Délinquance, un enjeu électoral !

En France à l’approche d’une élection, quel que soit son niveau, le sujet de la sécurité revient sur le tapis. Il s’agit bien évidemment d’un problème auquel les électeurs sont particulièrement sensibles, alors pourquoi ne pas jouer la transparence ? Vont nous être dispensées, mensuellement, des statistiques qui n’auront qu’un but, celui de faire admettre que la lutte contre la criminalité et la délinquance sont des enjeux pris à bras-le-corps par les élus. Mais, il faut se méfier des statistiques

Comment sont collectées les chiffres sur la délinquance ? Il existe un tableau appelé 4001 qui répertorie toutes les infractions pénales constatées du niveau délit et crime. Les contraventions en sont exclues. Elles sont classées par ordre d’importance et selon des critères tels qu’atteintes au personnes, atteintes aux biens, stupéfiants et autres… En regard de chaque infraction apparaît la suite donnée : élucidée ou non élucidée. En cas d’élucidation est inscrit le nombre de mis en cause, la mesure de garde à vue et la suite donnée : déféré au parquet ou laissé libre. N’y figurent bien évidemment que les faits délictueux ou criminels qui ont fait l’objet d’une procédure judiciaire.

Une augmentation des statistiques traduit-il un manque d’efficacité ? Non de même qu’une baisse du nombre des faits constatés n’est pas forcément un bon résultat. A cela deux raisons. La première tient au sérieux des services qui respectent scrupuleusement le code de procédure pénale qui veut que : toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous le renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. (Article 40 du code de procédure pénale). A partir de cette obligation, il est évident que la pratique de la main courante est proscrite, elle s’assimile à un refus d’enregistrer une plainte. Soulignons, mais c’est évident, que les infractions figurant sur les mains courantes ne sont pas répertoriées dans les statistiques. La seconde raison est qu’il existe des infractions que l’on pourrait appeler réactives ; ce sont celles portées à la connaissance des services de police ou de gendarmerie par le moyen d’une plainte et celles que l’on pourrait appeler proactives ; elles résultent de l’initiative des services d’investigations. Parmi ces dernières se trouvent les infractions à la législation sur les stupéfiants, les ports d’armes, les étrangers en situation irrégulières etc. (infractions sans victimes). En regard de ces spécificités, il est facile de comprendre que si l’on veut fait baisser la délinquance, il suffit d’une part de faire un usage abusif des mains courantes et d’autre part de ne pas s’investir dans la recherche des infractions « proactives ». Le dernier moyen pour faire baisser la délinquance est la « contraventionnalisation » de certains délits. Les dégradations volontaires, par exemple, sont des délits ou des contraventions selon l’importance du préjudice subi par la victime. Le code pénal ne fixant pas de curseur, il est aisé pour l’enquêteur de minimiser ce préjudice et de classer en contravention ce qui devrait être un délit.

Peut-on comparer toutes les villes ? Habituellement il est considéré que plus une agglomération est importante, plus la délinquance et la criminalité doivent être analysées différemment. Il existe pour cela ce qui est appelé le taux pour mille, il s’agit du nombre d’infractions constatées par groupe de mille habitants. Et même, si ce taux pour mille constitue un élément de comparaison objectif, il doit être modulé en fonction de la taille de la ville. Ainsi seront distinguées les villes de plus de 100.000 habitants de celles comportant entre 50.000 et 100 ;000 habitants, les grande villes , les villes moyennes et les petites villes.

Toutes ces données sont-elles « livrées » au public ? Jusque là non. Personnellement, j’ai cherché l’une d’entre elles que je considère comme, sinon essentielle, du moins très significative de la lutte contre l’insécurité : le « taux d’élucidation ». Peu de chiffres sont communiqués à ce propos. Il s’agit pourtant d’un élément qui témoigne de l’efficacité des services de police ou de gendarmerie. Ce taux est beaucoup plus bas que ce que l’on imagine. Malheureusement, les mailles du filet sont larges et laissent impunis ou non poursuivis un certain nombre de délinquants ou des criminels.

Ainsi au moment où on nous promet la transparence sur les chiffres de la délinquance et de la criminalité dans notre pays ou dans notre ville, il faut avoir en tête certaines données qui permettront de ne les appréhender qu’avec un œil sinon critique du moins averti. Le gogo ne gobe pas tout ; il faut espérer que ces statistiques ne seront pas trafiquées. Un bon électeur est un électeur éclairé. Dire par exemple qu’à Pau, la délinquance a baissé de 3% comme cela s’est fait, ne signifie pas grand chose.

Pau, le 14 septembre 2020

par Joël Braud

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6 commentaires

  • Une relecture… : / « …. alors pourquoi ne pas jouer la transparence ? Vont nous être dispensées, mensuellement, des statistiques qui n’auront qu’un but, celui de faire admettre que la lutte contre la criminalité et la délinquance sont des enjeux pris à bras-le-corps par les élus. Mais, il faut se méfier des statistiques. ».

    Puisque nous devons nous contenter d’informations plus ou moins parcellaires, retour sur le site web du « Ministère de l’Intérieur » (édité et géré par la Délégation à l’Information et à la Communication du ministère de l’Intérieur)
    . Article « Actualités : La mesure statistique de la délinquance – AJ Pénal, Dalloz », publié le 17 octobre 2019
    URL : https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/La-mesure-statistique-de-la-delinquance-AJ-Penal-Dalloz

    Je reviens donc sur le contenu du paragraphe « Une décennie de polémique… » que je reproduis intégralement, ci-après :
    « L’hétérogénéité des modes de mesure rend donc illégitime l’addition des chiffres mesurés dans les différentes catégories. De plus, un chiffre unique de la délinquance est susceptible de masquer des phénomènes délinquants importants. En particulier, une augmentation du nombre de certains crimes graves, comme des homicides conjugaux, pourrait par exemple être compensée par une baisse de même ampleur du nombre de certains délits, comme le nombre d’usages de stupéfiants constatés. Pourtant, un chiffre unique de la délinquance a longtemps été utilisé par les services de police et de gendarmerie pour piloter l’action publique et les politiques l’ont également mis en avant à des fins de communication 2 , en particulier à partir de 2002.
    Au même moment, la mise en œuvre du management par objectifs de la délinquance, connu sous la dénomination de « politique du chiffre » a également contribué à brouiller, voire décrédibiliser les statistiques de la délinquance enregistrées par les forces de sécurité en perturbant l’établissement de l’état 4001 par les services. En effet, comme cela a été depuis mis en évidence par des missions d’inspections générales 3 , certains commissariats reportaient systématiquement au mois suivant l’enregistrement des faits dès lors que les objectifs chiffrés qui leur étaient assignés étaient atteints. Parfois une dissimulation plus massive a même eu cours avec certains faits qui n’ont tout simplement jamais été reportés.
    En septembre 2012, un groupe de travail interne au ministère de l’Intérieur a été mandaté pour « rompre avec une présentation des statistiques reposant sur des indicateurs trop globaux, trop imprécis et trop hétérogènes (chiffre unique de la délinquance, taux d’élucidation global) » et « redonner aux statistiques leur véritable vocation : être un outil au service de l’efficacité de l’action des policiers et des gendarmes ». Fin 2012, le ministre de l’Intérieur annonçait abandonner l’utilisation d’indicateurs de mesure de la délinquance trop globalisants. Il faut noter que cette pratique, déjà largement remise en cause par de nombreux chercheurs 4 ainsi que par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP créé en 2002), avait ensuite été fortement critiquée par la mission d’information parlementaire de 2013 relative à la mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences : « …[un chiffre unique] qui résulte de l’agrégation grossière de données éparses, n’est porteur d’aucune réalité. Fabriqué de toutes pièces à des fins de communication politique, il ne peut que faire reculer le niveau du débat public… ». Enfin, début 2013, dans une circulaire adressée aux préfets, le ministre demandait de « rompre avec la politique du chiffre, qui consiste à fixer des objectifs à l’avance au risque de dévoyer les règles d’enregistrement statistique pour pouvoir les atteindre
    ».

    Ce qui précède, en dit long :
    1) sur la « crédibilité » (…) des statistiques de la délinquance enregistrées et diffusées à la hiérarchie, par les forces de sécurité… (Rappel : nous sommes pourtant au 21ème siècle et depuis longtemps, les systèmes d’information sont performants et fiables, du moins dans les grandes entreprises du secteur privé, SAUF au… ministère de l’Intérieur !!!
    2) sur le mode de « reporting » et les critères d’analyse (…), puisque « certains commissariats reportaient systématiquement au mois suivant l’enregistrement des faits dès lors que les objectifs chiffrés qui leur étaient assignés étaient atteints. Parfois une dissimulation plus massive a même eu cours avec certains faits qui n’ont tout simplement jamais été reportés. ».

    Bis repetita : tout ce qui précède, me laisse pour le moins dubitatif…
    Il serait enfin temps, au 21ème siècle, d’améliorer la transparence de ce type de reporting et surtout… sans manipulation par les chiffres, afin de pouvoir le diffuser officiellement, sans que l’on puisse émettre des réserves !!!

    Nota : je laisse le soin aux internautes, de lire les paragraphes « … et la création d’un service statistique ministériel pour y remédier » + « Un suivi mensuel de plusieurs indicateurs de délinquance » …

  • A défaut, de pouvoir consulter « les chiffres du taux d’élucidation pour l’année 2019. Pourtant ils sont sortis, mais sans doute il y a quelque chose à cacher, ils n’ont pas été diffusés. », on doit se contenter des informations suivantes (sous réserves…) :

    ① Site du « Ministère de l’Intérieur » (édité et géré par la Délégation à l’Information et à la Communication du ministère de l’Intérieur)

    1) Article « Actualités : La mesure statistique de la délinquance – AJ Pénal, Dalloz », publié le 17 octobre 2019
    Extraits (Titres des paragraphes) :
    ■ L’essor de la statistique de la police et de la gendarmerie nationales
    ■ Une décennie de polémique…
    ■ … et la création d’un service statistique ministériel pour y remédier
    ■ Un suivi mensuel de plusieurs indicateurs de délinquance
    ■ La statistique de la délinquance enregistrée s’enrichit
    ■ Les enquêtes de victimation : un complément indispensable à la statistique de la délinquance enregistrée
    ■ De nouvelles sources administratives pour mieux couvrir toutes les formes de délinquance
    URL : https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/La-mesure-statistique-de-la-delinquance-AJ-Penal-Dalloz

    1) Rubrique « Interstats », avec les sous-rubriques suivantes :
    . Actualités
    . La mesure statistique de la délinquance
    . Conjoncture
    . Thèmes (Analyses territoriales, Cambriolages, Délinquance économique, Homicides, Menaces et injures, Sentiment d’insécurité, Vandalisme et dégradations, Violences physiques ou sexuelles, Vols avec violences, Vols liés aux véhicules, Vols sans violence)
    . Analyses territoriales
    . Publications
    . Méthode
    . L’enquête Cadre de vie et sécurité (CVS)
    . L’enquête Genre et Sécurité (GENESE)
    . Calendrier de diffusion
    . Qui sommes-nous ?
    Nota : voir « Insécurité et délinquance en 2019 : une première photographie – Interstats Analyse N°24 »

    ② Article : « Insécurité et délinquance : les premiers chiffres de 2019 » (Site web « Vie publique » En bref > Société : par La Rédaction, publié le 21/01/2020)
    URL : https://www.vie-publique.fr/en-bref/272813-insecurite-et-delinquance-les-premiers-chiffres-de-2019

    ③ Article : « Agressions, viols, tentatives d’homicide: la délinquance a explosé en France en 2019 » (Site web « Le Figaro » par Jean-Marc Leclerc, publié le 17/01/2020)
    Chapeau de l’article :
    .  » Les chiffres officiels des crimes et délits témoignent d’une inquiétante dégradation, notamment sur le plan des violences.  »
    .  » Le bilan 2019 de la délinquance en France est mauvais, très mauvais. Le ministère de l’Intérieur a donc publié en toute discrétion ses chiffres, via son service statistique, le SSMI. Il est loin le temps où les ministres défendaient leur action en toute transparence, au cours d’une grande conférence de presse. Il faut dire que le sujet est devenu sensible, surtout à quelques semaines des élections municipales: quasiment tous les indicateurs sont au rouge, avec une nette dégradation de la situation sur le plan des violences.  »
    Voir les paragraphes suivants :  » Un retour 40 ans en arrière  » +  » Reconquête républicaine  »
    URL : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/agressions-viols-tentatives-d-homicide-la-delinquance-a-explose-en-france-en-2019-20200117

    Nota (extrait du site web « Le Point ») :
    Article « Délinquance en France : un triste bilan en 2019 », publié le 17/01/2020
    Extrait :  » Le bilan de la délinquance en France en 2019 n’est pas loin d’être catastrophique. D’ailleurs, comme le rapporte Le Figaro, le ministère de l’Intérieur ne s’est pas épanché sur ses chiffres, publiés dans la plus grande discrétion via son service statistique, le SSMI.  » (Ndlr : SSMI = Service statistique ministériel de la sécurité intérieure)
    URL : https://www.lepoint.fr/societe/delinquance-en-france-un-triste-bilan-en-2019–17-01-2020-2358284_23.php
    Nota : voir l’article « Les policiers sont moins formés et moins encadrés qu’avant » (par Aziz Zemouri, publié le 16/01/2020)

    En remontant dans le temps … :
    Rappel : je ne peux pas garantir la pertinence des informations contenues dans la sélection d’articles suivants, articles dont l’objectivité en fonction de l’actualité, de l’ancienneté des références (Origine et/ou source + date de publication principalement) peuvent éventuellement susciter des réserves :

    ④ « Statistiques de l’activité de la police nationale et de la gendarmerie nationale » (Site web « La Gazette des Communes » (Données statistiques relatives aux effectifs de police et à la situation de la délinquance dans les circonscriptions de sécurité publique en 2007, page 53 : département 01 à 95)
    URL : https://www.lagazettedescommunes.com/telechargements/statistiques_securite_2008_avis_geoffroy_lfi_securite_53_63.pdf

    « As usual : » bonne lecture 😉 😉 😉

  • Néophite en la matière, et en farfouinant sur la toile, je n’ai trouvé que ces quelques sites sur cette notion que « vous considérez comme, sinon essentielle, du moins très significative de la lutte contre l’insécurité : le « taux d’élucidation ». Peu de chiffres sont communiqués à ce propos. Il s’agit pourtant d’un élément qui témoigne de l’efficacité des services de police ou de gendarmerie. Ce taux est beaucoup plus bas que ce que l’on imagine. Malheureusement, les mailles du filet sont larges et laissent impunis ou non poursuivis un certain nombre de délinquants ou des criminels. »

    Nota : je ne peux pas garantir la pertinence des informations contenues dans la sélection d’articles suivants, articles dont l’objectivité en fonction de l’actualité, de l’ancienneté des références (Origine et/ou source + date de publication principalement) peuvent éventuellement susciter des réserves :

    ① Tableau de bord « Objectifs et indicateurs de performance » (Annexes budgétaires : Objectifs, indicateurs, analyses des résultats)
    Site web « Performance publique » (Source : Ministère de l’Action et des Comptes Publics > Direction du budget)
    Voir, entre autres informations : Indicateur 2.1 : Taux d’élucidation ciblés (du point de vue du citoyen)
    URL : https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2018/rap/html/DRGPGMOBJINDPGM176.htm

    ② Article « Taux global d’élucidations des crimes et délits » (Base Questions > 1999 : site web du « Sénat » : publié en 1999)
    . Question écrite n° 15864 de M. Emmanuel Hamel (Rhône – RPR) publiée dans le JO Sénat du 22/04/1999 – page 1304
    . Réponse du ministère : Intérieur, publiée dans le JO Sénat du 05/08/1999 – page 2683
    URL : https://www.senat.fr/questions/base/1999/qSEQ990415864.html

    ③ Article : « Les facteurs d’élucidation des homicides. L’état des savoirs » (Source : par Boucif Souidi . Dans Déviance et Société 2018/4 (Vol. 42), pages 687 à 715 sur le site web « Cairn.info » le 27/11/2018)
    URL : https://www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2018-4-page-687.htm#

    OU : Article : « Les facteurs d’élucidation des homicides. L’état des savoirs » (Source : par Boucif Souidi . University of Liège)
    Date: January 2018 Dans : Déviance et Société 42(4):687 DOI: 10.3917/ds.424.0687 sur le site web « RearchGate » le 27/11/2018)
    URL (2018/4 Vol.42 pages 685 à 715) : https://www.researchgate.net/profile/Boucif_Souidi/publication/329166790_Les_facteurs_d%27elucidation_des_homicides_L%27etat_des_savoirs/links/5cc04887299bf120977b2a31/Les-facteurs-delucidation-des-homicides-Letat-des-savoirs.pdf?origin=publication_detail

    ④ Article : « L’élucidation des homicides : de l’enchantement technologique à l’analyse des compétences des enquêteurs » (Contribution à la sociologie du travail de police judiciaire) : site web du « C E S D IP
    Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales
    », par Laurent Mucchielli 2005 – n° 98 (77 pages au format .pdf).
    Résumé : « À partir du dépouillement d’une série de dossiers judiciaires (affaires d’assassinats, de meurtres et de coups mortels jugées dans une cour d’assises de la région parisienne) et d’une autre série de dossiers d’affaires non élucidées (archivés dans deux services de recherches de police et de gendarmerie de la même région), ainsi que d’entretiens approfondis avec des enquêteurs de police judiciaire, on propose ici une analyse des conditions d’élucidation des homicides. Le discours des professionnels est confronté à leurs pratiques, ce qui amène à inverser la hiérarchie des trois principaux facteurs d’élucidation : les investigations sur la scène de crime (appelées aussi « constatations initiales »), l’enquête de voisinage et la recherche des témoins. Les éléments humains fournis par les deux derniers facteurs sont en réalité les plus déterminants pour identifier des suspects. En analysant la série d’affaires non élucidées, on établit ensuite une première typologie des causes de non-élucidation. Enfin, on analyse l’importance et la nature du travail de recherche des aveux, en soulignant les compétences relationnelles développées par les enquêteurs.
    Les conclusions de ce travail amènent à réfléchir sur l’évolution des pratiques et sur les représentations de l’impact des sciences et des techniques dans le travail de police judiciaire. Tout au long de l’analyse, on propose également une réflexion méthodologique sur l’enquête qualitative en sociologie. »
    URL : http://www.cesdip.fr/wp-content/uploads/EDP_no_98.pdf

    ⑤ Article : « Pourquoi les chiffres de la délinquance ont-ils augmenté en France en 2019 ? » (Site web « BFM TV » : par Justine Chevalier, publié le 04/02/2020)
    Chapeau de l’article : « Le nombre de cas de violences sexuelles, d’homicides ou encore de coups et blessures a nettement augmenté en 2019. Une hausse de la délinquance en France qu’il faut nuancer, en partie, avec une libération de la parole, notamment dans les affaires d’agressions sexuelles ou de violences intrafamiliales. »
    Extraits : « Taux d’élucidation en hausse : Concernant la hausse des coups et blessures, l’explication serait identique. En 2019, 260.000 plaintes pour des violences volontaires ont été enregistrées. Les violences dans le cercle familial constituent la moitié des cas et leur nombre a augmenté de 14% entre 2018 et 2019. Cette hausse significative pourrait s’expliquer par le Grenelle des violences conjugales qui s’est achevé au mois de novembre avec une cinquantaine de mesures censées notamment enrayer le fléau des féminicides. »
    URL : https://www.bfmtv.com/police-justice/pourquoi-les-chiffres-de-la-delinquance-ont-ils-augmente-en-france-en-2019_AN-202002040112.html

    ⑥ Rapport de la « Cour des Comptes » (La police technique et scientifique : Communication à la Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale . Décembre 2016)
    URL : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/20170215-rapport-police-technique-scientifique.pdf

    Rappelons, que la « Police technique et scientifique » favorise la hausse du taux d’élucidation.

    Pour terminer, et pour les personnes qui ont du temps pour… lire :
    ⑦ « L’imposture : 10 années de politique de sécurité de Nicolas Sarkozy » (Site web de « Terra Nova » le Projet 2012 – Contribution n°19, par Valérie Sagant, Benoist Hurel, Eric Plouvier : rapporteurs du groupe de travail, 170 pages au format .pdf)
    Nota : « Terra Nova est un think tank progressiste indépendant ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes. »
    URL : https://tnova.fr/system/contents/files/000/000/802/original/Rapport_Securite_le_bilan_-_Terra_Nova_-_contribution_n%C2%B019.pdf?1436947547

    A la lecture de ce qui précède et étant passé par le « contrôle de gestion » en entreprise, c’est pour moi, le genre de taux qui restera toujours soumis à des réserves ou à prendre « avec des pincettes », tant il dépend de multiples facteurs pas forcément maîtrisables (Actualités et contextes politiques, relations à l’intérieur des services de police ou de gendarmerie, modes d’appréciation ou d’évaluation ET de rapports écrits pas forcément objectifs (?) de la part de la hiérarchie sur le terrain où les relations peuvent parfois être « un peu » compliquées (Ex : pression et rôle prépondérant de syndicats) = risque de surévaluation ou… sous-évaluation du taux d’élucidation.
    En bref, un taux à géométrie variable et donc un indicateur du taux d’élucidation qui manque de fiabilité (…) et qui donc, ne reflète pas forcément la réalité constatée sur le terrain, mais je peux me tromper, peut-être même que je suis… hors-sol !

    Par ailleurs :
    1) QUID de l’incidence de ce taux sur la notation des fonctionnaires f(taux d’élucidation) par un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie : par ville, par département et par région… = désaccords possibles sur la publication de chiffres pouvant être considérés peu fiables, ne reflétant pas la réalité et donc sources d’éventuels conflits internes entre services…

    2) Peut-on considérer que la police ou la gendarmerie, comme étant moins efficace, pour avoir moins patrouillé et donc élucidé moins d’affaires, car de plus, c’est f(effectifs et moyens affectés) ?
    On peut légitimement émettre des réserves sur l’évolution du taux d’élucidation exprimé en %, par type d’infraction …

    3) On peut supposer une concurrence entre les enquêteurs de la police et ceux de la gendarmerie…
    Tout ce qui précède, me laisse pour le moins dubitatif…

    « Last but not least : » je laisse à la sagacité de l’auteur de cet article, de nous faire part de son avis ou du moins, en extraire la substantifique moelle, car il y a surement, à défaut de grignoter, de quoi débattre…

    « As usual : » bonne lecture 😉 😉 😉

    • En premier lieu, je vais répondre à l’aide de deux citations :
      « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées » Winston Churchill
      « Les statistiques, c’est comme la minijupe, ça cache l’essentiel, mais ça permet d’y penser » Auteur inconnu.

      Dans votre commentaire, il y a des URL. C’est facile de les livrer ainsi, cela évite de les résumer. Je n’en retiendrai que deux. Le premier cité (que je connaissais) évoque des taux d’élucidation pour 2018. il n’y est porté que les taux d’élucidation des :
      -violences est de 13,12 %
      -cambriolages : 11,28 %
      Homicides : de 70,20 %
      J’avais volontairement évité de citer ces chiffres car je pense que peu de monde imagine des taux aussi bas. Il fallait à mon sens ne pas rajouter au sentiment d’insécurité en affichant une si faible réussite des enquête judiciaires. Autre particularité, seuls les taux d’élucidations de trois infractions sont rapportés alors qu’il existe dans le tableau 4001, 107 rubriques.
      Le second URL est une réponse d’un ministre à une question d’un député à l’Assemblée nationale. Là encore il faut souligner que sont exposés des chiffres de 1999. Durant cette année, les cambriolages sont élucidés à hauteur de 9,9 %, les vols à la tire à hauteur de 3,25 %. Le taux d’élucidation de l’ensemble des infractions s’élève à 33,39 %. 33,39 % ce n’est pas beaucoup, les mailles du filets sont en effet lâches. Je note cependant que ni vous ni moi n’avons trouvé des chiffres du taux d’élucidation pour l’année 2019. Pourtant ils sont sortis, mais sans doute il y a quelque chose à cacher, ils n’ont pas été diffusés.
      Pour répondre à vos questions et me placer par le fait dans la position de votre élève, je dirais que la réponse à votre première question est contenue dans l’URL concernant une publication intitulée : « L’imposture, dix années de politique de sécurité de Nicolas Sarkozy ». Il a été le plus mauvais ministre de l’intérieur qui ait existé en France. Il a décidé de donner des primes en fonction des résultats des statistiques sur la délinquance par circonscription de police. Par parenthèses, il ne l’a pas fait pour la gendarmerie qui ne s’est pas laissé faire. Résultat : ceux qui trafiquaient le plus les statistiques recevaient des primes. Tant et si bien qu’il a fallu s’organiser autrement. Les statistiques ne sont plus établies au niveau des circonscriptions mais au niveau national.
      Moins efficace pourquoi ? Je me garderais bien de répondre à cette question. Juste une indication, le métier de policier est basé sur la motivation individuelle. Faites ce que vous voulez de cette réponse.
      Enfin, il n’y a pas de concurrence ou de rivalité entre la police et la gendarmerie, il y a une saine émulation. Là encore, faites ce que vous voulez de cette réponse.
      Je rappelle que mon article a comme but principal d’inviter le citoyen à regarder les statistiques sur la délinquance avec un certains recul, un oeil critique. Vous savez on pourrait dire que la sécurité est une chose trop sérieuse pour que les politiques s’en occupent. C’est d’ailleurs le titre de mon article quand je dis qu’il s’agit d’un enjeu électoral.

      • Merci pour votre réponse et vos appréciations (…).

        / « Autre particularité, seuls les taux d’élucidations de trois infractions sont rapportés alors qu’il existe dans le tableau 4001, 107 rubriques. » : n’est-il pas préférable ou possible (?) de définir un groupe d’infractions et les regrouper plutôt que de lister 107 rubriques ?

        Pour l’entreprise : on m’a toujours appris qu’il valait mieux fournir quelques indicateurs pertinents et bien maîtrisés qu’une « foultitude » d’indicateurs…
        Est-ce possible de définir, dans la police et la gendarmerie, les indicateurs les plus importants plutôt que d’aligner des dizaines et des dizaines d’indicateurs qui rendent la lecture d’un tableau de bord, illisible…
        Le plus important (humble avis) est que les informations fournies puissent donner des ordres de grandeurs compréhensibles et/ou puissent faire prendre des décisions qui corrigent les dérives et/ou écarts constatés et dans le cas présent, sur une période d’un mois ou au plus, d’une année sur l’autre…

        Pour le reste, vous confirmez les doutes que l’on peut avoir : le manque de fiabilité des informations fournies surtout lorsqu’on peut (on a pu…) trafiquer des statistiques, que l’on peut orienter ou, à qui on peut faire dire un peu ce que l’on veut…
        Rappel : en finance, « on peut habiller » un bilan…

        / « Les statistiques ne sont plus établies au niveau des circonscriptions mais au niveau national. » : je serai curieux de connaître comment se passe la remontée des informations et donc, la consolidation au niveau national…
        La fusion des données ne pouvant être effectuées qu’à partir de tableaux de bord préalablement identiques, idem pour la définition des données et critères inclus pour ces tableaux…

        Peut-être, suis-je entrain de dériver, quoique… ;-).;-) 😉

        • Définir un groupe d’infractions et de les regrouper C’est déjà fait. On distingue les infractions contre les personnes, contre les biens, les stupéfiants, financières etc.
          Les statistiques n’ont d’intérêt que lorsqu’elles sont comparées. L’usage veut que soit comparée une année sur la précédente ou les précédentes. Ainsi une évolution permet de mieux définir les priorités de la lutte contre la délinquance.
          En effet cela peut paraître curieux de faire établir des statistiques de façon centralisée au plan national. L’informatique le permet. Ainsi lorsque un service de police ou de gendarmerie reçoit une plainte ou établit une procédure judiciaire cela est enregistré au plan national ; ce sont, je crois, ce que l’on appelle des algorithmes.

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