Visions pour l’avenir.

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Climat déréglé, pandémies à répétition, écosystèmes détruits, sécurité alimentaire menacée, pénurie de ressources, surconsommation pathologique des uns, famine et soif des autres, système financier instable, économie capitaliste à l’agonie, vie ensemble devenue source de conflits permanents, violences… Non seulement notre planète est en difficulté mais notre société est en péril ; personne n’a plus confiance en personne et en particulier aux élites intellectuelles, aux politiques qui dirigent.

Et tout cela en même temps, c’est là le vrai problème !

En effet, c’est l’accumulation qui explique les multiples catastrophes que nous traversons. 

Il est déraisonnable de penser qu’une seule serait à l’origine des fléaux qui nous frappent.

Tout le monde est angoissé, surtout depuis l’apparition, la diffusion et les mutations de plus en plus inquiétantes d’un petit ARN qui veut envahir le monde pour son profit.

Quel est notre avenir avec tout cela ?

En premier lieu, grâce à la vaccination, le problème fondamental actuel est de dominer et neutraliser les effets létaux de ce virus. On peut être optimisme sur ce point ; malgré les tâtonnements, la science sera capable assez rapidement de l’enrayer comme elle l’a déjà fait pour d’autres infections.

Le problème posé ici n’est pas celui-là mais ce qui est prévisible pour après.

+La tendance officielle qui se manifeste dans les dires, les décisions et les actions, est de reprendre le chemin d’avant la crise, en l’amplifiant ; ce comportement est partagé, il est vrai, par beaucoup.

Alors que cette politique est la responsable de presque tous nos maux, il faut continuer la politique de l’autruche, c’est la seule compatible avec l’ultra-libéralisme.

Est-ce intelligent ?

Notre planète est plus que jamais en souffrance, l’humanité est déboussolée, se mentant à elle-même depuis des décennies, incapable de prendre au sérieux la menace qui pèse sur elle et sur tous les êtres vivants.

«Les travaux de Thomas Piketty montrent bien à quel point ce mécanisme d’accumulation est structurel ; il accroît les inégalités, il est dans l’ADN du capitalisme… L’accumulation infinie, la volonté de puissance, le pouvoir aux marchands, l’individualisme au sens de l’individu libre et roi qui peut tout faire et l’idée que les autres êtres vivants sont des ressources sont ancrés.» Pablo Servigne.

À la fin des années 1950, Rachel Carson se concentrait sur la protection de l’environnement et sur les problèmes causés par les biocides de synthèse. Ceci la conduisit à publier Silent Spring (Printemps silencieux) en 1962 qui déclencha un renversement dans la politique nationale envers les biocides — conduisant à une interdiction nationale du DDT et d’autres pesticides.

Comme toutes les espèces sociales, l’homme se construit et évolue en permanence par des contacts incessants avec les autres ; les confinements sont dramatiques car ils provoquent le délabrement des réseaux neuroniques, des jeunes en voie de maturation surtout (B.Cyrulnik).

La puissance et les profits de certains, des actionnaires entre autres, ainsi que les marchés, ne se posent pas toutes ces questions !

Alors, deux visions potentielles.

+L’effondrement comme ce fut le cas de nombreuses civilisations passées ou des écosystèmes vivants lors de gigantesques incendies, éruptions volcaniques, transgressions marines, changements climatiques… Après un incendie, tout est brûlé, il ne reste rien mais, dès que possible, une nouvelle conquête du vivant s’opère avec

une toute autre composition floristique puis faunistique.

.

En mars 2014, une étude parrainée par le Goddard Space Flight Center (NASA) a montré que les fortes inégalités économiques et une forte prédation des ressources naturelles étaient deux causes-clés de l’effondrement d’une civilisation.

Les risques d’effondrements environnementaux et sociétaux du monde industriel contemporain ne sont pas négligeables en raison notamment de l’extinction en cours de nombreuses espèces vivantes et du changement climatique. Ils participent à un processus de catastrophe potentielle à l’échelle de la vie sur terre.

Dans leur dernier ouvrage, Pablo Servigne et Raphaël Stevens, collapsologues, s’entourent de nombreux spécialistes pour saisir, comprendre et articuler les causes du déclin des sociétés humaines et de la biosphère qui se déroulent sous nos yeux. Leur démarche est nouvelle car c’est une approche transdisciplinaire, systémique du complexe, sortant d’une réflexion monolithique et manichéenne, pour poser ensuite les bases d’une action collective et d’un changement de conscience. «Plus nous aurons un paysage clair des causes, plus nous pourrons être pertinents pour tisser des horizons de sortie de crise.»

Pour Pablo Servigne : «Cette grande question est abordée par Jen Bendell dans son livre Adaptation Radicale, dans lequel il évoque les 4R : Résilience, Régénération, Réconciliation et Renoncement. Par renoncement, il n’entend pas renoncer à vivre ou à lutter, mais savoir identifier ce qui est superflu, et auquel on peut renoncer, pour pouvoir partager plus les ressources pour ainsi amorcer la grande descente énergétique».

L’Homme est l’animal pour lequel seul le superflu est nécessaire.

José Ortega y Gasset.

Bien sûr, le message de renoncement n’est pas le même pour tout le monde. On ne parle pas de décroissance pour tous. Ce sont les riches qui doivent décroître en consommation pendant que les autres doivent gagner en qualité de vie.

On voit une montée en puissance de la prise de conscience chez les jeunes. Selon un sondage de l’Institut Jean-Jaurès, 65% des Français pensent qu’un effondrement aura lieu de leur vivant. Ils comprennent que le système est toxique.

La pandémie fait prendre conscience que le changement culturel amorcé doit être immédiat et accompagné ; c’est un devoir civique moral et politique.

Ces augures funestes étaient déjà partagés il y a 200 ans, par Jean-Baptiste de Monet de Lamarck (1744-1829), naturaliste français qui faisait preuve d’une clairvoyance étonnante après les débuts de la Révolution industrielle : « L’homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot par son insouciance pour l’avenir et pour ses semblables, semble travailler à l’anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction de sa propre espèce.

En détruisant partout les grands végétaux qui protégeaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidité du moment, il amène rapidement à la stérilité ce sol qu’il habite, donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties du globe, autrefois très fertiles et très peuplées à tous égards, sont maintenant nues, stériles, inhabitables et désertes.
Négligeant toujours les conseils de l’expérience pour s’abandonner à ses passions, il est perpétuellement en guerre avec ses semblables, et les détruit de toutes parts et sous tous prétextes, en sorte qu’on voit ses populations, autrefois considérables,
s’appauvrir de plus en plus.

«On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable écrivait-il en 1820 dans « Système analytique des connaissances positives de l’homme ».

+La métamorphose, souvent évoquée par Edgar Morin et Boris Cyrulnik, est une vision plus optimiste.

Si le probable est la désintégration, l’improbable mais possible est la métamorphose. Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’auto-reconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant identique. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d’une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles.


Un recyclage en somme !

Pour Boris Cyrulnik, si la pandémie n’est pas le signe d’un effondrement global, ce n’est pas non plus une simple crise car ,« après la crise ça repart comme avant, or là ce n’est pas une crise, c’est une catastrophe, ça repartira, je pense , j’espère,

mais pas comme avant »

il s’agit bien de la fin d’une civilisation telle qu’on la connaît qui est à l’œuvre :

«après chaque catastrophe, il y a un changement de culture»

  • Tout d’abord, l’argent perdrait de sa toute puissance. Il ne sait pas sauver des vies humaines, il sait par contre les supprimer.
  • La hiérarchie des valeurs est métamorphosée.
  • Selon Dominique Bourg, la pandémie marque un coup d’arrêt à l’idéologie du progrès. Ce qui se passe aujourd’hui nie la notion même de progrès.
  • Pour Boris Cyrulnik, il s’agit d’une remise en cause de l’individualisme qui est à l’origine de tous les maux de notre vie moderne : surconsommation, déplacement, effet de serre, et même propagation des virus et des bactéries…

La notion de collectif et d’interdépendance de l’homme au vivant a aujourd’hui bien plus de sens !

Au-delà d’un changement de régime se joue un changement de paradigme social. Toutes les valeurs, croyances, certitudes sur lesquelles les individus ont construit leur vie disparaissent, remplacées par d’autres.

Pouvons-nous imaginer un monde qui ne serait plus organisé selon la loi de l’offre et la demande, selon des flux financiers et où l’individualisme aurait disparu ?

Pourquoi pas, l’impossibilité de l’apparition de l’homme a bien été possible ?

Dans l’économie réelle, il y a des humains, des services matériels, des produits matériels, des infrastructures, des outils de production, des usines, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des routes, de la nourriture, des trains, des voitures, etc.


en bref, des structures indispensables à tous.

Dans l’économie financière, il y a des bouts de papier, des billets de banque, des contrats de prêts, des produits financiers, des dérivés, des chaînes de blocs informatiques, des chiffres, des algorithmes, etc

en bref, des structures «non essentielles » qui ne servent qu’à certains !!!!

Un choix est à faire !

Ces réflexions devraient être aussi celles du Haut Commissaire au Plan, celui qui est chargé d’animer et de coordonner les travaux de planification, de réflexion prospective et d’éclairer les choix des pouvoirs publics sur les enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques…

À ce niveau, l’impossibilité me paraît définitive,

sauf s’il y a «une dose de proportionnelle» dans les choix !

signé Georges Vallet

crédits photos:

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Un commentaire

  •  » La meilleure façon de prédire l’ avenir est de le créer »
    C’ est je crois que c’ est ce que nous avons fait depuis l’ avénement de l’ ère industrielle, mais a vous lire le résultat est plus que décevant. Aujourd’ hui, avec la pandémie de covid, nous concrétisons la finalité de notre démarche et n’ arrivons pas malgré ça à ouvrir les yeux et aux propos tenus encore actuellement par certains ce n’ est pas prêt de s’ arrêter. Bel avenir en perspective. Nôtre jeunesse aveuglée a bien des soucis à se faire.

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