Sur les pas d’un rat des champs en centre-ville

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Il m’arrive de quitter ma campagne béarnaise pour venir à la ville. J’observe ainsi, depuis maintenant quelques années comme beaucoup sans doute, l’évolution de Pau et notamment celle de son centre-ville.

Le chaland ne se presse toujours pas suffisamment aux portes de l’hypercentre malgré les efforts consentis depuis plus d’une décennie : Embellissements, maintien de locomotives commerciales, facilitation du déplacement des piétons, de la circulation et du stationnement automobile ou cycliste.

Aussi l’aménagement de centralités comme les halles ou le foirail se poursuit et le réaménagement du centre Bosquet couplé au rachat de l’immeuble des Galeries Lafayette s’annonce. (*)
L’amélioration des flux (mise en service de Fébus voire de pistes cyclables, de zones 30 ou piétonnières par exemple) se poursuit également.
A défaut d’une chalandise suffisante, autant appâter le badaud toujours à la recherche de nouveautés, de spectacles insolites, d’étonnement ou de sensations.

L’accroissement de l’offre de logements en centre-ville est également un moyen d’augmenter sa fréquentation.
Mais deux réalisations en bordure du centre-ville, « La résidence Edouard VII » avec la SAGEC et « La villa du midi » avec Pau Béarn Habitat, m’interpellent. Elles me paraissent ciblées socialement en raison de leur localisation sur des nœuds routiers particulièrement chargés :

– « La villa du midi » initiée, me semble-t-il, sous la mandature de Mme Lignières-Cassou, est située sur un ilot enchâssé entre le Cours Lyautey et le boulevard d’Alsace et Lorraine. Le nœud routier qui enserre l’îlot est fermé par la rue Eugène Carrier et l’avenue Honoré Baradat.
Cette situation induit vraisemblablement une valeur du terrain relativement faible. L’aménagement et la construction ont dû faire partie d’un programme national imposant le respect de normes techniques, sociales et environnementales (architecture bioclimatique par exemple) moyennant subventions. Aussi, le coût final a dû rester à un niveau raisonnable.
A noter qu’en traversant le cours Lyautey depuis cette résidence, on atteint le parc Léon Jaussely adossé à l’avenue Dufau où le trafic automobile est également intense. Ce parc a été aménagé avec des jeux pour enfants par la municipalité.

– « La résidence Edouard VII » est située sur un îlot coincé dans le nœud routier constitué par l’avenue du Général de Gaulle, l’avenue Edouard VII et la rue de Batsallle.
Cette localisation a dû également induire un prix de foncier bas. Le programme immobilier a dû se conformer à des conditions règlementaires similaires au précédent et bénéficier de subventions pour aboutir aussi à un coût de construction raisonnable.

Peut-être qu’à terme ces deux projets bénéficieront d’une plus-value immobilière avec la suppression du trafic automobile dans ces nœuds routiers comme dans tout le centre-ville, voire avec la généralisation de la voiture électrique … (**)

Je me demande quand même si, à la place de ces résidences, des espaces non bâtis avec des dimensions importantes, harmonieuses et agrémentés, n’auraient pas mieux délimité l’hypercentre (cf. place de Verdun par exemple).
De telles belles places auraient ponctué le boulevard d’Alsace-Lorraine qui va devenir une branche du nouveau « Ring ».
Mais partout et en tout lieu le « vide » est synonyme de gaspillage.

L’hypercentre est aussi parsemé de places de dimensions plus modestes qui rompent l’uniformité des rues. Elles appellent le promeneur et guident son pas, des unes vers les autres.
On peut penser au réseau de centralités constitué par les places Royale, Reine-Marguerite, Grammont, de la libération ou de la République, etc. et à leur potentiel de développement.

On peut regretter que le tracé du vecteur que constitue Fébus éloigne le Foirail et bientôt, peut-être, l’espace de la prison lorsqu’elle aura déménagé. Une messe a été le prix de la conquête de Paris. Un déplacement du tracé de Fébus a permis de conserver l’essentiel du projet.

Et, finalement la ville effectue sa mue pas à pas ; de-ci de-là, cahin-caha …
( https://www.pinterest.fr/pin/172896073178522848 ).

Larouture



Crédit photo : ( https://www.pau.fr/allmedias/visuels/danse1.jpg ) ; Retiré sur demi-pointe…

(*) : La suggestion d’un déplacement de la façade de l’immeuble des Galeries Lafayette (cf. https://alternatives-pyrenees.com/2020/09/21/pau-faut-il-demolir-les-galeries-lafayette/ ) m’a parue curieuse. Je me suis même demandé, un court instant, si on n’était pas le 1er avril.
Toutefois lorsqu’on se promène sur la place Clémenceau, cette façade apparait effectivement bien triste.
Elle ne concentre plus le chaland. Effectivement l’immeuble de la banque Pouyane se distingue davantage ainsi que la préfecture avec surtout son jardin ; comme le départ d’une coulée verte vers le Hédas, attrayante pour le… flâneur.

Une similitude entre l’entrée historique du grand magasin «  Lafayette Haussmann » à Paris et les halles de Pau qui ont un siècle d’écart : L’agencement autour d’une entrée « monumentale ». Elle accroît la sensation de volume mais réduit les surfaces et mélange les flux entrants et sortants.

Les halles de Pau me semblent être davantage dans la ligne de l’industrialisation de la construction, perçue dès le premier XXe, que dans la ligne bioclimatique actuelle, malgré l’exposition du lieu qui s’y prêtait.

(**) : La plus-value immobilière ou foncière, présentée ici comme une boutade, est certainement à considérer dans les opérations immobilières actuelles.
Elle me rappelle la cession en 2006 par le groupe Pinault (actuellement Kering) du grand magasin parisien « Printemps » sur le boulevard Hausmann, voisin des Galeries Lafayette d’ailleurs. Le bilan financier était positif essentiellement grâce à la plus-value foncière du site.

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