Pollution par le plastique

Au grè de mes pérégrinations aussi pédestres que matinales, il m’arrive de constater que la pollution par le plastique, résultat de l’insouciance de certains, est très visible à Pau. Faut-il s’en soucier ? Faut-il en être révolté ?

Le constat est facile à faire par chacun. Il existe, ça et là, en bordure de trottoir de ces armoires plus ou moins volumineuses qui servent aux connexions téléphoniques et internet. Régulièrement elles sont entretenues par des entreprises spécialisées et parfaitement répertoriées. Et, une fois les techniciens passés, reste un spectacle désolant. Ces employés supposés être sensibilisés à ces problèmes laissent sur place, en pied de ces armoires, nombre de restes en plastique que sont des petits câbles gainés et autres objets non identifiés (voir la photo).

Tout le monde sait que le plastique est une cause de pollution immense. Mais personne ne sait comment s’en débarrasser. Il y a quelques jours j’entendais, sur une radio, qu’aux Maldives, tous les jours un bateau chargé de plusieurs centaines de tonnes de déchets en plastique déchargeait sa cargaison sur une des îles de l’ archipel. Il faut alors, sur place, procéder à l’incinération de ces rebuts au prix d’une pollution, cette fois-ci, par des émanations de fumées toxiques. Les eaux autrefois couleur turquoise sont devenues une banquise de polystyrène et de vieux bidons. Tout le monde sait également qu’il existe dans l’océan pacifique, flottant entre deux eaux, une accumulation de déchets en plastique dont la surface est comparable à celle d’un continent. On parle du septième continent qui serait de la taille d’un tiers de l’Europe. Tout le monde sait enfin que ces plastiques se désagrègent lentement et sont ensuite ingurgités par les poissons sous forme de micro particules. L’homme, mangeant alors les produits de la mer, absorbe à son tour ces saloperies nuisibles à sa santé.

On pourrait sur ce mode décrire encore tous les effets néfastes de cette pollution dont l’homme est responsable. On pourrait aussi dire, sur le ton de l’évidence, que ces petits morceaux de plastique dont le technicien inconscient se débarrasse sur la voie publique, glissent dans les caniveaux, puis dans les rivières, puis dans les fleuves et enfin dans les océans. Ce ne serait alors que redire que ce qui a été maintes fois exposé sur tous les tons par ceux qui se soucient de la santé de notre planète et de ses habitants. On pourrait enfin répéter qu’il faut bannir le plastique à usage unique comme cela a été fait depuis longtemps. Mais rien n’y fait ! Nous sommes ancrés dans nos habitudes.

Pourtant concrètement il paraît simple de faire comprendre aux techniciens chargés de la maintenance de ces armoires de connexion qu’ils ne doivent pas ainsi se débarrasser des surplus plastiques. Ils ne sont pas aussi idiots qu’on pourrait le supposer, ils peuvent adopter des gestes simples, si simples que personne n’a pensé à les leur rappeler. Mais non, on s’en fout ! Pourtant ces mesures basiques si près de chez nous, sont ignorées. Alors comment faire ? Qui pour organiser l’éducation des pollueurs ? Qui pour dire aux entreprises dont les noms sont connus qu’il faut changer leurs habitudes ? Qui pour organiser la répression de ceux qui n’ont pas encore compris ?

Parce que, encore une fois, et c’est bien regrettable, seule la sanction fait entendre raison. Même ce qui est évident à tous n’est pas respecté. L’éducation c’est bien, la sensibilisation c’est pas mal non plus mais quand ça ne suffit pas…

Pau, le 6 juillet 2020

par Joël Braud

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Un commentaire

  • Bien d’accord avec vous sur toute la ligne; un petit complément, humoristique par moment, veut insister sur le fait qu’entre l’économie locale et la macroéconomie, c’est l’abime de la contradiction.

    En ce qui concerne l’aval, tout à fait d’accord, la sanction, au mieux, laisserait le lieu aussi propre en partant qu’il était en entrant, à la satisfaction des yeux et celle d’avoir «apparemment»fait un geste «pour la planète. Cela ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’état, en espérant qu’il ne serve pas à subventionner les entreprises du plastique qui ont subi une perte de profit du fait de la pandémie et des importations de Chine!

    En fait, «Couvrez ce sein que je ne saurais voir….» ne fait que cacher le sein!

    Classer, ranger, hors de la vue, les déchets ne les suppriment pas; ce n’est surtout pas de la transition écologique; il va falloir les éliminer, en les brûlant souvent car le recyclage n’est pas toujours possible et les fumées sont toxiques; la plus grande partie, qui finalement ira à la mer, entrainera les méfaits que vous signalez.

    C’est en amont qu’il convient de réfléchir et d’agir. Il faut s’orienter vers une diminution drastique de son utilisation en investissant dans la recherche d’une substitution, même peut-être contraignante (verre); certains parleront d’écologie punitive»! Pourtant la punition, si on continue, s’amplifiera pour la faune en général et pour l’homme, dans son tube digestif et ses poumons! Les chimistes des entreprises du plastique ont certainement la compétence voulue pour orienter les recherches dans du matériel autre, entièrement recyclable, au moins, dans un premier temps, pour une large utilisation non spécifique, en attendant le plus difficile à remplacer, comme le matériel médical ou chirurgical.

    Ces étonnants matériaux naturels qui pourraient remplacer le …
    http://www.emploi-vert.fr › content › ces-etonnants-materiau.

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