Quand ?

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Les investisseurs ont besoin de savoir où et quand ils peuvent placer leur argent car la confiance dans l’avenir est la condition indispensable pour la dynamique économique ; à C dans l’air notre animatrice préférée ne cesse de demander quand ouvrira-t-on les restaurants, quand pourra-t-on mener la vie d’avant, quand aura-t-on vaincu le virus et quand les vaccins universels seront-ils prêts, y aura-t-il d’autres variants et quand………?

Quand, quand ? Les réponses sont souvent des cancans !

L’absence de réponses fiables est incompréhensible et démoralisante ; pourtant, les politiques, les médias assènent à longueur de journée, des vérités, le tout commenté par des experts qui, d’en haut, assurent s’appuyer sur des vérités scientifiques ; que fait donc la science ?

Que ce soit individuellement ou collectivement, cet avenir, malheureusement, est impénétrable car on ne connaîtra jamais tous les facteurs ayant interagit, interagissants et qui interagiront. Le mode de vie en France et dans le monde, les conditions environnementales ont été, sont et seront déterminantes, même les plus infimes ; rappelons-nous l’effet papillon !

Or, «des battements d’ailes de papillons», ne manquent pas en France !

La progression des moyens d’investigations objectifs et la technologie d’exploitation des données permettent de plus en plus d’avancer dans la connaissance de la vie passée et présente, mais on ne pourra jamais tout connaître.

Quant à l’assurance sur l’évolution du futur, même à court terme (mutations du virus, déchaînements climatiques ou nucléaires, autres pandémies…), il ne faut pas y compter ;

les «promesses» gouvernementales sont un enfumage pour remonter le moral des ignorants ! Seul Bayrou, notre Haut-Commissaire au Plan a la science infuse !

On fait bien tourner des algorithmes de plus en plus complets, on peut affiner des prévisions mais il est impossible qu’elles deviennent assurance car on ne pourra jamais introduire tous les éléments actifs. Les prévisions météo fiables ne se chiffrent qu’en jours ou semaines suivant l’étendue de la zone de prévision envisagée !

Pourquoi ces incertitudes ?

Tout simplement parce que tous les domaines de la vie : social, politique, économique, financier, environnemental, etc. ne résultent pas d’une succession linéaire : une cause, un effet, mais d’interrelations et d’interactions en réseaux, d’éléments qui dépendent les uns des autres, et retentissent les uns sur les autres. Ces éléments qui interfèrent ne font que croître, leurs communications sont en hausse exponentielle, en fréquence et vitesse. La résultante devient imprévisible. Raison ? Démographie, technologie, développement, croissance…, certains disent «le progrès» ! De plus, n’importe quel événement est le fruit de la mise en jeu d’une infinité de facteurs, du passé fort lointain à l’époque actuelle.

C’est la destruction de toutes les certitudes que nous apportent «spécialistes», experts, politiques, et les autres !

Il faut accepter comme une réalité la complexité et l’incertitude.

À trop réduire, comme on le fait maintenant, la complexité du message passé, on ramène la science au rang de simple opinion. Dès lors, n’importe quelle autre opinion peut s’y confronter et on arrive à prononcer des décisions et actions catastrophiques car elles sont politiquement décidées pour être en accord avec les résultats majoritaires des sondages(élections obligent!). Or c’est la gloire de la science que d’accepter les incertitudes ; la science ne change pas d’avis mais évolue en tenant compte des observations qu’elle fait.

Notre présent en tant qu’homme est le résultat des expériences vécues par des molécules depuis la nuit des temps, et de leurs réactions avec les conditions environnementales, passées et présentes. Ces facteurs sont génétiques, épigénétiques, chimiques d’où anatomiques, physiologiques, psychologiques… L’ensemble de notre organisme s’est construit, au cours de l’évolution, par des ajouts successifs de caractères issus de tous les maillons qui ont conduit à l’homme actuel. Nous avons un cerveau reptilien, des cellules formées dans la soupe primitive, le squelette des premiers vertébrés… Nous conservons à l’état dormant, neutralisé, des virus en grand nombre.

On a peut-être tous en nous quelque chose de Tennessee mais, pas seulement !

* La science montre qu’homo sapiens porte en lui des gènes issus de l’homme de Neandertal. Plusieurs assurent même qu’entre 1 et 5% de notre ADN nous provient de cet ancêtre. Dans la crise sanitaire actuelle, cet héritage apparaît plutôt comme une mauvaise nouvelle puisqu’un fragment chromosomique issu du Neandertal multiplierait par trois les risques de développer une forme sévère de détresse respiratoire. Ce fragment est présent dans 50% de la population d’Asie du Sud, chez 16% des Européens mais quasiment absent chez les populations africaines. Cette conclusion est le résultat d’une étude publiée par des chercheurs allemands dans la revue Nature. L’absence dans les populations africaines est cohérent avec le fait que les Néandertaliens étaient présents uniquement en Asie et en Europe, et n’ont donc pas croisé les populations d’Homo sapiens restées en Afrique.

* Nous conservons à l’état dormant, dans les conditions physiologiques, neutralisés, des rétrovirus en grand nombre ; ils ont conservé un potentiel d’expression qui parfois se réveille dans certaines circonstances.(8 % de l’ADN du génome humain est d’origine virale). Ils peuvent être «réveillés» par des facteurs environnementaux activateurs de leur expression dont les mieux étudiés sont les infections causées par des microorganismes comme des virus de la famille des herpès-virus. Cette activation peut ainsi conduire à l’expression de protéines pathogènes comme des protéines d’enveloppe impliquées respectivement dans la sclérose en plaques (SEP) et la sclérose latérale amyotrophique. Des protéines rétrovirales endogènes peuvent aussi acquérir une fonction bénéfique pour l’homme. C’est le cas de la syncytine impliquée dans la formation du placenta.

Chaque structure vivante ou non vivante a donc «un héritage»  différent ; il est donc logique que l’action dans son milieu soit originale. La transformation des paysages, les comportements des individus ou d’une population sont imprévisibles si on les soumet à des bouleversements importants ; c’est ce qui se produit dans notre société où tout change rapidement.

Ainsi, si on trouve du gaz ou du pétrole, du sable ou des roches calcaires, des animaux ou des plantes différentes, cela provient du hasard des rencontres et des interactions du passé. Dans un autre domaine, l’explication sociale du comportement d’un responsable ou coupable doit remonter à l’ensemble du passé de la personne, ce que, bien sûr, on ne peut pas mener à bien, au cours d’un jugement, même après de longues investigation et délibérations. On en est réduit à l’intime conviction.


En politique on pourrait parler d’intime intérêt.

L’action efficace d’un gouvernement devient alors mission redoutable et aléatoire ; actuellement, les orientations et décisions ne sont que le fruit d’une projection subjective intéressée sur le court terme, de la part des dirigeants, d’où les nombreux débats, oppositions variées, échecs et conflits !

«Le gouvernement va droit dans le mur et, en plus il klaxonne.» André Santini.

Le directeurs de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à C à vous, le mardi 16 février 2021, ne cessait de répéter, très sûr de lui, que la bonne orientation de la France était entre les mains de la croissance, de la consommation, de la confiance dans les économistes «qui nous veulent que du bien !».

Il ne lui venait pas à l’esprit que cette «bonne» orientation était aussi celle de la pollution, la chute de la biodiversité, le changement climatique et les calamités annexes, les maladies résultantes, la pandémie …, et la future catastrophe économique ; ce

n’étaient pas, peut-être, la «bonne orientation» pour les Français !

Ceci ne veut pas dire qu’une orientation humaniste est impossible, il faut s’appuyer sur les résultats et les prévisions objectives des scientifiques, de plus en plus précises car issues du brassage de plus en plus de données.

Depuis des années, la politique libérale nie les constats objectifs ; l’évolution prévisible de l’humanité est liée à son mode de vie et à l’évolution environnementale et climatique qui en résulte. L’énorme travail mondial, en continu, depuis des années, du Giec, est une base d’informations qui devraient servir de réflexion, de synthèse et finalement de rênes, pour mener, en appliquant le principe de précaution, la gouvernance la plus adaptée et adaptable en permanence.

Signé Georges Vallet

crédits photos:25 proverbes africains au top ! – Citons-precis.com/citations

Des gènes hérités de Néandertal favorisent-ils les cas graves …

www.pourlascience.fr › genetique › des-genes-de-nean…

Un chercheur réveille un virus fossile – Futura-Sciences

www.futura-sciences.com › Planète › Actualités

Des séquences rétrovirales endogènes dans le génome …

www.medecinesciences.org › medsci › full_html › 2017/044

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3 commentaires

  • Félicitations, Georges Vallet pour cette réflexion et cette documentation remarquables.
    Oui, il faut accepter (et pratiquer) l’humilité!
    Jean-Paul Penot

  • « En vertu de ce louable principe je n’adhère pas à vos conclusions que je juge discutable. »

    Discutable? voilà une occasion d’en discuter; que proposez-vous comme conclusions?

  • Pierre-Michel Vidal

    « Il faut accepter comme une réalité la complexité et l’incertitude ». Vous parlez d’or M Vallet et sur ce point je vous rejoins tout à fait. En vertu de ce louable principe je n’adhère pas à vos conclusions que je juge discutable.

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