Davos, Australie, retraites..mêmes combats.

4.1
(23)

Deux conceptions de la vie s’affrontent : celle de l’homme-machine (à sous) et celle de l’homme complexe, partie incarnée et interconnectée d’une Nature incertaine dont il dépend entièrement.

Pour le capitalisme mondialisé, l’Homme n’est pas le but, il est le problème car il en a de moins en moins besoin ; par ses réactions souvent violentes actuellement, il devient un empêcheur de spéculer, faire du business et s’enrichir en rond.

Jusqu’à présent, dans beaucoup de pays où la démocratie est effective, la majorité qui sort des urnes a toujours raison ; elle en reste détentrice incontournable pendant toute la durée de la mandature. Bien que la moins mauvaise des institutions, on constate qu’elle est contestée de plus en plus actuellement car cette majorité est sous l’emprise des prédateurs financiers mondiaux qui obligent les dirigeants à les satisfaire en refusant toute intervention participative de la part des citoyens.

«La démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner.» (origine incertaine)

Le développement des réseaux sociaux, les échanges mondiaux, les moyens d’information et d’action, les connaissances acquises, le constat que la soumission à ces prédateurs est la seule issue possible pour les agneaux, montrent que si la majorité quantitative a toujours raison, la raison a bien rarement la majorité quantitative aux élections ; le qualitatif monte en flèche dans les esprits mais, hélas, il n’est pas mesurable ! Déjà Churchill avait émis des réserves sur le pouvoir de la majorité parlementaire ;

« La démocratie n’est pas un lieu où on obtient un mandat déterminé sur des promesses, puis où on en fait ce qu’on veut. Nous estimons qu’il devrait y avoir une relation constante entre les dirigeants et le peuple. (…) Démocratie, (…) ne signifie pas « Nous avons notre majorité, peu importe comment, et nous avons notre bail pour cinq ans, qu’allons-nous donc en faire ? ». Cela n’est pas la démocratie, c’est seulement du petit baratin partisan, qui ne va pas jusqu’à la masse des habitants de ce pays. (…)»

Actuellement, c’est le cas ; on se fait élire sur des promesses polysémiques du type liberté, réforme, régimes spéciaux, équilibre budgétaire, développement durable…., universel.., aménagement du territoire.., des mots où on peut tout mettre !

Derrière ce «flou» se cache les deux loups ; ils se manifestent au gouvernement et chez ses partisans, en France comme en Australie, par exemple :

«Il est bon que des voix se fassent entendre (celle des agneaux) en dehors des assemblées parlementaires, elles sont utiles à la réflexion du législateur, mais leur action ne peut pas empêcher le fonctionnement naturel des institutions.» sur A@P.

Peter Dutton, ministre de l’intérieur australien fait de même, dénonçant des militants de la cause climatique « complètement contre notre mode de vie » et dont «la plupart ne croient même pas en la démocratie », suggérant aussi de leur faire payer la facture des déploiements de force de l’ordre qu’ils occasionnent».

En France et dans beaucoup de pays développés, on assiste à des mouvements nombreux, calmes ou violents, légaux ou illégaux.

Ont-ils des points communs ? Peuvent-ils être justifiés ?

Si, dans la très grande majorité des cas, les institutions doivent être respectées, il en existe où elles doivent être contestées, même violemment,

c’est quand la vie des personnes, de la descendance, de l’humanité, est en grand danger.

Dans ce cas, le droit d’indignation n’est plus d’actualité mais celui de :

+ résistance qui est inscrit dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen : «le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et

la résistance à l’oppression.»

Le capitalisme mondialisé sous toutes ses formes s’est imposé depuis plusieurs décennies ; il a plongé l’humanité dans une profonde crise multidimensionnelle : financière, économique, climatique, alimentaire et énergétique, sans oublier la course à l’armement et les guerres. Créateur d’inégalités, destructeur de protection sociale, pilleur des ressources naturelles, générateur de pollution, de maladies, de dépendance à la surconsommation… En ce moment l’extension rapide du dangereux corona virus est un exemple de cette retombée ; les dépenses pour la recherche, la lutte… sont colossales ! La grippe aviaire est de retour en Europe (Pologne). L’objectif est d’affaiblir l’Etat et de laisser la place à la liberté des marchés. Destructeur d’emplois alors que le droit au travail est l’un des droits de l’homme proclamé à l’article 23 de la Déclaration des Nations unies de 1948 : «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.» Individualisme, quantité et non qualité, rentabilité, concurrence, pouvoir, puissance, d’un côté, exclusion, pauvreté de l’autre.

Les mouvements sociaux actuels, comme pour l’hôpital, et la réforme des retraites, sont la goutte qui a fait déborder le vase ; ils sont le résultat de l’application de cette politique imposée par l’Europe et le monde des affaires économiques et politiques.

Les profits sont privatisés alors que les pertes sont mutualisées.

Toutes les réformes réalisées depuis plusieurs mandatures ont consisté à freiner les revenus du travail (travailleurs pauvres) en augmentant bien plus ceux du capital, de la spéculation, créant exclusion et pauvreté,… en arguant la nécessité de l’équilibre d’un budget de plus en plus restreint, celui imposé par «les loups» pour pouvoir encore continuer à manger des agneaux ! Plus les salaires sont bas plus l’attractivité pour les capitaux étrangers est grande ainsi la «bonne nouvelle» annoncée par le pouvoir est :

« CocaCola va investir 1 milliard d’euros en France sur cinq ans !!

Quelle aubaine, la boisson écologique par excellence !

Des entreprises étrangères investissent en France pour profiter des avantages et délocalisent ensuite quand la rentabilité nouvelle est ailleurs. Les exemples ne manquent pas, les salariés sur le carreau aussi !

+La désobéissance, civile et civique, se veut non violente et se traduit par le refus de respecter la loi au nom de sa conscience et de l’éthique ; elle est et a été largement appliquée au cours de l’histoire : de Greta Thunberg qui prône la grève des cours dans les écoles à Gandhi, Luther King…; il s’intercale un grand nombre d’actions définies un temps comme illégales et devenues légales sous la pression de minorités opprimées. Extinction Rébellion prend actuellement une ampleur internationale.

Un autre exemple illustre la main-mise de la politique capitaliste mondiale sur la France, c’est le recul, les tergiversations, les créations de structures de réflexion populaire avec les 150 personnes tirées au sort qui doivent faire des propositions avec leur financement, pour lutter contre le réchauffement climatique (alors que tout est programmé par le Giec). C’est le piège car il est absolument impossible de financer, dans le cadre de la politique économique actuelle, des mesures de véritable transition écologique ! Il en ressortira des broutilles que l’on brandira bien haut en glorifiant la vertu écologique du grand initiateur.

Quittons la France, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le chef du gouvernement australien, Scott Morrison, chrétien évangélique, membre du parti libéral, vainqueur des élections législatives de mai 2019, soutien indéfectible des producteurs de charbon, est catégorique ; il a directement visé les mouvements protestataires comme «Extinction Rébellion». «Le droit de manifester n’implique pas qu’il y ait un permis illimité de perturber la vie des gens et de manquer de respect aux concitoyens australiens ».

Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Australie arrivait, en 2016, en deuxième position des pires pollueurs de la planète. Les australiens et leur pays vivent actuellement un drame irréparable en vies humaines, paysages, biodiversité, que les institutions officielles ont provoqué : le taux de particules fines dans l’air, mesurable à des centaines de km des feux, explosent, Copernicus a enregistré des niveaux de monoxyde de carbone venant d’Australie les plus élevés du monde, au-dessus de l’océan pacifique, 400 millions de tonnes de CO2 émises, un milliard de milliards d’animaux seraient morts si l’on tient compte notamment des arthropodes et les vers ; toute la chaîne alimentaire locale est perturbée et peut devenir non résiliente.

La sénatrice écologiste Mehreen Faruqi s’en est durement prise au chef du gouvernement. «Scott Morrison et son gouvernement sont lâches. Ils sont malhonnêtes. Ils sont complètement incompétents. Ils se sont comportés comme des criminels du climat», a-t-elle déploré.»

La solution pour ces évangélistes, un peu en retard sur les connaissances actuelles (!), ne pourra venir que des prières.

Dans ce pays comme aux USA…, ce respect du fonctionnement normal des institutions, ne fait que renforcer l’accusation de non assistance à humanité en danger et celle de crime contre l’humanité. Toute opposition frontale est justifiée.

Qui menace réellement les conditions de vie des australiens ?

Est-ce vraiment la lutte du pot de fer contre le pot de terre ? De moins en moins. Le choc des deux mondes, ancien et moderne, se joue en ce moment, à Davos ; il montre la prise de conscience grandissante de nombreux Etats et la volonté des peuples de se révolter. Toute l’histoire évolutive, de la vie biologique et culturelle, est marquée par le rôle déterminant des minorités dans la réalisation des véritables transformations adaptatives ; la majorité a toujours été conservatrice et créatrice de sa propre destruction ; c’est le cas du capitalisme mondialisé actuel générateur d’oppression des populations et destructeur d’humanisme et d’humanité.

Signé Georges Vallet

crédits photos : http://lesbeauxproverbes.com/2017/01/09/tout-ce-que-largent-ne-peut-pas-acheter

Australie : l’effondrement au bout du monde

https://blogs.mediapart.fr › climat-social › blog › australie-l-effondrement-..

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