En regardant le Tour de France

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Durant cette période, le spectacle du Tour de France cycliste est, comme tous les ans, passionnant. Enfin pour ceux qui sont passionnés par ce sport. C’est aussi l’occasion de pouvoir prendre conscience, concrètement, de tous ces pièges que les coureurs doivent éviter à l’approche des villes étapes.

Et ils sont nombreux ces pièges. Ils provoquent d’ailleurs pas mal de chutes aux conséquences diverses et parfois graves. Ils se nomment ronds-points, îlots directionnels, séparateurs de voies, ralentisseurs, terre-pleins centraux, haricots, gendarmes couchés, giratoires, coussins berlinois ou lyonnais, dos d’ânes, chicanes. La liste ne s’arrête pas là, tant l’imagination de ceux qui sont supposés prendre des dispositions de nature à garantir la sécurité est sans limites. Mais en fait de sécurité, à en juger par les préoccupations exprimées par les coureurs professionnels, il faudrait plutôt parler de dangerosité.

Si les coureurs de la grande boucle disent clairement leur opposition à ces ouvrages, il faut prendre en compte qu’ils se déplacent sur un itinéraire confiné où tous les véhicules circulent dans le même sens et où les voitures automobiles et les motos sont conduites par des professionnels hautement expérimentés. Il n’en va pas de même du simple pékin, catégorie à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, qui fait du vélo pour son plaisir. Celui-là n’est que très peu protégé quand il doit aborder un de ces dispositifs. Il prend très vite conscience que le principal danger vient des voitures qui ont une fâcheuse tendance à le frôler. Dans le cas de séparateurs de voies, pour ne prendre que cet exemple, endroit où la voie de circulation est forcément rétrécie, les automobilistes effectuent un dépassement sans se soucier de l’écart qu’ils doivent laisser entre le vélo et leur véhicule. Le danger est grand. Le cycliste est alors contraint, pour éviter cette dangereuse proximité, de se placer en milieu de l’axe. Il oblige ainsi le véhicule automobile à différer son dépassement. N’évoquons pas les ronds-points où les voitures dépassent les cyclistes pour ensuite leur couper la route. Sortir d’une piste cyclable ou aborder une chicane est souvent problématique .

Toutes ces installations qui ont théoriquement pour objet de garantir une meilleure sécurité de tous se révèlent dans bien des cas des dangers. A Pau, par exemple, on s’interroge toujours sur l’opportunité du dispositif mis en place avenue du Bezet. Celui-ci, sorti de l’élucubration d’un élu, représente un réel danger, à la fois pour les voitures et pour les cyclistes ; j’en ai fait l’expérience. On s’interroge également sur ces curieux grains de chapelet collés au sol, avenue du Maréchal Leclerc et avenue Trespoey. Ils sont censés délimiter une bande cyclable. On s’interroge sur ces terre-pleins récemment construits boulevard de la Paix. A moins que dans un but très éloigné de la véritable sécurité, il faille pouvoir dire, « durant mon mandat, j’ai agi pour la sécurité routière ». Le souci serait donc plus électoraliste, plus démago que sécuritaire.

Il est des circonstances où les politiques devraient avoir l’intelligence de s’entourer de praticiens et non de rabatteurs de voix.

Pau, le 7 septembre 2020

par Joël Braud

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5 commentaires

  • Il fût un temps regretté où avant toute modification de voirie, des échanges entre le Maire et les riverains avaient lieu directement sur place . Il arrivait avec un ou deux techniciens, muni de son chapeau élégant, détendait les nerfs de quelques riverains plus tendus que d’autres par quelques confidences Paloises et blagueuses, puis les solutions étaient examinées sérieusement, directement, sous l’angle des avantages et des inconvénients. Si une proposition gagnait un large concenssus chez les riverains présents et préalablement invités par un courrier d’information , la mise en oeuvre était décidée . Dans le cas contraire, les techniciens étaient renvoyés à leurs études pour d’autres propositions ou un statu quo. Dans un passé moins lointain, de telles façon de travailler ont permis de belles initiatives par les conseils de quartiers .

    Les conseils de quartiers ont quasi disparu depuis 4 ans quand ils ont réussi à survivre … Le maire et sa présence , sujet absent … Donc , le Maire décide depuis la place Royale de ce qui est bon, selon lui. Les Chapelets  » comme à BARCELONE  » , l’avenue du Bezet, la résidence « Harmonie » rue du chemin vert qui remplace un bosquet de chênes, la vente de la ferme Marquezzine, ultime témoignage du passé paysan de notre ville qui sera démolie sous peu, pour exemple. Et puis il y a ce qui ne se fait pas …
    L’arrosage des arbres de moins de dix ans qui n’a fait l’objet d’aucune décision cet été aura des conséquences . Ceux de l’avenue d’Attigny s’en remetront ils ? Pas sur ! Certains sujets du parcours BHNS sont déjà morts, d’autres en pronostics vital engagé , de même aux allées de Morlaas, à proximité du stade d’eaux vives etc … Triste gaspillage en perspective quand on regarde les montants investis . Les deux petites pluies de ces dernières 24 h sauveront le reste je l’espère sincèrement !

    • Il fut donc un temps regretté (?) où le clientélisme était roi, et où « Toque-Manettes » se déplaçait pour s’assurer que les services techniques n’allaient pas embêter les riverains, tous spécialistes de l’aménagement de voirie comme chacun sait. Le statu quo prévalait la plupart du temps, et Toque-Manettes faisait d’une pierre deux coups en économisant l’argent de la réfection/aménagement. Le complexe de pelote méritait bien cela.

      Résultat : à la disparition de Toque-Manettes la ville avait un retard considérable dans la réfection des rues, dont nombre était dans un état lamentable. Ce n’était pas un cadeau pour ses successeurs, ce retard ne pouvant être rattrapé d’un coup de baguette magique.

      Je ne regrette absolument pas ce temps là.

      Sur les « grains de chapelet » qui provoquent des réactions négatives ici ou là, je remarque que « Pau à Vélo », pourtant peu suspecte de complaisance envers la municipalité, juge que l’aménagement de l’axe en question va dans le bon sens et qu’il faudra faire le bilan dans quelque temps.

  • « Il est des circonstances où les politiques devraient avoir l’intelligence de s’entourer de praticiens et non de rabatteurs de voix. » Ou juste passer par l’avenue du BEZET? Parce que là … avenu du BEZET on atteint des sommets, c’est de la haute voltige! Peut-être aussi est-ce de notre faute, ploucs que nous sommes! Ils planent tellement haut et loin devant !

  • Epouvantables, ces grains de chapelet. Il y a eu déjà des accidents sévères de cyclotouristes – pour ne parler que ce de ceux-là. Le « message » n’est pas clair du tout.

  • Les terre-plein sont un vrai danger quand une auto force le passage alors que le cycliste est déjà engagé. Et je ne parle pas du groupe qui est doublé alors que la tête du peloton arrive à l’entrée du passage rétréci. Ceux qui sont en tête y sont vraiment en danger. Autre danger , traverser un rond-point aux heures de pointe. Du côté de Gelos Mazères on n’y a aucune visibilité alors que les véhicules y arrivent à haute vitesse souvent. Sur les grands ronds points, j’y ai subi des chauffards accélérant à la vue de cyclistes déjà sur le rond-point, coupant sans vergogne le groupe. Très stressant! Des limitations de vitesse drastiques devraient être imposées là.

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