Décidément François Bayrou n’imprime plus

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C’est comme ça, quand ça veut pas, ça veut pas. François Bayrou, Haut commissaire au Plan, maire de Pau, président de la communauté d’agglomération de Pau-Béarn-Pyrénées, président du pays de Béarn et enfin président du MoDem, défend actuellement bec et ongles deux idées : l’une l’élection des députés à la proportionnelle et l’autre le report des élections régionales et départementales à l’automne ou éventuellement après la présidentielle. Mais voilà, personne ne semble accorder du crédit à ce qu’il dit.

Commençons par la proportionnelle aux élections législatives. Cette réforme devait être engagée au minimum un an avant l’échéance considérée. Il était impératif, pour voir le jour, qu’elle soit approuvée par un référendum. C’est en tout cas ce que proposait le président du Modem. Sauf que les délais actuels ne sont évidemment plus suffisants puisque cette échéance est programmée pour juin 2022. Exit donc cette réforme électorale. Ajoutons qu’elle ne reçoit pas un avis favorable du président de la République. Peu importe d’ailleurs, les motifs invoqués pour soutenir ce projet ou s’y opposer ; ce n’est pas ici le sujet.

Ensuite pour des raisons de pandémie et de sécurité sanitaire le maire de Pau, à moins que ce ne soit le président du MoDem ou peut-être le Haut commissaire au plan, propose un report des élections régionales et départementales à d’autres dates que celles programmées (13 et 20 juin). Il affirme à qui veut l’entendre par médias interposés qu’il s’agit là de la seule solution envisageable parce que les électeurs sont préoccupés par la pandémie. Il évoque des dates qui pourraient se situer en automne voire après la présidentielle de 2022 (8 et 23 avril). Mais voilà, il a été désavoué par une majorité des maires lesquels, sollicités par le gouvernement, se sont prononcés à une majorité de 56 % pour un non report. De son côté, l’assemblée nationale, lors d’un vote consultatif du 13 avril (443 voix), soutient massivement, comme un plébiscite, la tenue du scrutins en juin (En réalité ces élections seront repoussées d’une semaine). Rien à voir avec ce que proposait François Bayrou. Il doit se sentir désavoué et bien seul.

Cependant, le véritable sujet est de se demander au vu de ce qu’il faut bien considérer comme des échecs, des désaveux, voire un camouflet, qui affectent personnellement François Bayrou, si ses prises de position sont celles du Haut commissaire au Plan ou bien celles du président du MoDem. N’y aurait-il pas une confusion des genres et même un conflit d’intérêt entre ces deux fonctions ? Sont-elles compatibles ? Lorsqu’en sa qualité de haut commissaire au Plan, il se compare à Jean Monnet, il oublie de préciser que Jean Monnet n’a jamais été à la tête d’un parti politique. C’est là toute la différence, elle est d’importance puisqu’elle le conduit à ne pas être entendu.

Il arrive un moment où le citoyen ne sait plus très bien si c’est le chef d’un parti politique soucieux de réussir une élection ou si c’est le haut commissaire au Plan qui prend position. Le haut commissaire au Plan devrait rester neutre et n’envisager que l’intérêt supérieur de la nation. Il ne peut concomitamment se soucier de calculs électoraux. Cette confusion des genres est regrettable et invite à se demander comment ces deux responsabilités peuvent ainsi reposer sur une seule tête.

Un politicien pense la prochaine élection. L’homme d’Etat à la prochaine génération. James Freeman CLARKE – 1810 – 1888

Pau, le 19 avril 2021

par Joël Braud

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