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Dernièrement, un rédacteur a relancé l’idée du référendum d’initiative citoyenne avec une argumentation dont on peut apprécier, au premier abord, la logique et l’utilité.

Je ne suis pas opposé à ce type de «sondage» décidé par une majorité de citoyens ; c’est effectivement un moyen de juger de l’accord, ou pas, des sans pouvoir, vis-à-vis d’une mesure décidée par le gouvernement, la majorité des députés et sénateurs, si c’est une loi qui est contestée, mais j’y vois plusieurs inconvénients :

+ La logistique est lourde. Qui, légitime, jugera de l’opportunité de le mettre en place ? Qui va s’en occuper du début à la fin ; qui décidera du libellé de la proposition ? Qui paiera cette mise en place ? Comment pourra-t-on apprécier la valeur des résultats suivant les abstentions ? Quand le mécontentement général est grand, comme maintenant, on risque de devoir organiser et voter en permanence !!

+Le mécontentement qui justifie la déferlante protestataire dans les rues est spontanée, immédiate, contenant une forte dose d’émotions et d’adrénaline ; croyez-vous que lancer un référendum qui se matérialisera plusieurs semaines, voire mois après, cela calmera les gens dans l’immédiat ? Entre-temps, le contre-pouvoir sera intervenu, les esprits se seront calmés par la force des choses de la vie.

+Macron a « simulé » sa compatibilité avec un référendum sur le climat en nommant un panel de représentants pour faire des propositions ; on a vu comment la modification des résultats et des mots prévus, viraient ce référendum à la farce. Est-on certain que le résultat sera suivi d’une application gouvernementale intégrale ?

+Un autre problème, bien plus important, est qu’une politique est destinée à conduire un tout ; elle doit tenir compte des objectifs généraux qu’il faut s’efforcer d’atteindre en combinant le niveau social, sociétal, agronomique, économique, énergétique, sanitaire, climatique,… Pour cela, il faut manipuler la complexité en touchant, en même temps, délicatement, à tous les sujets, afin de maintenir le plus possible un équilibre. Le référendum proposé ne touche qu’un problème qui, s’il est retenu et appliqué, risque, comme dans une pyramide de verres, de tout faire tomber, si on retire un verre de la base (certains parlent d’effet domino) ! Ceci est valable quel que soit le régime politique en place. On ne peut pas faire une politique à court et moyen terme en agissant séparément, et, parfois, en décidant des mesures qui s’opposent !

Je vois favorablement le fait que les maires, le département, peut-être la région, organisent de tels référendums sur des sujets ciblant des problèmes locaux. Je suis partisan, par exemple, alors que cela a été refusé, qu’un maire limite, avec des moyens législatifs et répressifs fournis par l’Etat, les modalités de dispersion des pesticides, d’installation de certaines structures économiques ou agricoles (élevages industriels…), car cela impacte seulement les locaux.

Pour ne pas rester uniquement critique alors que le sujet est important, j’ai une autre proposition à faire. La démocratie américaine est chancelante, c’est vrai, mais elle perdure. Tous les quatre ans, les citoyens votent pour élire un nouveau président mais, à mi-mandat, l’avis de la population est demandé pour juger du travail accompli et du degré de confiance existant encore. Suivant les résultats, le pouvoir est averti et peut changer, ou pas, ses orientations.

Dans ce cas, le jugement ne porte plus sur un point mais sur une politique générale, seule efficace pour une action concertée, tenant compte de toutes les interrelations et interactions complexes qui existent entre les domaines à considérer.

Je trouve que 4 ans est trop court du fait des lenteurs administratives pour faire des transformations perceptibles, 5 ans, comme chez nous, est mieux ; il serait alors souhaitable de prévoir un vote intermédiaire au bout de deux ans et demi entrainant le maintien ou la destitution du gouvernement (pas du Président), suivant les résultats.

Signé: Georges Vallet

crédits photos:Citation Margaux Vidal politique : Le référendum est l’outil politique des sans voix.

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Un commentaire

  • Bonsoir,

    Etant le rédacteur cité en début de cette contribution, je me permettrai d’y répondre, au delà de ce simple commentaire. Mais, ma réflexion demande un peu de temps. Monsieur Georges Vallet semble avoir donné ici la plupart des arguments classiques contre le RIC, le débat n’en sera donc que plus intéressant.

    Cordialement

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