Après les militaires, les policiers ! Et ensuite ?

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Il y a quelques jours seulement, plusieurs centaines de militaires, dont des généraux à la retraite, évoquant le délitement du pays, déclaraient dans une tribune, « l’heure est grave, la France est en péril ». Ils dénonçaient « l’islamisme et les hordes de banlieue » qui entraînent le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoire soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Et d’ajouter « Si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion ».
Plusieurs membres du gouvernement y ont vu un appel à la sédition, honteux sans doute de devoir en reconnaître la justesse.


Comme dans la tribune précédente, des militaires en activité ont, quelques jours plus tard, dénoncé l’inaction face à l’insécurité et au communautarisme. Et leur propos, s’adressant au président de la république, aux ministres, parlementaires et officiers généraux, s’achève par ces mots : «Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays».
Évidemment, il est de bon ton de rappeler que les militaires doivent se cantonner à leur devoir de réserve pour minorer l’importance de ce qui n’est pas autre chose qu’une alerte qui a peut-être le tort d’éveiller la conscience des citoyens.


Mais l’encre de ces écrits n’était pas encore sèche que des fonctionnaires de police étaient assassinés, une femme sans défense, dans un commissariat, puis un policier lors d’un simple contrôle d’identité.
Et voilà qu’aux alertes militaires succèdent les manifestations des policiers auxquels a cru bon de se joindre le ministre de l’Intérieur. Ils crient leur exaspération devant les agressions qu’ils subissent et l’insuffisance de la réponse pénale, faisant peser sur la justice la responsabilité de l’insécurité.
Nous devons être attentifs à cette accusation peut-être injuste car au-dessus des juges il y a la loi et la loi est, pour les faits les plus graves, l’œuvre de nos parlementaires et de la philosophie dominante depuis plusieurs décennies qui consiste à éviter le plus possible le recours à l’emprisonnement, soit pour pallier l’insuffisance de places de prison, soit par la croyance en la vertu d’un simple passage devant l’autorité judiciaire. Et c’est ainsi qu’alors jadis un sursis constituait une menace suffisante qu’une récidive pouvait anéantir, le législateur s’est perdu dans un dédale de multiples mesures alternatives dans le souci de ne pas encombrer les prisons qui sont moins que jamais sources de réinsertion et qui ne font plus peur. La réaction de nos policiers est légitime …et après ? De nouvelles lois peut-être ? Sans succès sûrement ! Une augmentation du nombre de policiers ? A quoi bon puisqu’ils n’ont pas le droit d’utiliser leurs armes. Et puis courir harnachés à trente ans ou plus derrière des garçons de vingt ans libres de toute entrave, c’est l’échec assuré.


Nos policiers continueront d’être attaqués avec toute une gamme de matériel et de matériaux paralysant leurs interventions. Des véhicules de police seront brûlés. Des arrestations provoqueront des violences. Le mal est trop profond et il est partout. On a laissé faire, il faut en payer les conséquences.


Demain manifesteront tous ceux qui sont victimes de l’ensauvagement de la société. Des pompiers, des enseignants, des intervenants de toute nature dans les «quartiers sensibles» -sensibles on se demande pourquoi- ou «défavorisés» alors que la république les inonde de milliards depuis des décennies plus que partout ailleurs dans l’hexagone.
Nos militaires hier, nos policiers aujourd’hui, sont des signaux d’alarme. Et après ? Le temps n’est pas loin où ce sera le simple citoyen, celui qui ne tue pas, qui ne casse pas, qui paie des impôts et veut vivre paix, qui occupera la rue.



Pierre Esposito

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5 commentaires

  • Pierre-Michel Vidal

    Les militaire signataires de ce texte ne sont que des militaires en charentaises, pour beaucoup des retraités ou des seconds couteaux. Ceux qui comptent observent la règle première de leur fonction: la discrétion. Ils ne vont pas se commettre dans un hebdomadaire d’extreme-droite. Ces bavards ne sont que des caricatures qui véhiculent les idées de Madame Le Pen. Ils trahissent leurs fonctions. Tout cela est monté en mayonnaise par certains médias, au fond c’est assez pitoyable pour ceux qui ont signé ce texte. C’est un geste dérisoire. Honneur à notre armée qui dans son immense majorité fait son job: la défense de la France, en silence, en conscience et avec courage.
    La question des policiers est différente. ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que les militaires. Ils défendent leurs conditions de travail. Ca peut se comprendre.

  • Tout à fait d’accord avec l’auteur de cet article; car il suffit d’avoir des yeux pour constater les dérives de notre société.
    Que faire?
    « Dura lex, sed lex » commençons par appliquer les lois déjà existantes suffisamment efficaces. Inutile d’encombrer le code pénal par de nouvelles lois qui ne sont généralement que la réécriture de l’existant.
    Cette délinquance que les médias mettent un peu trop en avant s’exerce sur des territoires limités et n’est pas le reflet de la société; et ces délinquants pensent que c’est la norme
    Cela existe depuis plus de 40ans dans ces banlieues;(91.92.93.94.95,77.) que je connais bien
    Pourquoi? Parce que l’état de droit s’est retiré; formule connue mais qui consiste à enlever tous les services administratifs(mairie, impôts sécu, caf, commissariat etc), donc effacer l’autorité de l’Etat.
    Le pouvoir de l’Etat étant défaillant, automatiquement un autre pouvoir prends sa place pour le pire ou…..
    De plus, l’immense majorité des populations(chômage,, bas niveau intellectuel) peuplant ces banlieues sont des gens biens qui subissent ce fléau et ne demandent qu’à vivre en paix. Que ou qu’a fait fait l’Etat depuis .40 ans?
    La Majorité Silencieuse, dont parlait le Président Pompidou, pourrait un jour prochain agir…………
    Et, à mon sens, les propos des militaires sont prémonitoires

    • Michel LACANETTE.

      La Majorité Silencieuse, dont parlait le Président Pompidou, pourrait un jour prochain agir…………

      Mais comme dit le proverbe  » Qui ne dit rien consent » Alors on s’ y prend comment?
      Les propos des Militaires qui se doivent d’ être respectés en tant que représentants de l’ Etat ne sont pas prémonitoires, si derrière eux la société civile ne s’ exprime pas et ne dit pas haut et fort ce qu’ elle souhaite.
      Pour le moment elle a baissé les bras et s’ est détournée de ses responsabilités face à l’ incurie de nos responsables politiques et administratifs depuis des décennies. Le fait le plus marquant de cette situation est la montée irrémédiable de l’ abstention à toutes les élections. Personnellement, je m’ inquiète plus de cela que de la montée du RN qui lui même sera confronté à cela. Si les citoyennes et citoyens ne reviennent pas au coeur du débat républicain rien ne sera possible. Nos dirigeants actuels sont en train d’ essayer de nous démontrer qu’ ils sont capables de nous faire marcher à coté de nos chaussures sans attraper des ampoules aux pieds. Le problème est le même avec la covid » On va vous guérir sans contraintes »

  •  » Le temps n’est pas loin où ce sera le simple citoyen, celui qui ne tue pas, qui ne casse pas, qui paie des impôts et veut vivre paix, qui occupera la rue. »
    Surtout si le RN arrive au pouvoir!

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