Qui a tué cet homme ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?*

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Dans notre département des Pyrénées Atlantique nous avons dépassé le nombre de 300 morts des suites de la Covid-19. Beaucoup ont connu, dans leur entourage, une personne qui a été infectée par le virus et éventuellement un malade qui en est décédé. Alors est venu le moment de se demander si, chacun à sa place, aussi modeste soit-elle, a respecté scrupuleusement les consignes sanitaires pour éviter la propagation du virus.

Si nous savons que cet homme est mort de la Covid-19, nous devons chercher à savoir quels sont les comportements qui n’ont pas été respectés alors qu’ils auraient dû l’être. En tout cas lui, ne savait ni où ni comment il avait contracté la maladie.

Alors qui est responsable ? :

  • « c’est pas moi » dit cet homme public qui ne portait pas le masque. « En effet je n’avais pas mis mon masque mais je ne pensais pas qu’en raison de ma position, cette attitude pourrait servir de référence ».
  • « Ce n’est pas moi » dit cette dame. C’est vrai je ne portais pas le masque obligatoire mais je pensais que ne pas avoir peur éviterait la maladie. »
  • « Ce n’est pas moi » dit cet homme qui affirme s’occuper de lui. « Je pensais que cela suffisait et que ne pas porter le masque ne pouvait pas faire courir un risque aux autres. »
  • « C’est pas moi » dit ce commerçant. « C’est vrai, je n’ai pas osé rappeler aux clients qu’ils devaient respecter les distanciations sociales et le port du masque. Ce n’est pas mon rôle de faire la police dans mon magasin, cela risquerait de me faire perdre des chalands. Je crains également les réactions violentes. »
  • « Ce n’est pas moi » dit ce syndicaliste de la police nationale. « C’est vrai, j’ai invité mes collègues à ne pas verbaliser au prétexte que la réglementation était trop compliquée. Je ne pensais pas que ces propos pouvaient conduire à une plus grande indiscipline. »
  • « Ce n’est pas nous » disent en chœur ces syndicalistes de la même administration. « C’est vrai qu’en réaction aux propos du Président de la République, nous avons invité les fonctionnaires à ne pas procéder à des contrôles d’identité, mais c’était pour défendre l’honneur du corps, c’est notre rôle à nous syndicats. Inciter nos adhérents à ne pas respecter les consignes de nos chefs peut-il avoir des conséquences ? »
  • « Ce n’est pas moi » dit ce professeur de médecine. « C’est vrai j’ai pris des positions et défendu des théories qui se sont révélées fausses. J’avais besoin d’être connu et médiatisé. Pour autant en laissant croire que la pandémie n’était pas grave, je n’ai pas empêché les gens de prendre des précautions. »
  • « Ce n’est pas moi » dit ce politique qui pense à la prochaine élection. « C’est vrai j’ai critiqué les options du gouvernement mais je pensais, en faisant cela, avoir trouvé le moyen d’attirer l’attention des citoyens sur ma personne. Et puis comment exister quand on est candidat à une élection quand on n’occupe pas un tant soit peu l’espace médiatique ? »
  • « Ce n’est pas moi » dit cette porte-parole du collectif « Enfance et libertés » qui, le 9 janvier, a manifesté pour la suppression de l’obligation du port du masque à l’école. « Je considère qu’on doit laisser respirer librement nos enfants parce que le masque est dangereux. Peu m’importe d’ailleurs qu’actuellement le taux de positivité de la Covid-19 soit plus élevé chez les enfants de moins de 9 ans que dans les autres tranches d’âge. Je n’ai pas de responsabilité. »

Alors restent les soignants dans les hôpitaux qui avouent être débordés et ne pouvoir faire face à une affluence de malades du virus dans leurs services. Ils n’en peuvent plus et s’interrogent pour savoir si une plus grande discipline dans le respect des gestes barrières n’aurait pas permis de les soulager. En tout cas, eux, savent ce que sont ces mesures de protection.

Pau, le 18 janvier 2021

par Joël Braud

* En référence au chanteur Graeme Allwright (1926 – 2020), la chanson : « Qui a tué Davy Moore ? »

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14 commentaires

  • C’est un coron à virus comme ceux de la grippe . Vous pensez que le vaccin sera la solution , si c’était Le cas la grippe serait vaincue …. il y a un an c’était un truc chinois qui n’avait aucune chance de nous tomber dessus. L’on pense que le confinement en viendra à bout , balivernes . Voir le cas de la nouvelle Zélande ou une femme de 56 ans rentrant d’Europe , après 2 semaines de quarantaine et plusieurs tests négatifs déclare un 10 jours après. La gestion de cette pandémie recèle et masque d’autres objectifs et «  le DAVOS » qui se tient cette semaine en sera la clef . Il y a 18 mois nos finances étaient à sec pour répondre aux nombreuses manifestations et personne ne se pose la question des trains de milliard qui sont déversés !!! Le crypto Euro gèrera le monde de demain et ce n’est pas un financier tel que notre capitaine qui s’occupera demain du bateau échoué que sera Le France . Avec un état totalitaire et les pleins pouvoirs il ne sera même pas inquiété, ce sera la faute à ce virus qui n’a pas fini d’être rebaptisé. Qui va payer pour ces conneries ? certainement pas les plus riches et puissants .

  • Il y a aussi ceux qui, ostensiblement, « devant le premier ministre invité aux journées parlementaires du Modem à Biscarosse, le 8 septembre 2020, Monsieur Bayrou s’affichait sans masque au milieu d’une salle bondée avec un sourire narquois alors que le Covid 19 a tué plus de 30 000 personnes en France ». C’était publié le 30 octobre 2020.
    Quel message catastrophique a été envoyé aux citoyens ce jour là !
    https://alternatives-pyrenees.com/2020/10/30/non-port-du-masque-amende-de-135-e/

    Nous en sommes à plus de 70 000 morts, dans la même proportion que les Etats Unis.
    Et à ce rythme, j’ai bien peur que nous allions vers les 100 000 décès au 3me trimestre 2021 à cause de quelques irresponsables qui auraient du donner l’exemple dés le début.

  • Pierre-Michel Vidal

    Mon cher Joël arrêtons de culpabiliser et de jeter l’opprobre sur nos concitoyens qui se comportent pas si mal, globalement, dans ces circonstances. Ne faisons pas des exceptions une généralité. Qui est responsable? C’est d’abord et avant tout le virus, c’est lui qu’il faut combattre en vaccinant plus vite.

    • Mon cher Pierre, ton raisonnement serait valable si on acceptait de considérer qu’un manquement ou deux ce n’est pas grave. La réalité est différente dans la mesure où un seul manquement peut être lourd de conséquences. Une seule personne, une seule exception qui ne respecte pas les règles imposées peut contaminer plusieurs personnes et entraîner la mort. On ne peut accepter l’à-peu-près. Le respect des règles doit être absolu. L’objet de mon texte est de démontrer qu’il existe une solidarité dont on ne peut pas s’extraire.

      • « L’objet de mon texte est de démontrer qu’il existe une solidarité dont on ne peut pas s’extraire »
        C’est tout à fait ma position mais dans notre société de plus en plus individualiste la solidarité est un obstacle de plus en plus insupportable!

    • Quand je dis que nos concitoyens ne sont pas disciplinés, j’en apporte aujourd’hui la démonstration. Dans le journal « La République des Pyrénées » de ce 20 janvier, à la page 14, rubrique Gurmençon, figure une photo. On voit sept personnages réunis à l’occasion de la promotion dans l’ordre de la légion d’honneur d’un certain Jésus Marcuello. Le sous-préfet, Christophe Pecate porte le masque. Le général Peyrefitte tient son masque dans la main. Le porte drapeau porte le masque sous le menton. Jean Lassalle porte aussi le masque sous le menton. Jean Sarasola, maire de Gurmençon, porte le masque. Le récipiendaire et son épouse portent le masque correctement. A noter également qu’aucun ne respecte la distanciation sociale. Ils n’ont eu à aucun moment, devant le photographe, le souci de savoir qu’ils montraient le mauvais exemple.
      Sur sept personnes réunies, quatre seulement respectent la réglementation et pourtant ce ne sont pas (en principe) des bas de gamme.

  • Alors qui est responsable ? : Sûrement pas les nombreux  » c’ est pas moi », mais bel et bien le mort qui n’ a pas pris conscience qu’ en définitive c’ était lui qui tenait la clef de son propre sort . Si individuellement nous prenions conscience de cela, bien des décès et des hospitalisations pourraient être évitées. On constate encore touts les jours des rave-party, des réunions clandestines ou des comportements irresponsables, comme dernièrement à Pau avec la personne frappée dans un bar par une autre qui ne portait pas de masque. L’ humain est vraiment irréconciliable avec lui même.

    • Pierre-Michel Vidal

      Que faut-il penser de François Bayrou pris en photo sans masque dans la salle d’attente d’Orly ? Doute-t-il de l’utilité du masque (alors il faut le dire) ? se pense-t-il au-dessus des lois (peut-être) ? Nos élus ne devraient-ils pas montrer l’exemple ? C’est l’illustration type de la déconnexion entre les responsables qui ont tous les droits et les citoyens de base auxquels on impose de dures contraintes, que l’on punit sévèrement en cas de non observance des règles et que, cher Joël, tu stigmatises dans ton article. Au lieu d’accabler ceux-ci, ne conviendrait-il pas de sanctionner ceux-là ? Ce n’est pas jouer au procureur -comme le dit Macron- que de se poser la question…

      • Que faut-il penser de François Bayrou pris en photo sans masque dans la salle d’attente d’Orly ?
        Je pense que comme beaucoup de nos responsables politiques, il ne se sent pas concerné par cette pandémie.
        La hauteur de sa fonction fait qu’ il pense qu’ il ne peut pas être atteint. Il n’ en est pas à son premier coup.
        Le Président devrait exiger que tout représentant de l’ Etat Français devrait s’ astreindre au port du masque, mais nous en sommes loin. Jusqu’ à sa positivité le Président se croyait lui aussi un intouchable.

    • La question avec ricochet qui conclut le commentaire de M. Vidal est basée sur une asymétrie.

      • Pierre-Michel Vidal

        « Asymétrie » ? Est-ce à dire géométrie variable ? « Selon que vous soyez puissant ou misérable »… C’est ce que vous suggérez ?

        • Le pourcentage de personnes indisciplinées parmi les responsables qui auraient tous les droits (« puissants »…, comme M. Bayrou * par exemple) et parmi les citoyens de base (« misérables »… comme vous et moi certainement) auxquels on impose des contraintes est vraisemblablement le même.

          En nombre de personnes indisciplinées, la répartition est sûrement très différente.
          Elle est forcément plus élevée du côté des citoyens de base car ils sont, tout simplement, beaucoup plus nombreux.
          Et donc potentiellement plus dangereux en terme de contagiosité : « Il faut donc sévir c’est une question de vie ou de mort. C’est simple et tout le monde peut le comprendre. » (SIC)

          (*) Puissant si vous voulez. Mais ce n’est pas le premier qualificatif qui me viendrait à l’esprit.

          • Pierre-Michel Vidal

            Les « puissants » n’ont-ils pas un devoir d’exemplarité? C’est un sujet de philosophie.

          • Le terme asymétrie peut être remplacé par le terme biais.

            Pour revenir à la morale de la fable de Jean de LA FONTAINE, « Les Animaux malades de la peste »,
            je pense que l’exemplarité des « puissants » est le cadet des soucis des « misérables ».

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