En attendant Godot.

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Tout le monde connaît ou a entendu parler de cette pièce de théâtre de Samuel Beckett. C’est l’histoire de deux vagabonds qui se retrouvent sur une route afin de rencontrer Godot, un homme qu’ils ne connaissent pas et dont ils ne savent rien. A Pau, les intermittents du spectacle occupent le théâtre Saragosse depuis le 8 mars et, depuis le lundi 15, ils ont investi le Zénith. Dans leur désarroi, ils sollicitent les politiques. Ils attendent… Godot viendra-t-il les rencontrer ?

Il faut bien, en premier lieu, comprendre leurs difficultés. Ils n’ont pu exprimer leur art depuis maintenant un an ce qui signifie qu’ils sont sans ressources, sans public et qu’ils craignent être les oubliés du système. Alors, ils ont décidé d’occuper, jour et nuit le Zénith. Ils ne comprennent pas qu’une plainte ait pu être déposée contre eux de la part des gestionnaires du site parce qu’ils estiment, contrairement à ce que dit la loi, ne pas être entrés avec effraction. Mais peu importe que l’occupation soit illégale. Ce qui importe c’est de connaître le sort qui leur sera réservé et quand les salles de spectacles pourront réouvrir. Pour cela ils en appellent aux politiques, comme si ceux-ci d’ailleurs y pouvaient quelque chose.

David Habib, député, est venu les rencontrer le mardi 16 mars, il les a écoutés et s’est montré compréhensif. Comment pourrait-il en être autrement ? Ils ont également fait appel à François Bayrou qui leur a fait savoir qu’il avait saisi la ministre de la culture Roselyne Bachelot ; service minimum de la part du maire de Pau. Celui-ci, il faut le comprendre, est bien trop occupé à Paris. Ses différentes responsabilités de président du MoDem, de Haut commissaire au Plan et maintenant son rôle de plaideur en faveur de la proportionnelle ne lui laissent pas le temps de se déplacer à Pau.

Pourtant François Bayrou avait pris l’engagement lors de la campagne électorale aux municipales d’être à cent pour cent pour Pau. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les intermittents du spectacle l’attendent. Lors d’une interview accordée le dimanche 14 mars 2021sur France Inter, le maire de Pau a prononcé cette phrase : « Je suis un des très rares hommes politiques qui croient que les promesses engagent ». Enfin il est venu ce vendredi 19 mars et a rencontré les professionnels du spectacle. Il les a écouté, s’est montré attentif à cette désespérance, il n’en fallait pas plus pour leur redonner confiance. Comme quoi, souvent, il suffit de ne pas se sentir ignoré.

Au delà de cette situation, il faut bien se placer dans un contexte difficile, la pandémie, ne régresse pas, au contraire ; l’approvisionnement en doses de vaccins piétine. Notre département qui faisait figure de premier de la classe vient de perdre sa place. Le gouvernement est tiraillé entre l’angoisse des professions en graves difficultés et les avis des différentes structures médicales qui, dans leur majorité, prônent un nouveau confinement. Il est bien difficile d’être au pouvoir par les temps qui courent. Le pacha à la tête du navire France pourra-t-il encore longtemps éviter une mutinerie ?

Pau, le 22 mars 2021

par Joël Braud

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Un commentaire

  • Le virus H5N1 a ses oiseaux de malheur. La covi-19 a ses prophètes de mauvais augure dont les disciples semblent croître à ce que je comprends.
    Personnellement je me réjouis que la Covid-19 épargne les enfants et cela me suffit grandement.
    Mais est-ce parce qu’ils sont mutins ? …

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