L’heure est à l’unité

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Au fond, il est plus facile de dire « stop j’arrête! » que de le faire vraiment. La situation que nous vivons oblige à se remettre à l’ouvrage même si la tribune est modeste. Comme dans ces images qui nous épouvantent en même temps qu’elles nous fascinent, les bases mêmes de notre civilisation, de la République, de la démocratie, sont emportées par un double flot irrésistible et nous nous interrogeons sur ce qu’il va rester de notre quotidien, confortable jusque-là.

Nous voyons bien désormais que les gourous et les faux prophètes avec leurs théories fumeuses avaient multiplié les faux débats, pendant que l’essentiel se passait ailleurs : les grands-prêtres de l’anti-spécisme, du véganisme, les ultras du féminisme, les colloaspologues qui nous promettent la fin du monde, les créationistes qui nient Darwin et l’évolution, les prosélytes d’une écologie radicale et punitive, etc. etc. Toutes ces controverses bon-chic, bon genre, au pied du mur, s’avèrent factices et leurs fonctions étaient bien de masquer l’essentiel. Peut-être, les avons-nous acceptées par facilité intellectuelle, et, face aux vrais dangers, nous avons pratiqué la politique de l’autruche qui met sa tête dans le sable plutôt que fuir où se battre. Cette musique a séduit comme la flute charme le serpent…

Le danger est désormais bien identifié : le virus microscopique sur lequel les scientifiques les plus avisés ne peuvent s’accorder. Nous allons sur la lune mais nous sommes incapables de détruire, de contenir, un élément infiniment petit… Nous avons remplacé la science par la technique. Il n’y a pas de vaccins en vue, ni de traitements efficaces et pour limiter les dégâts nous sommes obligés de revenir à l’antique recette du confinement car il n’y a pas d’autres alternatives. Pendant ce temps nos scientifiques s’empoignent sur les écrans de télévision donnant l’image d’une communauté divisée, cédant aux pièges médiatiques, pourtant grossiers, incapable de résister au plaisir trouble de paraître un instant devant les caméras ou de dire trois mots à un micro. Devant cette cacophonie comment le citoyen « lambda » peut-il se faire une idée claire de la situation ? La lutte contre les pandémies que l’on annonce nombreuses, diverses, plus terribles encore que celles que nous vivons doit être la priorité des priorités désormais. N’attendons pas une jeune illuminée pour nous lancer dans ce combat vital, concret, identifié.

Sentant la faiblesse d’un état diminué par le virus, dont les moyens sont réduits de manière délibérée depuis plusieurs dizaines d’années en raison d’une doctrine imbécile -le néolibéralisme-, dirigé par une équipe inexpérimentée, nos ennemis de l’intérieur, qui ont trouvé à l’extrême gauche leurs idiots utiles, passent à l’action au nom d’Allah. Les attentats se multiplient. Leurs auteurs ne sont pas des loups solitaires, ni des psychopathes mais bien des agents de puissances ennemies qui ont trouvé dans ce mode opératoire nouveau un moyen d’arriver à leurs fins : ébranler les colonnes du temple laïc et provoquer une nouvelle Saint Barthélémy.

Car s’il est un point, un seul, avec lequel je suis d’accord avec Monsieur Esposito (voir plus bas) c’est que « ce n’est pas fini ». Combien de temps allons-nous pratiquer la politique de la bougie, de la minute de silence, ou de la rémission des pêchés. Allons-nous oui ou non nous attaquer enfin aux réseaux qui diffusent une idéologie en contradiction avec nos principes ? Tout cela ne date pas d’hier et qu’avons-nous fait ? Non la loi islamique, la charia, ne peut se dissoudre dans les lois de la République ! Non nous ne pouvons pas déroger à nos principes laïcs ! C’est à prendre ou à laisser. Derrière les caricatures, il y a l’aliénation des femmes, les prières dans la rue, la violence et l’intolérance. Le discours présidentiel a été clair là-dessus, c’est bien.

L’heure n’est plus aux controverses, elle est à l’unité. Sommes-nous capables de nous rassembler sur l’essentiel ? De chanter la Marseillaise et de porter fièrement nos couleurs ailleurs que dans les stades ? Capables d’aller à l’essentiel c’est-à-dire d’appliquer scrupuleusement les consignes sanitaires quoique l’on pense de la gestion de la pandémie – sur laquelle, c’est vrai, il y a beaucoup à dire- et de ne rien céder à l’islamisme dans le respect des lois de la république ?  

Pierre-Michel Vidal

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3 commentaires

  • Merci, merci, merci. Le texte était bien lancé. Encore des mots et des idées. Cela me surprend de la part d’Alternatives Pyrénées. Si vous avec la plume riche, Monsieur, je ne vous prie pas de reprendre ce que nous sommes nombreux à savoir déjà. Je ne suis pas plus Élu que vous, je ne donnerai donc pas vie à ce que vous écrivez. Je suis un simple citoyen. Qu’est ce que vous proposez de CONCRET?

  • Je n’affirmerais pas que le « néolibéralisme » est la cause première des problèmes actuels. J’imputerais plutôt la situation actuelle à l’évolution (globale), en accélération constante depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, des modes de vie de tous les habitants de la planète (anthropocène) :

    « Le changement global réorganise tout. Cette réorganisation est productrice d’inégalités sociales, d’injustice et de tensions politiques majeures. Mais il crée également de nouvelles aspirations, compétences, volonté d’agir, propositions de cohabitation et d’organisation d’espaces, de nouveaux imaginaires de l’animal et du végétal, de nouvelles cultures, etc. … » (SIC)

    Aussi je ne considérerais pas « les nouvelles aspirations, compétences, etc… » comme étant inspirées par « les gourous et les faux prophètes, les grands-prêtres de l’anti-spécisme, du véganisme, les ultras du féminisme, les collapsologues, les créationistes, les prosélytes, etc. ». Cela me semble réducteur. La situation me semble plus complexe :

    « Nous commençons donc à cerner les contours d’une situation dans laquelle deux forces systématiques tout à la fois s’apparient, se nourrissent mutuellement, se confortent et se contredisent —» (SIC).
    Aussi, le futur ne peut être ni la réédition du présent ou plus exactement de notre vécu, ni une restauration d’un passé plus lointain voire si lointain qu’il en est obscur. Il est en construction.

    Autres remarques :
    – Nous avons quand même mis du temps pour aller sur la lune.
    – Sans science, pas de technique. Et réciproquement. Je me demande si la mise au point d’un vaccin ne serait pas plutôt de la technique. Voir « la certitude des grands créateurs et « l’inquiétude du chercheur » (SIC).
    – Le débat scientifique a toujours eu lieu mais pas ou peu (cf. Galilée, Darwin peut-être) sur la place publique.
    – « Sentant la faiblesse d’un état — dirigé par une équipe inexpérimentée ». Axiome habituel de l’auteur.

  • Texte très volontariste mais un peu  » y’a qu’à, faut qu’on  »

    +«les prosélytes d’une écologie radicale et punitive»
    On se demande pourquoi certains se décarcassent pour expliquer «l’évidence» que c’est le manque d’écologie qui est punitif!
    L’obligation du port du masque dans les transports en commun, le respect des gestes barrière et le confinement sont-ils de la “santé punitive” ? L’obligation pour les producteurs alimentaires d’afficher clairement leurs ingrédients sur les étiquettes de leurs produits est-elle de la “transparence punitive” ?
    Demander à des citoyens de ne pas jeter leurs déchets dans la nature (et les punir d’une amende s’ils le font), est-ce “punitif” ? Leur demander de trier leurs déchets, est-ce punitif ? Leur imposer un malus sur l’achat de produits polluants (comme les véhicules polluants), est-ce punitif? Imposer à une entreprise de payer une taxe carbone, ou une taxe sur le kérosène peut-elle être considérée comme punitive ? Et interdire à un agriculteur d’utiliser tel ou tel pesticide qui détruit la biodiversité et notre alimentation ?
    Si oui, la punition n’est pas une atteinte à la liberté; elle est destinée, comme à l’école ou en justice, à faire réfléchir et à orienter les comportements dans le sens du bien-être individuel et collectif.

    *Préférez-vous continuer, pour ne pas «subir» d’écologie punitive, à manger toujours plus de viande, de produits industriels, de poulet en batterie, de prendre l’avion au lieu du train, d’utiliser du plastique pour tout, de pouvoir rouler en 4×4 ou en SUV, à la vitesse que vous voulez, passer des vacances aux Seychelles….
    *et de voir l’authenticité de nos, et de ces régions, détruite par les panneaux publicitaires, le tourisme de masse avec sa consommation de carburant, ses parkings, ses occupations de sols agricoles, la consommation excessive d’eau, l’évacuation incontrôlable des déchets …de supporter les sécheresses, le incendies, les inondations, les tempêtes, les maladies liées à la pollution et à la malbouffe et maintenant, en attendant mieux, le virus?
    L’état actuel, dans tous les domaines qu’ils soient sanitaires, climatiques, modes de vie, environnementaux, économiques, terroristes… sont le résultat d’une politique qui n’a pas suivi le Le b.a.-ba d’un mode de gestion en accord avec l’environnement qui nous dirige, la dernière preuve de cette direction est la pandémie actuelle.
    Si l’on veut s’en sortir, il faut changer nos habitudes de vie or tout changement est forcément une atteinte à nos libertés anciennes, pour en acquérir d’autres.

    +«Le danger est désormais bien identifié: le virus microscopique sur lequel les scientifiques les plus avisés ne peuvent s’accorder.»

    Le virus n’est que la conséquence «du vrai danger» qui est celui de la globalisation, de la promiscuité, de la malnutrition: plus de viande, plus d’animaux, plus de maladies, déforestation, pression sur la biodiversité, mondialisation des échanges, consumérisme…, la modification des écosystèmes et des paysages a un impact sur l’équilibre et les habitudes des espèces animales, dont l’habitat naturel est perturbé par la fragmentation des espaces (zones d’habitation, routes, etc.). C’est la raison pour laquelle les proies malades ne sont plus éliminées aussi minutieusement par les prédateurs qu’avant, ce qui en fait une source potentielle de transmission de virus.
    D’après une étude, la chasse, la pêche et l’exode rural contribuent à l’érosion rapide de la biodiversité et augmentent le risque de transmission de virus dangereux des animaux aux humains, comme le COVID-19. Un article de notre partenaire, The Guardian.
    Emmanuel Drouet, enseignant-chercheur à l’Institut de biologie structurale de Grenoble (Isère) prévient «l’émergence de nouveaux agents infectieux pourrait augmenter dans les années à venir» avec l’explosion des flux de déplacements humains et commerciaux, les modifications d’usage des sols et les perturbations des écosystèmes, le tout sur fond de changement climatique, «énormément de maladies infectieuses étant étroitement liées aux températures et aux taux d’humidité»

    +«nous avons pratiqué la politique de l’autruche qui met sa tête dans le sable plutôt que fuir où se battre.»
    Cette idée est complètement fausse ! Si l’oiseau est effrayé, il s’enfuit ou se défend avec ses longues jambes puissantes. Les autruches ne mettent jamais leur tête dans le sable. Elles ont souvent la tête proche du sol pour creuser le nid de ses petits et pour les protéger des rongeurs, des lézards et des reptiles. Elles prennent aussi une grande partie de leur journée à se nourrir, elles picorent des graines, des pousses et des insectes.

    +«Cette musique a séduit comme la flute charme le serpent…»
    Le serpent est sourd. Ce n’est pas à la musique qu’il réagit, mais aux vibrations émises
    à partir du sol. Pendant qu’il joue, le charmeur tape du pied. Le cobra perçoit du danger et se dresse pour se mettre en position de surveillance.
    Les mouvements très lents de la flûte lui font croire qu’il a un ennemi face à lui. Le serpent ne danse pas : il ondule avec le morceau de bois pour contrôler la situation.

    +«N’attendons pas une jeune illuminée pour nous lancer dans ce combat vital, concret, identifié.»
    Pas si illuminée que cela, le changement climatique est l’un des facteurs à l’origine de la multiplication des épidémies ainsi que de leur expansion géographique, et de l’aggravation de leur impact. Cela s’explique par un environnement rendu plus propice pour les pathogènes et leur prolifération ainsi que pour les vecteurs de maladies infectieuses (tels les moustiques).
    Autre effet du réchauffement climatique: Le dégel du pergélisol, bombe climatique… et sanitaire; dans les régions arctiques, le pergélisol, le sol gelé en permanence, dégèle. D’après le rapport du GIEC sur les océans et la cryosphère, il pourrait perdre 70% de sa surface d’ici 2100. Ce phénomène menace de libérer de puissants gaz à effet de serre, comme le méthane, mais pourrait aussi réveiller des bactéries et des virus inconnus ou oubliés.

    +«Car s’il est un point, un seul, avec lequel je suis d’accord avec Monsieur Esposito (voir plus bas) c’est que «ce n’est pas fini».
    Vraiment, cette affirmation est une révélation!

    +«Allons-nous oui ou non nous attaquer enfin aux réseaux qui diffusent une idéologie»
    C’est vraiment une bonne question! Quelles sont vos suggestions autres que théoriques?

    +«L’heure n’est plus aux controverses, elle est à l’unité.»
    Si l’essentiel c’est d’appliquer scrupuleusement les consignes sanitaires, pas de problème.
    Mais si c’est pour relancer l’économie d’avant, comme c’est manifestement le cas, pas d’accord!

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