Chaleur à tous les étages

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L’été s’épuise, et nous épuise. Nous voici, depuis fin juin, malmenés par une succession d’épisodes caniculaires dont nous avions déjà eu, les années précédentes, un aperçu des plus significatifs. Souvent, après ma marche matinale, je pense à tous les contempteurs — ils sont encore fort nombreux —, du dérèglement climatique et les voue aux gémonies californiennes où les températures atteignent cet été des niveaux inégalés jusqu’alors.

Je les imagine, quel pervers je fais !, fuyant les terribles incendies qui dévastent la Californie. L’Enfer à leurs trousses ! N’ayez crainte, ce n’était qu’une légère divagation mentale ! Malgré tout, comment comprendre ceux d’entre nous qui, dans un bel élan complotiste, dénoncent les rapports du G.I.E.C.. comme un tissu de mensonges et de manipulations diverses et variées. À vrai dire, ce conspirationnisme ne m’étonne guère : le pire climatique que ces rapports nous annoncent font froid dans le dos, si j’ose dire. Au fond, ces nouveaux ou anciens incrédules se sont bel et bien installés dans le confort du déni qui est, comme nous le savons tous, la forme aiguë de la bêtise. Il n’est pas de jour sans que je ne rencontre ici ou là la preuve de leur mauvaise foi climatique.

L’autre jour, rue Bayard à Pau, j’ai rencontré une vieille connaissance. Un riche communicant à la retraite… Parlant de choses et d’autres, voilà qu’il s’est mis à dénoncer la fiscalité sur les véhicules tout-terrain. Il est vrai qu’il avait fait récemment l’achat, m’a-t-il dit innocemment, d’un « pick-up » de marque japonaise. Vous savez, ces engins puissants à rallonge dont les étasuniens sont friands, qui font les beaux jours des grands espaces américains. Je lui ai fait la remarque que c’était un véhicule très polluant. J’ai eu droit illico à une palanquée de joyeusetés contre ces « salauds d’écologistes qui nous empoisonnent la vie ! ». Peut-être pensait-il alors que j’étais un des leurs ? Rue Bayard, la chaleur était à son comble et étions tous deux en nage. Je n’avais qu’une hâte : rejoindre mon havre de fraîcheur (c’est vite dit…). Le riche communicant est parti vers le parking de la « Hauta Planta »1 où son navire d’acier et de technologie, l’attendait. Sur le chemin du retour, tout était oublié. Je me demandais encore si ces satanées chaleurs tropicales allaient enfin nous abandonner ?

Emmanuel Valenti

1 Place Verdun

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8 commentaires

  • Lorsque je lis les informations contenues dans :

    ① L’article « Planète : Surpopulation mondiale : quelles sont les conséquences possibles ? » (Site web « Futura -Sciences » : publié le 06/06/2020).
    Chapeau de l’article : « Nous serions plus de 7,6 milliards d’êtres humains sur Terre et deux milliards de plus en 2050. Quel est l’impact de la surpopulation sur l’environnement et les ressources mondiales ? »
    URL : https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/terre-surpopulation-mondiale-sont-consequences-possibles-4163/
    Voir aussi les « Questions / Réponses »…

    ② L’article « Social : 10 milliards d’humains en 2050 : cinq chiffres à retenir sur la surpopulation mondiale, annoncée par l’ONU » (Site web « novethic » : publié le 20/06/2019)
    Chapeau de l’article : « Le dernier rapport sur l’évolution de la population mondiale par l’ONU fixe à 2050 le moment où l’Humanité atteindra les 10 milliards d’individus, contre 7,7 milliards aujourd’hui. Un chiffre colossal qui masque des disparités importantes selon les pays et les régions du monde. Alors que des pays comme l’Inde ou le Nigeria vont croître massivement, d’autres vont perdre en population comme la Chine. »
    URL : https://www.novethic.fr/actualite/social/droits-humains/isr-rse/10-milliards-d-humains-en-2050-cinq-chiffres-a-retenir-sur-la-surpopulation-mondiale-annoncee-par-l-onu-147388.html

    Je ne signale pas ici, d’autres articles de crainte de déprimer les internautes qui liront mon commentaire…

    Par ailleurs, extraits de « Le réchauffement de la planète et les générations futures » (Site web « Cairn.info » : Furio Cerutti dans « Pouvoirs 2008/4 (n° 127) », pages 107 à 122)
    « En tant que problème politique et moral, le réchauffement de la planète est un défi global, c’est-à-dire une menace physique qui peut frapper gravement ou mortellement tout le monde sur terre et que l’on ne contrera avec quelque chance de succès que si la quasi-totalité des pays et des peuples de la planète agissent ensemble. »
    « Ainsi, nous recherchons des raisons justifiant nos obligations envers les générations futures qui ne découlent pas de théories particulières de la moralité, ni de leurs valeurs et objectifs substantiels (tels que la justice distributive, la liberté et l’autonomie, le bien commun) et qui n’ont pas à partager leurs fondements (c’est-à-dire être acceptées ou refusées selon des présupposés sociaux ou idéologiques et plus tard être complètement rejetées ou oubliées). »

    On peut s’inquiéter pour les générations actuelles (Génération Y : ceux nés entre 1981 et 1996 + Génération Z : ceux qui sont nés entre 1996 et 2010 + Génération Alpha : ceux nés depuis 2010) et les générations futures pour lesquelles nous avons à nous demander comment justifier nos obligations envers elles ET surtout, si on peut vraiment inverser la tendance dans les prochaines années et aussi, si il n’est pas déjà un peu tard…

    En ce qui me concerne, en 2050, à moins de devenir centenaire, je serai en cendres, que j’espère dispersées au large de notre belle Bretagne : j’éviterai ainsi le réchauffement de la planète, bien au frais au milieu des algues, poissons, coquillages et crustacés; de plus, je n’aurai pas à me poser la question pour savoir si je pourrai tenter de me réfugier sur la planète « Mars » ou dans l’au-delà (ou l’eau d’ici) puisque… j’y serai déjà !!! 😉 😉 😉

  • Michel LACANETTE.

     » La surpopulation de la terre est démontrée par ces chiffres. »
    Oui bien sûr la croissance humaine ne peut être exponentielle, mais le problème est que l’ humain est insatiable.
    Ce n’ est pas le nombre d’ humains qui fera diminuer le problème de notre survie sur la terre. Si nous diminuons la population mondiale de moitié et que tout le monde adopte le mode de vie américain ou européen, la vie sur terre sera tout autant infernale et sûrement pire qu’ actuellement. Ceux qui resteront n’ auront qu’ une idée en tête améliorer leurs conditions de vie aux dépends de la nature.
    La seule solution réaliste est le en » même temps » si cher à certains, bien sûr la décroissance humaine, mais également la décroissance matérielle pour revenir à la situation du 20 Décembre 1971, maison améliorant la situation de chacun en répartissant équitablement les richesses. Ce qui serait une utopie pour certains, mais un bien pour tous. C’ est pas gagné, mais pas non plus inatténiable si chacun fait quelques efforts.

    • En 1974, une idée chère à René Dumont (agronome, écologiste, candidat à l’élection présidentielle) était que nous étions déjà trop d’humains sur Terre. Or à l’époque, nous étions moins de 4 milliards …
      Pour préserver de vastes espaces vraiment naturels, pas seulement des boulevards à tourisme, et juste nourrir et loger l’humanité, il est clair que c’est mal parti. Nous sommes près de 8 milliards, 10 milliards en 2050 selon l’ONU, Dumont s’étranglerait d’indignation.

      Mais aussi, notre société européenne actuelle part de la révolution industrielle, dont un élément essentiel est l’énergie. Arrêter hydrocarbures (charbon, puis pétrole et gaz) à effet de serre, et nucléaire contesté et maintenant en difficulté les étés de sécheresse et canicule ?
      Le vélo c’est bien, mais la moissonneuse, le tracteur, sont quand même des inventions sympas pour l’agriculteur.
      Peut-on compter sur les énergies renouvelables intermittentes (solaire, éolien) car intermittent donc pas quand on a besoin ? Pas vraiment.

      Pour les nuits d’hiver sans vent, vaut mieux compter sur l’isolation thermique et la laine des Pyrénées. Pour les semaines de canicule, sur l’isolation thermique (pas tout à fait la même, on ne le dit pas) voir pénurie d’électricité en Californie équipée en solaire et éolien mais débordant de climatiseurs.
      Ou alors, il faut un moyen de stockage réversible efficace de l’énergie électrique. Barrages (Pompage-turbinage, STEP) dans les Pyrénées ? Ça ne va pas suffire. Hydrogène ? Certains travaillent à le mettre au point …

      Mais tout de même, quand on sait que Chine et Etats-Unis produisent à eux deux la moitié des gaz à effet de serre, et la France plutôt 1% (même si Europe davantage), on se dit que la vision écolo dogmatique de sauver la planète en étant prêt à ramener la France au néolithique (végétarien) ça ne va pas suffire.

      • Merci pour votre commentaire que j’approuve.
        A titre comparatif le site electricity map suivant : https://www.electricitymap.org/map permet, en toute objectivité, d’analyser et de comparer les situations sur les émissions de Co2 et les productions mondiales en mix-énergétique.
        Evidemment la Chine ne donne rien comme information alors que son parc de centrales à charbon va augmenter de 30% d’ici à 2030 :
        https://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-nombre-de-centrales-a-charbon-recule-sauf-en-chine-20190328

        Et bien franchement, la France n’est pas trop mal placée depuis longtemps.

        Il y a encore bien sûr des efforts à faire qui seront fait dans les 10 prochaines années, mais faut pas se leurrer, nous aurons besoin du nucléaire.
        Quant à l’éolien, vous pouvez vous reporter sur l’excellente étude de Monsieur Jean Marc Jacovici actualisée au 01/07/2014 : https://jancovici.com/transition-energetique/renouvelables/pourrait-on-alimenter-la-france-en-electricite-uniquement-avec-de-leolien/
        Pour info si nous devions remplacer la centrale de Golfech constituée de 2 générateurs de 1300Mw soit 2600Mw combien faudrait-il d’éolienne pour compenser cette production en sachant qu’il n’y a pas tout le temps du vent ?
        Pour info la capacité productive d’une éolienne moyenne, lorsqu’il y a du vent est de 2Mw.
        Dans son étude Jean Marc Jacovici écrit : » Une éolienne produit autant d’électricité pendant toute l’année que si elle tournait à puissance maximum pendant 2000 heures environ.  » CQFD.

        Dédé
        Le 27/08/2020

  • Pierre-Michel Vidal

    Je doute qu’il y ait un rapport entre la canicule et le réchauffement climatique global. Dans le premier cas c’est une observation de sa fenêtre que nous avons tous entendu depuis toujours. « Ah! Cette année l’été est plus chaud ou au contraire, l’hiver est pluvieux… », « il fait soleil, on le paiera… » Le réchauffement climatique est une question scientifique complexe et controversée. Il faut laisser travailler les scientifiques et les écouter. Les medias et des adolescents perturbés s’en sont emparés un peu vite. On n’entend plus Greta Thunberg d’ailleurs. Il me semble qu’il faut repenser avant tout la question de la limitation des naissances qui est devenue tabou. La planète ne peut plus supporter un accroissement continu de sa population. C’est le bon sens.

    • En effet on peut être sceptique. Ce samedi 22 août 2020, l’humanité a consommé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en un an. Le jour du « dépassement de la Terre » tombe cette année, trois semaines plus tard qu’en 2019. Covid 19 oblige. En 1971, ce jour du dépassement de la terre était le 20 décembre. La surpopulation de la terre est démontrée par ces chiffres.

    • 1°) «Je doute qu’il y ait un rapport entre la canicule et le réchauffement climatique global.»

      Pour une canicule, admettons, pour des séries de canicules rapprochées dans le temps, je doute de votre doute!
      Comme vous doutez car vous n’avez peut-être pas les connaissances scientifiques nécessaires et que vous fonctionnez à l’intuition, vous devriez suivre votre propre argumentation:
      «Il faut laisser travailler les scientifiques et les écouter»
      A quoi cela sert que le Giec ,il se décarcasse?

      2°) «On n’entend plus Greta Thunberg d’ailleurs».
      Elle rencontrait Merkel jeudi dernier. on ne l’entend plus car on n’en parle plus, volontairement ou pas, dans les médias! Cela ne signifie pas qu’elle soit inactive.

      Cette rencontre faisait suite à une lettre ouverte signée par quelque 120.000 personnes en juillet. Les quatre autrices – Greta Thunberg, les Belges Anuna De Wever et Adélaïde Charlier ainsi que l’Allemande Luisa Neubauer – y réclamaient que les chefs d’État et de gouvernement européens fassent preuve de courage et «traitent le changement climatique comme une crise».
      La chancelière allemande, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année, est l’une des seules dirigeantes, avec la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, à y avoir réagit.

      3°)«Il me semble qu’il faut repenser avant tout la question de la limitation des naissances qui est devenue tabou. La planète ne peut plus supporter un accroissement continu de sa population. C’est le bon sens»

      Michel Lacanette vous a répondu et je partage son raisonnement:
      «Ce n’est pas le nombre d’humains qui fera diminuer le problème de notre survie sur la terre. Si nous diminuons la population mondiale de moitié et que tout le monde adopte le mode de vie américain ou européen, la vie sur terre sera tout autant infernale et sûrement pire qu’actuellement.»

      Ce n’est pas la quantité de vie qui est préoccupante c’est sa boulimie, avidité, gloutonnerie, propre à la politique anthropique.
      Le remède est simple, son application est difficile, lente mais en bonne voie:
      L’instruction et l’éducation en général et des femmes en particulier sont les deux mamelles de la baisse de la démographie.

      Forte baisse de la natalité dans le monde – Top Santé
      http://www.topsante.com › … › Conception › Tomber enceinte
      10 nov. 2018 – D’après une étude, la moitié des pays se trouvent désormais confrontés à un effondrement des naissances.
      «Une vaste étude financée par la Fondation Bill & Melinda Gates et publiée dans The Lancet, s’est penchée sur l’évolution des naissances dans 195 pays et territoires du monde, de 1950 à 2017. Cette étude souligne qu’en 1950, les femmes avaient en moyenne 4,7 enfants au cours de leur vie. Et sur ce taux de fécondité a pratiquement diminué de moitié, passant à 2,4 enfants par femme l’an dernier.»

      • Michel LACANETTE.

        Cette étude souligne qu’en 1950, les femmes avaient en moyenne 4,7 enfants au cours de leur vie. Et sur ce taux de fécondité a pratiquement diminué de moitié, passant à 2,4 enfants par femme l’an dernier.»

        Autrement dit il nous suffit d’ être patients. Cela semble aller dans le bon sens, ( donner du temps au temps), mais vu la rapidité d’ évolution du réchauffement climatique cela ne sera pas suffisant. En parallèle à cela il faut engager une véritable politique volontariste de réduction des gaz effet de serre. D’ où une politique du  » en même temps » sans quoi les effets désastreux du changement climatique seront reportés sur les générations post futures, si il y en a encore.
        Certains responsables politiques majeurs commencent à toucher du doigt et comprennent les effets de la nasse dans la quelle nous sommes engagés, mais font ‘ils le poids face aux géants comme la Chine et les EU ou l’ Inde qui n’ ont pas l’ air d’ abonder dans ce sens, mais plutôt dans une course poursuite sans fin à l’ hyper consommation.

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