Mue gaie

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Nombreux sont celles et ceux qui pensent que l’après confinement ne pourra pas être identique à la période précédente. Même si le virus disparaissait complètement, ce qui n’a rien de certain. Dans le cas contraire, il faudra apprendre à vivre avec lui, comme avec les pissenlits dans ma pelouse, le roucoulement des tourterelles turques, les frelons asiatiques. Mais, évidemment, avec une dangerosité bien différente. Mais admettons l’hypothèse optimiste d’une éradication complète du virus.

De toute évidence, il faudra éviter le renouvellement d’une telle catastrophe. Plusieurs observateurs font le lien avec les méfaits causés par l’homme à l’environnement. La destruction des massifs forestiers conduit la faune sauvage à être plus à proximité des humains ; or la pandémie a très probablement pour origine une transmission du virus par la faune sauvage. De plus, il semble que les zones les plus durement touchées par la pandémie sont aussi les zones où la pollution est la plus importante. Ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les micro-particules peuvent être porteuses de virus. Une autre cause pourrait résider dans le fait que les zones les plus polluées sont souvent aussi les territoires les plus densément peuplés.

On ne pourra modifier ces faits d’un coup de baguette magique. Mais ils devront être pris en compte sérieusement, ce qui suppose des changements de comportement drastiques. Par tous les moyens il faudra limiter les déplacements des personnes et des produits, consommer localement, favoriser le télé-travail dans toute la mesure du possible, éviter les heures de pointe pour tous les déplacements. Lorsque tous les matins on entend à la radio que les embouteillages en France se cumulent sur des
distances de plusieurs centaines de kilomètres, il y a de quoi se féliciter de vivre dans un milieu moins urbain que celui des grandes villes et encore plus de souhaiter la fin des mégalopoles. Mais comment lutter contre la massification? Contre le consumérisme?

L’organisation de nos sociétés doit être revue. Nos modes de pensée doivent être modifiés.

La transformation de nos valeurs n’est pas l’objectif le plus facile à mettre en œuvre. Le terrorisme politico-religieux a œuvré de manière radicale contre les travers du monde occidental avec sa recherche effrénée du profit et de la facilité et son usage immodéré de la force. Savoir que les Américains, après avoir déversé des quantités considérables de bombes à fragmentation au Vietnam ont utilisé des bombes à uranium appauvri en Irak a de quoi révulser. Mais le terrorisme a aussi fait trop de victimes innocentes pour être une voie de salut et d’espoir.

A l’inverse, les actes de générosité ou de solidarité qui se sont manifestés lors de cette pandémie pointent des directions encourageantes. Notre attention doit mieux se porter sur les délaissés, les précaires et tous ceux qui souffrent. Ce sont ces gens humbles qui assurent une bonne partie du fonctionnement de notre vie économique. Que les penseurs, les observateurs et les simples citoyens dévoilent leurs mérites et leur exemplarité. Abandonnons les week-ends moutonniers, les croisières
destructrices et confinées dans des moules hauts de plusieurs étages. Trouvons de la joie et de la gaîté en nous-mêmes.

Les fleurs de muguet, dans leur timidité et leur simplicité nous touchent plus que les luxueuses plantes venues de loin. Retrouvons-les avec joie. Respirons et chantons !



Jean-Paul Penot

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2 commentaires

  • Pierre-Michel Vidal

    Tout ce que vous dites est vrai. Il n’est pas certain néanmoins que cela se traduise en actes concrets. N’est-ce pas un retour au monde d’avant que nous souhaitons avant-tout? Et la première leçon que nous avons reçue n’est-elle pas une leçon d’humilité? La France est-elle encore cette grande puissance qu’elle fut, quand on voit que le virus est mieux maîtrisé dans des pays que nous regardons de haut comme le Portugal par exemple ?
    Enfin la priorité des priorités n’est-elle pas de rapatrier d’urgence les productions vitales que nous avons cédées à d’autres pour des raisons de facilités ? Les médicaments, par exemple. Quel est le gain réel de cet abandon en périodes de crise? Dans la mesure du possible, il faut produire français, surtout dans des secteurs aussi essentiel que la santé ce qui ne sera pas facile car notre dépendance est peut-être irréversible. Mais il faut essayer. Si nous allons sur cette voie alors la cruelle session que nous vivons aura servi à quelque chose.

  • J’apprécie cet optimisme mais il est incompatible avec les valeurs d’argent, de marge et de bénéfice. Une minorité qui dirige le monde a bâti le modèle capitaliste ultralibéral sur le consumérisme intensif, la massification et la valeur de l’argent. Je pense aux boursiers, aux actionnaires réclamant des dividendes de 10% et les envoyant vers des paradis fiscaux. Cette minorité ne renoncera pas à ce confort. Elle cherche plutôt à conserver égoïstement des richesses et ses avantages, mais c’est humain. Comme elle dirige le monde, elle n’a pas besoin de partager les eden qu’elle peut se payer: télétravail confinés dans une île avec tout le confort moderne.
    Les autres, les modestes et les faibles peuvent juste profiter de ce qui existe encore. Mais rien ne changera, bien au contraire, je crois qu’on revient vers plus de privations de liberté, vers un retour au chômage massif et à l’esclavage ouvrier du 19è siècle.
    Je suis même convaincu que le pouvoir en place, ultralibéral, qui détient les pleins pouvoirs via l’Etat d’urgence (illimité en temps juridiquement) ne récompensera pas, mais sanctionnera, après les avoir exploités, les délaissés, les précaires et les gens humbles qui assurent une bonne partie du fonctionnement de notre vie économique: chômage massif, salaires réduits à quia au nom de l’effort demandé par le MEDEF, et suppression du droit du travail.

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