Et revoilà les gilets jaunes

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A Pau, le lundi 28 septembre 2020 avait lieu le véritable premier conseil municipal. A proximité, rue Saint Louis, sous les fenêtres de la mairie, se sont rassemblés des gilets jaunes. Ils étaient une quinzaine et ont réussi par leur bruit, à perturber la séance. Alors ça recommence…

On croyait en avoir fini de ce mouvement qui a pris naissance, il faut le rappeler, en octobre 2018. D’autant plus que parmi les membres du conseil municipal, dans les rangs de l’opposition, se trouve un certain Patrice Bartoloméo. Ce dernier en raison de sa participation et de son attitude lors du grand débat avait été identifié comme un représentant du mouvement, un porte-parole en quelque sorte. En réalité il n’en est rien. Ce mouvement dont les manifestations sont plus spontanées qu’inspirées par des revendications précises, repart. Modestement, mais même si ce nombre revêt un caractère symbolique, ils sont là et ils font du bruit.

Ils criaient : « La politique c’est du pipeau ». En utilisant cet instrument de musique pour matérialiser la haute valeur de cette belle réflexion. Ils invitaient également Bayrou et Macron à se « casser », vaste programme ! En vérité, chacun de nous, sans rejeter a priori leur action a du mal à s’y retrouver. La question demeure : mais que veulent-ils à la fin ? Et personne n’est réellement capable d’y répondre tant leurs revendications sont multiples, diverses et parfois antinomiques. Ils nous resservent les mêmes antiennes. Le prix des carburants qui avait servi de point de départ au mécontentement a laissé la place à d’autres récriminations.

On pensait, et les responsables politiques également, que le « Grand débat » lancé le15 janvier 2019 par le Président de la République allait servir à quelque chose comme au moins atténuer les tensions. A Pau, Bayrou avait trouvé là l’occasion de prendre la parole en public pendant plusieurs séances. Il avait invité des représentants de l’État, des professeurs de Droit, des responsables de services sociaux, des chefs d’entreprise et autres personnalités à s’exprimer en public. Chacun avait tenté d’expliquer quelles étaient sa mission et sa réflexion. Rien n’y a fait, les gilets jaunes qui étaient bruyamment présents aux début des réunions ont très vite déserté les bancs, ils ont refusé un dialogue qu’ils ont jugé biaisé. La parole avait été accaparée par ceux qui rencontraient des problèmes personnels liés à la vie de tous les jours. L’objectif n’a pas été atteint. Les manifestations de rue ont pris de l’ampleur jusqu’à devenir violentes.

Alors maintenant on se demande jusqu’où cela va aller. Le confinement lié à la Covid 19 a mis un terme provisoire aux manifestations de rue. Le mouvement n’est toujours pas structuré et les pouvoirs publics sont démunis par l’absence de représentants reconnus. Le dialogue est impossible. Et si le problème était ailleurs ? De plus en plus d’analystes estiment qu’il s’agit en réalité d’une défiance vis à vis de la classe politique, une sorte de disqualification des responsables. Ce serait donc plus grave qu’on ne l’imaginait au début parce que cela correspondraitt à un rejet ancré au plus profond des mentalités.

Les politiques ont-ils compris ? Sans aucun doute, oui, mais ils ne changeront pas leurs comportements pour autant. Ainsi, il est peut-être symbolique que cette manifestation des gilets jaunes à Pau se soit déroulée rue Saint Louis, à quelques pas d’un véhicule toujours stationné dans un endroit interdit. Certains s’accordent des privilèges ; c’est sans doute là le problème !

Pau, le 5 octobre 2020

par Joël Braud

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6 commentaires

  • Tellement confidentiel que ni Bayrou ni Lassalle ne savent ce que contient ce plan.
    Ainsi le secret sera bien gardé.

  • Pierre-Michel Vidal

    Non les revoilà pas! Les Gilets Jaunes sont victimes de l’épidémie, comme tout le monde, mais aussi de leurs revendications contradictoires, contestables voir incompréhensibles et de la dure répression macronniene. Leur demande, existentielle en fait, a-t-elle-été seulement entendue ? Certainement pas. Elle est spécifique du monde moderne, dur avec les classes moyennes « inférieures » (comme disent les sociologues). Comme aux Etats Unis où les « petits blancs » se tournent vers Trump, en France, les Gilets Jaunes rejoindront, dans leur majorité, les rangs du RN… C’est ainsi que nous aurons un second tour Marine Le Pen-Emmanuel Macron comme l’indiquent les premiers sondages. Hypothèse souhaitée évidemment par le sortant.

    •  » Hypothèse souhaitée évidemment par le sortant. »
      Bien sûr cela lui évitera de parler des sujets qui fâchent. Ainsi la campagne présidentielle ne sera qu’ un monologue dont 80% des Français seront éliminés. Ce qui lui permettra d’ être élu à la majorité avec 20% des voix, comme dans beaucoup de cas en France. Comme quoi la France  » d’ avant » a quand même du bon. Ce qui permettra aussi aux minorités de justifier leur comportement.

  • Bayrou parle à l’oreille de Macron, nous dit-on. Mais je me demandais qui, localement, parle à l’oreille de Bayrou.
    Vous donnez un élément de réponse.

  • Le véhicule toujours stationné dans un endroit interdit de la rue Saint Louis, n’est-il pas à Jean Lassalle?

    • Si DUDULE, vous avez deviné. Il est venu en toute discrétion rencontrer Bayrou avec qui officiellement il est en froid. En réalité, ils se rencontrent fréquemment pour mettre au point un certain plan. Ne m’en veuillez pas si je ne puis en dire davantage sur le contenu de ce plan ; c’est hyper confidentiel !

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