Propos sur les responsabilités de la pandémie Covid-19.

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Ebola, Covid-19, Sida, toutes ces maladies virales prospéraient chez les animaux avant de franchir la barrière des espèces, parfois plusieurs fois, et d’infecter l’Homme.

La construction de routes à travers la forêt tropicale ou encore le fractionnement des écosystèmes pour y installer des villes ou des champs instaurent les conditions idéales pour l’émergence durable de nouvelles maladies comme le Covid-19.

La destruction des habitats naturels favorise l’émergence de nouvelles épidémies comme le Covid-19

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Le commerce de la viande en provenance des animaux sauvages, couplé à la destruction des zones d’habitat sauvage, conduisent les humains à avoir des contacts de plus en plus étroits avec les virus dont ils sont porteurs et qui peuvent se propager rapidement dans notre Univers ultra-connecté, a expliqué Peter Daszak, président d’EcoHealth Alliance, ONG spécialisée sur la prévention des maladies infectieuses. Il existe plus d’1,7 millions de virus non découverts au sein de la faune sauvage, dont près de la moitié pourraient être néfastes pour les humains.

Dans le cas du coronavirus, la chauve-souris serait probablement l’animal réservoir. Toutefois, le virus, retrouvé chez elle ne peut pas se transmettre à l’homme. Le SARS-Cov2 aurait été transmis à l’homme par l’intermédiaire d’un autre animal également porteur d’un coronavirus ayant une forte parenté génétique avec le SARS-Cov2. Il s’agit du pangolin, un petit mammifère menacé d’extinction dont la chair, les os, les écailles et les organes sont utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise, malgré l’interdiction décrétée par les autorités.

«Il est très difficile d’arrêter une activité qui a 5000 ans de tradition culturelle», reconnaît M. Daszak.

Cette tradition explique que la Chine est souvent le lieu d’origine de nouveaux virus.

Pourquoi les nouveaux virus viennent-ils souvent de Chine ?

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D’autres nations progressent, encore plus vite peut-être, dans ces contacts avec les animaux sauvages mais ils ne les mangent pas, ils les brûlent, avec les forêts, pour faire une culture et/ou un élevage intensif, dangereux aussi à plus long terme, mais sans craintes de transmission virale. (Indonésie, Brésil…)

La responsabilité du régime chinois, à l’origine, est de ne pas avoir su arrêter cette consommation d’animaux sauvages.

Les traditions ont la vie dure, pas seulement en Chine !

En décembre 2013, une épidémie de virus Ebola a commencé en Guinée rurale (Afrique de l’Ouest) et s’est ensuite propagée aux régions urbaines densément peuplées de Guinée, du Libéria et du Sierra Leone voisins ; identifiée en mars 2014, elle a touché, aujourd’hui des milliers de personnes et la mortalité est d’environ 59%. Des voyageurs infectés ont propagé le virus en Europe et en Amérique du Nord. Des cas d’Ebola étaient encore signalés au début de 2016. En 2017, un petit foyer a été signalé dans une région reculée du Congo ; l’OMS a déclaré éteinte cette épidémie le 2 juillet 2017. En mai 2018, un autre foyer est apparu au Congo et, en juin 2018, il était encore actif.

Transmission des virus Marburg et Ebola : Dans la majeure partie des premiers cas, on retrouve une exposition à des singes originaires d’Afrique subsaharienne. Le vecteur et le réservoir ne sont pas précisément connus, bien que le virus Marburg ait été identifié chez les chauves-souris et que des cas soient survenus chez des personnes exposées à des chauves-souris (p. ex., dans les mines ou les grottes). Les épidémies de virus Ebola ont été liées à la consommation de viande provenant d’animaux sauvages dans les zones touchées (viande de brousse) ou de soupe à base de chauves-souris.

Le VIH est issu d’une transmission du virus de l’immuno-déficience simienne (VIS) infectant naturellement les grands singes du sud du Cameroun. Il aurait franchi la barrière des espèces lors de chasses, par des morsures d’un singe infecté, par des écorchures lors du dépeçage de ces animaux, ou lors de la consommation de viande de brousse, survenus probablement dans les années 1940, précisent ces chercheurs. De nombreux facteurs interviennent ensuite dans sa propagation. Les bouleversements liés aux migrations, à l’urbanisation massive, aux pratiques de médecine de masse (aiguilles non stériles) sont autant de co-facteurs à l’origine de la diffusion épidémique actuelle. La propagation à partir de l’actuelle République démocratique du Congo et de sa capitale, Kinshasa, à partir des années 1920, a été facilitée par le chemin de fer.

Dans le monde, chacun rejette sur l’autre la responsabilité de la diffusion du Covid-19. Suivant les connaissances actuelles, qui s’approfondiront et se préciseront sans doute, l’origine de la contamination se situerait en Chine, le 17 novembre 2019, dans la ville de Wuhan.

Le 31 décembre 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé alerte sur plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan (Province Hubei de Chine).

Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises confirment qu’il s’agit d’un nouveau virus de la famille des coronavirus.

On peut interpréter le long retard, pour l’annonce à l’international, à plusieurs causes.

+Contrairement à de nombreux pays comme la France maintenant, la page était blanche.

+L’apparition d’une maladie nouvelle d’origine inconnue, dans un pays aussi peuplé n’est pas diagnostiquée facilement et rapidement. Il faut des symptômes visibles semblables en assez grand nombre.

+L’assurance que c’est viral et que ce virus est inconnu en est une autre.

+L’appréciation de sa virulence, l’ignorance de son origine, de son mode et de sa vitesse de transmission n’ont pas été immédiates. L’appel d’un médecin a semé le doute (évoquons la chloroquine). La réponse a été donnée, plus tard, par les travaux des nombreux scientifiques chinois.

+La mise au point de méthodes pour des luttes concertées a mis aussi du temps.

+La contestation interne au sein du parti n’a pas arrangé les choses ; la hiérarchie verticale trop rigide, le fossé entre les décideurs et les acteurs du terrain, la nécessité de maintenir une image positive et une économie active, compétitive (comme chez nous), a été un frein, au début, aux décisions à prendre ; Les autorités de Pékin ont réagi à la crise sanitaire de Wuhan plus rapidement qu’en 2003 lors de l’épidémie du Sras, mais, comme il y a dix-sept ans, l’autocratisme du régime a entraîné des conséquences importantes : la censure des réseaux sociaux dès les balbutiements de l’épidémie, en décembre 2019. Ce même régime, pour les mêmes raisons, a également caché le nombre probable de morts quand on voit le nombre d’urnes funéraires distribuées !

Le temps de latence, en politique, n’est pas spécifique à la Chine, on en sait quelque chose !

Rappelons-nous le scandale du médiator et le temps qu’il a fallu pour obtenir l’interdiction malgré les publications accablantes !

Évoquons le décalage entre gouvernance et terrain, au travers des beaux discours, des promesses, pour obtenir des masques, des produits tests… des lits, qu’on avait supprimés en masse…!
Rappelons la surdité des gouvernements aux appels à l’action des scientifiques pour une transition écologique.

Alors, pas de leçons à donner, regardons-nous dans la glace !

Information importante :

Italie : Les chercheurs affirment qu’au moment où le premier cas a été officialisé, l’épidémie s’était en fait déjà propagée à la plupart des villes du sud de la Lombardie. Leur enquête les a en effet menés à identifier des personnes symptomatiques dès le 14 janvier 2020. Ainsi, au moment où les premières mesures de confinement ont été prises – trois jours après le premier test positif, le coronavirus était probablement déjà bien implanté dans la région.

Coronavirus : l’Italie touchée bien plus tôt qu’on le pensait

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En Chine comme dans le reste du monde, on est surtout alertés quand les premiers signes graves et assez nombreux apparaissent, alors que la contamination rampante, sournoise, silencieuse, surtout avec des porteurs sains, est déjà ancienne et largement répandue. Ainsi, le 17 nov. 2019 la contamination était sans doute déjà largement répandue depuis longtemps mais non décelée (dans une tonne d’eau, il faut mettre beaucoup de sel pour commencer à le sentir !) ; c’est pendant cette période que la diffusion au monde entier s’est probablement faite car les échanges entre Wuhan et le reste du monde étaient très nombreuses et non valablement contraints. Suivant le nombre et le moment d’arrivée des sources de contamination, la période silencieuse a été plus ou moins longue suivant les pays ; ces derniers devenant à leur tour des bassins de diffusion.

La période de doute une fois levée, le 20 janvier 2020, le pays, collectivement, a pris les mesures dont l’efficacité a été prouvée.

La Croix et Sciences et Avenir 28/01/2020

«Epicentre de l’épidémie, Wuhan, métropole de 11 millions d’habitants au centre de la Chine, et la quasi-totalité de la province environnante du Hubei, sont coupées du monde depuis jeudi par un cordon sanitaire draconien. Environ 56 millions d’habitants sont concernés par ce confinement. A l’intérieur de cette zone, les transports publics sont interrompus, les gares fermées et des cinémas et bars à karaoké ont fermé leurs portes.»

Le Parisien 5/02/2020

«Des villes sous cloche.

Depuis le 23 janvier, début de la quarantaine à Wuhan, aucun transport public ne circule dans la ville et les autoroutes sont bloquées. Ces mesures de confinement se sont étendues en quelques jours à la presque totalité de la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale et où vivent 56 millions d’habitants.»

Il me semble que ces mesures draconiennes pour lutter contre la diffusion sont loin d’être aussi développées en France ! Nous n’en sommes même pas encore aux contraintes imposées aux chinois aujourd’hui ! Ils ont sacrifié momentanément, pour la reprendre plus rapidement après, l’économie : confinement intégral, tout est fermé, on livre les repas dans les immeubles, ascenseurs bloqués pour ne pas sortir… prise systématique des températures… arrêt de tous les transports en commun…

Futura santé 29/03/2020 : Covid-19 : comment retarder la seconde vague de l’épidémie ?

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La Chine est désormais confrontée à une situation tout aussi délicate :

Le« déconfinement » de millions de personnes. Si les mesures instaurées sont suspendues du jour au lendemain, une seconde vague épidémique pourrait déferler.

Les résultats de stimulations informatiques (susceptible-exposed-infectious-removed», ou SEIR) suggèrent que, si ces mesures de confinement sont levées en mars, une seconde vague épidémique peut arriver dès la fin du mois d’août. A contrario, maintenir ces mesures jusqu’en avril retarderait le second pic épidémique de deux mois. La seconde vague n’arriverait qu’en octobre, laissant le temps aux infrastructures de santé de souffler et de se préparer.

Nous n’en sommes pas là mais cela viendra !

En attendant, prudence : «des patients qui ont souffert d’une forme bénigne de Covid-19 peuvent rester contagieux jusqu’à huit jours après la disparition des dits symptômes. D’où l’importance de continuer à protéger les autres après sa maladie».

Covid-19 : après la disparition des symptômes, certains malades sont toujours infectés

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Chez nous, ce sont, comme pour le reste, les ½ mesures ; on avance à petits pas, en avant, en arrière ; confinement allégé (pas en avant), maintien du travail  sans protection pour beaucoup ; sans tests de détection des porteurs sains, ils contamineront (pas en arrière). 

Economie et protection doivent coexister. Pour allonger la crise sanitaire ? Oui.

Des paroles chaleureuses, des promesses d’augmentation de rémunération importante pour tous ces héros et en même temps, en coulisse, on évoque la nécessité de rembourser le plus vite possible, après, la dette colossale qui aura été faite ! Je crains des propos perfides.

En fait, ce n’est pas la Chine qui a voulu activer, au départ, la diffusion du virus (responsabilité, voire culpabilité) mais la politique occidentale, devenue mondiale, et ses actions on ne peut plus viro-compatibles.

+Le comportement individualiste freine toute action collective contre la maladie. Les pays européens, encore maintenant, ne sont pas au même niveau d’approche, de traitement même, de collaboration totale. Lutte économique avant tout ! Une bombe sociale se prépare, actuellement c’est en Italie !

+La recherche du moins coûtant concentre les activités productrices indispensables sur quelques pays, dont la Chine et provoque la multiplication des transports polluants de produits informatiques, l’électronique, le textile et les chaussures ainsi que des secteurs plus stratégiques tels que l’automobile, l’aéronautique et les médicaments. Les pays occidentaux sont ainsi sous une dépendance totale qui met le sort de leur population en jeu dans des cas comme celui évoqué.

«Pour réduire une pollution atmosphérique record, la Chine a décidé de stopper la production de zones industrielles entières autour de Pékin… entraînant une pénurie d’amoxicilline, l’un des principaux antibiotiques prescrits dans le monde. Les pénuries de médicaments étaient très rares il y a dix ans. Près de 900 ont été signalées en France en 2018, concernant toutes les catégories de médicaments.» L’Ecologiste.

+ Les déplacements (avions, porte-containers, cargo, tankers, camions…, de populations, pour des motifs divers : tourisme, affaires, sport, commerce, religion, activités culturelles…

+Le regroupement des gens dans des métropoles, urbanisation verticale concentrationnaire, EHPAD, prisons, superbaquebots pour tourisme de masse…

+ La politique de croissance provoquant les GES, la pollution, la hausse des températures… Outre leur rôle dans la propagation des épidémies, la pollution est un facteur fragilisant l’état de santé donc la moins grande résistance au virus. Elle augmente le risque d’accidents vasculaires cérébraux, les cardiopathies, le cancer du poumon et les maladies respiratoires aiguës. Une étude de l’Inserm a également montré qu’une forte concentration en particules fines est étroitement associée à une sévérité accrue des rhinites. La pollution entraînerait aussi un dysfonctionnement du système immunitaire, rapporte l’Anses. En 2003, une étude portant sur l’épidémie de SRAS en Chine soulignait déjà que les patients vivant dans des zones polluées avaient 84 % de risques en plus de mourir dans les zones polluées.

Le beau temps, facteur aggravant de la pollution : À Paris, la mise en place du confinement n’a pas empêché une dégradation de la qualité de l’air. Entre le 5 et le 18 mars, le taux de particules PM10 a même triplé dans la capitale, en raison notamment du beau temps et du manque de vent.

Particules fines : vecteur d’accélération de la propagation du Covid-19

Cela remet en question la distance minimale de sécurité entre personnes dans une ville où circulent voitures et transports en commun.

+ Malbouffe industrielle, diabète et obésité, gros facteurs de risques.

Alors, la réaction officielle pour reconnaître l’apparition d’une pneumonie inconnue a été longue à être publiée par les officiels chinois mais dès que le danger a été identifié, la discipline et le dynamisme de l’action collective, la recherche, le confinement intégral, la mise en quarantaine, le sacrifice de l’économie… n’ont pas augmenté mais freiné la diffusion du virus.

Par contre, je pense que le refus de reconnaître et d’agir pour une transition écologique de l’économie va entraîner dans les années à venir un désastre humain et des millions de morts. Ce fait est tout à fait assimilable à un «crime sanitaire» ; nos descendants actuels sont en droit de réclamer justice car les coupables sont identifiés.

Les Echos

«De plus en plus de gouvernements ou d’entreprises se retrouvent attaqués en justice pour leur responsabilité dans le réchauffement climatique. Plus de 1.300 actions en justice ont été intentées depuis 1990, selon un rapport du Grantham Research Institute de la London School of Economics

En mars 2019, le gouvernement français s’est fait attaquer en justice par quatre ONG pour «manquements» à son obligation d’action contre le réchauffement climatique. Ce recours contre l’Etat, soutenu par une pétition signée par deux millions de personnes, a été baptisé «l’Affaire du Siècle». Et si cette «affaire» a effectivement suscité un écho médiatique important, il ne s’agissait pas d’une première.

Signé Georges Vallet

crédits photos::https://www.aimsib.

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2 commentaires

  • Hier, j’ai fait les courses hebdomadaires au Leclerc d’Orthez. La sécurité a progressé. Les chariots sont désinfectés, les flux entrés/sorties sont séparés et contrôlés. La queue aux caisses est régulée. Certains rayons sont vides comme celui de la farine.

    Les dynamiques de déconfinement me paraissent complexes. Le danger est toujours là en attendant certainement la mise au point d’un traitement et celle d’un vaccin.
    Aussi j’ai l’impression que le déconfinement va être géré en terme de risque selon le taux de personnes immunisées et la capacité d’accueil des hôpitaux.
    Quel est le risque acceptable ?

  • Il a environ 6 à 8 ans j’avais assisté à une réunion sur l’agriculture et les besoins alimentaires d’une population mondiale qui atteindra bientôt 10 Milliards d’habitants.

    Les OGM étaient évidemment présentés comme une solution ainsi que la déforestation et la mise en culture du bassin du Congo. En gros, seule la technologie permettrait de faire face à la croissance de la demande en denrées agricoles.

    Je n’entends plus parler de cela depuis déjà quelques années. Le réchauffement climatique, Ebola et les crises sanitaires qui ont suivi ont certainement calmé ces ardeurs. Enfin, je pense.

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