L’humour de de Gaulle

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Pour sortir de cette ornière dans laquelle nous maintient depuis quelques jours une situation bien contraignante, je vous propose, non pas une réflexion sur l’actualité mais une sorte de dérivatif. J’ai retrouvé dans mes archives un petit livre intitulé « De Gaulle traits d’esprit choisis par Marcel Jullian » (édition du cherche midi, 2000). Le grand homme avait donc un humour insoupçonné, en voici quelques exemples.

De Gaulle et les femmes :

1919 ; Aux jeunes officiers français, l’occupation de l’Allemagne offrit plus de sourires que de grimaces. Le séduisant capitaine de Gaulle fréquentait les salons de la meilleure société et n’était pas le dernier à en tirer un agréable parti. Dans une lettre à un ami, resté en France, il confiait : « Dur au combat, le Français est aussi galant avec les femmes. Ces deux comportements ont d’ailleurs un même objectif : la défaite de l’autre… »

Au début des années 60, un visiteur raconte les exubérances d’une résistante célèbre devenue l’une des pasionaria du gaullisme. Le Général commente. « Oui, elle est un peu fofolle… Sa passion pour moi est néanmoins des plus flatteuses… Pour elle, je suis le Christ, et elle se veut ma religieuse portugaise… Toutes proportions gardées bien sûr… Je me demande si, quand elle passe place de la Concorde, et qu’elle regarde l’obélisque, elle ne pense pas à moi avec des émois d’entrailles… »

Comment avez-vous trouvé Mme Kennedy ? « Extrêmement bien habillée. »

De Gaulle et la presse :

« Recevoir un grand nombre de journalistes est un plaisir. Un petit nombre : un ennui. Un seul : un supplice. »

Un ministre se plaint des commentaires de la presse. « Quand on est ministre, on ne se plaint pas des journaux. On ne les lit même pas. On les écrit. »

De Gaulle et le progrès :

A un membre du gouvernement qui insiste sur la nécessité de favoriser l’émergence d’un corps de chercheurs de hauts niveau. « Des chercheurs, on en trouve ! C’est des « trouveurs » que je cherche .»

De Gaulle et la mort.

« Je souhaite que mes obsèques soient réduites au strict minimum ». Qu’entendez-vous par « strict minimum », mon Général ? « Moi .»

De Gaulle et les partis.

« La droite ignore ce qu’est la nécessité de la générosité et la gauche refuse la nécessité de la puissance . »

Octobre 1962. « Les partis : des organisations professionnelles pour la conquête des places. »

De Gaulle et la France.

« En France, la gauche trahit l’État et la droite trahit la Nation. »

« Tout Français désire bénéficier d’un ou de plusieurs privilèges. C’est sa façon d’affirmer sa passion pour l’égalité. »

« C’est curieux, cette attirance que les Français ont pour l’étranger ! Tous les soirs, la radio me parle de l’avenue du Président-Kennedy. Il n’y a pas d’avenue Clemenceau, ni à Washington ni à Londres, que je sache. »

De Gaulle parlant de lui-même.

« Enfant, j’aimais jouer à la guerre. Mes frères et moi partagions nos soldats de plomb. Xavier avait l’Italie. Pierre l’Allemagne. Eh bien, moi, messieurs… j’avais toujours la France ! »

On pourrait ainsi multiplier le nombre de ces citations recueillies en dehors des moments de représentation auxquels le Général de Gaulle devait se soumettre. Elles sont là pour donner une autre dimension à une personnalité hors du commun. Avec l’espoir que les nouvelles générations puissent trouver là des éléments de réflexion sur « l’homme du 18 juin. »

Pau, le 30 mars 2020

par Joël Braud

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3 commentaires

  • Michel LACANETTE.

    « Tout Français désire bénéficier d’un ou de plusieurs privilèges. C’est sa façon d’affirmer sa passion pour l’égalité » . Propos plus que d’ actualité avec ce qui se passe actuellement pour les régimes spéciaux de retraite que tout le monde critique, mais que personne ne veut voir disparaître. Le Général deGaulle avait une certaine vision des Français qui n’ était pas plaisante, mais tellement vraie.

  • Pierre-Michel Vidal

    De Gaulle nous manque c’est sur! Il avait opté pour la Nation on y revient. Il se méfiait de la construction européenne même s’il n’y était pas hostile. Après l’avoir idolâtré en on voit ses carences aujourd’hui. Il avait su faire l’unité nationale en incluant des ministres communistes dans son gouvernement à la Libération. On réclame à nouveau cette unité mais quels sont les gestes d’apaisement vers les syndicats notamment ? Sa parole était respectée, est-ce le cas aujourd’hui ? Il avait su faire front seul contre tous, notre exécutif s’est couché devant les politiciens professionnels en imposant les élections municipales.
    Il nous manque mais il nous a appris à avoir les bons reflexes : serrer les rangs en périodes difficiles.
    Il ne manquait pas d’humour ce qui ne gâte rien.

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