«Aube arrouye, Bent ou plouye», on «dérouille» !

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Tout le monde voit rouge ; la tempête au sens propre et au sens figuré, met notre pays en alerte orange : vents, pluies, inondations ; ailleurs ce sont des incendies. Des vents culturels et naturels soufflent tous azimuts, des déferlantes de mécontents secouent la République, nous sommes submergés par la pandémie…

Les médias  s’en donnent à cœur joie ; c’est bon pour leur finance !

Ces zones de turbulence que nous traversons de plus en plus souvent, ont les mêmes origines que la pensée unique se refuse à admettre.

L’économie, soutenue par la politique, depuis le démarrage de l’ère industrielle, a choisi une voie dont les aiguillages retenus ont conduit à la situation actuelle. 

+ La première étape a vu naître deux courants de pensée qui ont divergé rapidement :

* L’un voulait  mettre les progrès de la technologie au service du collectif social.

* L’autre voulait mettre le progrès technologique au service de l’enrichissement individuel ou corporatiste. Cette dernière a pris le dessus.

+La deuxième étape, plus récente, a montré que la gauche traditionnelle prenait une autre direction ; l’aiguillage ne dirigeait plus prioritairement vers le social mais le sociétal, le social restant la priorité dans les nouveaux partis dits plus «à gauche».

+La troisième étape n’a rien à voir avec les autres, c’est une révolution conceptuelle ; comme l’héliocentrisme, l’évolution, l’expansion de l’Univers, elle met du temps pour s’installer et changer les mentalités.

Les deux précédentes ne considéraient que des relations bilatérales entre l’économie et l’homme culturel ; cette dernière fait rentrer dans le jeu un troisième acteur qui est l’environnement biologique et minéral : eau, planète, atmosphère, univers.

C’est dérangeant car cela implique des connaissances, des raisonnements, des modes de vie et des politiques ; c’est nouveau. Les arguments convaincants résultent du mixage de la médiatisation de résultats scientifiques et des constats de l’actualité ; les défenseurs sont de nouveaux arrivants, des «variants» et des déviants dissidents des partis traditionnels. Ils ont pris conscience que tout se tient et interfère en continu, c’est la complexité ; tous les problèmes actuels, qu’ils soient économiques, financiers, climatiques, atmosphériques, sociétaux, sociaux, sanitaires,… ont une origine commune : le déséquilibre des flux (Energie, Matière, Information) entre les trois composants.

Dans cet imbroglio, les politiques sont débordés car une autre donnée intervient ; la nécessité, imposée par l’électorat, de résoudre rapidement ces problèmes, accumulés depuis des siècles, pendant les quelques mois qui suivent les engagements électoraux, sous peine de chuter dans les sondages, d’être vilipendé et traité d’incapables ! 

La hiérarchie des exigences est refusée par pratiquement tous les partis et par la majorité des citoyens, pourtant directement intéressés ; or, c’est la majorité qui a toujours raison. Le travail d’instruction et d’éducation est colossal ; la résistance au changement est énorme ; les profiteurs de l’ancien régime ne veulent rien modifier !

L’actualité toute récente devrait pourtant servir de déclencheur à une réflexion «raisonnable». 

  • La répétition de ces tempêtes  dévastatrices qui se prolongent dangereusement.
  • La publication des chiffres de l’Organisation mondiale qui signale que 2013 est la 6ème année la plus chaude depuis 1850. En France, janvier 2014 a été le mois le plus chaud depuis 1900. Si des chiffres isolés ne sont pas significatifs, les tendances le sont ; or, 13 des 14 années les plus chaudes depuis la révolution industrielle ont été enregistrées… ces 13 dernières années ! Quant au niveau de la mer, du fait de la hausse de la température moyenne, elle se dilate, son niveau a monté en 10 ans autant que durant tout le XXè siècle !
  • La pandémie

Pendant que les désastres progressent (qui va payer les dégâts de cette inconscience ?), que les causes sont connues, on récite comme des litanies, la nécessité de continuer et même de les amplifier, avec l’accord d’une grande majorité d’entre nous !

Il y a manifestement non assistance à population en danger !

Pendant ce temps, nos ténors cherchent leurs «voix» !!!!

Dans les régions on ne parle que de combines pour prendre la place de l’autre. 

Dans les médias, on «balance» sur les ondes tout ce qui arrive, vérifié ou pas ; on fait mousser, il faut absolument semer le doute, le discrédit…

On se délecte dans la zizanie.

L’espace politique et la rue sont occupés par des débats, des slogans et des mots qui s’entrechoquent d’où l’échauffement ! On s’étripe sur l’identité, la PMA, le mariage des homosexuels, l’avortement, le «genre…, les retraites… pour conserver des valeurs ancestrales que l’évolution humaine, sur le terrain, a depuis longtemps balayées.

L’urgence n’est pas là.

Dans les populations primitives et chez-nous, avant l’ère industrielle, l’économie humaine s’adaptait aux exigences des lois naturelles. Tout est maintenant inversé ; la nature doit se plier au bon vouloir de l’économie, elle-même imposant sa volonté à l’homme culturel et biologique qui ne peut plus suivre !

Il est temps d’instruire, de renverser les rôles, de renouer avec nos racines.

Cette doctrine nécessite de redéfinir la place de l’homme dans la biosphère. L’énergie venue du soleil est fixée par des organismes qui la transforment en énergie chimique, lui font subir des transformations, la dégrade et la recycle. 

L’homme doit se brancher sur ce circuit et l’adapter à ses besoins. 

+ Un équilibre est à établir entre les activités humaines et le reste de la biosphère. Jusqu’à présent, chaque fois que nous avons formé un grand projet, nous l’avons immédiatement exécuté après avoir simplement envisagé ce qu’il allait nous coûter et ce qu’il allait nous rapporter, sans nous préoccuper de son impact dans le milieu dans lequel il allait trouver sa place. Ainsi par exemple le barrage d’Assouan, en Egypte, a certes eu des conséquences positives pour l’homme ; mais on avait «oublié» ses répercussions consécutives à une modification du régime des eaux du Nil : modification de l’agriculture régionale, arrivée de limons et d’éléments minéraux dans la Méditerranée, perturbation des éco-systèmes marins.

On pourrait s’étendre sur l’urbanisation des zones inondables, des constructions dans les zones à risque sismique ou chimique…

+ Contrôler l’accroissement démographique par le développement de l’instruction pour toutes et tous.

Qu’il s’agisse d’énergie, de matières premières minérales, de ressources non renouvelables, le prélèvement de l’homme grimpe en flèche. Le bénéfice est encore insuffisant !! 

Il faut substituer une croissance qualitative d’objets durables à la croissance quantitative d’objets jetables. 

Tout progrès technique n’est pas nécessairement réel pour l’homme. Beaucoup ont des effets secondaires néfastes contrebalançant les effets positifs. Nous payons trop cher un bienfait illusoire et passager, hors de proportion avec le profit que l’on en tire. Un tri est nécessaire dans ce que nous apporte le «progrès». 

Les conditions optimales pour un progrès réel de l’humanité sont à trouver dans une sorte d’équilibre entre les ressources disponibles dans la biosphère, les efforts nécessaires pour les collecter et les transformer, les effets secondaires néfastes de ces activités et les besoins légitimes de chacun. 

«Toutes choses se tiennent. Tout ce qui arrive à la Terre, arrive aux fils de la Terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie ; il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.»

Sitting Bull 1886, lettre au président des Etats-Unis d’Amérique.

Signé Georges Vallet

crédits photos:Ecologie & révolution conceptuelle | Facebook

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3 commentaires

  • J’ai commencé à lire cet article de Joël Braud … Puis au tiers, je suis remonté voir s’il n’était pas plutôt de Georges Vallet car la sensibilité environnementale et planétaire me semblait soudainement bien prononcée … Au final, il est signé du second, à moins qu’il ne soit à deux plumes ? En tous les cas, chapeau Messieurs, car le constat général, l’état des lieux est juste et si réaliste dans sa description .
    Peut être qu’à titre exceptionnel , un envoi papier au haut commissaire constituerait une oeuvre utile, pour l’aider à réjuster ses postulats jusqu’ici particulièrement baclés, même au Président de la République, soyons fou, dans l’espoir qu’il réalise enfin que la recherche obstinée de l’enrichissement individuel démultiplié au plus grand dénominateur commun mène aux pires fracas de l’humanité.
    Ça ferait peut être un peu  » bouteille à la mer  » mais dans l’état descriptif de la situation, le citoyen averti a droit à son desarroi . Il peut aussi faire des choix aux intérêts plus collectifs, mais les avertis sont moins nombreux … les citoyens aussi semblent il… Et Je ne vais pas refaire l’article . Merci tout simplement .

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