Morne campagne à Pau

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Il ne s’agit pas ici de faire référence aux vertes prairies de la campagne béarnaise, mais à la campagne électorale pour les élections régionales et départementales. Ceux qui rêvaient que ça ferraille et que ça se confronte un peu dans le Landerneau local, en seront pour leur frais. Faut-il le regretter ou faut-il s’en réjouir ?

Pour ce qui me concerne, étant électeur dans le canton de Pau 1, j’avoue avoir peu rencontré les candidats tant aux régionales qu’aux départementales. Il y a pourtant une exception qui doit être signalée en préambule. En effet le binôme Stéphanie Maza et Franck Lamas candidats de la gauche 64 aux départementales, a organisé une rencontre en début de mois de juin. En raison de mes convictions républicaines, j’ai choisi d’y assister parce que je considère que tout débat apporte forcément une meilleure connaissance des intentions des candidats. Ces deux là, accompagnés d’ailleurs de leurs suppléants, ont eu le courage d’affronter un public pas forcément acquis à leur cause.

Mais à part eux, morne plaine, morne campagne électorale ! Il y a pourtant, matière à débattre ne serait-ce qu’en raison du nombre de listes qui, en théorie, s’affrontent. Sur Pau 1, je compte six binômes aux départementales et huit listes aux régionales. Figurez-vous, parce que c’est quand même le sujet de cet article, que je n’ai rencontré personne d’autre, qu’aucune autre réunion n’a été portée à ma connaissance. Alors peut-être étais-je absent quand ces braves candidats se sont déplacés dans mon quartier et, si c’est le cas, je n’hésite pas à faire amende honorable. Cependant mes voisins étant dans la même situation que moi, il est très probable que personne n’est venu dans le quartier « draguer » l’électeur. Ah si j’ai eu juste l’occasion d’échanger avec une dame au moment où elle glissait une profession de foi dans ma boîte aux lettres. Visiblement elle tractait et n’était pas missionnée pour soutenir le programme des candidats pour lesquels elle œuvrait.

C’est ainsi, alors il faut bien dans ces conditions, se résigner à se faire une opinion par soi-même à partir des articles de presse et des multiples documents trouvés dans la boîte aux lettres. Chemin faisant dans cette démarche, j’ai été réveillé, amusé, devrais-je dire, par les propos d’un ou d’une candidate. Eu égard à leurs personnes j’éviterais soigneusement de citer leurs noms bien qu’ils le mériteraient. Voici donc un florilège :

  • (Les candidats aux départementales) martèlent leur volonté de s’ancrer dans la modernité et la confiance avec des relations de proximité avec les habitants du territoire. C’est beau, c’est grand et si quelqu’un dans la salle ose dire qu’ils ont tort, qu’il se lève et dise pourquoi.
  • (Les candidats aux mêmes départementales) précisent d’emblée qu’ils entendent rassembler les diverses sensibilités politiques, sans sectarisme et sans exclusion, car les gens attendent ça aujourd’hui. Comment on appelle ceux qui professent un tel désir de consensus ? Des universalistes ? Il n’y a plus qu’à obtenir l’assentiment de tous sans restriction.
  • Il faut rendre les communes attractives, « où il fait bon vivre ». « Donner une réponse collective permet de faire avancer plus rapidement les dossiers. Au delà des compétences, on va s’emparer des problèmes de demain et essayer de donner corps à notre canton. C’est pas possible, on leur a donné des éléments de langage pour parler aussi bien sans prendre le risque de s’engager.
  • Soyons contemporains et adaptons-nous au monde d’aujourd’hui. Là, permettons-nous une critique parce que le monde d’aujourd’hui, c’est bien mais il faut savoir anticiper, le monde de demain mérite également qu’on s’y attarde.

Il serait possible de continuer encore ainsi et souligner l’indigence des propos tenus. Il y en a même qui osent placer la sécurité comme élément essentiel de leur engagement alors que ce sujet ne ressort de la compétence ni de la région, ni du département. Peu importe l’électeur ne le sait pas. A propos de l’électeur justement, tout le monde espérait qu’il ne se désintéresserait pas trop du vote. Eh bien c’est le contraire qui s’est produit ! La participation s’est révélée encore plus catastrophique que les pires prévisions. Du jamais vu ; à peine un électeur sur trois a daigné se déplacer pour ce premier tour. La faute à qui ?

Pau, le 21 juin 2021

par Joël Braud

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4 commentaires

  • jean-françois de lagausie

    C’est vrai qu’il n’y pas eu, pratiquement, de campagne électorale.
    On peux penser, de plus, que, E. Macron en envoyant des Ministres se présenter à des élections régionales montre son mépris pour la décentralisation.
    Problème difficile que cette décentralisation:
    _Les français s’y intéressent peu, ils viennent de le prouver
    _2 niveaux de décentralisation, il y en 1 de trop :
    Les Départements son trop petits
    Les Grandes Régions de F. Hollande sont trop grandes

    Je souhaite que l’équipe,( ni RN, ni La République en marche) qui prendra la pouvoir en 2022 prenne ce problème à bras le corps et et arrive à rejeter cette sorte de fatalité selon laquelle la France, du fait de son histoire serait, à perpète
    centralisée.

  • « il est très probable que personne n’est venu dans le quartier « draguer » l’électeur »

    Dans le même état d’esprit, aux élections municipales, les « bayroutistes » ( pas les autres!) se sont empressés de demander si, vu notre âge, nous avions besoin, ma femme et moi, de quelqu’un pour nous transporter, faire une procuration même.
    Cette fois ci, personne, parmi toutes les équipes des candidats, ne s’est proposé de le faire, même les précédents; dans ma famille paloise ou mes voisins non plus d’ailleurs, pourtant ils ont été votés.
    C’est l’indifférence, le splendide isolement, le tort de ma part aussi de ne rien vouloir demander.

    Quand même, les partis ne courent vraiment pas après les voix! Nous ne sommes pas assez nombreux, probablement dans cette situation, pour que l’on influence les résultats. Tout se calcule actuellement!

    Résultat, malgré notre désir de faire notre devoir, nous nous intégrons dans les presque 68%!

    • « C’est l’indifférence, le splendide isolement, le tort de ma part aussi de ne rien vouloir demander ». Je ne vois pas en quoi vous avez tort de ne rien demander. Ce comportement vous honore puisqu’il vous place dans la catégorie de ceux qui ne veulent pas dépendre des autres et de ceux que l’on ne peut influencer avec des hochets. Cela s’appelle, d’une certaine manière, de la dignité.

    • Je comprends les sentiments citoyens exprimés ici mais il convient d’éclairer ceux ci de quelques réalités comptables et pragmatiques .
      Ayant fait 3 campagnes sur PAU Nord qui comportait un périmètre de 17 000 habitants, malgré ma jeunesse, ma détermination à rendre visite au maximum de gens, à dialoguer avec eux, malgré une équipe enthousiaste et surmotivée autour de moi d’une cinquantaine de volontaires, je n’arrivais à couvrir personnellement que 75 – 80 % du canton entre mi janvier et mi Mars.
      L’extension du canton devenu PAU 1 à 24 000 habitants, l’atrophie sévère des engagements militants dans les partis font que les candidats, dans cette période post Covid accomplissent eux mêmes les tâches administratives et matérielles, y compris la simple distribution pour les deux principaux binômes admis au second tour qui peuvent encore compter sur une quinzaine de personnes bien engagées .

      C’est inédit !

      Avant les candidats n’avaient pas à faire eux mêmes la distribution qui est un travail énorme . C’est autant de temps réduit pour les visites … cependant la proposition de contact figure sur les documents des candidats en général .
      La dynamique d’une municipale avec 49 candidats par liste forcément plus impliqués puisque 49 à être personnellement concernés permet encore une mobilisation plus visible pour le citoyen comme celle que vous décrivez.

      Si vous souhaitez un accompagnement dimanche prochain pour accomplir votre devoir citoyen, je peux vous l’organiser bien évidemment, pour vous comme pour d’autres habitants. Le canal amical ALPY saura nous mettre en contact .

      André Duchateau .

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