Covid19, l’histoire n’est pas terminée

Comme il était prévisible le « monde d’après » ressemble à celui « d’avant » : Nos compatriotes manifestent un grand désir de liberté, de consommation, de jouissance. La « big teuf » du canal Saint-Martin lors de la fête de la musique en est le symbole, la fréquentation des magasins le prouve, les prévisions de locations pour les vacances aussi et le retour massif dans les restaurants avec terrasses également. Pau n’échappe pas à cette houle de fond et le port du masque y devient une exception. Comme le diraient les psychanalystes : c’est la pulsion de vie qui se manifeste ; sans doute le confinement était-il guidé par la crainte de la mort.  

Le pouvoir pousse à la roue : il faut relancer la machine économique sinon le moteur va se gripper définitivement et dans la compétition internationale il y aura un retard très difficile à rattraper. C’est une raison compréhensible. De plus, le nouveau gourou des chaumières, le professeur Raoûlt le dit, il ne faut pas parler de seconde vague. Il en convient néanmoins : tout risque de redémarrage n’est pas à exclure non plus. Le champion de l’antisystème, héros populaire car agressé par les médias et les élites parisiennes et donc valorisé a priori, se borde ainsi des deux côtés. C’est non seulement un grand scientifique mais aussi un homme public très malin qui a su attirer les feux de la rampe sur lui et devenir le personnage central de la période, effaçant les politiques de tous poils. Pour autant, sa parole n’est pas d’évangile…

Donc le mauvais moment est passé. Reviendra-t-il ? Ne parlez pas de malheur ! Agissons comme si l’arrêt sur image était terminé. Sortons, dansons, allongeons-nous sur les plages bondées, agglutinons-nous dans les restaurants, redémarrons les fêtes et que le sport professionnel surtout reparte…  Allons voter aussi… écolo pourquoi pas ? Ils sont sympas les écolos tant que nous n’avons pas à appliquer leurs injonctions irréalistes et contraignantes…

Pourtant le virus est loin d’être éradiqué et même s’il s’est éloigné vers d’autres continents il n’a jamais fait autant de dégâts aux Etas Unis par exemple. «Si nous sommes incapables de ralentir la progression dans les prochaines semaines, nous devrons revoir dans quelle mesure les commerces peuvent rester ouverts», a averti le gouverneur du Texas, Greg Abbott en évoquant la pandémie : « si elle n’est pas contenue dans les deux semaines à venir, elle échappera à tout contrôle» (Le Figaro). En Arizona et en Californie, l’épidémie est repartie à la hausse. Ron De Santis le gouverneur de la Floride où l’on se bouscule sur les plages a déploré la «véritable explosion de nouveaux cas chez les plus jeunes». Explosion de cas au Brésil, en raison de la politique laxiste et irresponsable du président Bolsonaro. L’épidémie touche là-bas comme ailleurs les plus faibles : les tribus amérindiennes isolées notamment, contaminées par la poussée incontrôlée des orpailleurs. Qui se soucie de ces victimes de la cruauté de « l’homme blanc », désormais menacées d’extermination totale ?  

C’est loin l’Amérique mais la mondialisation a rendu le monde global en raison des échanges commerciaux. Elle facilite la circulation du virus qui est revenu à nos portes : L’Allemagne a pris des mesures de reconfinement mardi dans les cantons de Gütersloh et de Warendorf qui comptent 645 000 habitants. Selon Le Monde : « Jusqu’au 30 juin, les rassemblements de plus de deux personnes ne vivant pas sous le même toit y seront interdits. Les établissements scolaires, les bars, les cinémas, les coiffeurs, les salles de sport, les musées et les galeries seront fermés ». Au Portugal, à Lisbonne, on a pris de nouvelles mesures contraignantes, en limitant les horaires des bars et restaurants et en interdisant les réunions de plus de 10 personnes. Au total la Covid19 a fait près de 480 000 morts dans le monde selon les chiffres officiels. Un chiffre considérable, sans doute sous-estimé puisqu’il se base sur les déclarations officielles des états dont certains sont sujets à caution. En France même si le nombre de contaminés est en baisse, les clusters se multiplient et inquiètent le ministre de la santé.

Il faut donc retenir la leçon de l’expérience douloureuse que nous avons vécue avec un confinement très difficile à vivre par la majorité de la population. Une expérience qui a beaucoup coûté aux soignants applaudis sur le coup mais bien mal récompensés par ces actes irresponsables. Il faut accepter des contraintes : mettre le masque, observer les règles de distanciation sociale et refuser les rassemblements auxquels poussent les autorités, comme la fête de la musique. Notre santé passe avant le commerce.

L’histoire de la Covid19 n’est pas terminée. Prudence !

Pierre-Michel Vidal

Photo: La fête de la musique au Canal Saint Martin (Paris). Photo AFP.

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3 commentaires

  • « Il faut accepter des contraintes : mettre le masque, observer les règles de distanciation sociale et refuser les rassemblements auxquels poussent les autorités, comme la fête de la musique. Notre santé passe avant le commerce.  »

     » Les écolos, tant que nous n’avons pas à appliquer leurs injonctions irréalistes et contraignantes… »

    Si je comprends bien, il faut accepter les contraintes d’un côté et pas de l’autre!

    Pourtant les contraintes sont autant justifiées dans un cas comme dans l’autre car ce sont les absences de contraintes écologiques qui ont déterminé la nécessité des secondes.
    Les injonctions imposées par la pandémie, il y a quelques mois, n’auraient-elles pas été considérées comme « irréalistes » il y a un an ou deux?

    L’écologie proposée est punitive, dit-on; l’économie proposée ne l’est-elle pas?

    Plus on persistera dans notre économie punitive: maladies, pollution, calamités agricoles, chômage , guerres, famines, manque d’eau…plus les contraintes écologiques, non imposées, mais bien obligées, se produiront.

    • Pierre-Michel Vidal

      Vous avez mal compris, je me moque ici de la soi-disant montée des écologistes que l’on nous ressasse dans les médias et après qui les macroniens comme les socialistes courent. Je crois en effet qu’il faut voir dans ce mouvement l’aspiration au « dégagisme » (Collomb à Lyon, Gaudin à Marseille et peut-être Bayrou à Pau), à la venue de têtes nouvelles plutôt qu’une adhésion réelle aux thèses des écologistes. Ceux-ci se fondent sur la peur de l’avenir et prétendent changer nos modes de vie en imposant des sacrifices qui seront plus durs à accepter pour les modestes que pour les nantis, auxquels cela coûtera peu. La montée des verts probable aux municipales ne signifie pas une adhésion profonde aux thèses de ceux qui se présentent comme les défenseurs de l’environnement et qui prêchent une décroissance (peut-être nécessaire) dans le désert.

      • 1°) « et prétendent changer nos modes de vie en imposant des sacrifices qui seront plus durs à accepter pour les modestes que pour les nantis, auxquels cela coûtera peu »

        Et, oui!; et plus on attendra pour changer nos mode de vie, plus les sacrifices obligés, à faire, seront grands!
        Alors que proposez-vous? Continuer comme avant avec les contraintes de plus en plus grandes qui s’élèvent, comme un mur, en face de nous? Croyez-vous que si on ne change rien, les sacrifices seront moindres pour les petits?

        Non, la solution est dans le changement de direction, en acceptant, non pas des sacrifices mais des changements d’optique, de raisonnements, de philosophie, de façons de vivre; prendre conscience que le collectif est bien plus rentable et protecteur que l’individualisme…, une désintoxication en somme.
        « Les gens » sont-ils plus heureux car leur maison a été détruite lors d’une tempête, la récolte brûlée par la sécheresse, s’ils ont plusieurs voitures, le dernier smartphone, le diabète, l’obésité, un cancer lié à la malbouffe ou à la pollution..?
        Changer de direction, c’est vrai, va entraîner la perturbation de nos habitudes, le Covid nous y a habitués, et si on continue on a intérêt à s’entraîner! Il y aura des avantages pour les uns, des inconvénients pour les autres; la transition énergétique doit être progressive et modulée afin d’aider ceux qui sont en difficultés passagères en demandant une contribution plus importante aux «nantis»comme vous les appelez, aux responsables économiques de cette situation, comme je dirai.

        2°) « ne signifie pas une adhésion profonde aux thèses de ceux qui se présentent comme les défenseurs de l’environnement »

        Je me permets de vous signaler que ce n’est pas l’environnement qu’ils défendent, car le milieu s’en moque totalement, ce sont les êtres vivants donc l’homme, qui est défendu.
        Que « les gens » ne s’en préoccupent pas, j’en conviens, mais ils savent bien se plaindre, réclamer, se disputer les responsabilités, revendiquer….quand la bise est venue!
        On ne veut pas d’État, on veut faire ce qu’on veut, où on veut, quand on veut , sans contraintes, mais on compte sur lui pour servir d’assureur universel!

        Boire ou conduire il faut choisir!

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