Principe de Diversions

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Plus on s’enfonce dans la crise économique et sociale, plus on nous annonce des privations de liberté et des dépôts de bilan, plus on nous parle d’autres choses : De Zemmour par exemple. Le Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques va porter plainte contre lui. C’est faire beaucoup d’honneurs à un triste sire en le confortant dans le rôle qu’il affectionne : celui de la victime de la vindicte des tenants du politiquement correct. Nous n’avons pas attendu le président Jean-Jacques Lasserre pour fermer le poste quand Zemmour y parle et pour ne lui accorder aucun crédit quand il s’exprime.

Le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques qualifie de « scandaleux » les propos tenus par le polémiste et porte plainte pour incitation à la haine. Il suit ainsi cinq autres départements, la Loire-Atlantique, le Gers, les Landes, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales, qui ont eux aussi annoncé qu’ils allaient saisir la justice. Au cours de l’émission « Face à l’info », Eric Zemmour affirmait que « les jeunes issus de l’immigration […] sont tous des voleurs, ils sont tous des assassins, ils sont tous des violeurs. » Réponse de Jean-Jacques Lasserre à ces inepties : « c’est avec des propos comme ça qu’on rend invivables les relations dans les sociétés modernes (…) C’est dramatique d’écouter des choses comme ça, c’est proprement scandaleux. C’est un profond mépris de la réalité et du devoir naturel que les élus et les observateurs doivent avoir en direction de ces populations. » https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-conseil-departemental-des-pyrenees-atlantiques-porte-a-son-tour-plainte-contre-eric-zemmour-1601652710

Y avait-il, de la part d’un pilier du MODEM, urgence à s’en prendre à un polémiste controversé, peu crédible, qui fait le succès d’une chaîne d’info en continu peu reluisante, de rejoindre ses voisins, socialistes pur sucre, des Landes et de se placer dans le sillage de la Licra, qui est, elle, dans son rôle d’association qui lutte contre l’antiracisme. On attend que la mairie de Pau lui emboîte le pas…

De même et fondamentalement pour la même raison : faire oublier la gestion chaotique de la pandémie, y a-t-il urgence à se préoccuper du bien-être animal ? Que n’y avait-on pensé avant ? Comme un fait exprès, la Cause Animale est devenue la priorité des priorités ; sauf, sans doute, de ceux qui les mains dans la glaise, sont au chevet des malades du Covid, ou qui sont occupés à faire brûler des pneus devant les grilles de Goodyear, en désespoir de cause, avant de perdre leurs boulots.

L’urgence environnementale donc pour madame Pompili, numéro trois du gouvernement (tout de même !), c’est d’interdire (le mot magique désormais) les animaux dans les cirques ambulants. Ces petits cirques plein de charme avaient une otarie faisant tourner un ballon sur son nez, un éléphant parfois qui s’agenouillait dans la sciure ou, pour les plus riches, une paire de lions qui laissaient leur dompteur mettre sa tête dans leur gueule, avec une certaine complaisance. Des animaux sans cirque, c’est comme un circuit automobile sans essence, ça n’intéresse plus personne. Six millions de Français sont allés au cirque l’an dernier… Ainsi, bien que personne ne conteste que les animaux y soient bien traités, mais pour notre édification et celle de nos enfants : adieux les cirques. Adieux leur poésie celle qu’aimaient Fellini, Cocteau ou Chagall, pour n’en citer que quelques-uns.

Cette interdiction décrite avec un certain enthousiasme par le Figaro, devenu le fer de lance des thèses anti spéciste du philosophe américain Singer, https://www.lefigaro.fr/actualite-france/pompili-annonce-la-fin-progressive-des-animaux-sauvages-dans-les-cirques-itinerants-20200929 a déclenché de très nombreuses réactions (1500 en quelques heures) hostiles, pour l’essentiel, à Madame Pompili. Citons en deux parmi beaucoup : « Comment peut-on juger du bien-être animal ? Un lion bien traité dans un zoo ou sur la piste d’un cirque est-il plus malheureux qu’un lion dans la nature ? Certains sont très affirmatifs mais je ne sais pas comment ils peuvent savoir ».

Et cette autre : « Apres cette décision pleine de courage à l’égard des gens du voyage nos très courageux dirigeants auront-ils le courage de s’en prendre aux égorgeurs d’animaux vivants en vogue dans d’autres communautés ? ».

Malgré le tohu-bohu médiatique qui a précédé puis accompagné la « courageuse » décision de madame Pompili, couverte de louanges par les médias, et notamment ceux du Service Public (flatter les ministres ça peut toujours servir), la princesse Stéphanie de Monaco, icône de la presse people et dont la famille a toujours soutenu le cirque -comme André Labarrère en son temps- a pris parti pour la défense des cirques avec animaux en proposant cette pétition : https://www.change.org/p/le-grand-public-oui-au-cirque-avec-les-animaux?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=psf_combo_share_initial&recruited_by_id=12dcfd50-048b-11eb-9cc1-01df60f27069&utm_content=fht-12936048-fr-fr%3Av8

Car les artistes circassiens, modestes artisans du rire et du rêve, font les frais, du principe de diversion utile à ceux qui nous dirigent pour faire oublier les moments dramatiques que nous traversons.

Pierre-Michel Vidal

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5 commentaires

  • Pierre-Michel Vidal

    Je crains mon cher monsieur Vallet que les produits de l’agriculture biologique et d’un élevage qui tienne compte du bien être animal ne soient réservés qu’à un petits nombre de consommateurs, les mieux nantis. Ainsi comme le montrait un récent reportage sur « LCP » une côte de porc produite par des animaux élevés en plein air et en liberté est vendue en charcuterie deux fois le prix d’une côte de porc, produite industriellement et vendue en grande surface. Pour ma part je fais le choix de la première pour bien des raisons mais il faut penser aussi aux autres…
    D’autre part s’il fallait élever tous les cochons élevés en France selon les normes souhaitées par les adeptes du bien-être animal, la surface de notre département n’y suffirait pas (toujours selon LCP).

    •  » une côte de porc produite par des animaux élevés en plein air et en liberté est vendue en charcuterie deux fois le prix d’une côte de porc, produite industriellement et vendue en grande surface »

      Pas de problème pour moi, je préfère, et cela me suffit largement, manger la moitié d’une côte de porc élevé en plein air (elles sont grosses), je mange l’autre moitié un peu plus tard. cela ne me revient pas plus cher et quelle différence!
      En fait, je blague car je ne mange jamais de porc, c’est trop gras!

      • « D’autre part s’il fallait élever tous les cochons élevés en France selon les normes souhaitées par les adeptes du bien-être animal, la surface de notre département n’y suffirait pas (toujours selon LCP). » (SIC commentaire de M. Vidal)

        Êtes vous sûr de la pertinence de l’argument, pris sur LCP, de la surface du département pour accueillir en élevage traditionnel tous les élevages « hors-sol » de porcs en France?
        La question avait été débattue, il y a quelques mois sur ce site sur un sujet similaire concernant l’élevage de bovins et autres taureaux.

        De plus, je me demande si un palais habitué au goût du porc issu d’un élevage intensif, apprécierait le goût d’un porc noir de Bigorre ou du Pays basque élevé à l’ancienne?

        Enfin il ne vous aura certainement pas échappé que, pour caractériser l’élevage des porcs à l’ancienne (i.e. en liberté), j’ai utilisé le terme traditionnel.

        • Pierre-Michel Vidal

          Pour moi tout le monde peut apprécier le goût du porc noir. Comme tout le monde peut apprécier Mozart ou Victor Hugo. Encore faut-il qu’il ait les moyens d’acheter cette belle viande, d’aller au concert ou qu’il ait appris à lire. Bien sur rien ne vous oblige à partager cette conviction.
          Pour le reste, ça n’est pas moi qui le dis et je cite mes sources: LCP (7 octobre). Mais on n’est pas forcé de le croire.
          Enfin, « traditionnel » est le terme juste en effet, il est plus opportun qu’à « l’ancienne » j’en conviens M. Larouture.

  • «y a-t-il urgence à se préoccuper du bien-être animal ?»

    Aujourd’hui les députés vont se prononcer sur l’élevage des animaux en cages, cages déjà proscrites en Autriche depuis 8 ans.
    La sélection de la souche PS59 de lapins permet d’obtenir, entassés par 9, dans des cages, des bêtes de 2,5 kilos, trois fois plus vite qu’un lapin ordinaire, celui qui a la chance de cavaler en ce moment dans les environs du bassin d’Arcachon.
    Si ce dernier a aussi l’avantage de pouvoir voler les carottes des producteurs, notre lapin en cage n’en mange jamais; il croque des granules hyper-énergétiques, vitaminés, fabriqués à partir des résidus de l’industrie de la betterave (tiens!) et de la vigne. Ils sont soignés à coups d’antibiotiques, 28 tonnes ingurgités par les lapins tricolores! Toutes les 6 semaines, la lapine, après une piqure d’hormone donne naissance à 12 lapereaux, les deux moins costauds sont étouffés ou broyés.

    «Comment peut-on juger du bien-être animal? Un lapin bien traité dans une cage bien nourri sans carottes est-il plus malheureux qu’un lapin dans la nature?
    Comment peut-on se poser la question?

    Avec cela on fait des terrines, des rillettes et des pâtés industriels, un régal pour les intestins irritables!!
    Imagination? Non , j’ai de bonnes lectures!

    Se préoccuper du bien-être de ces animaux revient peut-être aussi à se préoccuper indirectement du bien-être humain. Manger du lapin aux antibiotiques, nourri de cette manière, est-ce vraiment le plat idéal pour une bonne santé? Je reste persuadé que celui des landes d’Arcachon, c’est vraiment autre chose!!!
    Bien-être animal et bien-être humain, même combat.

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