Coronavirus et surpopulation planétaire

Il est surprenant que personne ne fasse état de la relation entre ce qui se passe chez les humains en tant qu’espèce biologique et les autres organismes vivants tels les poules, les vaches ou les porcs élevés en batterie, ou les cultures intensives de fruitiers tels les vergers de pommiers, de cerisiers, les forêts monovariétales, etc.

Les élevages et cultures industriels ont tous une caractéristique commune : la concentration d’un très grand nombre d’individus de la même espèce biologique, animale ou végétale, en des espaces restreints.

C’est ce qui induit l’émergence récurrente de maladies nombreuses dans ces populations fortement concentrées, et donc la nécessité de multiplier les traitements fongicides, bactéricides, antiviraux, vitaminiques, hormonaux … afin de les protéger.

Digression : prenez un ballon de culture en verre, remplissez-le d’un milieu nutritif et ensemencez-le d’une seule cellule de levure.

Il ne faut que quelques semaines pour que cette cellule produise une biomasse équivalente au poids de notre planète, parce qu’il ne lui faut que 3 heures pour se multiplier par deux, etc…

Mais ça n’arrivera pas, car en se multipliant, d’une part la levure épuise son milieu, et d’autre part excrète dans son milieu de vie, des métabolites qui lui sont toxiques.

Ainsi la colonie de levures s’auto-détruit. Le ballon de culture est rond comme l’est la Terre ; le ballon, milieu de vie, est fermé et limité comme l’est aussi…

L’espèce humaine : des faits et des données chiffrées :

·         Selon wikipedia, l’espèce humaine est estimée à 7,55 milliards au 1er juillet 2017 (source : l’Organisation des Nations unies) alors qu’elle était estimée à 7 milliards au 31 octobre 2011, à 6,1 milliards en 2000, entre 1,55 et 1,76 milliard en 1900, entre 0,813 et 1,125 milliard en 1800 et de 600 à 679 millions d’habitants vers 1700.

L’on peut ajouter à cette croissance de la population mondiale, que les projections sont de 9,7 milliards en 2050, et entre 11 et 15 milliards en 2100 (ONU).

·         A cette croissance de la population s’ajoute la concentration des populations sur les grands sites urbains : plus de la moitié des habitants de la planète vivent dans des villes dont la taille ne cesse d’augmenter.

Voici les 30 plus grandes villes du monde en 2020:

  • Tokyo : 37 millions.
  • Delhi : 30 millions.
  • Shanghai : 27 millions.
  • São Paulo : 22 millions.
  • Ciudad de Mexico : 22 millions.
  • Dhaka : 21 millions.
  • Le Caire : 21 millions.
  • Pékin : 20 millions.
  • Wuhan : plus de 10 millions.

Ainsi, 210 millions de personnes vivent dans 9 villes seulement.

Evidences biologiques :

Ce qui représente la plus grande menace pour l’espèce humaine, c’est évidemment d’une part l’épuisement de certaines des ressources naturelles actuelles, d’autre part l’amplification des rejets de l’espèce dans son milieu de vie ; ce ne sont là, cependant, que des conséquences.

La première cause fondamentale, notre problème majeur, c’est l’absence de contrôle de la natalité sur notre Terre. Et personne n’a le pouvoir politique de solutionner ce dramatique sujet.

La sur-concentration de l’espèce humaine sur les sites urbains (même s’ils répondent au modèle des normes d’hygiène occidentales), est en soi source d’épidémies. Cette seconde cause fondamentale de nos déboires, est politiquement contrôlable, quant à elle.

La crise créée par l’épidémie de CONAVIRUS n’est qu’une étape supplémentaire, dans ce processus biologique d’épidémies à répétition, déjà amorcé antérieurement par les crises SRAS et EBOLA.

Il y aura une fin pour la crise présente, mais d’autres prendront le relais jusqu’à ce que nous sachions résoudre la question de la surpopulation du milieu limité qu’est la planète Terre, et empêcher les concentrations démesurées en milieux urbains.

Jusqu’à présent, nous nous sommes pris pour des dieux insouciants et invulnérables, oubliant bien légèrement notre nature fondamentale d’êtres biologiques.

Le mardi 31 mars 2020

Jean-Pierre.

Microbiologiste, biochimiste et maître-brasseur.

Source documentaire wikipedia ;

hérodote : https://www.herodote.net/La_population_mondiale_depuis_les_origines-synthese-2064.php

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5 commentaires

  • Les propos de Jean-Pierre sont entièrement partagés et les craintes aussi:
    «9 milliards d’êtres humains en 2050, 11 milliards d’ici 2100 : les chiffres des Nations Unies indiquent une claire augmentation de la population mondiale au cours des prochaines décennies, portée notamment par une explosion démographique jugée interminable en Afrique. 5 févr. 2019»

    Je me permets d’intervenir pour analyser le problème et proposer des pistes de réflexion et d’action.

    C’est un sujet complexe car il est certain que dans le mode de vie actuel basé sur le gaspillage, les inégalités, la concentration urbaine, la consommation déraisonnée de viande, la destruction environnementale (forêts entre autres), la pollution, le constat que la démographie augmente est une calamité et un réel drame pour l’avenir.

    Faut-il s’attaquer directement à la hausse de la natalité ou à la politique qui la favorise?

    Dans la nature, quand les conditions sont très difficiles, la réaction spécifique est de se reproduire beaucoup plus. Un arbre en grosse difficulté environnementale va fleurir intensément pour assurer la survie d’au moins quelques descendants.

    La stratégie des espèces r et K(Mac Arthur et Wilson 1967), illustre bien le problème.
    La stratégie r (r comme rating), est utilisée par les êtres vivants évoluant dans un milieu incertain aux risques élevés. La structure et la physiologie sont assez simples, peu sophistiquées, la maturité sexuelle précoce, la reproduction rapide et abondante; le fort taux de croissance est compensé par une très grande mortalité adulte. Ces espèces ont été les premières à se développer sur terre: bactéries, invertébrés, vertébrés inférieurs comme les poissons et les batraciens.
    La stratégie K (K comme carrying capacity) est celle des êtres vivants évoluant dans des milieux aux risques faibles, aux ressources abondantes. Ils ont les caractéristiques suivantes : fécondité faible, fort investissement parental, cycle de vie long, maturité sexuelle tardive, très forte capacité de compétition. Les stratégies K se rencontrent chez des espèces à structure et physiologie très évoluées, vivant dans des milieux relativement stables et des communautés écologiques complexes: milieux marins, forêts tropicales, régions tempérées chaudes. Les derniers grands singes: chimpanzés, gorilles, orangs-outans, et les hommes, ont survécu dans la compétition grâce à des adaptations socio-comportementales où domine le relationnel. Ce sont les oiseaux, les mammifères. Les baleines, les dauphins, les éléphants, les grands singes et les hommes sont même désignés espèces «super K»

    Actuellement, c’est dans les pays instables pauvres, à l’avenir incertain, que la démographie augmente le plus. C’est le cas surtout en Afrique.
    Dans les pays riches au contraire, encore relativement stables, confortables, la démographie baisse.
    La pollution par les perturbateurs endocriniens favorise d’ailleurs la baisse de la production quantitative et qualitative du sperme. Elle est constante dans les pays occidentaux. Selon des chercheurs, l’espèce humaine pourrait être en danger d’extinction.»

    Reproduction : la qualité du sperme est en baisse constante
    http://www.pourquoidocteur.fr › Question d’actu

    Le tabagisme, le stress, et de nombreux autres paramètres sont à prendre en compte aussi.
    Le sperme des hommes vivant en Europe, aux États-Unis et en Australie contient presque 60% de spermatozoïdes en moins qu’il y a quarante ans.Sciences et Avenir

    La qualité de vie elle-même peut avoir un effet : selon l’équilibre alimentaire, le poids, l’activité physique ou encore la qualité du sommeil,

    La hausse démographique est liée à l’incertitude, la fragilité, la pauvreté.

    Le danger est-il la démographie ou la politique libérale individualiste qui appauvrit les uns pour enrichir les autres?

    Alors, faut-il lutter directement contre la hausse des naissances ou contre les comportements qui la stimule?
    Orientations possibles:
    +Les mesures autoritaires pour limiter la procréation dans le monde? Impossible à réaliser!!!
    +L’instruction et l’éducation des femmes dans le monde. C’est plus envisageable et déjà en route dans beaucoup de pays: école, rôle des organisations locales, extension du numérique…
    + Une politique agroalimentaire complètement transformée: circuits courts, arrêt du productivisme, diminution drastique de l’alimentation carnée donc libération des terres pour des cultures propres et diminution de la pollution…..

    Ces mesures et bien d’autres pourraient déjà permettre de nourrir beaucoup plus de monde tout en élevant le niveau de vie, un des facteurs majeurs de la baisse de la natalité!
    Un texte intéressant est à lire.

    La population mondiale est-elle sur le déclin? | L’Echo

    • « Dans la nature, quand les conditions sont très difficiles, la réaction spécifique est de se reproduire beaucoup plus. Un arbre en grosse difficulté environnementale va fleurir intensément pour assurer la survie d’au moins quelques descendants. »

      Ce genre d’analogie « sauvage » ne dit rien d’utile, car dans la nature il existe également des comportements complètement opposés. Chez de nombreux mammifère la reproduction est inhibée quand les conditions deviennent difficiles :
      https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/certains-mammiferes-peuvent-retarder-la-gestation-en-attendant-le-bon-moment_141721

      Par ailleurs les comportements humains, pour la reproduction comme pour le reste, sont au moins autant culturels que naturels.

      Enfin, en France la natalité est la plus élevée dans les foyers à hauts revenus :
      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3675496

      • «Ce genre d’analogie «sauvage» ne dit rien d’utile, car dans la nature il existe également des comportements complètement opposés. Chez de nombreux mammifères la reproduction est inhibée quand les conditions deviennent difficiles»

        Dans la nature, par rapport au nombre d’espèces végétales, ou animales de type r, les mammifères constituent une infime minorité quantitative qui ne modifie pas la tendance générale.
        Chez les espèces de type K et super K, la natalité est toujours très faible, avec des variations adaptatives liées aux conditions extérieures et à l’organisation du groupe pour les espèces sociales. L’article cité évoque d’ailleurs des diapauses et non des suppressions. La différence de longévité entre les 2 types r, à vie courte (un an souvent) et K à vie longue, explique également les différences.

        «Par ailleurs les comportements humains, pour la reproduction comme pour le reste, sont au moins autant culturels que naturels.»

        Je m’étonne de l’opposition faite entre naturel et culturel!
        Seriez-vous un partisan du dualisme c’est-à-dire de la séparation du corps et de l’esprit?
        Pour moi, et pour le milieu scientifique, tout est lié. Le culturel est un phénomène physicochimique de même nature que le naturel; il en est une totale émanation, il a seulement une orientation plus individuelle, plus rapidement évolutive.
        Sans naturel, il n’y a pas de culturel!
        Les comportements du vivant, à des degrés divers, sont tous des comportements naturels, divers, influencés par les origines, la constitution et le milieu.

        Enfin, en France la natalité est la plus élevée dans les foyers à hauts revenus :
        https://www.insee.fr/fr/statistiques/3675496

        Natalité : baisse récente du taux de fécondité en 2016 | Vie …
        http://www.vie-publique.fr › en-bref › 20074-natalite-baisse-recente-du-tau…
        19 déc. 2018 – La baisse de la natalité suit en général la courbe des revenus : plus le revenu d’une famille est élevé, moins les femmes ont d’enfants. Ainsi…

        Contrairement à vous, je ne pense pas que des propos soient inutiles sauf si on pense détenir la Vérité, ce qui est présomptueux et forcément inexact. Ils sont utiles car ils permettent le débat. Comme en économie, on peut parler de macro et micro (évolution). Les grandes orientations globales intègrent les détails du terrain, d’où les différences d’interprétation suivant qu’on se place au niveau général et au niveau particulier.

        • « Dans la nature, par rapport au nombre d’espèces végétales, ou animales de type r, les mammifères constituent une infime minorité quantitative qui ne modifie pas la tendance générale »

          Pardonnez-moi poser comme prémisce que la biologie humaine est plus proche de celle des autres mammifères -fussent-ils minoritaires sur la planète- que de celle des arbres (votre référence initiale), des insectes, ou des poissons. J’avoue que c’est tout à fait insensé de ma part !

          « Je m’étonne de l’opposition faite entre naturel et culturel! »

          Je ne vois pas ce qui peut étonner dans l’observation que l’impact culturel sur les comportements humains est infiniment plus important que chez n’importe quelle autre espèce. Quand certaines religions préconisent une forte natalité on est en plein dans le comportement culturel. Dans le même pays, avec des mêmes niveaux de revenus, certains vont vouloir 3 ou 4 enfants quand d’autres ne vont pas en vouloir : c’est pareil chez les arbres, c’est un choix conscient ??

          « La baisse de la natalité suit en général la courbe des revenus : plus le revenu d’une famille est élevé, moins les femmes ont d’enfants. »

          Vous confondez la courbe et sa dérivée ! Avez-vous lu le lien que j’ai donné ?

          « parmi les 25 % les moins aisées auraient en moyenne 2,08 enfants au cours de leur vie. Celles appartenant au deuxième quartile en auraient 1,66 ; celles du troisième quartile 1,92 et celles du quatrième quartile 2,15. »
          (le conditionnel vient du fait que les courbes sont extrapolées sur les âges inférieurs à 20 ans).

          En clair c’est une courbe en U : la natalité est la plus forte dans les plus hauts revenus, elle diminue dans les revenus moyen-supérieurs, et s’effondre dans les revenus moyen-inférieurs. Elle remonte par contre fortement dans les revenus les plus faibles, mais on peut soupçonner que c’est en partie à cause de la natalité plus élevée en moyenne chez les immigrés (là encore pour des raisons culturelles).

          Bref, ce n’est visiblement pas aussi simple que « plus on est riche moins on a d’enfants ».

  • Pierre-Michel Vidal

    Bravo et merci pour ce point de vue, il est certain que la croissance exponentielle de la démographie est à l’origine de beaucoup de nos difficultés, notamment celles liées à la dégradation de l’environnement. C’est dans ce contexte de surpopulation que la pandémie a pu se développer. Pourquoi alors avoir abandonné le débat sur la limitation des naissances qui est devenu tabou? Il y a deux raisons à cela l’attitude des hiérarchies religieuses, notamment catholiques (mais pas que), qui se sont opposées à ce contrôle des naissances de façon plus ou moins nettes. Désormais paradoxe! ce discours a été renforcé par celui d’une gauche extrême qui refuse cette limitation au nom de la défense des libertés individuelles. La conjugaison objective de ces deux points de vue a rendu la parole des défenseurs du contrôle des naissances inaudible.

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