Suis-je Samuel ?

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C’est une question que plusieurs d’entre nous écartons car nous craignons trop de reconnaître que nous n’avons pas le courage, la détermination et peut-être la délicatesse de cet enseignant qui a donné l’autorisation de quitter la salle aux élèves qui souhaitaient ne pas être choqués.

Pour ma part je n’ose me comparer à lui. Mon courage est limité, et vous le voyez, j’écris anonymement. Pourtant je retrouve dans la poche d’un vieil anorak un papier que j’avais épinglé sur la poitrine avec cette interpellation « L’amour, l’humour plutôt que la haine » . C’était au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, et, un crayon sur l’oreille, je l’avais porté au marché de l’Ousse des bois. J’avais constaté le regard fuyant des clients du marché, pour la plupart issus de l’immigration.

Avec la barbarie de cet assassinat qui nous fait horreur et après la longue liste des attentats odieux, de Toulouse à Rouen, de Nice à Paris, il nous faut bien en venir au fait que les mots ne suffisent pas. Qu’il faut des actes. Certes, nous devons rester fidèles à nos valeurs, à nos engagements internationaux. Nous devons aussi rester réalistes. Il sera difficile de convaincre les pays qui nous ont envoyé de tels assassins et de tels débiles, de reprendre leurs ressortissants. Mais devons-nous construire encore plus de prisons alors que nos hôpitaux devraient avoir plus de moyens et que l’on sait que bien souvent les prisons sont des foyers (des clusters si vous voulez polluer notre langue) d’islamisme radical ? S’il n’est pas possible d’expulser plus de 250 individus potentiellement dangereux, ne serait-il pas indiqué de les envoyer dans des territoires reculés et froids comme Saint Pierre et Miquelon ou les îles Kerguélen afin d’éviter des ébullitions crâniennes et des rêves de la douce chaleur de mille vierges ?

Rappeler que notre tradition a toujours fait la place aux caricatures et à la libre expression. Rappeler aussi que notre pays a connu aussi des actes de fanatisme odieux, depuis les bûchers dévolus aux « sorcières », la Saint Barthélémy, les dragonnades, la Terreur. Je pense aux derniers jours de Condorcet, lui le pourfendeur de l’esclavage, obligé de fuir la Terreur et d’errer hors de Paris.

Je pense aussi à cette empreinte du pied de Mahomet dans le rocher de la mosquée de Jérusalem. Pas vraiment de la taille d’une sandale. Il s’envolait pour La Mecque à une époque où n’existaient pas les voyages intercontinentaux ou intersidéraux. Il avait dû prendre un bel élan ! Pardonnez cette caricature d’une tradition bien éloignée de la spiritualité, et cherchez en d’analogues dans nos propres mythes et traditions.

Paul Itaulogue

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