La femme avenir de l’homme ? Pas si sûr !

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Quand on cherche à reconstituer, dans le temps, la nature des rapports hommes-femmes il faut insister sur l’importance des zones d’ombre : il y a bien des périodes sur lesquelles on n’a pas ou presque pas de données, et quand on en a, elles restent partielles et souvent incertaines.

Parmi les études entreprises l’une d’entre elles mérite qu’on s’y attarde.

Une étude montre que les tribus modernes de chasseurs-cueilleurs sont basées sur une répartition égalitaire hommes-femmes et que ce serait l’avènement de l’agriculture qui aurait, dans le passé, provoqué l’inégalité entre les sexes…

Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au CNRS, a publié « L’homme préhistorique est aussi une femme (Allary éditions, octobre 2020). La spécialiste de Neandertal y déconstruit notre imaginaire collectif selon lequel les femmes préhistoriques sont des cueilleuses soumises et passives qui attendent dans la grotte le retour du héros chasseur.

On pense que ces sociétés étaient marquées par la matrilinéarité (c’est-à-dire qu’elles étaient organisées dans des groupes de parenté où l’appartenance se transmettait par la mère. Et cette règle, qu’ils imaginaient universelle, conférait, selon eux aux femmes, une position sociale favorable. (valable au paléolithique et au début du néolithique: sédentarité, élevage, agriculture, villages.

Les auteurs de l’étude affirment que l’égalité sexuelle a dû être un avantage évolutif pour les premières sociétés humaines.

Cette organisation égalitaire aurait favorisé les relations sociales et l’entraide.

Puis est intervenue une première grande rupture, vers -10000, avec l’invention de l’agriculture et de l’élevage, ce qu’on appelle la révolution néolithique ; cette première rupture a été suivie d’une seconde, vers -3 000, qui a vu l’apparition des villes, des États, des cultures, des classes sociales.

Peu avant l’arrivée des villes et des classes sociales, pour diverses raisons, serait survenu ce qu’ils ont appelé « la défaite historique du sexe féminin »(Engels), un renversement complet de situation, les hommes prenant le pouvoir et instituant la patrilinéarité et le patriarcat.

Au IVe siècle avant J.-C, le philosophe Aristote écrit : « La relation entre l’homme et la femme est par nature telle que l’homme est supérieur, la femme inférieure, que l’homme gouverne et que la femme est gouvernée. C’est ainsi ! C’est l’ordre dicté par les lois de la nature.»

Pendant 2 000 ans, le droit romain a fait de la femme une mineure incapable, mise sous la tutelle de son père d’abord, de son époux ensuite. Un statut qui lui collera à la peau jusqu’au XXe siècle. En 1804, le Code Napoléon proclame ainsi son incapacité juridique et fait de l’époux le seigneur et maître du foyer. Madame a besoin de son autorisation pour tous les actes concernant la vie civile : travail, compte en banque, succession, inscription à l’université.

Mais dès la fin du siècle, les premiers mouvements féministes s’organisent, bien décidés à faire de la femme un citoyen comme un autre. Dès 1878, plusieurs congrès féministes, français et internationaux, se réunissent pour réclamer l’égalité des droits : droits civils, droit de vote, égalité devant l’éducation et devant le travail… Place à la première vague féministe de l’histoire ! Les « suffragettes » britanniques entrent en action pour l’acquisition du droit de vote. Leur méthode : l’activisme militant. Elles sont rapidement suivies par leurs homologues françaises. Ce n’est qu’en avril 1944 que les femmes, à la suite de leurs actions durant la résistance, obtiendront enfin le droit de vote.

L’égalité des droits est gravée dans le marbre par la Constitution française de 1946 et la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Et en 1965, la réforme de la loi sur les régimes matrimoniaux fait de la femme l’égale de l’homme au sein du couple. L’épouse française peut enfin, seule, gérer ses biens, ouvrir un compte bancaire et signer un contrat de travail.

Si c’est gravé dans le marbre, ce n’est pas encore, de nos jours, gravé dans tous les esprits !

Quel avenir peut-on envisager ?

La domination masculine, un comportement en péril ?

L’évolution est sans appel, l’homme moderne, dominateur, libéral, conquérant, avide du toujours plus, réussit progressivement à s’autodétruire laissant la place à la femme.

Cette dernière restera bien l’avenir de l’Homme mais pas de l’homme !

Dans un sursaut de bravade, de crânerie, de fanfaronade, de gasconade, certains ont décidé de remplacer les femmes en donnant naissance à une progéniture.

Après avoir été la première Française à bénéficier d’une greffe d’utérus, Déborah a donné naissance à un bébé en parfaite santé.

L’ambition est de réaliser une telle transplantation chez un homme.

L’affaire est délicate, compliquée et dangereuse car l’organe est situé à côté d’un certain nombre de vaisseaux sanguins majeurs ; de plus, le bassin masculin, plus étroit que celui des femmes, ne laisserait pas passer un bébé de plusieurs kilos ; il faudrait alors recourir à une césarienne. Les hommes devraient alors recevoir l’organe d’un donneur vivant ou en mort cérébrale, donc celui d’une femme !

Même si c’est réalisable, la femme restera incontournable !.

Finalement, la femme reste la seule à pouvoir assurer, jusqu’à présent, le développement d’un enfant, donc assurer la pérennité de l’Homme c’est-à-dire l’espèce humaine ou humanité.

En ce qui concerne l’homme c’est-à-dire l’individu de sexe mâle, les choses se compliquent !

+ Depuis quelques années, on arrive à manipuler génétiquement des cellules souches banales (de peau, par exemple) pour qu’elles se transforment en cellules souches capables de donner des cellules de tous types, y compris des spermatozoïdes (ou des ovocytes), grâce auxquelles ont peut créer des embryons. On pourrait donc se passer d’hommes. ça marche déjà avec les souris. 

+Ovule plus ovule égale bébé. Jusqu’à présent, l’équation valait chez les pucerons ou certains crustacés d’eau douce. Désormais, elle va pouvoir s’appliquer aux mammifères.

Des chercheurs japonais ont fabriqué une souris en se passant de spermatozoïdes. Ils les ont remplacés par un ovule immature (Nature du 22 avril 2004.)

A ceux et celles qui s’imaginent déjà concevoir des enfants sans père biologique, Jégou prévient : «C’est maintenant une question de mise au point pour que cela marche chez les espèces primates non humaines puis chez les humains, mais cette technique ne donnera naissance qu’à des filles.» Puisqu’elle ne fait pas appel aux spermatozoïdes, seules cellules sexuelles à pouvoir fournir le chromosome masculin Y.

+Une étude menée conjointement par des chercheurs de l’université de Cambridge et des scientifiques israéliens du Weizmann Institute et publiée le 15 février 2015 confirme qu’il serait possible de produire des ovules et du sperme humain à partir de cellules souches de la peau de deux adultes, peu importe leur sexe.

Alors, la femme n’est plus l’avenir de l’homme, c’est l’avenir de la femme !

La politique, les grosses entreprises industrielles, la technologie… sont comme chacun sait, dominées par les hommes. A la lumière des résultats précédents, on constate que l‘homme, inconscient, est en train de s’autodétruire au profit de la femme.

D’autre part :

+Des études signalées par l’AFP, conduites dans les eaux de la Seine et du Rhône, et présentées à Lyon lors d’un congrès d’écotoxicologie, montrent comment des polluants œstrogéniques dans les rivières féminisent les poissons (notamment les gardons, dont 4% sont féminisés, et les truites arc-en-ciel et même les flets pêchés en mer en baie de Seine), avec découverte d’ovocytes dans les testicules des poissons mâles.

Depuis plus de trente ans, nous assistons à une féminisation de l’ensemble de la faune terrestre, être humain inclus. Les poissons des lacs, des estuaires et des mers où se déversent les polluants se féminisent. Les mouettes mâles couvent les œufs, les ours polaires pourtant loin des zones de rejet n’échappent pas à ces transformations. Mais aussi les alligators dans la mer d’Apopka en Floride, les panthères en Floride, les tortues dans les Grands Lacs, les phénomènes d’imposexe et d’intersexe chez les gastéropodes marins, la féminisation des poissons près des effluents des fabriques de papier, des plates-formes pétrolières off-shore, etc.

Cette féminisation de nombreuses espèces – dont beaucoup sont intègrées à notre chaîne alimentaire – s’est notamment développée par le raz de marée d’hormones qui se déversent chaque jour dans les eaux du globe. Ces perturbations endocriniennes, proviennent, entre autres, des femmes sous contraceptifs oraux qui rejettent par leur urine dans les eaux usées des quantités d’hormones monumentales. Ces hormones ne sont pas retenues dans les stations d’épuration. Ces œstrogènes vont joindre leurs effets aux actions des composés chimiques mimant les effets des œstrogènes naturels (œstrogène-like) : les pesticides organochlorés, eux-mêmes répandus par milliers de tonnes par an dans le monde, les dioxines, les phtalates(utilisés dans les produits en PVC, sols, jouets, tuiles, dans les colles, les encres, les solvants des cosmétiques et des produits de toilette), les alkyl phénols et leurs dérivés (utilisés comme détergents industriels et incorporés dans certaines peintures et certains plastiques), les hydrocarbures aromatiques, les retardateurs de flamme au brome utilisés dans les tissus d’ameublement, les meubles, les ordinateurs et certains métaux lourds (cadmium, mercure, plomb), etc.

L’industrie pétrochimique est la première responsable de cette dévirilisation du monde.

+Ces études démontrent également une baisse générale de la fertilité (diminution de 50% du nombre de spermatozoïdes actifs en cinquante ans). Aussi, les malformations génitales se multiplient : à Montpellier, le Pr Charles Sultan, pédiatre endocrinologue, estime que le nombre de garçons qui ont un micropénis et d’autres malformations de l’appareil génital comme la descente incomplète des testicules (cryptorchidie) a été multiplié par trois en vingt ans. Le ratio de natalité fille/garçon, traditionnellement favorable aux garçons, s’est inversé.

Léon Tolstoï avait raison :

«Femmes, c’est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde.»

signé Georges Vallet

crédit photos : La femme est-elle l’avenir de l’homme ? – Thème du nouveau Café philo – Lenaïg – Le blog de Lenaïg

Egalité homme femme à la préhistoire – Hominidés

.www.hominides.com › egalite-sexes-prehistoire-0924

Les hommes pourront être enceintes « dès demain » selon un …

www.magicmaman.com › les-hommes-pourront-etre-en…

Sans mâle, deux ovules accouchent d’une souris – Libération

www.liberation.fr › Science

Conception : les couples de même sexe pourraient bientôt …

www.magicmaman.com ›

La féminisation du monde – AgoraVox le média citoyenwww.agoravox.fr › la-feminisation-du-monde-44513

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