absence remarquée des oppositions paloises. « Une démocratie endormie pour une ville apaisée » !

      Municipales 2020 à Pau (lu sur quelques tracts distribués par peu de candidats à ce jour) : engagements et/ou promesses diverses sont pour le moment des généralités et du bla-bla pour signaler principalement leur candidature à la mairie.
      Gageons que pour les différents candidats, la prise en compte des événements climatiques deviendra un engagement auquel ils ne peuvent faire abstraction et donc quasi-obligatoire dans leurs propositions : faut bien « verdir » le programme… 😉 😉 😉

      Nota : voir une bonne initiative du quotidien régional « La République des Pyrénées » (Pau & Agglo : page 9) , via l’article suivant :
      « Pau : Qu’attendez-vous du futur maire pour votre quartier ? Venez échanger avec nous » (Par M.B, publié le 17 janvier 2020 à 9h33) = exercice à suivre…
      Nul doute que les candidats à la mairie de Pau ou leurs représentants seront présents à ces réunions.
      URL : https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2020/01/17/qu-attendez-vous-du-futur-maire-pour-votre-quartier-venez-échanger-avec-nous,2650670.php

      Malgré les éventuelles réserves que chacun peut émettre, à mon humble avis et outre la prime au sortant, la voie est royale pour la réélection de l’actuel maire de Pau…
      Nous n’avons plus qu’à attendre, la liste des colistiers de chaque candidat ainsi que leur programme si possible détaillé et… chiffré (Ex : budgétisation des coûts engendrés de l’ensemble des mesures proposées et éventuellement des mesures d’économies proposées !).

      Au milieu des contestations récentes, les Français semblent souhaiter une démocratie participative (?!?), qu’on leur redonne la parole et plus de dialogue (Ex : débat public via les nouveaux outils numériques) malgré le discrédit des responsables politiques, heureusement pas tous !
      Par ailleurs, ils sont abreuvés de sondages permanents par les médias, les réseaux sociaux (et leur « fake news »…), sondages d’opinion qui finissent parfois, par susciter leur méfiance (Ex : risques de manipulation de l’opinion publique…).

      En guise de conclusion (provisoire ?), p’tit retour via un extrait du site web « Lumni » :
      « Un désintérêt relatif pour la chose publique, l’une des dérives de la démocratie selon Tocqueville »
      « Le rapport des citoyens à la politique : L’une des dérives possibles de la société démocratique réside pour Tocqueville dans l’indifférence des individus pour la matière politique et civique, chacun ne s’occupant que de sa sphère privée. On assiste effectivement à une perte de confiance des électeurs dans les élus et la chose politique. »
      URL : https://www.lumni.fr/article/un-desinteret-relatif-pour-la-chose-publique-l-une-des-derives-de-la-democratie-selon-tocqueville

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