Étrange n’est-t-il pas ?

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«Le Covid a révélé une crise de la vocation des soignants» titre Sud Ouest le 11 août 2021.

Cette crise des vocations n’a pas atteint les politiques, les grands dirigeants d’entreprises, les profiteurs de la crise,

Et Messi non plus !!!

C’est bizarre !!

CHU de Bordeaux, service des urgences :

«Cette semaine on nous a annoncé la fermeture de 228 lits, tous services confondus, par manque de personnel paramédical. Quand on commence une garde, on sait qu’on n’aura pas de lits d’hospitalisation…; il n’y a plus de brancards disponibles. Lorsque les pompiers débarquent avec un malade, on ne sait pas où le mettre, il doit attendre parfois jusqu’à 6 heures.

«Robert-Picqué a fermé ses urgences de nuit, Saint-André a fermé des lits aux urgences».

«La clinique des 4 Pavillons est saturée, tout converge vers Pellegrin. On prend tout malgré un sous-effectif. On n’arrive plus à trouver de remplaçants. Les intérims ont préféré travailler dans les vaccinodromes car c’est moins contraignant et plus intéressant financièrement.

«La pression du manque de lits, comme celle du manque de soignants est intenable, les jeunes partent dans le Privé. Sur 11 docteurs «junior» de cette année, deux seulement sont restés.»

«Les soignants n’ont pas pris de vacances cette année et le virus a fatigué les troupes…on observe des démissions, des désistements, des arrêts longue maladie, des burn-out…»

«Cette année, 30% seulement des infirmiers en fin de cycle ont été disponibles sur le marché du travail au lieu de 80 à 90% les autres années.

Face à cela, en nouvelle Aquitaine, en première semaine d’août le taux d’incidence est de 198,9/100 000 habitants, les départements les plus touchés sont ceux du littoral Gironde, P-A, Landes, Charente-Maritime départements fortement fréquentés par les «bons citoyens», ceux qui peuvent prendre des vacances et surtout dépenser !

Mais voilà, dans deux à trois semaines les hospitalisations vont grimper et ceux qui n’ont pas le temps de dépenser seront de plus en plus sollicités, à la limite de leur résistance, pour sauver nos vies !

N’entrons pas dans les détails de la vie des personnels hospitaliers, de réanimation entre autres, ils sont décrits avec toute la dynamique émotionnelle dont les médias sont capables et friands. Ceci mis à part, on ressent vraiment un mélange d’admiration, de sacrifices, de dévouement au service des autres dont certains deviennent maintenant franchement «provocateurs», quand ils demandent d’être sauvés alors qu’ils n’ont pas voulu se faire vacciner !

La crise des vocations ? Ce n’est vraiment pas bizarre, la reconnaissance éternelle, les bravos, cela ne suffit pas ! La moindre des choses serait une reconnaissance financière individuelle et une action gouvernementale sur le moyen et le long terme pour des constructions et un recrutement adapté aux futures vagues qui suivront.

Gouverner ce n’est pas prévoir de diminuer le nombre de lits et de personnels, c’est s’adapter sanitairement, à l’avance, à la politique consumériste libérale que l’on pratique !

Un autre problème vient encore s’ajouter, en parallèle, celui de nos territoires d’outre-mer.

Naturellement la culture y est différente, l’empreinte colonialiste toujours ancrée dans bien des esprits, mais ce sont des départements français où les citoyens sont légitimement égaux aux hexagonaux. Ces conditions particulières devaient pousser les gouvernements successifs à prendre les mesures appropriées pour montrer leur détermination à établir un climat de confiance, de respect, de protection contre les difficultés liées aux conditions insulaires ; en effet, du fait de leur situation géographique les Outre-mer sont exposés à différents phénomènes naturels : les séismes, les cyclones et la montée des eaux. Les volcans sont également présents : le Piton de la Fournaise à La Réunion, la Soufrière en Guadeloupe, la Montagne Pelée en Martinique, sans oublier le tout jeune volcan sous-marin au large de Mayotte. C’était à prendre en compte.

L’abondance du tourisme planétaire  a été aussi un facteur de transmission du virus sur les îles.

Cette préoccupation n’a jamais été le cas, sauf dans les paroles.

Les Antilles terres de rêves pour les touristes sont des terres de misère, d’insécurité pour les uns, de profits pour d’autres.

«Pour la première fois l’Insee a publié le taux de pauvreté de chacun des départements, mesuré en utilisant le seuil national fixé à 60 % du niveau de vie médian et non le seuil local. Résultat : plus de 30 % de pauvres en Martinique et en Guadeloupe en 2017, 42 % à la Réunion, 53 % en Guyane et même 77 % à Mayotte.(3 sept. 2020)»

Ce n’est pas normal, en France !

Les laisser-aller sécuritaires ont été odieux, on a pollué le sol des bananeraies, les nappes souterraines, les végétaux, les aliments, avec le chlordécone, pesticide neurotoxique, pour traiter la maladie du charançon des bananiers.

«Dans les années 70, c’est la multinationale Dupont de Nemours qui, via une filiale à Miami, livre le pesticide sous le nom de Képone à une société antillaise. «Notre mission: être la société de science la plus dynamique au monde, créatrice de solutions durables et essentielles pour une vie meilleure, plus sûre et plus saine, pour tous, partout dans le monde», assure la multinationale…»

Quel enfumage !!!!

Ce n’est sûrement pas fait pour entretenir la confiance des Antillais vis-à-vis de la métropole, peut-être, par exemple, du vaccin que l’on veut imposer !!

La France, ce n’est pas que Paris et la région île-de-France, ce sont aussi les territoires d’outre terre, c’est-à-dire les «Royaumes oubliés» de l’hexagone, et d’outre mer. Tous ont leur spécificité qui fait la richesse de la diversité du patrimoine français.

L’Etat a le devoir de maintenir dans tous ses territoires la liberté, l’égalité, la fraternité.

Mais, comme disait Coluche, «certains sont plus égaux que d’autres ».

Il n’est pas normal que le taux de vaccination soit aussi bas ; la culture locale, la politique comme sur le continent.. n’expliquent pas tout ; pourquoi le gouvernement n’a pas promulgué, jour après jour, les mêmes mesures de suivi que sur le continent, alors que la vague était prévisible ?

il y a aussi le souci discriminatoire de dépenser le moins possible !

Signé Georges Vallet

crédits photos:TwitterPiérick على تويتر: « #Covid_19 #COVID19 #hopital #HopitalPublic #Medaille #soignants #soignantsinsultés

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Un commentaire

  • Je constate, dans mon développement, que j’ai oublié d’évoquer une notion capitale qui explique le problème de l’outre mer et des nombreux pays dans le monde confrontés à ce désastre sanitaire. Nous en prenons le chemin en France!

    Il est indispensable, comme dans tous les problèmes auxquels la société est confrontée, de substituer l’explication ponctuelle par une explication globale.

    La crise mondiale liée au Covid n’est pas une pandémie, c’est une syndémie c’est à dire le résultat de la coexistence de causes multiples: Le virus donc, mais avant, puis en parallèle, la pauvreté, la malbouffe, les cultures, les antériorités historiques, l’évolution environnementale: biodiversité, pollution, manifestations climatiques donc d’une économie obligeant à un mode de vie de plus en plus déterminante…

    «Nos sociétés étaient, sans s’en rendre compte, malade avant même de tomber vraiment malade. Avant d’être victimes d’un corps étranger, elles se sont elles-mêmes empoisonnées par leurs propres modes de vie. Le Covid-19 est un révélateur, la partie émergée de l’iceberg: son irruption nous montre combien le rapport entre santé et maladie sont plus ambigus qu’il n’y paraît.»

    Syndémie” : déjà malades avant de tomber malades ?
    https://www.philomag.com › Articles

    Revenons à mon texte.
    J’ai insisté sur la pauvreté dans nos territoires d’outre mer; parmi les conséquences citons une nourriture déplorable génératrice d’obésité, la malbouffe comme on l’appelle.
    On peut aussi citer des facteurs épigénétiques et environnementaux:
    *chlordécone..
    * La pollution marine, notamment due aux plastiques, eaux usées, ruissellement des terres agricoles, produits pétroliers et autres substances chimiques, causes et conséquences du tourisme, qui représente 15 % du PIB de la région, et la pêche qui assure les revenus et la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres …

    Pollution marine dans les Caraïbes : plus une … – Le 97150
    https://www.le97150.fr › environnent › pollution-marine…

    Les chiffres sont alarmants : 54,6% de la population est en surpoids, dont 22,9% en situation d’obésité(16% dans l’Hexagone). Chez les enfants, 16% sont en surpoids (soit près de deux enfants sur dix), et 7, 2% sont obèses, contre 3% dans l’Hexagone).

    Obésité, diabète, hypertension : les régions ultramarines …
    https://www.lemonde.fr › Planète › Nutrition
    20 nov. 2019 — Alors qu’elle est de 19,1 % pour l’Hexagone, elle grimpe à 23,5 % en Martinique et jusqu’à 31,5 % à Mayotte. Et pour les 25 % de ménages les…

    Comme quoi, s’attaquer au Covid, ses variants et les prochains, ne revient absolument pas seulement à la vaccination, aux gestes barrières, au pass sanitaire……bien qu’ils ralentissent provisoirement la progression localement, soulagent les hôpitaux…. mais à un traitement de fond du mode de vie, des inégalités dans tous les pays du monde, de la politique économique génératrice de tous ces facteurs de la syndémie.
    Maintenant, vivre ou mourir, il faut choisir!!!!

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