Les temps changeraient-il ?

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Il y a quelques années, des politiques, des citoyens, les réseaux sociaux criaient haro sur le baudet sur les enseignants, ceux d’où venait tout le mal ! : il y en a trop, les nouvelles technologies vont les remplacer, ils ne travaillent pas assez, toujours en vacances ou en grève, aucune autorité, râleurs perpétuels…

Stupéfaction !

«Il va falloir assurer la protection de nos enseignants» Valérie Pécresse.

Les enseignants sont devenus un des piliers essentiels de la défense de la République.

C’est la consternation, l’émotion générale, les rassemblements, les marches blanches, les prises de paroles…, l’attaque de trop.

Un hommage national sera rendu dans la cour de la Sorbonne par le Président de la République.

Tout le monde est devenu prof !

On découvre maintenant ce que les enseignants dénonçaient depuis des années, à savoir que

«le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes»

(une thérapeute qui ne pouvait pas rester chez elle.)

+Les atteintes nombreuses à la laïcité bloquées et volontairement ignorées.

+ Le manque de respect physique et moral, par des parents d’élèves et certains élèves dans les classes.

+ L’impossibilité d’enseigner dans les zones de non-droit, concentrationnaires, abandonnées par l’État mais pas par bon nombre d’organisations troubles ou mafieuses.

+Les 35 élèves par classe, dans les zones sensibles, alors que les parents sont parfois incapables de gérer leur gamin !

+ La faiblesse pour ne pas dire la lâcheté de la hiérarchie qui ne veut pas de vagues (le silence des pantoufles).

+ Le manque d’aide, de considération et la désinformation sur le réel travail théorique et pratique assuré tout au long de l ‘année.

+ La reconnaissance dans notre société étant liée au revenu des individus, les salaires sont dévalorisants, le niveau social et intellectuel de la profession a décliné; bien des parents, des enfants,.. critiquent systématiquement ce qui est fait car ils prétendent être plus compétents. Les notations, les mesures prises pour maintenir l’autorité sont contestées. Pour un passage au conseil de discipline après un comportement insupportable, on vient voir le directeur avec un avocat!(exemple vécu).

+ L’évolution de l’enseignement au cours du temps, du fait «du progrès !», a profondément modifié l’objectif et l’esprit qui étaient ceux de la République.

Pendant longtemps le cursus scolaire avait pour but de former des citoyens équilibrés à la tête bien faite, ayant une culture générale de plus en plus développée, de l’école à l’Université.

Maintenant, l’objectif est double : éduquer, du fait de la carence parentale, et former pour trouver un emploi dans une économie de plus en plus spécialisée et compétitive. Ce n’est plus du tout le même contenu, il doit s’adapter aux besoins évolutifs de cette économie.

On ne «cultive» plus, on formate !

Il est normal que l’échec et le ressentiment soient importants car si, jadis, tout le monde, suivant ses moyens, pouvait s’élever et trouver une place à sa compétence, l’économie actuelle n’a pas besoin de personnel sans formation spécialisée, souvent de haut niveau, car les machines les remplacent.

C’est au sein de cette société multiculturelle, défavorisée, sans travail, sans espoir car abandonnée par la République, parlant souvent une autre langue, regroupée et isolée par quartier, sous emprise, que l’éducation doit expliquer et convaincre

que nous sommes tous égaux, solidaires et que le droit à la liberté d’expression est inaliénable.

Mission redoutable aux résultats souvent fragiles, remplie avec la foi laïque du jardinier, par de nombreux enseignants, avec bien des risques, allant même jusqu’au sacrifice, comme dernièrement.

Et tout cela avec

+ La Cour des comptes qui épingle les insuffisances de la formation continue des enseignants.

+ Un manque de formation initiale, avec un suivi, aux difficultés du métier, en particulier face à l’évolution des mentalités influencées par les réseaux sociaux……

+ Alors que le travail de sensibilisation à la liberté d’expression est surtout délicat dans le second degré ( dernièrement, c’était en 4ème):

*En 2019, dans le second degré, 2 600 postes d’enseignants ont été supprimés, pour 1 900 postes créés dans le premier degré.

*En 2020 il était prévu 440 créations de postes dans le premier degré et 440 suppressions dans le second; il devrait en réalité manquer dans le second degré environ 1500 emplois.

C’est une bonne nouvelle, paraît-il, car ce sont 2500 postes qui ont été supprimés dans le second degré chaque année. Le problème du respect et de la contestation n’est pas uniquement celui des professeurs d’histoire !

«Cela fait 20 ans qu’on glisse la poussière sous le tapis»

Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur de l’Education nationale et auteur d’un rapport alarmant, dès 2004, passé, lui aussi, sous le tapis.

l’État passe à l’offensive: perquisitions, expulsions, dissolutions, harcèlements, fermeture d’une mosquée…

On va….On fera….,«La peur va changer de camp»….

Pendant combien de temps ?

L’évolution dramatique du virus, les carences en moyens et personnels de l’hôpital public, les revendications justifiées, les licenciements, l’aide financière au privé qui trouvait qu’il y avait trop d’État, la dette monumentale qu’on devra rembourser… fera bientôt tourner la page, jusqu’à la prochaine fois.

comme d’habitude !

Signé Georges Vallet

crédits photos:Brighelli – Marseille ou « La Fabrique du monstre » – Le Point

www.lepoint.fr › … › Jean-Paul Brighelli

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