Peut-on consentir à l’inceste ?

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La question se pose après une déclaration du garde des sceaux qui a annoncé 14 février 2021 souhaiter fixer un seuil de non-consentement à 18 ans pour l’inceste. «Pour l’inceste, nous souhaitons le seuil de 18 ans. Personne ne pourra dire : si la victime a 17 ans, elle était ou il était d’accord» a-t-il dit.

Tel qu’entendu généralement, l’inceste est une relation sexuelle entre un père et sa fille, mais s’agissant d’un acte intra-familial de multiples cas de figure peuvent se présenter et tous les membres du foyer peuvent y être mêlés ; parents ( y compris la mère ) mais aussi frère et sœur. La perversion humaine n’a pas de limite.
A entendre le ministre cela signifierait-t-il qu’une relation sexuelle incestueuse consentie, entre majeurs, ne serait pas punissable ?
Le bon sens et nos traditions familiales auraient bien du mal à en convenir car l’inceste n’est pas une relation sexuelle ordinaire. Outre le fait qu’elle intervient souvent dans un rapport d’autorité, ses conséquences touchent à l’équilibre social et sont surtout susceptibles d’engendrer une monstruosité familiale. Une fille pouvant devenir la sœur de son fils, ou sa tante, le père en même temps son grand-père ou son oncle selon les cas. Le consentement de la victime, qui ne le serait plus de ce fait même, ne peut valoir justification sauf à imaginer qu’il permettrait de donner la mort à celui qui la demande. Il faut donc traiter l’inceste, consenti ou non, avec un mineur ou un majeur comme un crime, distinct du viol dont il n’est qu’une circonstance aggravante, relevant de la cour d’assises, y compris en cas de relations homosexuelles. C’est la base de la famille qui est sapée, c’est elle qu’il faut préserver.
Et dans la suite de son propos le ministre a évoqué le mécanisme de la prescription dont l’expiration empêche de poursuivre l’auteur de l’acte incriminé. Encore un beau sujet qui divise, semble-t-il, dans les rangs politiques. Mais pourquoi une prescription ? Ce n’est pas un droit universel. Beaucoup de systèmes juridiques l’ignorent. Un célèbre artiste, metteur en scène de talent ne peut pas fouler le sol des États-Unis sans risquer une arrestation immédiate, pour des faits remontant à 1977 et cela malgré le pardon de la plaignante. Droit et morale n’ont pas les mêmes territoires. Entre les deux c’est le législateur qui choisit mais est-il l’expression de la volonté majoritaire de la population ?

Pierre ESPOSITO

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Un commentaire

  • Il n’est pas de civilisation dans laquelle l’inceste, avais-je lu, soit moralement admis. Je n’ai jamais cherché à vérifier cette affirmation.
    Pour ce qui est de la légalité, c’est bien autre chose.

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