Un autre séparatisme à résoudre !

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Dernièrement, sur notre site, des convictions se sont manifestées pour tenter de pallier la séparation de plus en plus profonde, voire même violente, entre les citoyens et le monde politique.

«Concentrée dans les médias, l’offre politique meurt ; bien qu’elle ne sache ni ne puisse encore s’exprimer, la demande politique, énorme, se lève et presse. La voix notait son vote sur un bulletin écrit, étroit et découpé, local et secret ; elle occupe aujourd’hui la totalité de l’espace». Petite Poucette Michel Serres.

Cela devient en effet dramatique.

+ «nos députés européens sont strictement inconnus, ne rendent aucuns comptes à ceux qui les ont élus… Le citoyen européen est complètement déconnecté des décisions.»

C’est vrai et je le déplore aussi mais on peut trouver des explications, donc peut-être des réflexions et des solutions.

Les relations au sein des sociétés humaines sont de plus en plus contraintes du fait de la démographie, de l’hétérogénéité de sa répartition, du mode de vie imposé par la politique mondiale.

*A l’échelon planétaire, le nombre des humains est tel que nous devenons assimilables à des molécules qui s’entrechoquent en permanence, soit directement soit par le biais de la technologie ; des molécules qui s’agitent s’échauffent, donc, ne nous étonnons pas des crimes, agressions, intolérance de l’autre,… guerres. Le réchauffement climatique amplifie le tout.

*Du fait de cette densité, la liberté de mouvement et d’action est limitée, surtout dans les zones très peuplées ou quand ce désir de mouvement est inclus dans un ensemble hiérarchique contraignant.

*Nos députés européens élus, sont «ficelés» dans un système hiérarchique ultralibéral qui leur impose une conduite stéréotypée à sa convenance. Ils n’ont donc que peu de pouvoir de manœuvre personnel et n’ont de comptes à rendre qu’à leur hiérarchie politique !

D’autre part, si le citoyen est déconnecté c’est aussi parce les relations sont tellement difficiles à établir que le citoyen lambda abandonne car il a toujours d’autres problèmes plus urgents  à résoudre !

Comme la baisse de la démographie prendra du temps (rôle de l’instruction), l’action doit porter sur le système politique de gestion. Or, les électeurs s’emploient, même avec la proportionnelle, avec persévérance, à envoyer des députés qui se mêlent au groupe ultral-ibéral ; aucune raison que cela change !

Le problème n’est donc pas dans le système électoral mais dans le vote désastreux de ces Français qui maintenant sont furieux.

D’ailleurs, comme le signale M. André Duchateau : «il est bon de rappeler que l’instruction des dossiers Européens est confiée aux Régions et non aux dits députés …»

+«Si la proportionnelle en réalité éloigne le citoyen de la décision politique, elle a aussi un effet de fragmentation sociale».

Ne pensez-vous pas que la fragmentation sociale a une autre origine que la proportionnelle mais que cette dernière la met en relief au parlement ? Le résultat de la votation actuelle est de tout niveler afin d’effacer toutes les différences qui normalement constituent un peuple. Mettre au point un système électoral pour éliminer des députés RN, Insoumis ou écolos, est-ce supprimer leur message et leur  importance dans la société ?

+Les élus du parlement français doivent-ils être le reflet de la pensée et de la volonté de tous les citoyens ou de certains seulement ?

Reconnaissons, à l’heure actuelle, que les députés LREM ne sont que le reflet d’une tendance philosophico-politique représentée par un élu, le Président, lequel prend le pouvoir pour 5 ans, et impose ses volontés à ses godillots de parlementaires qui n’ont plus qu’un seul droit, obéir. Je ne vois pas bien à quel moment, si ce n’est en démissionnant, un parlementaire a la capacité de faire preuve d’indépendance en manifestant le «bon choix» pour lequel les électeurs l’avaient élu. On peut d’ailleurs vérifier les votes personnels en consultant internet.

Actuellement on vote pour un homme et une politique, souvent floués d’ailleurs, comme dans le cas de Macron qui était «aussi de gauche !».

J’ai bien l’impression, au contraire, que le mode électoral majoritaire, en renforçant le pouvoir d’un groupe politique, éloigne le citoyen de ses représentants.

+ «La médiocrité de la classe politique ?»

Réflexion trop générale car bien des élus au niveau des communes, entre autres, et ailleurs aussi, sont loin d’être médiocres, ils ont des responsabilités de plus en plus lourdes et s’efforcent, au péril de leur vie parfois, de les assumer pour le service des citoyens. Plus les élus s’élèvent dans la hiérarchie des partis plus ils doivent rentrer dans le rang, perdre toute initiative et devenir ainsi médiocres aux yeux des électeurs.

+ D’accord pour prendre en considération le vote blanc quand c’est possible.

+«Tout à fait d’accord sur les dangers de l’élection des députés à la proportionnelle. Si cette réforme est votée, il en sera fini de l’esprit de la Vème République.»

*L’esprit de la Vème République a eu son intérêt au moment de sa création ; en est-il toujours de même ? Les problèmes ne sont plus identiques, tout a profondément changé depuis. Se revendiquer du gaullisme est-ce vraiment une référence plus de 50 ans après sa mort ! Qui est capable de dire ce que le général aurait décidé dans le contexte actuel ? On ne gouverne pas avec les méthodes du passé !

*Aux dernières élections législatives, La République en marche a obtenu 60% des députés pour 32,32% des voix, le FN, avec environ 13% des voix dispose de 1,4% des élus ; pour La France insoumise, 11% des voix apporte 3% des sièges de députés. 

Est-ce équitable ?

*Pierre Morel-A-L’Huissier, député de l’unique circonscription de la Lozère, est le représentant à l’Assemblée des 59 906 inscrits pour une population totale de 76000 habitants. Sa voix compte autant que celle de Sebastien Jumel, élu de la VIe circonscription de Seine-Maritime avec ses 109 582 inscrits pour une population de 147000 habitants.

Est-ce juste ?

* Si, dans un premier temps, on ne considère que des citoyens inscrits, on peut donc dire que ceux qui nous gouvernent actuellement ont eu le soutien, au premier tour de seulement 16% des inscrits, compte tenu d’un taux d’abstention record d’un peu plus de 50%. En outre, il faut tenir compte du fait que tous les citoyens ne sont pas inscrits sur les listes électorales. En 2017, ils ne représentaient que 88,6% des personnes majeures résidant en France et de nationalité française. La majorité actuelle n’a donc reçu, au premier tour, que le soutien de 14,2% de la population de majeurs résidant en France et de nationalité française !

Conforme au droit, non conforme à la justice et à l’équité !

* Le mode de scrutin majoritaire, par son effet d’amplification des victoires, présente l’avantage de désigner une majorité stable, en mesure de gouverner. Cependant, son principal défaut est de ne pas conférer à l’Assemblée une représentation fidèle du corps électoral. Le découpage par circonscriptions permet un charcutage électoral qui permet d’éliminer des candidats « indésirables » à qui il faut beaucoup plus de voix que dans la circonscription voisine pour se faire élire. Et les différents «découpeurs» ne s’en sont pas privés !

Les Français ont toutes les raisons de ne pas se sentir correctement représentés. Il n’est donc pas étonnant que, depuis des décennies, leur opinion sur la politique conduite par les gouvernants se dégrade. Du fait des alternances successives une défiance envers l’ensemble de la classe politique s’est peu à peu installée. Le scrutin majoritaire à deux tours pour les élections législatives donne le pouvoir à un parti, certes arrivé en tête lors des élections, mais qui est très loin de représenter l’ensemble de la population.

il faut rappeler que sous la IVème, le durée de vie moyenne d’un gouvernement était de 7 mois.»

L’instabilité des gouvernements de la IVème République est un fait, la proportionnelle en est responsable ; cela n’a pas empêché pourtant un bilan plutôt positif : nationalisations (charbonnages, l’électricité, les transports aériens, le crédit et les assurances), Plan Monnet, l’institution de la sécurité sociale, la création des comités d’entreprise, et le développement des prestations familiales, création en 1950 du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti), augmentation des prestations sociales. La tertiairisation de la société s’est amorcée, s’accompagnant de l’essor des classes moyennes et de l’entrée des femmes dans la vie active. Construction européenne…

En fait, dans le contexte mondial néolibéral un gouvernement ne peut pas grand chose ; il est prisonnier de l’Europe et du monde économique, quelle que soit sa volonté affirmée, de droite ou de gauche ; la période socialiste n’a pas fait une politique «socialiste» ! La droite réduit les aides sociales, la gauche les augmente ! Les inégalités, les injustices, dans les deux cas, n’ont fait que s’amplifier.

Le bilan de la stabilité actuelle qui règne depuis des années, du fait de la votation majoritaire n’a pas franchement démontré sa supériorité et de meilleurs résultats dans le domaine de la réussite économique et humaniste !

Le gouvernement est stable, la chienlit aussi !

+ «La chambre pouvait obliger le gouvernement à démissionner.»

Personnellement je ne vois pas ce qui est scandaleux car, quand des mesures envisagées sont contraires à l’intérêt des citoyens, comme c’est le cas en ce moment dans de nombreux domaines, environnemental surtout, le parlement doit être en mesure de demander un changement rapide de politique pour faire barrage à « civilisation en danger » !

Les petits partis voient là la possibilité d’augmenter leurs effectifs à l’Assemblée nationale. Il ne faut pas chercher l’intérêt général

Mais l’intérêt général n’est-il pas que la représentation soit le reflet de la société en général. Est-ce l’intérêt général de gouverner avec une petite partie seulement des citoyens ?

Le mode de scrutin proportionnel est plus juste et plus démocratique. Les partis qui sont en mesure de gouverner doivent souvent mettre en œuvre des alliances ou des coalitions avec d’autres formations politiques afin d’obtenir une majorité. Ils doivent apprendre et pratiquer, comme en Allemagne, l’art du compromis et du consensus. C’est la mise en pratique de ce qui est recherché actuellement au niveau des citoyens, à savoir :  

«apprendre à vivre ensemble» !

+«Le jeu des coalitions peut donner à certains petits partis « charnières » un rôle primordial, plus important que leur poids réel, dans la constitution d’une majorité parlementaire.»

C’est bien le cas du Modem actuellement, pourtant ce n’est pas la proportionnelle !

Avec la proportionnelle associée à un vote préférentiel, les électeurs peuvent choisir au sein d’une liste un ou plusieurs candidats. Les élus d’une liste sont choisis en fonction du nombre de voix que chacun d’entre eux a obtenu. Exemples de pays ayant adopté ce mode de scrutin : Pays-Bas, Danemark, Suède, Norvège, Italie, Belgique. Le vote préférentiel présente l’avantage de permettre une représentation fidèle de la réalité politique du pays. 

Ainsi une majorité de citoyens pourraient se reconnaître dans l’Assemblée nationale et dans le pouvoir exécutif qui aurait retrouvé une légitimité démocratique. Ce serait aussi le moyen de faire revenir aux urnes ceux qui, écœuré, se sont détournés de la politique.

Signé Georges Vallet

crédits photos:Le changement, c’est la loi de la vie.

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2 commentaires

  • Pierre-Michel Vidal

    Je vois que M Vallet fait l’apologie des thèses de F. Bayrou. Il en sera flatté. Pour ma part je n’ai rien contre personne mais je ne suis pas certain que des exemples comme la Belgique, l’Italie, les Pays Bas -curieusement on a oublié l’Espagne- soient édifiants. Ce sont des pays tiraillés, déchirés, instables et sans doute le mode de scrutin, même s’il n’explique pas tout, y est pour quelque chose.

    Pourquoi chercher ailleurs? N’avons-nous pas, en France, une culture politique spécifique. Pourquoi toujours changer? La proportionnelle ne fera qu’accentuer la faiblesse de la classe politique en l’éloignant du citoyen. Elle aggravera les divisions. Les gouvernants seront toujours à la recherche d’alliances fragiles. L’Etat sera affaibli -il est déjà bien faible!

    C’est une justice apparente, une équité superficielle, qui nous est proposé avec ce mode de scrutin. Il favorisera la technocratie qui deviendra la seule capable de prendre les décisions qu’imposeront dans le désordre ambiant.

    • La représentation proportionnelle porte la marque indélébile de la IVème République, de ses 23 gouvernements qui ont défrayé la chronique de 1946 à 1958 et mené la France au bord de la faillite. 23 gouvernements en 12 ans, cela fait une durée de vie moyenne des gouvernements d’un peu plus de 6 mois.

      « La recherche d’un représentation exacte de la minorité est la chose au monde la plus vaine et la plus futile » (Colani journaliste dans le journal « La République Française «  en 1919 et collaborateur de Gambetta).
      Ce problème de la proportionnelle et du scrutin majoritaire ne date pas d’hier. Déjà en 1919, cela avait été discuté (voir J.O. rapportant la discussion au Sénat du 21 juin 1919.)
      Chaque parti voit les réformes électorales uniquement sous l’angle de son propre intérêt. Cependant il faut une majorité de soutien au gouvernement pour la durée d’une législature.
      Une règle est restée, une règle simple, qui vient d’Angleterre du tréfonds de son histoire. A chaque circonscription un siège et le candidat qui a réuni le plus de voix est élu. C’est cette règle que les Américains ont hérité des Anglais. La règle majoritaire est comme essentielle à la démocratie.
      Plus près de nous, avec des modes de scrutin qui ne permettent pas de dégager une majorité ou qui sont destinés à faire la part belle aux minorités, l’Allemagne s’est retrouvée entre septembre 2017 et mars 2018 avec un « gouvernement » expédiant les affaires courantes, tandis qu’il aura fallu trois mois à l’Italie, du 4 mars au 1er juin 2018, pour former un ministère. Dans un cas comme dans l’autre, aucune majorité ne résultant des urnes, ce ne sont ni les Allemands, ni les Italiens, qui ont choisi leurs gouvernants, ce sont les partis politiques qui ont formé des coalitions, au lendemain des élections et après d’interminables marchandages et tractations
      L’élection n’est pas seulement le vote pour une idée. C’est aussi, c’est surtout le choix d’une femme ou d’un homme. Et ce choix ne peut pas être fait par le comité d’un parti, il ne peut être fait que par l’électeur.
      Ceci dit quand vous parlez du désintérêt des électeurs pour les élections en général, vous auriez pu dire qu’en Belgique le vote est obligatoire. Une manière de lutter contre l’abstentionnisme. Mais pourquoi cette abstention ? Est-ce parce que le mode de scrutin ne convient pas ou est-ce parce que les politiques se sont discrédités aux yeux des électeurs français ?
      « Le scrutin uninominal à deux tours est le scrutin de la République » Charles de Gaulle, 7.10.1958.

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